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LES CÔTES DE LA. COHSE

en eflet, égaloment dcfaul aux deux adversaires. La roche, calcaire de l'élaiig de Berre au cap Sicié, gratjitique au pied du massif des Maures, porphyrique à la lisière de l'Esterel, et de nouveau calcaire du Var à l'iLalie, est, partout, assez dure pour résister victorieusement aux assauts d'une mer moins violente que l'Atlantique ou la Manche. Mais si le continent ne perd pas de terrain, il ne peut non plus guère en gagner. Car le travail d'alluvionnement est à peu près impossible sur une côte dont les pentes tombent presque à pic en eau profonde. Le comblement du golfe de Fréjus par les apports de l'Argens, le rattachement à la côte par des Hèclics sablonneuses des rochers, autrefois insulaires, de Giens et de Sdint-Mandrier, près de Toulon, sont les seuls de ce genre à signaler.

Du cap Couronne à la frontière italienne, les ports sont nombreux : Marseille, Toulon et Nice sont les principaux, sans compter les centres de pêche. Il manque malheureusement à cette belle côte de Provence un arrièrepays fertile et riche.

La Corse. — A t80 kilomètres au sud-est de la Provence s'étend l'île de Corse, le plus notable accident insulaire (87'iO kil. carr.) de la côte méditerranéenne de la France. Elle offre un relief considéré comme distinct du système alpestre, dont la séparent, d'ailleurs, de grandes profondeurs. Comme la Sardaigne, elle aurait appartenu à un soulèvement préhistorique, étendu sur la Ab'diterranée actuelle jusqu'aux Baléares. Peut-être les monts des Maures, sur le continent, avec leurs granits et leurs porphyres, si différents des montagnes calcaires qui les entourent, auraient-ils, eux aussi, fait partie de cette orographie ruinée. Toujours est-il que les régions centrale et nord-occidentale de la Corse sont hérissées, suivant une direction du sud-est au nord-ouest, d'assez puissants massifs boisés, de nature cristalline. L'un est couronné par le Monte Cinto, point culminant de toute la région (2 710 m). ; l'autre par le Monte htotondo (2625 m.). Vers le sud, la crête se continue, en se rétrécissant et en se rapprochant du littoral de la mer Tyrrhénienne. Le Monte Renoso (2 360 m.) et V^ncudine (2 136 m. marquent les points les plus saillants de cette arête méridionale. A la chaîne principale s'appuient au nord-est des contreforts calcaires d'altitude beaucoup

plus faible. Mais l'ensemble est très peu praticable. Seul, le col ou bocca de Vizzavona (1 162 m.) est traversé par une grande route et une voie ferrée menant d'Ajaccio à Corte. Les passes du col de la Scaglia (2 038 m.) et tant d'autres ne sont encore accessibles qu'aux piétons et aux mulets. En somme, tout le versant occidental de la Corse est montagneux. Les plaines, rares d'ailleurs et peu étendues, ne se trouvent que du côté opposé. La plus vaste est celle dWléria, vers le milieu de la côte orientale.

Fiy. 1-3. — L)Uiii!iu,io. — Eulix-u du i>i)il. (Cliché M. Aléo, commrtniqué par la Société de géographie.)

Des étangs, comme ceux de Bigwjlia et d'Urhino, les estuaires mouvants du Golo et du Tavignanosont les seuls accidents du littoral. Ce n'est que vers le sud-est, avec la piinla di Pinarello, qu'apparaissent, pour terminer la zone montagneuse, des falaises dures, pourvues de saillies favorables à l'établissement des ports. Bientôt s'ouvre le grand gol fe de Porto- Vecchio, abri d'une grande valeur qui réclame depuis longtemps un port militaire. Le cap Pertusato et les bancs rocheux qui continuent au sud les promontoires corses sur les bouches de Bonifacio, sont de dangereux parages. Des bouches de Bonifacio au golfe de Valinco, le littoral suit une direction du sud-est au nord-ouest; puis,

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