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CHAPITRE Xï

La Loire. — Fleuves secondaires entre Loire ET Gironde.

Sommaire.

Le cours supérieur de la Loire se compose de deux branches : la Loire proprement dite et l'Allier. Cours moyen : Cher, Indre, Vienne. Cours inférieur : la Maine. Régime de la Loire : crues et inondations. — Fleuves secondaires entre la Loire et la Gironde ; Sèvre Niortaise, Charente, Seudre.

La Loire; caractères généraux. — Noire grand fleuve de la Loire a la pins grande partie de son cours dans des pays de plaine analogues par leur relief et par leur climat à ceux où se développe le réseau de la Seine. Mais ses origines, celles de presque tous ses affluents, bref ce qui explique sa nature, ne se peuvent comprendre que par l'étude du Massif central; et là même il y a de grandes différences entre les nombreuses rivières qui contribuent à former la Loire telle qu'on la voit après le confluent de la Vienne. Les territoires qui sont égouttés par la Loire ellemême ou par ses affluents ne sont donc analogues ni par leur composition, ni par leur relief : il n'y a plus rien là de cette harmonie de direction et de nature qui donne aux affluents de la Seine un certain air de parenté. A travers ces pays si différents les uns des autres, le réseau de la Loire draine une surface d'environ 116 000 kilomètres carrés.

Le cours supérieur ; Loire et Allier. — Le cours supérieur du grand fleuve se compose essentiellement de deux branches, la Loire proprement dite et l'Allier. Ces deux sillons, profondément engagés dans la masse orientale du Massif central, c'est-à-dire venant d'un pays de relief très accentué et où l'on rencontre fréquemment des terrains imperméables dénudés, ont beaucoup de ressemblance. La Loire (980 kil.), le plus long de nos fleuves absolument français, sort des flancs du Gerbier-des-Joncs à 1 400 mètres d'altitude. Le faible ruisseau qui lui donne naissance serpente d'abord du nord-est au sud-ouest, puis

trouve vers le nord-ouest une penle rapide dans une vallée i'ort resserrée, entre les monts du Vivarais el les monts du \ elay qui le grossissent de nombreux torrents; il n'y a dans cette région qu'une plaine de quelque étendue, enserrée entre deux sections de cluses, le bassin du Velay. La Loire se dégage une première fois de gorges sauvages, par les cascades de Saint- Victor, et pénètre dans la plaine étranglée de falaises, ancien bassin lacustre long de 40 kilomètres et large de 20. Elle s'en échappe par un couloir tortueux de 24 kilomètres, large d'une trentaine de mètres aux endroits les plus resserrés, puis s'engage entre les monts du Beaujolais et les monts de la Madeleine, plus près des premiers que des seconds, pour déboucher par le saut du Pinay dans la plaine de Roanne. Jusque-là ce n'était qu'un torrent. A Roanne (277 m.), n'ayant parcouru qu'un quart de sa longueur, elle a dévalé près des quatre cinquièmes de sa pente, à raison de 5 mètres environ par kilomètre.

Vers Roanne, la Loire, devenue fleuve de plaine, sillonne une bande d'alluvions de grande largeur. Pourtant, jusqu'à Digoin elle est encore assez rapide, puisqu'elle dépense, dans ce court trajet, autant de pente que la Seine entre Montereau et le Havre. .Jusqu'au confluent de lAllier, les hauteurs du Nivernais l'infléchissent vers le nord-ouest, où elle entre dans la zone de calcaires jurassiques où la Seine, l'Aube et la Marne ont leurs sources.

La Loire, dans ce premier trajet d'une extrême rapidité, à travers un pays où sévissent des orages redoutables et où les pluies, même en dehors de l'été, alTectent un grand caractère de brusquerie et d'irrégularité, n'est qu'un grand torrent. Telle année, à Roanne, elle ne débite pas 8 mètres cubes par seconde; telle autre elle en roule plus de 9 000. Ce sont de redoutables torrents que les petits cours d'eau comme le Lignon descendu du Mézenc, et nombre d'autres courtes rigoles qui tombent plutôt qu'elles ne descendent des monts du Vivarais et du Forez. L'Arroux (120 kil.), grossi de la Bourbince et qui longe le flanc méridional du massif du Morvan, est beaucoup moins irrégulier, comme aussi la Besbre (108 kil.), issue des monts de la Madeleine.

