‹ La France et ses coloniesChapitre 142 sur 283 · litres par seconde · texte numérisé non relu

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"1. Cimetière.

j. 217 litres par seconde.

dent d'autres élancements d'Aurès : le Chéchar immensément raviné, le Djebel Sidi-Abid, le Djebel Ong et autres monts des Némencha; à l'Ouedel-Arab succèdent des torrents d'égale indiscipline, qui rugissent dans l'Aurès ou tout au moins y gazouillent, puis sont muets, quelquefois dès avant l'entrée dans la plaine de flamme; aux « Foumes-Sahara » de Mchounech, de Sidi-Nadji, succèdent les brèches de l'Oued-Bidjer, de l'Oued-bou-Dokhan, le Foum-llallaïl, le Foum-el-Méchéra, ces deux derniers en arrière de Ferkan et de Négrin. Peu à peu l'Aurès descend des altitudes de 2000 mètres à celles de 1800, de i500, de 1200; et lorsqu'on arrive chez le prétendu bey de Tunis on n'a plus, au septentrion, que des montagnes en lambeaux, Apre, sec, ardent pays qui n'est ni le Steppe, ni le Désert, mais tous les deux : de même que, plus au nord en Tunisie, d'autres monts usés, restes des massifs antiques, se dispersent sur des plaines qui ne sont ni tout à fait Steppe, ni tout à fait Tell, mais qui sont l'un et l'autre.

Au midi, nul changement. C'est toujours, sous différents noms, le même chott, la même fondrière, ici plus haute, là plus basse que le niveau de la Syrte, avec 31 mètres au plus creux, justement dans la lagune la plus éloignée de la mer, et par cela même la plus proche de Biskara : lagune qui est le Melrir.

Des boriiia, ou fondrières', des bas-fonds d'argile, d'arène, de gypse, de sel flamboyant, telle est la dépression « franco-tunisienne », qui commence avec le Melrir.

Ces fondrières, ce sable, cette glaise, ce plâtre, il se peut que la crue des oueds en cache au loin les sillons, les ornières, et qu'elle dissolve beaucoup de ce sel. Mais ce qu'y voit presque incessamment le jour venant après le jour, et l'année après l'année, c'est l'étendue blanche, la neige et le scintillement des cristaux; et l'incandescence du ciel, visible aux vibrations de l'air : ainsi sur la fournaise monte et flotte une ardeur.

Le Melrir n'est pas une lagune concentrée, mais un éparpillement de salins, de bourbiei^, de cassards', ainsi que le dit maint patois d'oïl en un français plus vrai que le français des livres.

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