I. [| V n iKHii'Imil 18 kilonu^lres en li)(nc droiU
L'Obstacle continu devait isoler, ju.-quii la consommation des siècles, l'empire français de l'Afrique du Nord tel que le rêvaient les hommes h l'œil d'aigle qui. de Pai-is, fixaient le soleil levant d'Abd el-Kader. Un vieux roi s'était écrié : « Il n'y a plus de Pyrénées! b Eux. ils disaient : Il De cette plaine unie, nous ferons deux plaines à jamais désunies. »
Le domaine qu'ils se réservaient avait 80000 heclaivs. 11 n'était point de ceux où ne se couche pas le soleil, comme l'empire espagnol ou l'anglais
Le fossé donc commençait près de Fouka, sur la Méditerranée, momentanément sitre, puisque Abd el-Kader n'avait pas encore armé des flibustiers pour la course. Tout entier à la création d'une armée mi - régulière, il fondait des canons, dont l'un, du poids de 1W0 livres, porté sur l'épaule par un Nègre athlétique; mais l'Unique, le Plus grand, l'Incomparable ne lui dirait-il pas: « Tente la mer; elle est à moi^, comme la tene, je te la donne; je te la redonne plutôt. Vous l'aviez, 6 vous, les vrais croyants du Maghreb, il n'y a pas cinquante p. lîi.)— Dessin de Taftar. années encore, quand
iiographie, vos reis'. Vainqueurs
des Roumis, cinglaient vers Alger la Grande sur des bateaux emplis de cfiréiiens à la chaîne, u
De Fouka, le fossé de l'Obstacle continu, creusé du nord au sud, gagnait le pied de l'Atlas de Blida par une ligne brisée de 50 kilomètres de long, que. de 500 mètres en .'(OO mètivs. garantissait un fortin. Ceci poiu' l'ouest ; à l'est, l'Obstacle n'avait que 16 kilomètres, de la Maison Carrée à la base de la montagne.
Fortins de l'est, fortins de l'ouest, fortins du sud, fortins de l'enceinte spéciale de Blida, la Fj-ance eut la bonhomie de dresser ici 91 Gibraltar» contre le Numide indompté.
Pour ne dépasser en rien la vérité, il faut plutôt dire qu'elle en aurait dressé 91 si l'œuvre enfantine avait étt' achevée.
Elle ne le fut pas. Commencée en 1841, on I. Ca|iiUiiLct Jo pirali's.
Tabandonna (sans doute avec quelque honte de l'avoir entreprise) après dix-sept mois d'un travail idiot.
Elle avait dévoré, par la fièvre, la dysenterie, Tanéraie, la cachexie, les coups de soleil, plus de soldats que n'en auraient coûté une petite bataille ou quinze jours d'escarmouches dans toute l'Algérie, de Tlemcen à Tébessa.
En même temps que l'Obstacle continu moururent avant de naître les villages militaires qu'on avait projetés le long du fossé d'enceinte ; villages qu'on aurait peuplés de soldats laboureurs suivant la devise : « Epée et charrue ! »
30 Tombeau de la Chrétienne. — Fouka est suivi au couchant par Bou-Ismaél*, Tefchoun, Bérard, Tipasa.
Entre ces deux derniers villages, le Sahel de Coléa, réduit à 300 mètres de largeur, porte le Tombeau de la Chrétienne sur un dos de colline de 263 mètres, entre la mer et la Métidja, au-dessus des campagnes, maremmatiques encore, où sommeille ce qui reste du lac Halloula.
Lac qui n'était pas lac, mais bourbier délayé, dans un bas-fond où tendaient des ruisselets du Sahel et des torrents du Djébel-Affroun, qui est ici le premier renflement de l'Atlas. On l'a fort mal desséché, et les hivers très pluvieux le reforment en partie.
Malgré son nom, le Tombeau de la Chrétienne' ne couvre point les os d'une servante du Christ. C'est la sépulture, la « grande Pyramide » des rois de la vieille Mauritanie ; bâti probablement par Juba II, il serait moins ancien que le Médracen, qui pourrail lui avoir servi de modèle. Mais il n'est pas impossible que son architecte et ses maçons aient précédé le Grand Sépulcre royal du plateau de Constantine : au lieu du prince numide latinisé et grécisé qui fit des livres en idiome hellénique et dans la langue de son protecteur César-Auguste, au lieu de Juba le Second qui l'aurait élevé pour lui et pour sa femme, la fille de Cléopûtre aux yeux ardents, son constructeur fut peut-être Syphax.
Syphax, comme on n'en ignore, était le roi des Massésyliens, le mari de Sophonisbe la Carthaginoise, le cavalier trois fois vaincu par Masinissa, roi des Massyliens. Les Massésyliens étaient les iNumides occidentaux, et les Massyliens les Numides orientaux.