FORMATION HE LA NATION FRANÇAISE
et la France maritime de l'Ouest. Les Kymris ou BeUjes, blonds aux yeux 1»1(mis et de plus haute stature, vivaient entre le cours de la Somme et le delta du Riiin, qui marquait la frontière primitive de la Gaule au nord-est. A eux probablement s'applique le portrait que César a tracé des Gaulois.
Colonisation phénicienne et grecque. — Les Phéniciens et les Carthaginois n'accaparèrent pas, comme les précédents, de vastes territoires et, surtout, pénétrèrent moins profondément dans la Gaule intérieure. Marins et trafiquants avant tout, ils créèrent des comptoirs le long des rivages. Port-Vendres paraît avoir été un de ces comptoirs phéniciens. Ces hardis navigateurs, qui exploitèrent si durement l'Espagne et poussèrent leurs expéditions commerciales au delà des Colonnes d'Hercule, eurent probablement, sur notre littoral méditerranéen, d'autres postes. Mais on n'en a pas retrouvé la trace. C'est que les Grecs, ad versantes commerciaux et successeurs des Phéniciens, détruisirent ou hellénisèrent probablement beaucoup des factoreries fondées par leurs devanciers. En tout cas, la liste des établissements grecs est notablement plus longue que celle des colonies phéniciennes. Monoïkos (Monaco), Nikaïa (Nice), Anlipolis (Antibes), léron (Hyères), Agatha (Agde), Massalia (Marseille), la plus grande ville delà Gaule jusqu'à la conquête romaine, fondée par des Phocéens vers le VI'' siècle avant notre ère, furent les centres d'où rayonnèrent la race et la civilisation grecques sur le sol de notre pays. Grâce à eux, quand les Romains parurent en Gaule, vers 124 av. J.-C, ils furent tout étonnés de trouver dans les Gaulois du Midi des peuples à moitié policés, au lieu des barbares qui les avaient tant effrayés, lors de la grande invasion de 3*J0,
Romains. • — Les Phéniciens et les Grecs avaient été des marchands. Les Bomains devaient être des conquérants et des organisateurs. Ils sinstallèrent, d'abord, sur la côte méditerranéenne, pour relier à l'Italie leurs possessions d'Espagne. Ainsi fut créée la Province romaine qui devint, plus tard, la Provence, avec Aix (124), puis Narbonne (118) pour capitale. Cinquante ans avant notre ère, César étendit la conquête à l'ensemble de la Gaule. Les Romains, proba-
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bleraent, ne s'installèrent jamais en nombre sur notre sol après leur victoire ; mais, en façonnant les (iaulois à leurs idées, en leur donnant quelques-uns de leurs goûts et de leurs qualités, notamment l'amour de l'ordre, de l'unité et de la centralisation politiques qui est la marque des institutions romaines, ils contribuèrent grandement aux destinées ultérieures de la France. Au surplus, la profondeur de leur influence est attestée par la formation du français, directement issu du latin, à tel point qu'au dire des philo, logues il ne subsiste point cinquante mots d'origine gauloise dans notre langue moderne.
Germains, Normands, Sarrasins. — Les Germains jouèrent un rôle beaucoup moins important. Divisés en un nombre considérable de tribus, souvent ennemies, ils ne pouvaient, a- priori, exercer une influence sérieuse. Par rapport aux Gaulois civilisés et devenus les Gallo-romains, c'étaient des barbares. Biirgondes, Wisigoths et Francs, chacun de leurs groupes ne constituait, d'ailleurs, qu'un tout petit nombre d'envahisseurs. Or, en pareil cas, le peuple le plus nombreux et le plus cultivé absorbe toujours l'autre. Du reste, les différents princes germaniques qui régnèrent en Gaule, et, surtout, les rois des Francs (dont notre pays tint son nom définitif), se présentèrent, tous, aux populations comme les successeurs des Césars etessayèrent de continuer, depuis Clovis jusqu'à Charlemagne, les traditions politiques du gouvernement impérial.
Outre ces invasions des v" et vi'' siècles de notre ère, la France en subit d'autres, moins importantes, aux ix* et x^ siècles : celles des Normands, pirates Scandinaves qui finirent par se fixer (911) dans la province de Neustrie, appelée bientôt Normandie, et celle des Sarrasins, pirates musulmans de l'Afrique mineure, qui imprimèrent à beaucoup de villes de notre littoral méditerranéen, spécialement le long des Pyrénées, un caractère original et persistant.
La nationalité française. — Langues et religions. — La nationalité française est unie d'abord par le lien puissant de la langue. A parler des idiomes locaux, sans user du français, il n'y a plus guère aujourd'hui que 160000 Flamands des arrondissements de Dunkerque et Hazebrouck, 5 ouGOOOOO Bretons dans la région littorale de la pénin-