U Allier, long de près de 400 kilomètres, subit, entre deux des branches du Massif central, les mêmes vicissit

tildes que la Loire. Né d'une source plus haute, à ] 426 mètres, dans la vallée de Mercoire, il descend plus vite encore que la Loire supérieure un étroit ravin montagneux, entre les escarpements du Velay et de la Margeride, dévalant 500 mètres de pente pour moins de 50 kilomètres de cours. A Brioutle, sa vallée, élagée à une altitude de 403 mètres, est déjà plus large. Peu à peu le torrent se fait plus paisible rivière et, d'Issoire (395 m.) à Vichy, traverse la Limagne, ancien fond de lac comme le Forez et, comme lui, d'une fertilité remarquable. Vichy, qui marque la sortie définitive de l'Allier hors des défilés de l'Auvergne, du Forez et du Livradois, correspond à Roanne sur la Loire et se trouve presque exactement à la même altitude (Vichy, 260 m. ; Roanne, 277 m.). A la plaine de Limagne succède sans transition celle du Bourbonnais, où l'Allier arrose I\Ioulins (210 m.). Il reçoit dans son cours supérieur de nombreux torrents, dont les plus importants drainent sur sa gauche les monts d'Auvergne. C'est d'abord, à gauche, VAlagnnn, venu du massif du Cantal, rivière d'une grande irrégularité; à droite, la Dore (130 kil.), descendant rapide entre les monts du Forez et du Livradois, puis la Sioule (130 kil.), nourrie des pluies et des neiges des monts Dôme. Aussi l'Allier, coulant dans une môme direction, avec une pente un peu plus forte, et soumis aux mêmes influences climatériqucs que la Loire supérieure, vient souvent doubler l'apport du maître fleuve à Nevers. En temps ordinaire il lui verse environ 140 mètres cubes; ses montées valent à peu près celles de la Loire, car il absorbe plusieurs torrents d'une irrégularité prodigieuse : l'AIagnon, variant de 3 mètres à près de 600; la Dore, de 6 mètres à plus de 800; la Sioule, tout aussi capricieuse. Toutefois, l'Allier, recevant des pluies de la région centrale et presque occidentale de l'Auvergne, c'est-à-dire d'une région plus régulièrement arrosée que celle qui enserre la Loire, est sujet à de moindres disettes : son volume n'est jamais inférieur à 20 mètres, tandis qu'on a vu la Loire tomber au tiers de ce volume.

La Loire et l'Allier réunis roulent en moyenne 200 mètres cubes, 10 fois moins aux basses eaux, 350 fois plus en temps de débordement

Le cours moyen ; le Cher, l'Indre et la Vienne. — C'est, encore le Massif central qui nourrit la Loire d'affluents dans sa traversée de la grande plaine tertiaire qui fait partie intégrante du bassin géologique de Paris; mais, désormais, elle draine le Massif central sur sa face nordouest oîi les influences maritimes se font mieux sentir qu'au centre et à l'est. Si les cours d'eau qu'elle en reçoit sont capables, à un moindre degré que les précédents, de l'enrichir outre mesure, du moins ils n'arrivent pas en moyenne à un même degré de pauvreté.

?Si le Loiret (12 kil.), simple chenal qui restitue au grand fleuve, en aval d'Orléans, les pertes que l'infiltration lui a fait subir en amont, ni le Cosson, ni le Beiwron, grand fossé de drainage de la Sologne, n'appartiennent à cette catégorie.

