Aumale
mer, à un degré moindre, par les Babors seulement* ont pour secours contre la sécheresse les minces torrents des djebels qui séparent la haute plaine d'avec la basse lagune, autrement dit la sierra des Monts Hodnéens du Nord; cette sierra, le retour de l'hiver l'emmantelle de neige : de la tête aux pieds du côté de la Medjana, jusqu'à l'épaule seulement sur le versant du sud.
Finalement, presque tous ces frimas descendent au lac menteur du Hodna, qui n'est que bourbe et sel ; ceux mêmes de la Medjana se rassemblent, au septentrion, dans un oued tranchant la montagne et s'épanchant au midi, à l'instar des rios espagnols de très pauvre abondance qui coupent la Sierra Morena et qui, nés du côté de l'ombre sur la pente vers le Guadiana, vont mourir du côté du soleil sur la pente du Guadalquivir.
Mais, par malheur, la rangée hodnéenne n'est pas assez massive, assez épaisse, assez haut pointante pour dispenser à ses torrents le flot toujours renouvelé des eaux; dès la neige fondue, ses oueds se traînent misérablement, puis s'arrêtent, et la Medjana suffoque de chaleur après avoir grelotté de froid, de novembre ou de décembre à mars, avril, mai.
5» Le Dira. — Les monts berbères de l'Ouennougha succèdent au Kteuf sur le chemin de l'ouest; à peine s'ils sont moins hauts (1857 mètres). Ils prononcent le divorce entre l'Oued-Sahel et rOued-Chellal, celui-ci divergeant vers le mirage du Hodna, celui-là vers la mer bougiote; l'une et l'autre rivière tirent leurs premiers filets d'eau du Dira d' Aumale, massif de 1811 mètres où la chaîne hodnéenne se relève après abaissement.
Le Dira, c'est le Déren, l'Adrar, la Montagne, nom « par excellence » que ce djebel dut sans doute à sa prééminence autour de lui, car, très vivement séparé des taillants et piquants du Jurjura par le profond fossé de l'Oued-Sahel, il domine tout, au sud, à l'est, à l'ouest. Ses forêts, jadis touffues, sont claires maintenant; on le voit au tarissement des oueds, à la toujours plus grande humilité des sources comme à la sécheresse croissante du pâturage.
Cependant les panthères ne diminuent que lentement dans les broussailles et bois du pays d'Aumaie : il est un douar, Aîn-Hazem, où l'on en a tué trente-six en quelques années.
4® Le Titéri. — Du Dira jusqu'au fleuve du (Ihêliff, le mont suprême entre le Tell et la Lande
ALGËRIt:
est un grès taillé en précipice, qui surgit à 1464 mètres d^altitude.
On rappelle le Roc Vert au, en langue arabe, le Kef-Lakhdar, jadis le Titêri*, mot dont il faut chercher Torigine, ainsi que de Dira ou de tout autre nom primordial en Tell, dans Tidiome des « autochtones » berbères. — Titéri, c'est, croit-on, Tilir-lll, l'Œil ou la Source des Monts.
Titéri, le mot est mort comme nom local désignant ce Roc Vert où les tribus fuyaient du Turc et d'où, le danger passé, l'on pouvait descendre au septentrion dans les vaux de Tisser Oriental, et au midi vers les points d'eau, sur les pâturages du Steppe.
Mais, du mont qu'il cessait d'indiquer il s'est étendu à tous les djebels d'alentour, si bien qu'il a fîni par nommer tout le beylik intermédiaire entre le domaine du bey de Constantine et celui du bey d'Oran: le bey du Titéri ou bey de Médéa était l'un des trois despotes qui obéissaient ou n'obéissaient pas, suivant la peur qu'ils en avaient, au sanglant beglerbeg d'Alger la Sultane.
Du Roc Vert ou Kef-Lakhdar ou Titéri, le regard plane au nord sur une confusion de gorges, de pitons, de chaînons qui s'amortissent sur le plateau des Béni-Sliman. Puis, au delà de ce comparatfvement bas pays que Tisser Oriental Iravei'se, le chaos des djebels recommence ; il s'ordonne en une chaîne parallèle à celle des roches titériennes d'entre Aumale et Chéliff et, cachant aux hommes de l'intérieur la vue de la Métidja, du Sahel, de la mer, il cache la vue de l'intérieur aux hommes d'Alger, du Sahel, de la Métidja. C'est l'Atlas d'Alger, le rempart de la Grande Plaine des Mtatidj*.
5» Le rempart de la Métidja. — Le rempart de la Métidja culmine en un pic du Midi de Blida grand de 1629 mètres, schiste ardoisé d'où sortent des fonts admirablement pures. A ce pic majeur il doit le nom de Monts de Blida, qu'on donne assez habituellement à toute la barrière de ce djebel haut sur plaine.
Le Pic du Midi de Blida se lève surie territoire des Béni-Salah, tribu berbère qui parlait le dialecte zénatia de sa vieille langue, mais qui n'use plus guère que de l'arabe.
On le nomme communément piton de Sidi-Abdel-Kader, d'une chapelle en l'honneur de Sidi Abd el-Kader el-Djilani , le saint le plus révéré de l'Afrique du Nord.
Rien que dans la seule Algérie, c'est par centaines