Donl 19745 agglomérés
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Il s Iili' i|iPt', Il pi'oli'gciiiil « des Muïiuliimiis, il pli'>iiipoti'i)liiiii'(- angliiis nvail ilcriiiiudi'' h' iiiuiil
(levieiil Musulman lui-niwni', rêveur, iiisouciaril. îli's liabilants dp M^ssmil. I.'drii.'iilid iviiniiilit :
fl 0 mon Dliislni ami. .". joii- tics vivanls! maisons, til à rii'Liil.u'incr du nomluvdi- Irurs lialii-
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nuisilili'. Hifn(|iicli.ns mes jours se soipnl ■■.■«.niés s.'s mulcls. fi-hii-là au liind <li' sa liaMino. i-'v>l
dans ce iniis. jo n'ai Jainais songé à i'iic(ini|jli?rlfs uni' cliost; ijui m; nio :vgard.' nullcmcnl.,.. 0 mon
ami, ô ma brebis, ne cherche pas à connaître ce qui ne te concerne pas.... II n'y a point de sagesse égale à celle de croire en Dieu. 11 a créé le monde : devons-nous tenter de l'égaler en cherchant à pénétrer les mystères de sa création?... Moi, je bénis Dieu de ne pas chercher ce dont je n'ai pas besoin. Tu es instruit dans des choses ([ui ne m'intéressent pas, et ce que tu as vu, je le dédaigne.... 0 mon ami, si tu veux être heureux, écrie-toi : « Dieu « seul est Dieu! » Ne fais point de mal, et alors tu ne craindras ni les hommes, ni la mort.... Car ton heure viendra. »
On croit devoir admettre que cette province a 1 550 000 habitants, répartis ainsi qu'il suit :
Indigènes,
Français . Italiens. .
Maltais .
Grecs. . .
Divers .
Juifs . . ,
D'où un « colon » contre environ quatorze indigènes. Et le nombre des Européens, du moins celui des Français, ne croît guère, faute justement de cette colonisation officielle qu'on a si souvent maudite quoiqu'elle puisse seule iniplar.ter la paysannerie de France dans une contrée i i différente de la nôtre. La colonisation spontanée ne lui amène que des latifundiaires, des régisseurs, des contremaîtres, et çà et là quelques modestes vignerons et des tonneliers, ou barricaires, comme disait le vieux français.
Sa capitale est Tunis (100000 habitants), résidence du Bey conduit par la main ; les villes notables sont Kairouan (25000), Sousse, Sfax.
Telle est l'Algérie, la plus belle des filles de la France : mais elle n'aura toute sa beauté que lorsqu'elle respirera les grandes brises de l'Atlantique.
iit-Liurcnt i Québec, — Ciavure de Heunkr, cl'*prés u
I. Soleil couchant. — Il n'y a pns cent cinquante ans nous teniont; en mnin des colonies immenses.
Elles nous ont échappé, saut des comptoirs où l'on ne truAque guèn', de pelitiis îles, et divers nids à lièvres que nos ennemis n'ont pas daigné nous prendre.
Ile l'Inde il nous reste cinq villes, dont un village;
De r.Vinérique du Nord, deux ilôts tourbeux, sous Ih brume, au rendei-vous des nioru^;
Rt dans l'Amérique (lu Sud nous sommes les ningnifiques seigneurs de Cayenue, Sinnainaiy, Toniiegi-nnde o( autres baronnies de grand ivnoiu dans le monde.
Or l'Inde, où les Anglais disent à phis de ^.'lOijiilliuna d'hommes : r Faîtes u et ils foni, Tiiillil nous appartenir toute ; Himalaya, plaine el plateau, et
le Gange et l'Indus el les fleuves colériques du IK'kkan.
L'Amérique du Nord, c'éLiil à la fois le Sainlhaurent avec la baule Québec, le Mississip|)i avec la Nouvelle-Orléans, si basse <|uc pour un peu plus les eaux la noiei'aienl, et tout ce qu'il y a d'opulent, d'énorme, de magnifique, entre la ville de la neige et celle du marais fenescent au soleil. C'était à la fois un Crrand Nord, jusqu'au Pôle, et un Grand Sud; un Grand Est et, jus(|u'au Paci- (ique, un Grand Ouest.