Le Cher (320 kil.) est né dans la Marche à plus de 700 mètres d'altitude; il descend d'une course rapide les pentes du plateau de Saint-Avit et du pays de Combrailles, puis gagne la plaine du Berry. Rejeté à l'ouest, près de Vierzon, par la rencontre d'un petit massif du Nivernais, il sillonne la lisière méridionale de la marécageuse Sologne qui lui envoie par la Sauldre le trop-plein de ses étangs. Il avait déjà recueilli à droite l'Hyèvre (80 kil.), rivière de Bourges. Aux environs de Tours, le Cher entre dans le val de Loire; mais, au lieu de rejoindre immédiatement le fleuve, il l'accompagne, comme d'ailleurs beaucoup d'autres affluents, pendant une vingtaine de kilomètres. Entre ses berges de crue, le fleuve a plusieurs fois changé de lit, et ses affluents, dont la Cisse et VAulhion sur la droite sont de frappants exemples, empruntent maintenant les sillons qu'il a abandonnés. Au temps de la grande inondation de 1856, le Cher a roulé à son confluent jusqu'à 510 millions de mètres cubes d'eau. L'Indre (245 kil.) plonge encore, mais moins profondément que le Cher, à l'intérieur des montagnes, dans la zone des grandes pluies, des pentes rapides et des lits peu perméables. Presque étrangère aux roches compactes par sa source et par ses affluents, elle naît à 500 mètres d'altititude, mais a perdu déjà plus des deux tiers de cette pente quand elle arrose la plaine berrichonne et passe à Chàteauroux ; elle est en plein domaine des pluies douces et réguliè'^es de l'ouest, ce que l'on constate par la régularité

(le «on niveau. L'Indre, pendant la grande crue de 185G, n'a dél)ilé que 9n millions de mètres cubes.

La Vienne a une bien autre importance que le Cher et l'Indre : elle est plus longue, plus ramifiée dans son réseau Janiuents, plus abondante. Longue de plus de 370 kilomètres, elle prend naissance dans le plateau de Millevache, c'est-à-dire non seulement dans une région granitique que revêtent d'ailleurs des terres meubles, sorte de manteau relativement perméable, mais dans une région oi^i le plateau est à la l'ois très haut et très accidenté; elle est à 850 mètres d'altitude, c'est-à-dire à peu près à la hauteur des plus grandes sources du Morvan, quand elle descend du mont Odouze. Elle ne quitte qu'à Limoges (215 m. d'altitude) la zone des hauts plateaux dont elle suit l'inclinaison jusqu'à un bourrelet peu élevé qui la sépare des sources de la Charente et la rejette vers le nord. La dernière partie de son cours est à peu près rectiligne du sud au nord, jusqu'au moment oîi, tout près du confluent, le petit plateau de Saint-Maure la sépare de la vallée de l'Indre et l'incline parallèlement à la Loire, comme l'Indre et le Cher dans la dernière partie de leur course.

La Vienne reçoit à droite : la Creuse (235 kil.), venue du mont Odouze, mais sur son flanc oriental, et à laquelle la Gavlempe (170 kil.) amène à gauche les eaux du versant septentrional des monts de la Marche; à gauche : le Clnin, paisiljle rivière qui sillonne la trouée du Poitou, empruntant ses eaux tranquilles et régulières aux pentes orientales du Bocage poitevin et de la Gàtine. La Vienne est, après l'Allier, le plus fort artisan des inondations de la Loire : elle a roulé, pendant la célèbre crue de 1856, 650 millions de mètres cubes, c'est-à-dire la moitié de ce que roulait l'Allier à son confluent; mais, nourrie par la moitié nord-ouest du Massif central, c'est-à-dire par une région où les roches compactes sont moins à nu et où les pluies sont plus régulières, elle ne connaît de disettes comparables ni à celles de la Loire, ni à celles de l'Allier : il arrive souvent en été que la Loire, très pauvre, est encombrée de bancs de sable avant le confluent de la Vienne, et ne redevient un beau fleuve qu'après en avoir reçu le tribut.

Beaucoup plus régulier est le petit affluent du Tliouet, long de 140 kilomètres, qui vient des collines granitiques de la Càtine, collines qui sont loin d'être dénudées et pauvres

en eaux, et qui reçoit la Dive, formée de sources moins nombreuses, mais dont chacune est plus abondante, sur les plateaux calcaires; la Dive, en dépit de cette origine, est d'ailleurs très inférieure au Thouet.

