Mot arabe : filet, réseau, comme qui dirait chaos
musulmans, car s'ils sont, eux aussi, de l'Islam, diverses croyances puisées dans la doctrine d'un apôtre du premier siècle de THégire, Abdallah, fils d'ibàdh, en font un peuple hétérodoxe : aussi les sectes officielles de la religion du Prophète désavouent ces faux croyants, ces Ibhâdites, et la haine est vive entre le Hozabite et l'Arabe.
Chassés de la montagne froide au moins en hiver, ils descendirent dans le trop brûlant Sahara, vers l'est, dans l'Oued-Rir, l'Oued-Souf, le Zab, oasis dont on leur attribue l'honneur, en ce sens que, les ayant trouvées sèches, dépeuplées, décadentes, ils les arrosèrent par des puits, les plantèrent de palmiers, les restaurèrent et les peuplèrent de durs travailleurs.
De là aussi on les chassa ; ils s'enfoncèrent au sud-sud-ouest, dans la cuvette d*Ouargla et dans le sillon de l'Oued-Mia, dont ils créèrent ou renouvelèrent aussi les jardins, aux alentours de bourgades que maintenant encore ils visitent pieusement en pèlerinage.
Ils n'avaient pas encore trouvé le lieu de leur repos, la terre plus qu'aride et pierreuse, de tous dédaignée, qui devint leur dernière patrie. Tourmentés par les nomades, ils trouvèrent enfin un endroit peu accessible aux maraudeurs, l'entrecroisement des ravines du Mzab, dont il se peut que le nom rappelle ce Zab où ils avaient auparavant fixé leur demeure.
Donc, semblables aux Puritains anglais, c'est pour leur foi qu'ils muèrent leur maison ; mais le Mzab est ardent autant que la Nouvelle-Angleterre est fraîche, il est aussi continental qu'elle est brumeuse et marinière. Il fallait des hommes résolus, à vrai dire des fanatiques, pour oser essayer de vivre en ce dédale de rochers, sous le soleil qui boit dans mille ravins les eaux versées par le hasard des images sur les bassins de l'Oued-Mzab, de la Rivière aux Femmes* et du Zegrir.
Heureusement la Chekba des Béni-Mzab recouvre une eau fraîche, à 20 ou 25 mètres de profondeur, sous le lit des principaux oueds; et quelquefois, par cas très rare, ces oueds, subitement, démesurément remplis, mugissent, surtout en janvier et en février.
Des barrages fort solides, œuvre des Mozabites, arrêtent ces flots ; des puits profonds descendent jusqu'à l'onde hypogée, et des jardins entourent les villes bâties amphithéàtralement sur des roches pyramidales avec une mosquée au sommet.