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Ce qui veut dire, littéralement : Européens- Asiatiques

KnS COLdSIES

In bassii Godavéri, l.i basse Kisln.i, li' Pcnnar du nord. tnbulairL's de la mer du Bi'ngali?: \e tamoitl ou lamil sur le cours moyen et le cours inférieur de la Cavéri, qui court h cette même mer, et sur tout le reste de la cdte de Coromandel jusqu'il la corne du Dekkan, et nii?ine au delà; lecanarais sur la Kistna supérieure et sur un parage peu long de la côte du Malabar, qui liordc la mer d'Oman; le nial.ivalnm, sur ce littoral malabarien. du deiiiier

village canaraisau premier village tamoul.En loiil, environ 50 iiiiltions d'iiomme^, dont un grand 1ifi« au tamoul, un autre tiers un peu moindre au Irlougou, neuf ai dix millions au canarais, cinq millions au malayalam; plus quelques millions à de petits idiomes congénères.-

Bien que sise dans l'Inde, terre du noble sjmscrit, la langue la plus sanscritique de rondichir) est tout Itonnemeut le français, puisque le)ii'u|ili'

Prh (le PiHidicli^ry. — ItMiin d'i. de Dir, d'spi'ts l'slbuin phalographlque de N. Crsndidi

n'y use que du tamoul et que ce parler dravidien, pas plus que les autres, n'est en rapport de filiation ou seulement de parenlé avec le verbe des Védas.

Le nom même de Pondichéry se tire du tamoul : Pondou Tcherry ou Bourg Neuf : les deux r du mot dravidien uous montrent que nous devrions écrire, avec deus r également : Pondicherry.

Quoique près du douzième degré de latitude, sous un climat des plus chauds, en un dédale de mares et d'étangs, de ruisseaux, de chenaux, de mari-

gots, il l'orée du delta du Peimardu sud, c'est une ville salubre, tropicalement parlant ; et de plus une ville charmante, dans les jardins, les arbres et to^ n^eurs. Le Français n'y regrette qu'à demi la Seine. la Loire, la Garonne ou le Ithdne, au milieu <ti> bons et braves Dravidiens dont beaucoup parleiil purement la langue de Paris.

III. Karikal. — Si de Pondicliéry l'on suit le littoral de Coromandel pendant une centaine di'

'. riifLirl. — SlS COLOMI

i:i;s CINQ vii.i,i;s he i/imu:

kilomètres vors lu midi, on arrive an dolla île la Cavéri, fleuvp d'un dêliîl moyen do 478 mêlres cubes pat seconde qui tombe du plateau de Wvsore p.nr une cascade de cent mèti'es de haut, sublime

effondremeiil d'un (loi de 'iOO mètres de. largeur attire par l'abime. C'est comme une mer, disent les Dravidiens, et ils l'ont en elTel nommée la Mei de Siva' : Sivasamoudram. Très long et large est

T*ji^(nlf h Vonf\if]

son delta, sillonné par une inlltiilé de canaux, sur plus de ((uaranle lieues de c61o. Karika), non sur la plage, mais jteu c'loi{;nrà des llols. Iiorde une des 'branches ileltaîi)ues, la riviéiv Arselar, oi'i les vaisseaux de 300 lonneaux oui nceês.

Son lerritiiii'e, pi'f'sdu onziéiiic dei.'1'é de latitude.

se bonie à ir>6lû tiectares, avec i)5OÛ0 habitants, en trois niinnmm>s et 110 aidées. Gn\cc aux inon- <lalions régulières de l'iVrselar, du Nondalor, du Pravadéanar t't du Nagour, autres bras de la Ga-

Il de? jaillis (lieiu de ta cosmoipiiïc lie l'Inde.