Le cours inférieur; la Maine. — Au moment oi^i elle va recevoir la Maine, la Loire est déjà singulièrement enrichie par les apports de la Vienne, nourrie dans une région de terrains granitiques, mais de climat maritime. La Maine est le groupe régidier par excellence des affluents de la Loire, parce qu'elle coule sous un ciel généreux en ondées lentes et durables. Aussi ses trois branches, quelle que soit la ditférence des terrains drainés, sont-elles toutes trois des rivières régulières par excellence ; elles apportent le tribut d'une surface de "20 000 kilomètres carrés, c'est-à-dire d'un quart du bassin de la Seine. La branche médiane de l'éventail est la Sarlhe (280 kil.), née à 300 m. d'altitude, dans la région du Perche qui confine au Merlerault, mais fortement grossie par Ylluisne, qui lui apporte les eaux du Perche même. Le Loir (310 kil.) vient de la Beauce et du Perche : c'est une rivière lente et paisible. La Mayenne (204 kil.) a la plus haute source des trois rivières mancelles dans le mont des Avaloirs, à 400 m. environ; s'il est vrai que la Mayenne contribue parfois aux crues de la Maine, crues d'ailleurs bien peu imi)orlantes, elle n'est pas en été sensiblement plus appauvrie que les deux autres branches, et l'on est en droit de croire qu'elle doit ses crues bien plus à l'altitude remarquable de sa région de sources qu'à la nature même des terrains qu'elle traverse '.

L'/ï'/"o?/'e(105kil.), moitié rivière, moitié chapelet lacustre, la Sèvre Nantaise (140 kil.), issue d'une faille étroite de la Gatine, VAcheneaii, déversoir artificiel du lac de Grandlieu qu'alimentent par la Boulogne les eaux du Bocage, tels sont les derniers affluents de la Loire. A l'embouchure, le grand fleuve roule en moyenne 1 000 mètres cubes à la seconde; mais c'est une moyenne qui est loin d être une réalité, car la Loire est un des fleuves inconstants du territoire français.

1. La Maine est assurément le plus régulier des'grands affluents de la Loire. Rarement des séciieresses persistantes abaissent son volume au-dessous de 30 mètres cubes: jamais des pluies violentes ne l'ont élevé à plus de 13 mètres cubes.

Régime de la Loire. — La Loire est en elïet tristement célèbre par de grandes et désastreuses inondations. En 1856, à la suite de pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Massif central, une masse liquide dau moins 4 milliards de mètres cubes a été jetée dans le lit du fleuve, 1 milliard 400 millions par la Loire, 1 milliard 300 millions par l'Allier, 650 millions par la Vienne, 510 millions par le Cher, etc. Les crues de la Loire sont d'autant plus terribles qu'elles sont d'une rapidité foudroyante. Et pourtant il n'y a pas coïncidence rigoureuse entre les crues des dilférents affluents. Les étranglements de la vallée du maître fleuve en amont de Roanne

Fig. 8. — Lo Pont cl la Loire à Bloi.s. (Cliché Girard, cominuniqKr par Cn Socié/p de géoyrapliio.)

retardent la course des eaux torrentueuses et laissent aux affluents de l'aval le temps d'écouler leurs eaux vers la mer. Enfin, grâce à des infiltrations comme celles du Loiret, de la Cisse et de l'Authion, les eaux de crue sont emmagasinées au moment de leur montée foudroyante ])our n'être restituées ensuite que graduellement au fleuve. Et pourtant la crue de 1856 a causé au moins 30 millions de pertes en quelques jours. C'est entre Orléans et les bouches de la Maine que les inondations exercent les plus grands ravages.

