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V. — Les montagnes orientales du Massif central

Les régions des hautes montagnes du Massif central, Gévaudan, Velay et Vivarais, sont les plus éloignées des influences bienfaisantes du climat atlantique. Apres par leur nature, rapides par leurs pentes, elles sont éprouvées par de rapides et violents orages qui annoncent déjà le régime du climat méditerranéen. La vie végétale, la vie animale et la vie humaine y sont donc moins favorisées : là sont les parties les plus sauvages du Massif ceniral.

Gévaudan. — L'ancien Gévaudan comprit à l'ouest la partie la plus dénudée des grands causses, au sud, à l'est et au nord les granits du versant septentrional de l'Aigoual et ceux du mont Lozère, puis, vers le nord, les arêtes gneissiques de la vallée de Mercoire et de la Margeride. Avec ses terres hautes, rocailleuses et mornes, où les fleuves serpentent loin de l'air libre, à des profondeurs vertigineuses (tel le Tarn entre IspagnacetSainte-Enimie) ; avec tous ses éléments de stérilité, roches trop compactes ou trop fissurées, extrême rapidité des pentes, sécheresse de l'air, évaporation intense, nous touchons au pays le plus pauvre de la France centrale. Il n'y a pas dans le Gévaudan 25 hab. au kil. q ; c'est le pays de la légende do la « Bête du Gévaudan «, dont on raconte encore les innombrables méfaits commis pendant les rigueurs de l'hiver. Dans les chaumières de ce pays sauvage, on se chaude avec les chaumes qui, l'année précédente, servirent de toiture aux maisons. Nombre de montagnes ou de plateaux fissurés sont dénudés et ne portent pas même quelques boqueteaux. Dans les endroits où il y a plus grande épaisseur de terre meuble, abri contre la violence des vents et conservation de l'humidité, le châtaignier est véritablement 1' « arbre à pain » et la châtaigne, comme le disent ironiquement les paysans languedociens, est le « chapon du Lozérot ». La seule industrie agricole est l'élevage du gros bétail, dans les rares étendues de gras pâturages ; c'est surtout l'élevage du mouton, que l'on fait paître par transhumance, comme sur les plateaux de Gastille car

ils ne trouveraient pas à vivre en restant sédentaires. Çà et là apjiaraissent (juelques faibles industries locales, presque manuelles et patriarcales, comme de vieilles fabriques de serge et de bure. On a tenté de mettre en valeur les plombs argentifères de Villeforl et de Vialas. Aucune ville d'ailleurs, en dehors des vallées fluviales: Mende sur la rive gauche du Lot, Florac sur le Tarnon ; aucune ville de 10(100 âmes.

A l'ancien Gévaudan correspond le département de la : Lozère, chef-lieu : Mende, sous-préi'eetures : Marvejols, Florac, îi 100 kilomètres carrés, 1:28 000 habitants.

Velay. — L'ancien pays du F^e/«// correspond à une partie du haut val de Loire, aux escarpements des monts du \elay et du Vivarais; il comprend une suite de planèzes, c'est-à-dire de plateaux formés par des épanchements volcaniques et surmontés çà et là de cônes éruptifs. Sur ces planèzes il n'y a place que pour des forêts de pins et des pâturages.

Mais dans les fonds, où les rivières .Mlier et Loire glissent dans une série de bassins circulaires, au milieu des dépôts formés jadis par les glaciers, le sol se prête aux cultures de seigle et de méteil. Néanmoins, les habitants vivent surtout de l'élevage des bœufs et des moulons : ils sont d'ailleurs assez disséminés (()3 hab. au kil. qj, sauf dans l'arrondissement de Brioude, où la houille du petit bassin de Langeac sert à alimenter quelques industries. Les femmes subviennent à l'insufHsance des gains agricoles en fabriquant à la main les dentelles dites du Puy. Cette ville du Puy, toute sombre avec ses constructions de lave et de basalte, majestueuse d'ailleurs dans sa petitesse, car tous les édifices, même les églises, y ont un aspect de forteresses, rappelle les violences de la guerre des Albigeois et des luttes entre protestants et catholiques. Toute cette ville de 20000 habitants est étagée au-dessus de la Loire, sur un dyke volcanique : c'est une des plus pittoresques de France.

A l'ancien Velay répond aujourd'hui le déparlement de la ; Haute-Loire, chef-lieu : Le Puy, sous-préfecturcs : Brioude et "\'ssingeaux, 5000 kilomètres carrés, 315 000 habitants.

Vivarais. — Au Velay succède, vers le sud-est, le Vivarais, à la fois plaine, coteau et montagne. Avec une riche portion de la vallée du Rhône, il comprend des terrasses de granits et de basaltes dominées par les cônes épais que l'on appelle « sucs » dans la région du Tanargue et du Gerbier-des-Joncs. C'est bien une région mixte pour le climat qui rappelle encore le Massif central, mais qui annonce déjà, sur ses pentes orientales, la Méditerranée. Dans les zones montagneuses, l'agriculture le cède à l'élevage du mouton. Mais les alluvions de la plaine donnent déjà l'olivier et la vigne (vin mousseux de Sainl-Peray). Le mûrier croît en grand nombre sur les pentes basses et moyennes qui se dressent au-dessus du Rhône. L'industrie consiste en extraction de minerai et en fonderies, à la Voiilte, qui fournit de métal une partie des usines du Sud- Est; en filatures de soie, fort éprouvées naguère parla maladie des vers, avant les découvertes de Pasteur; en papeteries et en ganteries. Viviers, sur le Rhône, est la capitale historique qui garde l'évèché, jadis autorité souveraine du pays. Les villes industrielles sont Aabenas, Privas et Annonay, et pourtant aucune n'a 20 000 habitants. Si la population moyenne du Vivarais est assez considérable (65 hab. au kil. q), le fait s'explique par la présence de l'industrie et par l'exceptionnelle richesse des pentes qui regardent vers la vallée du Rhône.

Le Vivarais a formé le département de :

L'Ardèche, chef-lieu : Privas, sous-préfectui'es : Largenlièi'e. Tournon, 5 500 kilomètres carrés, 347 000 habitants.

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