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RÉGIME DU RHONE

par le confluent de la Saune. Cette lielle rivière, qui ne tombe jamais au-dessous de 60 mètres cubes et n"en rouie jamais plus de 4000, a quelque chose de la régularité de notre Seine ; le plus souvent elle roule 400 ou 500 mètres cubes d'eau. En aval de Lyon, le Rhône ne s'appauvrit jamais à moins de '208 mètres culjes, et a rarement des crues de 7000. Son volume moyen, qui était de 850 mètres avant le confluent de l'Isère, esl porté à 1250 après l'afflux; de cette grande rivière, à 1800 ou 1900 après le confluent de la Durancc.

Ces deux affluents alpestres contribuent, mais dans une mesure bien différente, à rendre le Rhône irrégulier. Si la fonte des neiges décuple quelquefois le débit de l'Isère, les orages des Alpes de Provence peuvent gonder la Durancedans la proportion de 1 àl 800. La Doux, TEricux, l'Ardèche, le Gard, qui, réunis, servent à peine en temps normal 20 mètres cubes au Rhône, ont parfois, comme en septembre 18.57, monté de 15 à 20 mètres dans leur sillon étroit, et engouffré dans le Rhône 14 000 mètres cubes au total, c'est-à-dire 700 fois le débit d'étiage. On voit souvent le flot de l'Ardèche traverser le Rhône à la façon d'un projectile, et crever les digues de la rive opposée sans se laisser dévier par le courant principal. A Avignon, ces « coups » de l'Ardèche peuvent élever le niveau du fleuve de 5 mètres en quelques heures. Rrusques fontes des neiges dans les Alpes, orages sur la bordure du Massif central peuvent faire du Rhône un fleuve roulant 15 000 mètres cubes à la seconde.

Par bonheur, les crues du groupe alpestre, du groupe jurassien et du groupe cévenol coïncident rarement. La Saône, comme notre Seine, atteint souvent son maximum en hiver, tandis que dorment les torrents des Cévennes et des Alpes. En été, quand la fonte des glaciers et la brusque intervention des orages déterminent des crues du Rhône, le groupe de la Saône est au repos.

Le Rhône et ses affluents sont de puissants agents d'érosion. Même la paisible Saône charrie en moyenne à Lyon 50 grammes d'alluvions par mètre cube; qjiant ii la Durance, son flot de crue a parfois transporté 4 kilogrammes de limon par mètre cube. C'est pourquoi l'on s'efforce de défendre ce trésor que transportent ses eaux sur les étendues caillouteuses de la Crau par les canaux de Craponne et des Alpillcs. •

Cette œuvre d'érosion se résume dans la formation d'un gigantesque delta. Les géologues ont montré comment le Rhône préhistorique débouchait jadis dans un golfe qui commençait en amont d'Avignon. Dans la période historique, la mer n'a cessé de reculer; des îlots de boue se rattachent au littoral et l'étang de Valcarèse tend à se transformer en marécage. C'est à l'extrémité du Grand Rhône que l'alluvionnement est le plus considérable, puisque c'est le débouché de la plus grande masse des eaux. Là, les progrès de la terre, calculés depuis 1737, sont en moyenne de 57 mèlres par an. 11 semble bien que, depuis l'époque gallo-romaine, les apports du Rhône, évalués à plus de 20 millions de mètres cubes par an, ont gagné au continent 300 kilomètres carrés.

II. — Fleuves secondaires du Rorssii.LON, du Languedoc et de la Phovence.

Fleuves côtiers issus des Pyrénées et des Cévennes. — Les Pyrénées orientales, des sources de l'Ariège à la Méditerranée, les Corbières en totalité, concourent à la formation de quatre petits tleuves, le Tech, la Têt, l'Agly et l'Aude. Les hautes terres sont composées de roches compactes à divers degrés et fortement inclinées. Tous ces fleuves bondissent donc, au moins au début de leur carrière, au fond de couloirs encaissés et sauvages. Les pluies, peu considérables (80 centimètres au maximum), sont surtout fréquentes pendant la moitié froide de l'année.

Le Tech (82 kil.) naît à plus de 2 000 mètres, entre les Albères et le Canigou. A la hauteur de Céret, vers 150 mètres, il entre sur des terrains schisteux, quil al)andonne, 80 mètres plus bas, pour les plaines sédimenlaires du Roussillon. La Têt (125 kil.) descend du massif de Cai'litte, qui donne aussi des eaux à la Sègre, à l'Ariège et à l'Aude, par un sillon rapide, orienté de l'ouest-nord-ouest à l'est-sud-est, dans les schistes, puis dans les granits. En aval de jNIont-Louis (1250 m.), elle enfile, vers le nordouest, un couloir étroit, et, au-dessous de Prades (330 m.), adopte une direction d'est en ouest. Puis elle entre en plaine, passe à Perpignan (24 m.) et finit, au nord dé l'étang de Saint-Nazaire, sa vallée, fort importante pour le passage de France en Espagne. LAgly (75 kil.) vien'

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