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Environ 210 000 avec la popuhtion en bloc

En se jetant sur cette rive, les Espagnols continuent sans y penser, la pioche et non plus le glaive à la main, la longue, dure et sanglante croisade que leurs pères avaient entreprise contre les Maures. Tripoli, Tunis, Bougie, Tlemcen, Oran, Mazagran, Mostaganem, Alger surtout, lieu de terribles désastres, ces noms sont glorieux et tragiques dans l'histoire de l'Espagne. Oran fut longtemps castillane : entrés dans cette ville en 1509, nos cousins de Trans-les-Monts n'en sortirent qu'en 1792. Elle est, d'ailleurs, si près de l'Espagne, la cité d'où l'ardent Jiinenes espérait conquérir tous les Maures! Du Merdjadjou, Ramérah ou Djébel-Santo, qui porte un quatrième et plus beau nom, le Msabia ou Lever de l'Aurore, on voit, quand il fait beau, les chaînes du littoral andalou, le Mulahacen (3554 mètres), tête de la Sierra Nevada, et, non moins loin, le Tetico de Bacares (i9i4mèlres), dans la Sierra de los Filabres.

Ces aides précieux se font peu naturaliser, mais leur jeunesse virile sert dans notre armée, leurs filles s'allient volontiers aux Français, et les enfants s'absorbent sans peine dans la nation prépondérante. Leur langue n'est un obstacle qu'à demi. Une moitié d'entre eux ne parle point l'espagnol ; si les Andalous et les Murciens sont d'idiome castillan, les Valenciens, les Catalans, les gens des Baléares parlent, en divers dialectes, un langage qui ressemble intimement à nos patois d'or, au limousin, au toulousain, au provençal, et surtout au catalan des Pyrénées-Orientales. Que d'Espagnols auxquels on adresse en Algérie la parole en castillan et qui ne vous comprennent point ou ne savent pas vous répondre dans l'idiome sonore ! En Oranie il vient principalement des Andalous, mais Alger reçoit surtout des hommes du verbe catalan, notamment des insulaires de Minorque, colons parfaits, maraîchers modèles, connus en Afrique sous le nom de Malionais.

C'est surtout la province de Constantine, proche (le la Sicile, de la Sardaigne et du pays de Naples, qu'habitent les 40000 Italiens, principalement sur le littoral. Corailleurs, pêcheurs, marins, jardiniers, négociants, entrepreneurs de routes et de travaux publics, terrassiers, mineurs, ils se fondent aisément dans la nation néo-française.

La province de Constantine a aussi la plus grande part des 17 000 Maltais. Egalement nombreux dans la ville d'Alger, ces insulaires de Malte, Gozzo el Coinino, soit d'une ilette et de deux éciieils, ne fournissent pas de colons dans le sens élevé du mot. Sur les 200 000 cultivateui*s européens de l'Ai-

gi'ric. on coniplo fort peu (k- Maltais; on les trouve prosqui! Unis dans les citiVs cuninii! biitvlicis, porlei'aiv, boucliers, careliei's, |>etits niaicliiiiKU. l'iii'

leur religion ils tiennent aux Français; par leur langue aux Indigènes, car. s'ils sont catliuliigues, iU ont pour parler maternel un arabe corrompu. Par

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cela précieux en Algérie, ils le sont plus encore pour nous dans la Tunisie : i;i ils ont acei'pté la (■'raiice de plein criîur. et ils ajoutent presijue toutes leurs forces aux nôlivs pour lenir tête à réléinenl

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