‹ La France et ses coloniesChapitre 149 sur 283 · Pierre gypseuse · texte numérisé non relu

Pierre gypseuse

d'une séguia. Ainsi se faisait, ainsi ne se fait plus autant le vide au midi des montagnes duTell.grdce à la « paii française t.

Les mille puits d'Ouargla ne donnent guère qu'un mètre cube à la seconde, mais déjà la sonde est à l'œuvre dans cette vaste cuvette, et nul douli' qu'elle ne tire du l>aliai', de la « mer sous terre i>, un petit fleuve régénérateur. C'est ce babar qui permet à l'Ileicha d'Ouargla de lever 600 000 palmiers, puisqu'â 5 dattiers pour un litre d'eau par minute elle n'en lèverait que 1 80 000 : ainsi que dans le Souf. ils boivent d'eux-mêmes, par leurs racines, à l'bumidité souterraine.

Ventre et centre du Désert plus que ne l'est Touggourl, Ouargi.1 ne peut larder beaucoup h

recevoir les wagons du chemin de fer de Philippeville à Biskara, prolongé vers le Grand-Sud, el. quand l'heure aura sonné, vers le lac Tchad par le sillon hoggarien de l'igharghar. Alors, sans redevenir r a impératrice i> du Désert, elle regrandirn et l'on ne verra plus en elle un labyrinthe de ruelles, un taudis de masures, mais une vraie ville 011 de nombreux Français veineront la masse berbéro-nègre. La ville s'assainira, comme s'est déjà désinfectée Touggourt, et si l'été y reste boiiche de four, il aura cessé d'être souffle de fièvre.

Les Européens pourront éviter la torridité par les villas qu'ils bâtiront dans l'air vif et ventilé du Krima, mont qui se dresse à quelque dislance, ;i 80 mètres au-dessus de l'Ileicha, au milieu d'un

Aipccl de la vallée de l'Oued-Hii.

(I infini » de rochers et de sables alignés par les vents en dunes parallèles.

En amont d'Ouargfa le val du Hia remonte vers le sud-ouest, jusqu'à des montagnes qui n'ont pomt la hauteur du Hoggar ighargharien. On ne Toit point de neige en hiver sur les suprêmes rochers du Tidikelt, du Tademaît et autres chaînons, massifs ou plateaux de craie dont les noms sont éminemment berbères. Néanmoins il y a là des terres hautes, habitables pour le Français, des pâtures, des bosquets, des sources, des rus coulants par le fait des orages ; et quand la pluie tombe à torrents, cas moins rare qu'on n'imagine', l'Ûued- Hia lui-même peut s'avancer jusqu'à 600 kilomètres de son origine ; il mène alors son flot jusqu'au

1. Il y a telles année» qu'on pout jiresque appeler pluvieuses.

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