Ou TiUeri
% Nom arabe des habilants de la Métidja.
que Ton compte les petits dômes ou, comme on dit, les koubbas consacrées à ce musulman fertile en miracles, à ce « sultan des justes », à ce « prince des parfaits », à ce « moulai », c'est-à-dire notre maître, qui était à la fois Bagdadi, comme étant né à Bagdad, et Djilani, comme ayant habité le Djilan, lieu marocain.
11 vivait au douzième siècle. Aucun ouali ne fut jamais en communion si intime avec le (( Plus Grand », avec Allah; et Allah lui délégua force, justice, sagesse infaillible, omniscience, dédoublement, ubiquité, instantanéité.
H voyait jusqu'au bout du monde ; plus vite que le zigzag de l'éclair, il traversait tout ou partie de l'espace terrestre pour sauver un menacé de mort, punir un criminel, venger sa dignité offensée; et souvent pour une bagatelle, une plaisanterie, un bon tour aux indifférents ou aux moqueurs : Dieu saura les confondre !
Ayant visité tout l'univers, « Notre maître le serviteur du Puissant » manifesta sa vertu sur le piton des Béni-Salah, devant les cèdres superbes, ceux-là même que nous y voyons encore, vieux de sept cents ans et plus, à partir de la hauteur d'environ 1400 mètres.
Au nord, le Pic du Midi de Blida contemple ses cèdres, sa descente sur les ravins de TOued-el- Kêbir blidéen, la Métidja, le Sahel d'Alger et de Coléa, la mer profonde.
Au sud, à Test, à l'ouest, il plane à Tinflni sur des ravins tordus et sur des bois déserts.
De Blida, qui lui doit ses transparentes eaux, on y monte par la forêt de Tala-Zid*, qui conserve encore des cèdres d'un âge immémorial. Cette forêt s'appelle ainsi d'une source que les Berbères, les premiers occupants du sol, nommèrent Tala-Zid, ou la Fontaine de Zid. Vinrent les Arabes, qui l'appelèrent Aïn-Tala-Zid ou la Fontaine de la Fontaine de Zid. Et nous, les Français, nous la connaissons comme Fontaine d'Aïn-Tala-Zid, ou Fontaine de la Fontaine de la Fontaine de Zid.
C'est ainsi que les Arabes disent Oued-Souf, c'est-à-dire Rivière-Rivière, et Bir-Tin ou Puits- Puits; et que nous disons, nous, plus tautologiquement encore, la Rivière de TOued-Souf, ou Rivière-Rivière-Rivière, et le Puits de Bir-Tin ou Puits-Puits-Puits.
Ces pléonasmes se retrouvent, cent fois moins rares qu'on ne croit, dans tout pays qui a subi des races diverses.