‹ La France et ses coloniesChapitre 38 sur 283 · Kobor^Madrous · texte numérisé non relu

Kobor^Madrous

pas 18 kilomètres. Ce Mzouri ne ferait qu*un avec le Tinsilt, autre sel plus ou moins aquatique, sans une étroite levée dont usa de tout temps la route (ou le sentier) de Cirta au Désert et dont use maintenant le chemin de fer de Constantine à Touggourt. Ensemble, Tinsilt et Mzouri, celui-là plus bas que celui-ci^ et en recevant le tribut, ont environ 6200 hectares; quand l'hiver, le printemps y ont jeté leur eau, le canard sauvage accourt, et le flamant, monté sur ses deux échasses, rit du peu de profondeur de l'onde.

ô*" Coupure de Batna, Toaggueur, Hestaona, Bélezma, Bon-Thaleb. — L'Aurès se prolonge vers l'ouest, sous d'autres noms, au delà de la dépression batnéenne; et de même que Djaafa, Chélia, Mahmel ont à leur septentrion une haute plaine avec étangs de sel, cet Aurès occidental voit fuir à ses pieds, au nord, le plateau des Lagunes Salées, ou, en employant le terme arabe, la haute plaine des Sbakhs*.

Traduit à la française, le nom de Batna ce serait le Bivouac.

Et certes il y avait lieu de s'arrêter ici, sur le ras el-aîoun', près du col surbaissé qui marque, dans la grande fente de l' Aurès batnéen, le divorce des oueds entre Méditerranée et Désert : à la source abondante le nomade abreuvait son chameau, ses brebis, et le cavalier du maghzen son cheval haletant de la montée saharienne ou de la traversée de la plaine altérée des Sbakhs.

Batna est très haut, à plus de 1000 mètres au-dessus des mers. Ce séjour est dur; les vents y passent avec une fureur de conquête, et tous presque également inhumains. Ceux du Plan des Lagunes ont la violence d'un libre déchaînement, ils courent droit à la porte du Midi qu'ouvre la cassure del'Aurès; ceux qui s'affalent des chênes verts, des cèdres, des pins d'Alep de la haute montagne grincent avec un froid de neige ; ceux du Sud s'engoufFrent dans le même portail que ceux du Nord î quand Borée, qui sifflait sur Batna, dans sa route vers la brèche, s'en retourne vers son septentrion en remportant les frissons avec lui, Autan le saharien le poursuit sur les chemins de la mer, et son gosier souffle un incendie. Selon le renversement de ces vents, les Batnéens respirent l'air de deux climats extrêmes. Telle journée, telle nuit embrase, et souvent aussi midi brille sur des frimas, et mi-

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