On a trop tôt fait d'expliquer les inondations de la Loire par la nature imperméable de la majeure partie des terrains

1. Voir à ce sujet les beaux travaux de MM. Louis Laffitte et Schwob, dans le journal Im Loire navigable.

du Massif central d'où vient le plus grand nombre des affluents. S'il est vrai que, dans les régions du Vivarais, du Velay, du Forez et de la Margeride, les roches compactes et cristallines ont une influence considérable sur le régime du fleuve, c'est parce que. d'une part, elles sont dépouillées de terre végétale, de prairies et de forêts ravinées, et parce que, d'autre part, elles ont des pentes extrêmement rapides. Mais surtout il faut noter que, dans les grandes chaînes de montagnes et dans les vallons resserrés de la moitié orientale du Massif central, dominent les pluies d'orage, déjà analogues à celles qui déterminent les torrents dans les pays méditerranéens et qui, là, jettent en peu d'heures, sur un sol très incliné, dénormes masses d'eau. Il n'en est plus de même de la moitié occidentale du Massif central, où les pentes sont plus douces, les roches cristallines mieux revêtues de terres meubles, les pluies plus lentes et plus régulières. Il ne faut donc pas considérer comme ayant le même caractère tous les affluents de la Loire venus du Massif central. Loire et Allier sont de terribles torrents, sujets à des périodes de redoutable exubérance et de désastreuse pauvreté, tandis que des rivières comme la Vienne, et même l'Indre et le Cher, ont à la fois des crues moins redoutables et des disettes moins caractérisées. En matière d'hydrographie, le Massif central n'est pas une unité géographique.

Fleuves secondaires entre la Loire et la Gironde. — Les

promontoires occidentaux du Massif central, s'abaissant vers la trouée du Poitou et les pays charcutais dans une zone de pluies encore assez régulières, donnent naissance à quelques cours d'eau qui forment transition entre les affluents de gauche de la Loire moyenne et les affluents de droite de la Garonne, issus également du Massif central.

La Sèvre .\iortaise (160 kil.) naît à 180 mètres dans les plateaux de calcaires jurassiques du Poitou, qui sont riches en raison de la richesse des pluies de ce pays et non pas seulement de leur composition. Elle n'est plus qu"à 10 mètres au-dessus de la mer vers Niort, mais elle parcourt encore 100 kilomètres pour descendre cette pente à travers la plaine et le marais poitevins. Grossie de la Vendée, elle est lente, sinueuse, mais abondante et régulière : c'est une image fidèle de notre climat atlantique de l'ouest

La Charente, tortueuse comme la SèvreNiortaise, mesure 370 kilomètres delougueur. Elle sort à 320 mètres d'altitude des derniers granits doucement inclinés et mollement revêtus de terre végétale du Limousin ; et pourtant elle y descend plus de la moitié de sa pente. Elle coule d'abord du sud-est au nord-ouest, puis, rejetée par un bourrelet de collines, elle se dirige du nord-est au sud-ouest par de nombreux méandres sur Civray (90 mètres i etAngoulême (30 mètres); là elle sort des calcaires jurassiques pour entrer dans la craie et arroser les beaux pays de Saintonge. Dès lors elle a reçu tous lesalfluents qui font d'elle un fleuve abondant et régulier, comme abondantes et régulières sont les pluies de ces parages. La Tardoire grossie du Bandial plonge un peu plus profondément que la Charente elle-même dans le haut Limousin; la Touvre, dont la source prodigieuse est sans doute une renaissance des eaux perdues par la Tardoire et le Bandiat dans de vastes fissures du crétacé, l'enrichi encore. A Cognac, la Charente n'est plus qu'à 10 mètres d'altitude, à 3 quand elle arrose Saintes. Dans la Charente inférieure tombe la Boutonne {^M) kil.), abondante et régulière, envoyée par le bas Poitou et la Saintonge. Alors commence la région inférieure que les marées soulèvent jusqu'à Tailiebourg et où peuvent circuler les grands navires. Entre les deux rives de l'embouchure, d'ailleurs ensablée, il y a près de 3 kilomètres. La Charente est du reste un fleuve constant et régulier par excellence (100 mètres cubes par seconde en moyenne, 300 en crue exceptionnelle).

A la même catégorie de rivières appartient la Seiidre (80 kil.), qui se perd dans une énorme fissure de son lit, puis reparaît pour déboucher profonde et large dans un estuaire malheureusement ensablé.

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