ItECLus. — Nos Counics
dèrent ni o Novo Porto ». ni « Nova Coimbra », ni n Nova l.isLda ii, ni u Xovo Santareui » ; aucun comptoir ne témoigna de leur passage.
Cet estuaire où flambe l'Equateur, au long d'une plage où la cacindia ' ne se tait Jamais, est pourtant le meilleur asile des vaisseaux, en tous cas le plus vaste qu'il y ait sur toute la côte occidentale du grand continent des Noirs.
La souveraine déesse Fortune, dont les « fiJs do Lusus » fui-ent si longtemps les enfants chéris, leur donna, dans l'OuIre-Allan tique, juste vis-à-vis du Gabon, la terre de Santa Cruz, plus tard nommée Brésil, plus grande, plus belle que l'Inde ellemême si passionnément désirée.
Santa Cruz était une patrie d'Indiens. On mît les uns à la chaîne, les autres s'enfuirent, et le pays se vida devant les conquistadores, autour des cidades '.
des povoas ', des fazendas •, des lavages d*or et de diamant. On recourut alors aux Noirs, à ceux du Gabon comme aux peuplades de TAngola, de la Guinée et du Sénégal.
L'estuaire devint donc un des ateliers de « bois d'ébènc ». H resta tel pendant plus de trois cents annéi?s.
Puis, comme toute chose tourne, l'Europe eut quelque honte de ce commerce, et ses nations s'allièrent pour y mettre fin.
La Trancc fut Tune d'elles.
Comme il lui fallait un port pour les vaisseaux de sa croisade contre les négriers, elle choisit le Gabon, sous l'Equateur.
En 1842 elle acheta quelques terres a un principiculc ivrogne de la rive droite de l'estuaire, là où s'élève aujourd'hui Libreville.
Ainsi commença, maintenant bien plus ample que la France, le domaine auquel il convient de donner le nom de Congo, d'après un maître fleuve inconnu jusqu'à ces derniers temps dans la région où il borde notre colonie. Tout ce qu'on savait de lui, c'était son embouchure et son cours très inférieur, jusqu'au premier rapide infranchissable aux navires venus de la mer.
Le nom d'Ouest Africain, qui a eu droit officiel, ne vaut guère. Le Soudan Français le mériterait mieux, lui qui, par le Cap Vert, s'avance à l'occident jusqu'aux environs du SO*' degré 0. de Paris, tandis que le cap Lopez, pointe de la Gabonie la plus enfoncée dans le couchant, est voisin du 15*' degré seulement — soit sept degrés de moins vers rUespérie, tombeau du soleil.
Durant vingt années la naissante colonie dormit autant que si elle était morte.
Enfin elle s'éveilla ; mais son activité fut quelque temps très petite, elle ne dépassa pas l'estuaire et les deux rivières qui en sont la Garonne et la Dordogne — car on doit dire que le Gabon ressemble singulièrement à la Gironde : presque même longueur^, môme largeur, môme profondeur, même orientation ; — en quoi ils diffèrent, c'est que le Gabon n'a pas à sa rive gauche le miracle des meilleurs vins sur terre ; ni Saintongeais, ni Médocains n'en travaillent les rives, et des Noirs paresseux V laissent la nature à l'abandon.
En remontant le Remboé, qui représente ici la Garonne, le Como étant la Dordogne, les explora-
la Villages.
'2. Grands domaines.
a. Le Gabon dî'passo un peu l'estuaire girondin en lonpueuj' et en ja'ofondeur.
leurs arrivèrent à une passe facile d'où l'on atteint sans peine le vaste fleuve Ogôoué.
Alors les horizons s'agrandirent, jusqu'à devenir immenses.
Qu'était cet Ogôoué ? D'où partait son courant? Quelles forêts sans bornes traversait-il, quelles savanes, lui dont les crues dépassent en largeur celles du Nil, long de quinze cents lieues?
On le suivit, en s'élevant avec chacun de ses rapides, en amont de son delta, loin de la vase homicide où, suivant la forte parole du général Duvivier, l'acclimatement n'est qu'une longue méditation sur la mort.
Les voyageui's luttèrent de vaillance ; tous : et celui qui revint * avec un livre un peu fabuleux où il est dit que, le gorille frappant sur sa poitrine, on l'entend à cinq kilomètres ; et ceux qui reculèrent', déjà parvenus très haut*, devant les flèches des Osiébas anthropophages, et les deux compagnons d'épreuves, l'Italien* et le Beauceron * : ces deux derniers atteignirent le bout du fleuve ; ensuite ils descendirent des rivières autrement dirigées, qui courent vers le sud-est. Où vontelles? Ils ne le surent, ne les ayant pas suivies jusqu'à la fin, qu'à leur retour en France, quand on leur déduisit les travaux de Stanley : sa traversée de l'Afrique d'outre en outre, ses hauls ftiits, ses combats sur le fleuve énorme du Congo, les 1700 kilomètres de navigation profonde entre les chutes qui ont pris le nom de l'explorateur* et le lac aussi nommé d'après lui'', enfin l'escalier de cataractes qui jette au bas pays riverain de la mer les flots de l'iVraazone africain, non moins équatorial que celui d'Amérique.
L'Italien* devenu Français par option pendant l'Année Terrible, Pierre Savorgnan de Brazza, né à Rome, a les dons de l'antique Homain : il conquiert, il organise, il administre ; il ne voit pas seulement le jour présent, le lendemain l'occupe ; il à le sens de la durée. En ce voyage et dans les suivants, accompagné de son ami de la plaine des blés, il ne traversa pas comme un coureur affamé de vitesse les pays de l'Ogôoué, de l'Aiima, de la Licona, du Congo. Il demeura longtemps où