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moins troublé qu*autrefois par le reniflement des hippopotames, il est pareil au Niger de Tombouctou en ce qu'il cesse de courir d'Auster à Borée, et que, renonçant à forcer les roches de la Hamada désertique, il tourne à d'autres horizons : seulement, au lieu de chercher sa voie vers l'orient comme l'eau échappée aux anastomoses du Débo, il se fraye un chemin vers l'occident, ou, plus exac^ tement, vei*s le nord-ouest, par Hatam, Saldé, Aéré, Podor, Dagana, Richard ToU.
Sur ces terres basses auciine onde constante ne l'augmente. Les rivières qui lui viennent sont toutes des rivières de mensonge : les unes, branches latérales, lui ramènent l'eau que plus haut elles lui ont ravie à telle ou telle fourche (car le fleuve subit des dédoublements sans nombre) ; les autres, qu'on appelle marigots, le fuient lorsque la crue annuelle y jette sa surabondance, et le rattrapent quand il a tellement baissé que son niveau devient inférieur à celui des coulées auparavant dominées de plusieurs mètres par lui.
De ces bras de diramation, les plus longs forment l'Ile de Bilbas et l'île à Horfil. Cette dernière porte un vieux nom de l'ivoire, Morfil S parce que l'éléphant foisonna sur celte alluvion de 150 kilomètres de longueur, de 18 à 20 de largeur, qui s'étend de Saldé h Dagana; il n'y foisonne plus, même il en a disparu tout à fait, emportant avec lui l'éclatante blancheur des dents monstrueuses qui sont la fortune et l'origine du grand désastre de sa race.
Parmi les marigots, deux l'emportent de beaucoup sur les autres, l'un sur la rive du nord, l'autre sur la rive du sud.
Le marigot du nord, dit le Cayar, et aussi le Khomakh et le Garak, est triple, en trois branches écoulant une sorte de lac Hœris long de 20 kilomètres, que le fleuve remplit en son temps dans le Steppe saharien, à la marche des Trarzas et des Braknas.
Le marigot du sud, la Taouey, ingurgite et régurgite le Guier, également nommé Paniéfoul et lac de Mérinaghen, autre Mœris bien plus long, bien plus vaste que celui du Cayar.
Le Guier se continue au loin vers le sud-est, sous le nom de marigot de Bounoun, h la lisière du Ferlo, grand désert sans eau, champ si plat que la pluie de l'hivernage ne sait comment en sortir : ne pouvant rouler nulle part, faute d'inclinaison, elle s'amasse en lagunes que le soleil boit, ou des-