‹ La France et ses coloniesChapitre 152 sur 283 · Reclo. — Sift Cotirain · texte numérisé non relu

Reclo. — Sift Cotirain

bas par centaines de mille; mais ses dattes ne valent point celles de Touggourt, de Nefla, de Tozer, et ses palmiers, plus bas, sont moins beaux. La race qui les soigne ressemble à celle qui s'exténue aux puits à bascule, aux travaux de puisaterie, à l'arrosage, au cueillage, dans l'Oued-Rir et dans le fond d'Ouargta.

Le Nègre subéthiopien, leBerbère.r.Vrabe, s'y sont croisésenun peuple aujourd'hui plusnoirque blanc.

Au midi du Touat on tombe chez les Touareg, en un désert des plus désertiques, hamada calcinée dans l'éther qui flambe.

Mais à quelque 700 ou 800 kilomètres de là, la hamada, frappée par les avant-gardes des typhons tropicaux, se transforme insensiblement en un steppe, et ce steppe culmine en un plateau-montagne, dit Adrar des Aouellimiden, auquel on attribue, sans trop le connaître encore, une étendue de 20 millions d'hectares, avec bonnes pâtures, belles cultures, forêts, rivières, enfin tout ce que demande la croissance d une nation. 11 y aura là pour nous, à toucher le Niger, un très salubre Tell juxtasoudanien, à 450 lieues de notre Tell atlantidien.

Ses maîtres, en attendant qu'il devienne français, sont les Touareg Aouellimiden, guerriers qui ont conquis de vastes horizons soudaniens; mais en se dispersant, eux tout petit peuple de quelques dizaines de mille hommes, sur le pays des Nègres sédentaires, ils ont à moitié passé du Berbère au Noir : rares sont à présent chez eux les Blancs, môme les Basanés, et leur lémachek s'est veiné de haoussa*.

XV. Le Hzab et les Hozabites. — Les eaux souterraines du Mzab s'unissent à l'artère cachée du Mia à partir du bas-fond de Ngoussa, qui s'appelle d'abord Heïcha, comme celui d'Ouargla, dont il est la continuation ; puis, en aval, on le nomme lagune de Safioun.

Ses tenanciers, les Béni-Mzab ou Hozabites, sont une fort petite nation de très grande intelligence, un peuple de jardiniers, de datticoles, de marchands, de banquiers, de prêteurs sur gages, en môme temps qu'une caste fermée, dépositaire d'une tradition religieuse conservée sévèrement, strictement obéie.

Ils ne sont point issus de leur sol, terre d'airain. Berbères authentiques et parlant un langage fort semblable à celui du Jurjura, leurs pères avaient durement souffert, sur un long chemin d'émigration, alors qu'ils arrêtèrent enfin leurs pas dans ces monts de craie sans verdure et sans sources, dans cette chebka' puissamment ravinée par des rivières qui coulèrent à pleins flots et ne coulent plus qu*en grand orage.

Ils avaient vécu pendant deux siècles, avant l'an mille, à partir d'environ 750, sur un socle élevé de rOranie, autour de Tiaret, fondée par eux.

Puis il leur avait fallu fuir devant les avanies des

1. Langrue très importante de la région du Soudan qui touche à l'Adrar des Aouellimiden.

Page 1