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lagTie se redresse avec une gnindeur inconnue dnns le reste de Tany-Bè; elle ne jaillit pas d'un vaste plan bouleversé qui a lui-même hauteur de sierra, comme les « géants n du pays d'Ankove; non cachée dans sa moitié basse par l'opacité du plateau, elle se dégage tout entière de la roche <i qui touche h l'empire des mtf Is » jusqu'à la u léle qui du ciel est voisine ii, tout prés de la mer, et entre deux mers : ainsi domine la Montagne d'Anihre (1800 mètres), parmi les cratèivs éteiiiLs d'un archaïque embrasement de volcans; de partout admirable, et visible du grand large, elie sert d'amer aux capitaines de navires et ne tardei-a |ias
à porter sur l'un de ses pics, A M3G mètres d'altitude, le sanatoire de Diégo-Suarez.
Le versant oriental se serre entre mont et rivage, devant l'Océan très épandu, presque sans îles, qui, sans l'obstacle de l'Australie, n'achèverait qu'au pied des Andes américaines l'ondulation de vague dont l'ébranlement commence au bas des terrasses africaines disputées par les Boers Hollandais aux Anglais et aux Cafres. Aussi la pluie, montée de la mer des Indes, le frappe-t-elle en tornades véhémentes pendant les six mois de l'hivernage, qui sont novembre, décembre, janvier, février, mars,
avril, toute une moitié de l'année, sjiison à la fois chaude, humide, molle, électrique, très périlii'use pour les Blancs qu'elle énerve, et surtout qu'elle exsangue, (l'est de ce côté de Madagascar, non de l'autre, que l'Européen trébuche dnns une fosse prématurée.
Étant le vei-sant des pluies, ce revers oriental est aussi celui des innombrables torrents gonflés durant lu saison des bourrasques ; mais, comme il n'y a que quelques lieues de la crête ii In riVe, aucun ne devient fteuve, et beaucoup n'ont pas la force de tenir constamment ouvert le grau qui leur ouvre la mer des Indes, h travers un cordon littoral fait de corail, de sable, de coquilles marines, cimenté par des herbes, des arbres, animé par des hameaux et villages.
Grau et non pas lit ou estuaire. C'est bien sur des graux dans le sable accumulé par le repos de la vague en face de leur embouchure que nombre des torrents orientaux de la « Grande Terre » communiquent avec i'I'rne. I.e gi-au s'oblitéranl par de nouveaux sables cl par hi faiblesse des eaux d'été, le fleuve re-flue en arrière, se i-épand en étangs littoraux pareils a ceux de nos Landes gasconnes, et, de ces étangs où s'entrelacent les racines des palétuviers, les uns se rapprachent, les autres se confondent.
De \k naît derrière le cordon littoral, effort près de lui, une extravasntion parallèle au rivage, sur une longueur de plus de Gbi) kilomètres, dont près de 500 pour la section oii les étangs fînissenl par se toucher presque sinon par se rencontrer tout k
fait: h ce point qu'avec dos sections d'isthmes, au nombre de 21, on instiluerail une voie navigable, d'ailleurs dans le sens (r6s liumkie du mol : canotable plutAt, et seulement durant la moitié d'an pluvieuse, pour les pirogues point exigeantes, celles auxquelles suffit le peu d'eau boueuse où mouille tout juste son ventre le crocodile qui pullule dans ces lagunes empoisonnées.
Sur les i^b kilomètres de l'extravasation presque continue, 46 sont sur terre ferme, en portages de 200, 5()0, 500, 1000 mètres, quelquefois 2000, 3000, et en un cas 8000 : les Malgaclies y portent en effet leur pirogue d'un étang à l'autre, ainsi que font Indiens, Métis et Canadiens-Français de l'Amérique du Nord entre leurs lacs, ou sur leurs
rivières entre les plans calmes versés l'un dans l'autre par quelque cascade effroyable. Restent sur les 22 lagunes qui sont le refluement d'au del.^ de 50 torrents, 459 kilomètres pour le chemin des canots, !i l'abri des tempêtes du large dont les protège la levée naturelle, qui est une arène de variable laideur: tantôt ii n'y a que quelques mètres entre l'eau vivante et tonnante de la mer des Indes et l'eau muette, à demi moi-le des ms eitravasès; tantôt son ampleur se mesure par des hectomètres ou des kilomètres de dunes, d'heriltes, d'arbustes, de bouquets de bois ou d'arbi'es solitaires. Quant aux étangs, ils ne diffèrent pas moins, n'ayant par endroits que l'amplitude du saut d'un fauve, et ailleurs 100. 200, 2000, 5000 mètres.