FA d;ins l'Amérique du Sud, la n France Ëquinoxiale » étendait sesanibitions jusqu'il l'Amazone, qui est le plus vaste di'S fleuves, et Jusqu'à l'Orénoque, dont la crue annuelle fait une mer d'eau douce sur le lit phit des Uanos.
Pourquoi la Frii
ii-t-elle pei'du l'Inde
qui nVst corles point un inalhoiir — et sa pari de l'Aniêriquo du Sud, en réalité mieux faite pour les deux nations péninsulaires que pour nous, et l'Aniélique du Nord, dont nous sommes inconsolables?
I*arce que nous n'avons pas essaimé comme l'Angleterre, notre rivale d'au delà le détroit, ou l'Espagne, notre rivale d'au delà le mont, ou le Portugal, qui se renouvelle cent fois dans le Brésil. Quand mille Français voguaient pour la Nouvelle- France, vingt -cinq mille Anglais au moins cinglaient vers la Nouvelle-Angleterre.
Puis, nous étions faibles sur mer à force de nous épuiser sur terre pour des querelles frivoles. C'est par millions que nos armées ont stérilement semé des cadavres sur l'Escaut, la Meuse, le lUiin, le Danube, le Pô, le Ticino, l'Èbre et les sierras d'Espagne. De toute cette pourriture rien de grand n'a germé pour nous.
Au dix-septième siècle, tandis que l'Angleterre colonisait l'Amérique Septentrionale, des Français quittaient la France, au nombre de 400 000, diton : honunes d'ailleurs cou])ables d'être les amis de l'étranger, car les prolestants intriguaient alors pour Guillaume d'Orange, comme auparavant, sous la Ligue, les catholi(|ues avaient fait cause commune avec Philippe 11. A celte» époque, l'esprit de secte remportait sur l'idée de patrie; aujourd'hui c'est l'esprit de parti qui déchire.
L'heureuse Albion fle perdit point ses sectaires, elle leur ouvrit les colonies du Nouveau-Monde; la France, tête folle, n'envoya pas ses huguenots quelque part outre-mer, là où ils se seraient le mieux épanouis en nalioii, de préférence vers un pays soleilleux, la plupart des « religionnaires » étant des hommes du Midi sec ou tout au moins- du Sud- Ouest. La moitié des protestants cévenols qui sont devenus des Boers hollandais ou des Anglais ou des Allemands, voire des Prussiens intransigeants, aurait sufti pour vivifier la Louisiane, ou créer le Brésil, ou tirer du néant la France Équinoxiale.
Et cent ans auparavant, dans le siècle où l'Espagne» et la Lusilanie assurèrent leur empire sur les immensités de la Sierra, de la Montaiia, de la Sel va, des Campos, de la Panq)a, dt»s Llanos, (|ue se passiiit-il dans la a douce France » où il y a cent Arcadies pour une Arabie Pétrée, où il fait si bon vivre sous un ciel sans rigueur et sans pestilences dans un air sans moustiques, sur un sol sans fauves et presque sans serpents?
On s'y égorgeait de [)rolestant à catholique.
Ce qui s'y tit de massacres [lendant trente à quarante années rougirait cent mille j)ages d'his-
toire. Une ville d:i nord, Morlagne de l'Orne, fut prise, ravagée, violée vingt-deux fois en quarantedeux mois pendant la Ligue; et dans le Sud-Ouest, aux confins du Périgord et de l'Agenais, il arriva que deux bourgades furent détruites la même nuit, Montpazier par ses voisins de Villefranche-de- Belvès, et Villefranche-de-Belvùs par ses voisins de Montpazier. Dans les deux camps la férocité dépassait l'héroïsme; beaucoup se battaient pour leur foi, tous pour leur ambition, leur orgueil et leur haine. Nous perdîmes alors deux et trois fois, sinon plus, les 400000 hommes que nous coûta plus tard la révocation de Tédit de Nantes. Le sang perdu dans ces jours de colère sur une seule de nos provinces eut fécondé pour la France le continent qui nous manque, si par hasard le Canada n'était qu'un souvenir, et l'Algérie qu'un espoir.
