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italien, ()ui restera un l-^tat dans l'Ëtat jus({uau jour nù le protectorat, rjui est Taux, bâtard, impuisï^ant, dangereux, aura fait place à l'annexion. Les îiOOO Allemands, dispersés jiarluul, se divi-
sent entre les champs et les villes. Avec les Italiens ce sont ces excellents colons qui sollicitent le plus la naturalisation française. Ils ont ici un double tort, celui de trop boire et celui de ne point durer. L'ivrognerie les décime, sous un climat fatal aux ivrognes, et comme ils se marient presque exclusivement entre eux, ou de famille allemande h famille alsacienne, comme ils ne s'appuient pas, pour vaincre le milieu, à des Méditerranéens tels que le Provençal, l'Andalou, le Mahonais, le Corse, le Sicilien, les morts dépassent toujours chez eux les naissances.
Du brassage de tous ces éléments européens est sortie la race des Franco-Africains, ou plus simplement des Africains, ou encore des Algériens.
Nés dans l'Atlantide et faits à son soleil, ils sont déjà plus des deux cinquièmes des Européens.
En 1852, l'on n'en comptait encore que 20800;
En 1856, il y en avait déjà 55500;
Et 72500 en 1872;
Et presque 100000 en 1876.
Aujourd'hui, c'est-à-dire dix ans plus lard, on peut croire qu'ils sont au nombre de 180000, ou même de 200 000, l'ensemble des colons n'étant que de 425000, ou 467000 en y incluant les Juifs naturalisés. Sur ces 180000 à 200000 créoles, 90000 à 100 000, c'est-à-dire un sur deux, sont des créoles français.
Les « Africains » seront bientôt la moitié, puis les deux tiers du peuple nouveau. L'avenir appartient à ces fils du pays, nés de sa substance et nourris de son air; mais il serait lamentable pour l'Algérie, pour la France, notre mère, et pour la race entière des hommes, que cet avenir éclairât un cimetière où deux peuples dormiraient : le Berbère des adrars, des tamgouts et des acifs, l'Arabe des djebels et des oueds.
Il n'est pas dans le génie de la France d'écraser les enfants contre la muraille. Le Romain, l'Anglais, le Péninsulaire, ont détruit plus de peuples que nous. C'est là notre grande gloire, comme c'est leur grande honte d'avoir traîné tant de nations à la paix du Campo Santo. Aimer les Indigènes, qui ne veulent point se laisser aimer, c'est notre strict devoir, et ce serait notre honneur.
Nous les amènerions à nous en leur donnant notre langue. Le Kabyle n'y perdrait que des patois sans
littérature, et qui osera comparer à nos livres ce qu'il y a de vraie pensée dans l'idiome osseux, décharné, dur, prodigieusement guttural, d'ailleurs poétique, énergique, incisif et bref, dont le prophète Mahomet usait avec l'ange Gabriel, et l'ange Gabriel avec lui?
N'était la différence de religion, l'assimilation serait venue d'elle-même, et bien vite, par la confusion des sangs.
Le Français ne s'isole pas comme l'Anglais dans la haute citadelle de l'orgueil, il se communique volontiers aux peuples dits inférieui's. Quant à l'Espagnol du sud-est et du sud de l'Espagne, il diffère en réalité fort peu du Maugrabin; et de même, l'Italien du sud de l'Italie et le Sicilien dont le sol branle à la toux de l'Etna s'approchent fort de l'Atlanlidien. Comment distinguer autrement que par la langue, la religion et le costume ce Valencien, ce Murcien, ce Malagueno des paysans arabophones du sahel de l'Oranie ou des vallées de l'intérieur, Tafna, Sig, llabra. Mina, Chéliff? C'est le même bronze du corps et du visage, le même œil noir, la même allure et démarche, la même dignité, la même endurance, la même sobriété, et sans doute, sous le crâne, les mêmes idées, le même fatalisme, car, dit l'Espagnol,
Lo que ha de scr no puedc faltar.
C'est-à-dire : Ce qui doit être ne peut manquer.
Mais si le chrétien, de moins en moins croyant, tolère de plus en plus les autres religionnaires, l'Islam, encore aujourd'hui, ne souffre point de partage.
Faute de fusion par voie naturelle, il nous faut donc asseoir les enfants indigènes à côté des nôtres sur les bancs de l'école. Des trois termes de l'unité : un pays, une langue, une foi, deux combattront pour nous, la communauté de patrie et le règne d'une seule langue. Quant à la foi des musulmans, le jour venu, elle déclinera.
Dès que la jeune génération musulmane parlera le français, tout le reste viendra par surcroît.
En attendant ce jour, lointain peut-être, l'excédent de naissances ajoute chaque année des milliers d'hommes à la phalange néo-française qui conquiert maintenant j)ar le soc la terre âpre à soumettre où nous avons combattu quarante ans.
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