LES MEBS ET LES CÔTES. — LA MÉDITERRANÉE
Sommaire.
La Méditerranée. Son peu de profondeur. Côte pyrénéenne du haut Roussillon, du bas Roussillon et du Languedoc. Côte de Provence. La Corse.
La Méditerranée. — La France méridionale a jour sur le bassin occiden-tal de la Méditerranée, moitié moins pro-
fonde, en moyenne, que l'Allanlique. Dans le golfe du Lion, on peut même s'éloigner de 4 kilomètres du littoral sans rencontrer une épaisseur d'eau supérieure à 20 mètres, tandis que, sur la côte provençale, jusqu'à la Corse, s'ouvrent des gouffres de 'iÔOO et 2 500 mètres. La pente est brusque le long des Pyrénées et des Alpes de Provence. La Méditerranée n'est pas absolument dépourvue de marées. Toutefois, dans les parages français, l'oscillation ne paraît pas dépasser quelques centimètres. Les vagues, presque toujours soulevées par le mistral du nord-ouest et le vent du sud-ouest, sont courtes et pressées. Un faible courant se dirige d'est en ouest, le long des côtes. Un phénomène remarquable peut être relové en maint endroit au large des côtes de Provence : c'est le jaillissement de sources sous-marines d'eau douce, réapparition probable d'une partie des eaux engouffrées dans les calvaires provençaux.
Côte pyrénéenne du haut Roussillon. — Le relief de la côte du haut Roussillon est formé par le voisinage des Albères. Du cap Cerbère à Collioure se développe une série de roches élevées aux découpures nombreuses et articulées. Le cap Bear domine la Méditerranée de 200 mètres. Trois anses donnent asile à des ports de différente valeur : Banijuls, Porl-Vendres et Collioure. Port-Vendres, fréquenté par les. Grecs et les P\omains, sans doute aussi, avant eux, par les Phéniciens, devient, grâce à des travaux de protection et d'approfondissement, un des meilleurs abris de la France méridionale.
Côtes du bas Roussillon et du Languedoc. — Au nordouest de Collioure, la côte devient basse, caractérisée, jusqu'à l'est des embouchures du Rhône, par une série de grèves et de cordons littoraux isolant de vastes étangs. Ceux-ci ne communiquent plus avec la mer que par des « graus », brèches ouvertes dans la flèche sablonneuse et souvent obstruées par les sables. Un retrait des eaux laisse à découvert des limons qui, exposés à un soleil ardent, dégagent des miasmes et engendrent la fièvre. Les principaux élangs sont ceux de Valcarès (12 000 hect.), dans le delta du Rhône; de Than (7 500 hect.), dans lequel aboutit le canal dii Midi, enlre l'Hérault et le Vidourle ; de Leiicale
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(7000 hect.), au nord de l'embouchure de l'Ai^ly; de Sijean (i300 hect.), de Maiigiiio (3(JU0 hect.), entre Tétant? de Thau et le Rhône ; de Saint-Nazaire, entre le Tech et la Têt, et l'étang de la Palme, entre ceux de Leucale el de Sijean. L'alluvionnement continue de nos jours, surtout rapide dans les étangs qui reçoivent les eaux troubles d'un torrent. Les étangs de Thau et de Leucate, qui ne servent de déversoir à aucun, restent stationnaires. Mais il n'en est pas de môme de celui de Sijean qui, par le canal de la Fiobine, reçoit les apports étonnants de l'Aude.
