Sous-préfectures : Castel-Sarrazin, Moissac
GUYENiNE, 267
Ouercy est la chute des plateaux de la France centrale sur la Maronne. Beaucoup plus riche, d'ailleurs, que le Causse et plus riche aussi que le département du Gers, il a de fertiles vallées qui portent, sans eflbrt, les prairies, les champs de tabac, de maïs et de blé. Les arbres fruitiers et les vignes donnent lieu, sur les coteaux, à une exploitation fructueuse. Quant au val de Garonne qui s'intercale entre les zones précédentes, depuis Agcn jusqu'à la Gironde, c'est une plaine quaternaire d'aspect monotone et gris, mais bien irriguée par des canaux, d'une belle aptitude végétale et qui fournit, mais avec plus d'abondance, les mêmes productions que le Ouercy. Il est inutile d'insister sur l'incomparable richesse de la viticulture dans le paijs de Graves, sur la rive gauche de la Garonne, VEntredenxMers, entre la Garonne et la Dordogne, et le Médoc, sur la rive gauche de la Gironde. Le climat girondin, subi par cette région, comporte, comme le sol, de nombreuses variations locales. Dans son ensemble, c'est un climat maritime, suffisamment humide, mais plus sec, plus fréquent en écarts et, surtout, plus chaud que celui des plaines de la Loire et de l'Armorique. En somme, la Guyenne-Gascogne est, avec des inégalités et des contrastes, une région surtout agricole. La Garonne, grande voie de navigation, y ajoute les aptitudes commerciales. Mais les aptitudes industrielles y sont faibles. Si Bordeaux possède quelques grandes usines, c'est à sa situation maritime, aux houilles étrangères importées par son port, qu'il le doit.
En raison de ce caractère économique fort net, le pays est faiblement peuplé. La Gironde, avec Une densité kilométrique de 73 habitants, est le seul département qui dépasse la normale française. La moyenne tombe à 54 dans le Tarn-et-Garonne, 53 dans le Lot-et-Garonne, 48 dans les Hautes-Pyrénées, 40 dans le Gers et 31 dans les Landes.
Ce sont, d'ailleurs, des populations originales que celleslà. Elles vécurent longtemps à part du reste de la France, parlant des dialectes de langue d'oc et dans la défiance de toutes les influences septentrionales. Après la réunion à la patrie française, qui s'accomplit en plusieurs étapes, longuement espacées et retardées par la lutte des Capétiens et des Plantagenets, ainsi que par la guerre de Cent ans, cet individualisme persista longtemps pour faire place à une
tendance toute contraire. Les Gascons se répandirent dans la France entière, y cherchant gloire et fortune. On les vit surtout à la cour des rois, qu'ils servirent vaillamment de leur épée et des ressources incomparables de leur esprit, tout en les amusant de cette verve, voisine de la hâblerie, qui a fait leur réputation universelle. De nos jours même, la Gascogne et la Guyenne ont donné à la politique, aux arts, à la littérature, des hommes éminents.
La région ne possède qu'une seule grande ville, Bordeaux. Aucune des autres agglomérations ayant une importance historique ou politique no dépasse, n'atteint même 25000 âmes, sauf Montaiiban, la vieille ville protestante (30000 hab. , faiblement industrielle (fabrique de cadis [étoffes de laine grossière] et de molletons; minoteries). Agen (23000 hab.) expédie à toute la France les fruits conservés de ses vergers (prunes d'Agen); Marmande (10000 hab.), sur le fleuve principal, et Villcneuve-siir-Lot (14000 hab.) en fabriquent de l'eau-dc-vie. Tonneins est le plus ancien centre français de la culture des tabacs et possède une manufacture nationale. Liboiirne .18000 hab.), le port de la Dordogne, embarque les vins de Saint-Émilion et Fronsâc, mais n'a qu'un rôle bien effacé auprès de Bordeaux. Bordeaux a 2.52000 âmes. Sa grandeur remonte à l'époque gallo-romaine et, au point de vue économique, n'avait cessé de sélendre jusqu'à ces dernières années. Acluellement, il se laisse supplanter par Dunkerque sur la liste des porls français. C'est que, comme tant d'autres ports d'estuaire, il a contre lui son éloignement de la mer qui, y allongeant de plusieurs heures le temps d'escale, écarte de plus en plus la grande navigation, si avare d(> son temps, et l'ensablement qui déjà oblige les transatlantiques à ancrer dès Pauillac. En tout cas, s'il a dû céder à cette annexe la tête de ligne des relations avec l'Amérique du Sud, il conserve le monopole de l'exportation des vins du Sud-Ouest.
Béarn. — Le Béarn, apporté à la France par Henri IV en ir)94, comprenait aussi un coin de pays navarrais. Il devait former l'unique département des Basses-Pyrénées (7700 kilom. carr., 426000 hab., chef-lieu Paii^). C'est une province montagneuse, d'un relief tourmenté (pics du Midi,