‹ La France et ses coloniesChapitre 94 sur 179 · LANGUEDOC · texte numérisé non relu

LANGUEDOC

gucillit d'une littérature originale. Avec l'hérésie albigeoise, il eut sa religion distincte des croyances générales. Il prit violemment parti dans les guerres de religion.

Comme toutes les grandes routes naturelles, celle-ci a des cités nombreuses et florissantes. Sous l'ancien régime, il possédait deux centres politiques : Toulouse et Montpellier. Toulouse est une ville de 149 000 Ames, admirablement placée au débouché du passage de Naurouse et dans une situation sur la Garonne comparable à celle de Paris sur la Seine, au point de convergence des cours d'eau qui font du fleuve un grand fleuve. Aussi est-elle un très actif marché. Elle commence aussi à avoir de grandes usines; mais elle est surtout ville d'écoles, de jurisprudence et d'art. C'est un des foyers de la littérature méridionale ressuscitée. Montpellier (7 7000 hab.) est également une ville intellectuelle. Son école de médecine, où, dit-on, étudia et enseigna Rabelais, reste célèbre. Elle fait, du reste, grand commerce de vins et distille les alcools. I\îines, un peu pins peuplée que Montpellier, était, dans l'antiquité romaine, à l'époque impériale, la métropole de toute la région. De cette gloire passée, elle conserve le fameux aqueduc dit « PontduGard», leTemple d'Auguste, dit «Maison Carrée >>, chef-d'œuvre de l'architecture gréco-romaine, et de belles Arènes qu'animent encore des courses de taureaux. Les protestants du xvn" siècle y avaient créé des industries textiles, alimentées par la laine des moutons cévenols et qui ont subsisté. Enfin, comme Montpellier, c'est un grand marché vinicole. Comme Toulouse, Montpellier et Nîmes, les villes secondaires, Bézievs (52000 hab.), autre marché considérable de vins et d'eaux- de- vie ; Carcassonne (31000 hab.), sur l'Aude, dont la spécialité est la même, mais dont l'attrait est sa haute ville, magnifique spécimen de l'architecture militaire du moyen âge ; Caslelnaudarij (12 000 hab.), souvent prise et pillée en raison de sa position stratégique, sont situées à mi-côte, entre la plaine et la montagne. Le littoral n'offre que trois villes remar^ quables : Aigues-Mortes, autre exemple de place forte féodale, qui fut aussi un port, aujourd hui séparé de la mer par plusieurs kilomètres de lagunes, mais qui conserve encore les darses et les anneaux oîi s'amarrèrent les nefs de saint Louis partant pour la croisade ; Cef/e (33000 hab.), création spontanée des constructeurs du canal du Midi,

qui envoie très loin les sels et les vins, et fait grand trafic avec l'Alyérie ; enfin, Xarhonne, toujours active comme entrepôt fie vins, mais remplacée en tant que port, depuis que les alluvions de l'Aude l'ont séparée de la mer, par la petite rade de la Nouvelle à laquelle l'unit le canal de la Roubine. Narbonnc, capitale de la Gaule romaine avant César, compta jusqu'à 100 000 âmes. Elle n'en a plus que 29000.

Pour compenser son infériorité maritime, le Languedoc s'adonna de bonne heure à l'industrie lainière, dont les moulons cévenols lui fournissaient les éléments. Ainsi grandirent Alhi, Castres, Mazamet, vers le nord, Saint- Pons, Bédarieux, Lodève, Clermont-V Hérault, vers le sud, occupés de la fabrication des bures, cadis et droguets, ou de la teinturerie des étoffes. A l'exception de Castres et Mazamet, qui possèdent encore de fortes manufactures de draps pour l'armée, toutes ces villes sont restées stationnaires, depuis la révocation del'Édit de Nantes; car, ainsi que celles de INIontpellier, les manufactures étaient entre les mains des religionnaires. Mais, en l(S-20, la province s'est ouverte à la grande industrie, par l'exjjloitation des deux bassins houillers du Tarn et du Gard. Des usines métallurgiques se sont créées, ramenant la population sur ces âpres plateaux des Cévennes. Alais (26 000 hab.), Bessèges, La Grand' Combe (Gard) et Carmaiix (Tarn) sont les principales agglomérations de ce groupe qui, outre l'extraction carbonifère, fond et lamine le fer, travaille le ploml), fabrique des machines et produit de la verrerie. Malgré tout, la densité de la population languedocienne n'atteint ou ne dépasse la moyenne de la France que dans les départements du Gard (71 hab. au kil. carr.l, de la Haute-Garonne (72), de l'Hérault (75). Elle lui est très inférieure dans ceux du Tarn 59) et de l'Aude (49). Elle est faible surtout dans les zones purement pastorales de ces départements.

Comté de Foix. — Le comté de Foix, autre patrimoine de Henri IV, a formé, avec le pays d Conserans, le département DE l'Ariège (4900 kil. carr., 2(U)000 liab., chef-lieu Foix *). C'est la région du Montcalm, du Monlvallier et du

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