SOS COLOMES

véri, grAce enfin à quatorze canaux d'irrigation, c'est un domaine émineniinenl ferlile, en dépil

d'un excès de sable. La moyenne annuelle, k l'ombre, y atteint 28*; mais Karikal, dans sa ver-

- Dessin lie Golarb>>. i

dure, sous ses Rexibles plmiers, au bord de son fleuve, n'en est pas moins un beau séjour Torl agréable : d'auUinl qu'il lui est défendu, par les

traités avi'c l'Angletcnv, de s'enlourcr d'un mur de défense; on i>e nous permet pas non plus d'y tenir de soldats. Ainsi en pst-il ég.ilemeiil de Pon-

LKS CiN<J VILLES DL L'INDK

(licliL-iy, (|iii ne |H.-iit s'um-lorc cl ijui n'a droit (|ii'ii »k'S lioniines de police.

La langue de Kniikat esl le taitiuiil.

IV. Yanaon- — Ku niareliiuil. un cimliaiiv Poiidicliéry vei-s le iiin'd, on ;ii'iûve aux biam d'une aufiv rivière dekkaniennc, la Codavéïi,

lioil les eaux de 50 millions d'IiecUii'e», presque les li-ois eiiiquîênies de la France. >

l.n voir en saisiin sèche, c'esl cunlcmpler une ^t'ève plus ijn'une eau. Le eiel divise li'és injusleiiient les pluies dt' l'inde; ccHaines conlives y sont les plus humides du niondi; entier; d'autres rivalisent avec les saharas en aridité; d'autres enfui vont (le mois mouillés à des mois anhydres, et quelifue-

Jois méine une année peut n'y distribuer que quelques goulteleltes aux torrents. Os années, qui sont de disette, amaigrissent encoto )dus les maigres Indiens ou les envoient eu foule au Itoyaume des Ombres.

Poudiclicry, Karikal, apparlieuucut à lu ivgiuu des pluies ran>s. 675 millimûti'es |K)r an, heaueimp moins que Ut moyenne de la Krance, voilà tout ce que revoit la capitale de notre hide, el c'est moins que rien pour un pays tropical ayant en face une mer à moussons, à typhons, a raz de marée. A Ya-

naon, la saison des averses est plus iou^'ue, plus fiiurnie, plus enaclpmenl alternante avec la saison des sécheresses, et il en est de miïine sur le bassin de la Godavéri ; d'où, d'une |>nrt. du âO juin il l'entrée de novembre, de vastes orages; et, d'autre paii, du début de novembre jusqu'au mois de juin, le dôme d'un suiid)tv azur.

[>e l,i naissent deux liodavéris qui ne se ressemblent pas. I^elle des jours sans nuages féconds ou nullement nuageux tiaine 60 mètres cubes enlie les cailloux. Celle des jours qui dégouttent grandit

NOS COLOMES

cK» [)rès de conf piods au-dessus de son êliage, on prétend même de près de deux cents au plus êlroit de ses couloirs : roulant alors iO 000 mètres cubes à la seconde, elle fait un lac de ses plaines basses et de ses 400 000 hectares de delta.

Yanaon la têlougouplione, entre le I G* et le i 7*" do gi'é de latitude, contribue à l'Inde française pour moins de 5000 Yanaonnais sur 1429 hectares

Elle a son site à 780 kilomètres de I*ondichéry, à 1 1 kilomètres de l'embouchure du fleuve, à l'endroit où se détache de sa rive gauche la (loringui, bras navigable pour les vaisseaux de 200 tcmnes; quant à la (îodavéri, des bancs de sable la rendent inaccessii)lc aux navires, f/est un lieu chaud, lourd, humide, malsain, que la dysenterie visite, que les typhons ravagent. Kn 1809 un de ces ouragans inouïs auprès desquels nos tenq)êtes sont presque un zé))hir y poussa la mer sur la terre, et, le jour venu, ce jeu de la nature avait coûté 0000 hommes aux alluvions du delta.

V. Mahé. — Pondichéry, Karikal, Yanaon s'étalent à la brise de la mer du Ik'ngale ; Mahé, sur la contre-cùte, respire les souffles de la mer d'Oman, au pied des Ghats occidentales : de ce nom Ton noimne la paroi de rebord du plateau dekkanien, en face du soleil qui sond)re dans les flots de l'Occident.