C'est un regret dont on ne peut se défendre quand on lit l'histoire de ces guerres, lelle que l'écrivit par exemple Biaise de Monlluc, l'un des capitaines les plus durs de celte abominable épopée. Pourquoi tant de braves gens canonnés, espingolés, dagues, pendus aux branches la langue tirée, jetés dans les puits, les torrents, les avens, pour la plus grande gloire du Dieu catholique ou du Dieu protestant, alors qu'à part quelques vétilles ces deux Dieux sont exactement le même, comme nous le voyons aujourd'hui depuis que s'est dissipée la fumée du combat?
Rien n'est plus juste, plus grand, plus doux que de verser son sang pour sa cause, mais quelle malédiction si c'est un sang stérile, et de se dire: « J'ai meurtri, je suis meurtri, je meurs, et j'ai combattu pour un l^anlôme et contre un fantôme! »
Bref, tout ce que but la terre rouge propice au châtaignier, la terre blanche du pays crayeux ou calcaire, la roche cévenole, le coteau languedocien, le tertre gascon, la Saintonge, l'Aunis, le continent et la mer de la Hochelle, et Dreux, et Moncontour, et Jarnac, et Coulras, toute cette vie coula sur le sol sans raison profonde, sans cause éminenle, sans autre utilité pour la France que d'engraisser quelques petites plaines.
Nous n'aidâmes point les calvinistes qui s'établirent, vers le milieu du seizième siècle, dans la baie où fleurit aujourd'hui le Rio de Janeiro;
Nous ne jetâmes ])as au Canada beaucoup plus de dix mille honunes durant le dix-septiènie siècle et la première moitié du dix-huitième, quand il aurait fallu en jeter un million, et nous perdîmes sous les murs de Québec l'enqjire de l'Amérique du Nord ;
Au commencement du dix-neuvième siècle, nous vendîmes la Louisiane, val et delta d'un Aeuve prodigieux ;
Nous avons laissé prendre par les Anglais ou par d'autres la Nouvelle-Zélande, toute l'Australie, des îles à ne pas les compter, et de très précieux rivages d'Afrique.
Eternellement trompés par des mots éclatants, nous avons même longtemps méprisé l'Algérie, dernier don de la Fée bienfaisante.
Trop de Français rêvaient encore à la Belgique, un des plus petits pays du monde, à la frontière du lUiin, qui nous aurait donné des Allemands. Et pendant ce temps les Anglais, les Busses, les Espagnols, les Portugais couvraient la Terre. L'astre étranger montait au ciel et nous assistions sans amertume au soleil couchant de notre nationalité.
IL Soleil levant. — C'est de i 81 5 à i860 que l'astre de la France parut descendre à l'horizon.
Et non pas lui seulement. On put croire que l'Angleterre hériterait de toutes les nations.
Les esprits dits éniinents se tournaient vers elle comme au seul soleil de lumière; elle avait montré sa force, sa ténacité, son orgueil; elle était riche; elle enseignait le nouvel Évangile : « En avant par le commerce et pour le commerce ; Temps, c'est monnaie; L'argent, c'est tout l'homme; le Parlenient, c'est la bonté, la beauté, l'équité, la sagesse. » ^ Et par delà l'embrun de la mer Atlantique, une autre Angleterre allait grandissant avec une rapidité merveilleuse.
Jusque-là l'histoire ne nous avait montré que des croissances lentes, sournoises, presque invisibles, Etats, peuples ou villes semblables au chêne qui demande deux cent cinquante ans pour déployer tous ses rameaux.
Et tout à coup l'Europe voyait comment une courte vie d'homme suffisait aux États-Unis pour étendre leurs branches de l'Atlantique au Pacifique par-dessus AUeghanys, Mississippi, Missouri et Montagnes Bocheuses.
Elle entendait les Yankees*, étourdis par leur fortune rapide, crier aux peuples stupéfaits : « Aux Américains l'Amérique, aussi longue qu'elle est, d'un Pôle à l'autre, aussi large que le flot l'a faite, de la grande mer à la plus grande *. Incessamment nous ajoutons une étoile aux autres étoiles de la
1. Yaiikocs est le nom populaire des Américains des Ltats-l'nis.