Çà et là, quelques collines ou des montagnes isolées, anciens îlots rattachés au littoral, viennent rompre cette monotonie et former des saillies, comme le cap Leucale et le cap clAgcle. Aux bouches du Rhône, les contours sont plus variés. Le fleuve, changeant ses embouchures, a porté, suivant ses caprices, ses alluvions tantôt à l'est, tantôt à l'ouest, formant ici un long môle de terres basses, là reprenant son œuvre pour combler un golfe enserré entre deux pointes alluviales. Les golfes ne sont, d'ailleurs, que des étangs dont le cordon littoral s'est rompu ou a été coupé pour livrer passage aux caboteurs : tel le golfe d'Aigues-Mortes. Quelques-uns doivent leur existence au travail du Rhône, comme le golfe des Saintes-Mariés et le golfe de Fos. L'élang de Berre, qui s'ouvre sur le golfe de Fos par le seuil de Caronte, bordé de plusieurs petits ports {Martigues et Bouc), et qui pourrait devenir le siège d'une grande place de guerre ou de commerce, doit déjà une partie de sa fermeture aux contreforts des monts de Provence.
Les ports {La Nouvelle, débouché de Narbonne, Agde, etc.), sont rares et mauvais dans le bas Roussillon et dans le Languedoc. Le seul qui permelle l'accès à de gros navires est celui de Celle, construit à grands frais et que d'admirables travaux ont définitivement sauvé de l'ensablement. Et pourtant l'enfoncement du golfe du Liqn est un des parages les plus dangereux de la iMéditerranée.
Côte de Provence. — Avec le cap Couronne qui borde à l'est la passe de Caronte, commence notre côte provençale, déterminée par le rapprochement des Alpes et de la Méditerranée. C'est, avec la côte bretonne, la plus riche en articulations de notre territoire. Les caps, les presqu'îles y
sont d'une saillie remarquable ; les calanques ou golfes, bien ramifiées, avec des parois plongeant en eau profonde. Enfin des archipels, rocheux comme le littoral, viennent ajouter à ces avantages. Entre le cap Couronne et le cap Croiseite s'ouvre le golfe de Marseille, abri de notre premier port de commerce, qui doit encore plus aux travaux et à l'industrie de ses habitants qu^à la nature. Au large, les îles d'If, Ralonneau et Pomèf/iie couvrent des vents du large le bassin du Frioul. Entre le cap Croisette et le cap Sicic, les baies de Cassis, de la Ciotat, de Bandol, limitées, au sud, par les rocs des Embiers, échancrent la côte. C'est une large presqu'île terminée à l'est par le cap Cépet qui renferme les chantiers maritimes de la Seijne et la rade de Toulon, notre grande place de guerre du Sud, profonde et vaste. Un autre groupe de baies se développe entre la presqu'île de Giens aux formes souples et fines, le cap Lardier et les îles d'Hyères. Ce rempart insulaire a donné à la rade d'Hijères le rôle de champ de manœuvres de nos escadres. Au reste, les îles elles-mêmes, Porquerolles, Porl-Cros et Vîle du Levant, abritent tie bons mouillages. La rade de Bonnes, qui s'ouvre à l'est du cap Benat, et celle de Calvaire sont moins sûres et moins articulées que la précédente. La côte qui s'élève en face des îles d'Hyères esl déjà orientée du sud-ouest au nord-est. Cette direction s'accentue à l'est de la bcne dt Saint-Tropez, qu'abrite, sur le flanc méridional des monts des Maures, une péninsule terminée par le cap Camaret. Le golfe de Fréjus, entre l'Esterel et les monts des Maures, se comble rapidement des alluvions de l'Argens. Les plus belles articulations de notre côte provençale, à l'est du cap Baux, promontoire puissant et élevé de 4 à 500 mètres, sont le golfe de la Napoule, où se blottit la station d'hiver de Cannes, le golfe Jouan, la rade de Villefranche, autre centre d'évolution de la flotte militaire, les caps de la Garoupe, qui domine Antibes, et Ferrât. Au large du golfe .Jouan, l'archipel des Lérins, composé de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat, forme un abri assez sûr. Le rocher de Monaco, la petite baie de Menton, abritée par le cap Martin, sont les derniers accidents du littoral de Provence avant la frontière italienne.
La lutte entre la terre et l'eau ne remanie pas ce littoral autant que le reste de nos côtes. Les moyens d'action font,