‹ La France et ses coloniesChapitre 36 sur 283 · Le nom complet est Aïn-Khcnchëla · texte numérisé non relu

Le nom complet est Aïn-Khcnchëla

4. Ce nom, qui se rapporte à une légende, se retrouve en divers lieux d'Algérie.

5. Nom que porte aussi la fameuse gorge de l'Oued- Agrioun, entre Sétif et Bougie.

fut le site de Thamugas, colonie des grands bâtisseurs latinophones.

Cette Thamugas, aujourd'hui Timgad, Lambèse, jadis Lambsesis^ et maints autres kherbets* ou henchirs* des plateaux du piédestal de l'Aurès, n'ont ^ point de ruines romaines immenses comme le pont d'AIcantara sur le Tage au flot jaune ou l'aqueduc de Remoulins' sur le Gard au flot vert, ou les arènes d'Arles et de Nimes, — toutefois nul camp de la Rome impériale n'a si bien duré jusqu'à ce jour que celui qu'habitait à Lambèse la troisième légion Auguste, Pieuse, Vengeresse, entre des murs de 4 mètres munis de tours, — mais elles renferment autant de restes du Peuple-Roi que n'importe quelle autre cité d'Espagne ou du midi de la France : temples à Jupiter, à Minerve, à Neptune, à la Fortune, palais, arcs de triomphe, capitoles, débris de forums, de prétoires, maisons, citernes, murailles dont on ne sait ce qu'elles étaient, bains et thermes, inscriptions; fûts de colonnes, chapiteaux, statues, mosaïques, pierres tumulaires, tronçons des chemins dallés qui furent les « voies romaines ».

L'Afrique française est pleine de débris du temps des Césars, surtout des Antonins et de Septime Sévère. Sur un sol qui renverse les édifices par ses tremblements de terre, mais sous un ciel qui les épargne et qui les dore, au milieu d'un peuple qui dédaigne de bâtir, des villes célèbres sont arrivées jusqu'à notre siècle presque intactes, ou du moins telles que les trouva le lendemain de leur destruction par le Barbare.

Mais depuis 1830 les colons, ignorants, insouciants, brutaux, et d'ailleurs pauvres et pressés de dresser leur chétive maisonnette, le plus souvent simple rez-de-chaussée, leur ont fait plus de mal que les Berbères, les Arabes et les secousses du sol et le gel et le dégel et la neige et les vents et la pluie en douze ou quinze cents années.

Il y a peu de monuments romains et de voies romaines à l'ouest d'Alger, très peu à l'ouest d'Oran, encore moins au delà de la Malouîa, dans le Maroc. Les maîtres du monde avaient dompté toute l'Afrique du Nord, mais ils colonisèrent peu l'occident du Tell ; ils n'y eurent guère que des

i. Nous l'appelons à tort Lambessa.

2. Ces deux mots, le premier arabe, 1c second berbère, désignent les sites de ruines. En Tunisie, < hencbir » a fini par signifier propriété, domaine, l'indigène ayant naturelle^ ment construit sa demeure la où le Romain l'avait bâtie, au meilleur endroit, prés de la fontaine.

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