Ilot Hadatnc. à Saiute-ïnrie Je Kadagatcar. — Dessin d'E. de BOrard.
Avant d'atteindre la plus septentrionale des rivières dont les lagunes s'emmélenl, il faut passer devant Vohémar, puis devant l'entrée de la baie d'Anlongil et voguer entre la côte de la Grande lie et le rivage de la petite ile allongée de Sainte-Marie, que nous habitons en dreit depuis 1750, en fait depuis 1818, mais que nous n'avons pas su coloniser. Ce rivage et, plus au sud, celui qui le continue jusque vers le 21' degré de latitude, sont le domaine d'une foule de peuplades réunies sous le nom de Betsinûsarakas.
Les Betsimisarakas, soit, en français, les Nombreux qui ne se séparent pas, et, plus simplement les Confédérés, sont coupés en deux, du 19" degré au 20" degré de latitude, par l'interposition des Bétanimènes ou a Habitants de la terre rouge ». Après les Huvas, les Itetsiléos et les Saka-
laves, c'est la plus grande nation de Madagascar : elle ix'unit à peu pi-ès 300 000 hommes.
Vohémar, ou Vohèniirana', est un lieu sain, un terroir fécond, un port commerçant où s'embarquent h pleins vaisseaux les bœufs qu'on mange aux Mascareignes* et même aux Seychelics.
La baie d'Antongil, chez les Antavaraslis, est la plus vaste, non la meilleure de Madagascar; elle s'ouvre, trop largement, au sud-sud-est, par une entrée de huit lieues. Parmi les monts qui la cernent, il en est qui lancèrent des llammes, et l'un d'eux est Uk cratère dans le sens premier du mot, c'est-à-dire une coupe avec un lac pour réfléchir les cieux; une autre montagne, l'Ambivini, de grandeur superbe, a pour couronne une roche â pic de 600 mètres de haut. Dans cette baie la
MADAGASCAR
France funda la colonie de Louisbourg ou Poi'l- Choiscul ou Haianctitle', Établie en 1774, vers le fond de la baie et depuis longtemps disparue.
Tinlingue et Poiiite-à-Larrée', qui furent êga- Icnienl françaises, regardent l'ile de fiainte-Marie, la Nosi-Boraha des Madécasses, la Nosi-lbraliîm des Arabes. De l'une à l'autre, le canal de di-
vision espace ses largeurs entre 6 et 16 kilomèli'es.
Longue de plus de 50 kilomètres, sur largeur seize fois moindre', Sainte-Marie a 17400 beetares peu fertiles, peu salubres, et les blancs lui résistent mal : il n'y a pas trente Européens sur ses terres fiévreuses, (oréis, marais, collines de quartz
d'Anilavoninto i Tananari*
- Ueisiii de Tajlor, d'iprè» une pliologn|Jiic
e un. Laclieual el Pain
dont les plus hautes ont 60 mètres. Ses 6500 à 7000 natifs, catltoliques ou païens, liront leur origine de la Grande Ile, dont leurs pères furent chassés par les Ilovas.
Sa capitale, Port-de-Sainte-Marie ou Port-bouis, couvre l'ilot Madame, rocher d'une haie où les navires entrent sans peine, la ceinture de madrépores qui ferme presque toutes les criques de
Sainte-Marie étant interrompue sur ce point. A vrai dire, les ports sont presque inutiles sur la cOte ouest de la « Longue Ile a, pai-ce que Nosi-Boraha s'interpose entre la grande mer et la grande terre; bien que faiblement surgissante, elle casse l'aile des vents en moitié temps qu'elle barre le chemin de la vague du haut océan; ainsi reste presque toujours paisible, même en saison mau-