‹ La France et ses coloniesChapitre 39 sur 283 · c Tôte des sources · texte numérisé non relu

c Tôte des sources

nuit tombe sur des neiges glacées qui craquent sous le pas du voyageur; le Sahara n'est qu'à dix lieues derrière le passant, et à voir la blancheur de la terre, la froide candeur du ciel et la sérénité des étoiles, il lui semble que, marchant vers les sept astres de TOurse, il a déjà franchi les a Monts Hyperborées ».

Hais cette lutte exaspérée des éléments fait les races vaillantes. La lignée de Batna, de Khenchéla, de Lambèse, de tout lieu de Haut Steppe ou d*Aurès ne craindra jamais d'affronter le peuple des vallées basses et les sahélicoles dont l'hiver même est une « clémence ».

Tombé, au Levant, de 1200 mètres sur le seuil de Batna, l'Aurès se relève aussitôt de 1000 mètres, au couchant, par un mont de noble forme, plus touffu de cèdres qu'aucun autre en Aurasie. Aussi les Uatnéens nomment-ils justement ce Touggueur, ou Touggourt*, riclie en cuivre, le Pic; et, quand ils disent tout, le Pic des Cècfres.

Au delà du Touggueur, abaissement subit, en même temps que partage du faîte d'entre Tell- Steppes et Sahara en deux hauteurs des terres enfermant le bassin du Hodna, lac salé sevré de la mer : bassin qui participe à la fois du Tell par ses eaux, sa fécondité, ses cultures possibles, du Steppe par ses vastes pâtures, du Grand-Désert par sa torridité concentrée et par l'extrême sécheresse de l'air; tout ce qu'il a d'onde lui vient, non des cieux, mais de la montagne.

La chaîne du sud-ouest, qui continue l'orientation de l'Aurès (et celle de l'Atlantide elle-même), se porte à la rencontre du Djébel-Amour par les roches usées jusqu'à l'os, les arêtes parallèles, les cassures des Monts Hodnéens du Sud, ou Monts de Bou-Sâada, ou encore Monts des Ouled-Naîl, d'après une célèbre tribu d'origine arabe, bien ^mieux pourvue de chameaux, de chevaux, de moutons, que de bêtes de labour.

La chaîne du nord-ouest, encore plus disloquée que celle du sud-ouest, se dirige vers les Monts Hodnéens du Nord. Ce que les météores y ont râpé, puis dispersé sur les deux versants (au septentrion celui de la mer, au méridion celui du Hodna), ce qu'ils y qnt trituré est immense. Hs en ont détruit plus qu'ils n'en ont respecté. Ce qui en reste s'allonge en crêtes, s'épointe en pics ou s'aplatit en montagnes à table telles que le Mestaoua, qui jadis fut part intégrante du massif aujourd'hui éparpillé où domine le Pic des Cèdres.

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