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Avec la moitié du territoire contesté par le Brésil

Canada, et surtout cette Russie de dix mille kilomètres de long sur Europe et sur Asie. Il est de pièces et morceaux, chez le Blanc, chez le Jaune, chez le Rouge, chez le Noir, chez le Bronzé; quelques grands blocs en Afrique, un en Asie; des lambeaux en Amérique et en Océanie, En Afrique, où est la fleur de notre empire, Madagascar surgit de la mer des Indes tandis que le Sénégal et le Congo bordent l'Atlantique ; l'Algérie est séparée du Sénégal par le Maroc, du Niger par le Sahara ; le Sénégal est divisé du Congo par la Guinée, le Bas-Niger et le kaméroun .

H est essentiellement tropical. L'ouvrier auquel il promet le plus de travail, c'est l'agenceur de cercueils. Sénégal, Côte d'Ivoire, Côte des Esclaves, Gabonie, maremme du rivage de Madagascar, vases de la Cochinchine, delta du Tonquin, palus de Cayenne, il n'y a guère ici-bas de contrées supportant plus malaisément le colon métropolitain.

Là où ses altitudes, ses latitudes ne condanment pas d'avance \o Blanc et la Blanche à la mort en pleine jeunesse, on, quand ils résistent jusqu'à la cinquantaine, à ne fonder qu'un foyer stérile sur une terre de pourriture, dans ces pays, extratropicaux ou non, la place manque, ici pour moitié, là pour trois quarts, ailleurs en entier. L'Atlantide a ses Arabes et Berbères, le Fouta-Djallon ses Foulahs et ses Djallonkés, le Niger supérieur ses Mandingues, le plateau entre Ogôoué et Congo ses Batèkés, le plateau d'Émirne ses llovas. Pas de ces régions comme le Français du dix-septième siècle, l'Anglais, l'Espagnol, le « fils de Lusus » en trouvèrent devant eux dans la jeune Amérique, plaines sans bornes, vallées sans fin, prairies et savanes ou tout à fait vides ou si peu remplies qu'à peine y trouvait-on deux ou trois campements de sauvages en dix ou quinze jours de marche. Le temps n'est plus des Canadas vierges, des Ohios et des Mississippis vacants, des Pampas désertes. Que peut-on détourner du fleuve national, non pas en rivières, mais en ruisseaux, vers des régions telles que la Camargue tonquinoise plus densément peuplée do paysans que France, Belgique et Lombardie le sont à la fois de ruraux, d'ouvriers, d'industriels, de conunerçants? L'Indo-Chine coloniserait plus aisément la France, que la France l'Indo-Chine.

Pourtant, parmi ses centaines de millions d'hectares il y en a des dizaines à prendre sur la solitude, à des hauteurs où les Blancs se perpétuent, soit d'eux-mêmes, soit en s'alliant à des Cuivrées, h des Noires. C'est là qu'il faut porter notre effort.

Pour le reste, le salut est dans l'école. Si l'on ne

peut espérer que contre tout espoir d'avoir en Asie raison de l'idiome annamite, qui s'appuie sur le charabia chinois, le plus Iwragouiné des patois du monde, au moins doit-on vaincre en Afrique le malgache, le mpongouê, le mandingue, le foulfouldê, l'ouolof, Ig sonraï, le berbère, et même Farabe, quoique ce langage-là, des plus répandus au monde, soit de tissu ferme et qu'il ait la vie très dure.

Cette œuvre accomplie, les Français auront quelque place dans l'assemblée des hommes. La « plus grande France » sera faite : d'abord de la France

d'Europe; puis d'une France d'outre-Méditerranée dite Algérie ou Atlantide; puis d'une très grande île, Madagascar; puis de deux petits Brésils aux races entremêlées, sur le Niger et sur le Congo ; (înfin, hors de nos colonies, mais valant mieux que joutes ensemble grâce à la continuité d'étendue, à la franche sève de paysannerie, à la magnificence des rivières, des lacs, des forêts, et surtout au voisinage de l'Étoile polaire, tout ce que les Canadiens-Français auront reconquis du nord de l'Amérique Septentrionale.

- DcMin d'A. Dcroi, d'*prèi uue |iLi>Ujsi(|i|ui.-.

SOUDAN

I. De 4650 à 4888. — Sénégal et Niger, le Soudan est la plus précieuse Ae toutes nos colonies malgré le climat tcrriblo de ses basses terres.

Premièrement, nulle ne s'approche iiulant de la France : mieux encore, elle touclie déjà notre France d'Arrique, l'AlgWe, sinon par son soi, an moins par ses races, puisque des Arabes et des Berbères croisés de Nègres, mais demeurés Tuléles à eux-mêmes quant à l'énergie, quant auï mœurs, quant âla langue, bordent ici les comptoirs français, comme ils entourent ou bordent en Algérie tes colonies de France.

Ces deux peuples pourront nous aider en Soudan si nous réui«sigsons 'a les assouplir en Atlantide.

Enfin, elle a l'espiice: dès maintenant très grande, elle grdudira beaucoup plus encore.

Longtemps on nous a jeté le nom de Sénégal à ta face, mais ce vieux pays témoin de notre impuissance en Afrique; cette vieille terre décriée, fournaise et marais, a poussé ses avant-postes à

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