Donc Mahé borde la côte du Malabar, près du onzième degré de latitude, à la rive d'un petit fleuve, le Mahé, capable de porter pendant une douzaine de kilomètres les barques de 60 tonnes, de 70 au plus.

Mahé n'est point un mol de la langue malayalam, parlée par les riverains de ce littoral du Malabar, mais un mot français, (l'est le nom patrimonial de riionnne aucfuel nous devons ce port depuis i 7'J6, de Mahé de la Bourdonnais, celui qui ((uinze ans plus lard, alors gouverneur des Mascareignes, lança sur mer à ses frais une flotte pour la conquête de rinde et qui, vingt ans après, s'empara de Madras.

La ville s'appelait auparavant Maïhi : de Maîhi à Mahé, la transition fut insensible.

La petite ville, qui est i'h;:inujnle,(|ualre aidées, o909 hectares, 8000 à 9000 habitants sous l'ombri^ des palmes, dans un air salubre, sur une canqjagne féconde, telle est cette « Nouvelle-France » où les traités avec nos bons amis et alliés les Anglais nous reconnaissent le dioit de tenir un homme de garnison.

Yl. Chandernagor. — Nom « aryen », nullement dravidien, car ce reste de notre tentative de seigneurie sur le bas du (iange appartient au Uengale, terre dont les idiomes dérivent du sanscrit.

On l'interprète diversement : Tchandra Nagai* ou la Yille de la Lune ; Tchondan Nagar ou la dite du Bois de sandal.

A IGOO kilomètres au nord-est de l'ondichérv, Chandernagor n'est qu'à sept lieues au noid de Calcutta, la capitale de l'Inde, à son amont et sur le même bias du (lange.

Ce bras, c'est l'Ilougli, ja«lis navigable aux grands vaisseaux jusque bien au-dessus de Chandernagor; mais le dépôt des vases en a réduit la profondeur, et si la ville des palais neufs, Calcutta, reçoit toujours les navires de 8 mèli'es de cale, celle des palais en ruine, Chandernagor, n'admet plus que les bâtiments calant 5 mètres.

On dit qu'elle avait 100 000 habitants sous l)upleix; c'était la Calcutta d'alors.

Le tiers lui en demeure : 55 000 personnes, sur 940 hectares.

Le site y est grand, l'eau niîijestueuse, la ville monumentale, calme, point triste malgré le déclin de ses jours et (juoi(|ue promise à un néant prochain par l'encombrement de son Hougli.

I)t»s palmiers, de hauts et beaux arbres du Tropique de Cisgangétie l'ombragent délicieusement.

Kn dépit desatterrihsements du soleil du 25'" di»gré, et bien qu'étant fille du Bengale choléragène, la Yille de la Luire, en croissant sur la rivière, a le renom d'être salubre.

INOO CHINE

I. Le Xich-Qni, les Cent Tribus, les Doigts Ëcartés, l'Annam. — It élnit une Fois conimcutit.' Imiini! fuis : iiiiisi cnininfncfiit les conlt's de fû^s, niiisi pi'iit commencer Diistoirp «le l'Aïuiam à sa lép'nilain- nurfirc, h deux dizaines (Ii> siècles el cinrj siéi'.lcR oncote en avnul de notre ère.

Il {'■lait une fois comme une bonne fois, par itelà le midi de la Chine, à touclier ce massif empire, un pays de \icli-Qni. bien inoimire que mainlenant. .Son Fleuve ltou;{e êlait plus court, les ebainps du Tonqnin deltaïque se composaient paisiblement sous l'onde agitée d'un grand golfe, mais on ne voyait encore de ces terres basses que les îles de l'Océan d'alors, qui sont devenues les collines de la plaine. De m£me, h dix degi-ès au sud. le très vaste Mékong tr.ivaillait à la llocliiufjiine, fort en arrière de la plajre vers laquelle nagea le Camoëns naufragé, levant d'un bras liors de l'eau le poème hé-

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