Sous-préfectures : Le Blanc, La Cluiiie, Issoudun
254 GÉOGRAPHIE REGIONALE.
couronne, s'assimila lenlemenl la civilisation française. C'est dans celte province, si admirablement décrite par George Sand, que les légendes rusliques ont persisté avec le plus de ténacité. La densité de la population, médiocre, vcrie de i'2 à 47 habitants au kilomètre carré. Les villes sont rares et peu actives. Vierzon, Jssoiidun, Châteaiivoiix, qui possède une manufacture nationale des tabacs, ont quelques usines métallurgiques ou textiles. Le centre principal est Bourges (46 000 hab.), politiquement très importante du xui*' au xv' siècle, actuellement remarquable par ses monuments (maison de Jacques Cœur, cathédrale) et par sa fonderie de canons.
Touraine. — La Touraine département d'Indre-et- LomE, 6100 kil. carr., 33.8000 hab., chef-lieu Tours') doit à la convergence de multiples rivières (Cher, Indre, Vienne) dans le val de Loire, d'être une des provinces les plus arrosées de France, mais aussi l'une des plus morcelées. On ne saurait énumérer toutes les petites régions naturelles [Champagne tourangelle, pcigs de Sainle-Maure, Varenne, Quinte de Tours, pays de Bourgueil) déterminées par les petits fleuves tourangeaux. L'unité principale réside dans le climat, dont l'adoucissement, par rapport au Berri et à l'Orléanais, se manifeste par la précocité des printemps et par l'aspect général des paysages. Des lignes uniformes, mais élégantes, parfois majestueuses en leur monotonie, une lumière très pure qui découpe nettement les objets, une profusion féconde de verdure, « vive verdure en août comme en mai >\ a dit ^lichelet ; voilà la contrée à travers laquelle coule paresseusement et « s'endort » la Loire. Rien de beau comme le grand fleuve, de Tours à Saumur, avec l'étonnante largeur de son lit et la dispersion de ses eaux sombres autour du sable doré des îlots. Pour embellir et parer encore le tableau, les rois et l'aristocratie de la Renaissance ont surmonté les coteaux qui dominent le val dun peuple de châteaux. C'est Amboise, Luynes et Langeais sur l'artère principale ; c'est Chenonceaux et Azay, l'un sur le Cher, l'autre sur l'Indre. Comme en témoignent les villes de Chinon, de Loches, de Plessis-lez-Tours et leurs donjons, ce mouvement architectural avait commencé