‹ La France et ses coloniesChapitre 57 sur 283 · II. DE U TRIPOLITAINE A GABÈS · texte numérisé non relu

II. DE U TRIPOLITAINE A GABÈS

l*" Du Ras-Tadjer à Zarzis. — Au Ras-Tadjer la France africaine se sépare du pachalik turc de Tripoli, sur une *plage déserte, sable saharien ou pierre saharienne. Derrière ce rivage il y a d'autres rocs, d'autres sables, des sebkhas que des oueds courants n'avivent presque jamais, et des lits de torrents.

Torrents dont la coulière embrasée remonte à des djebels qui sont l'escarpement septentrional de plateaux inclinés au midi vers les hautes dunes ghadamésiennes, vers les monts décharnés des Touareg, vers les oasis au bout desquelles la grande vie renaît avec la grande pluie, atitour du Tsad ou Tchad ou Tzâdé, très vaste lac-marais amoindri, par le temps.

A 52 kilomètres au nord-ouest du cap frontière, deux langues de terre effilées s'épointent longuement h la rencontre l'une de l'autre, mais elles ne se rejoignent pas : entre les deux, un passage laisse la grande mer extérieure entrer dans la bahira ou petite. mer intérieure dès Bibans, c'est-à-dire des Portes, qui est un golfe sans vagues.

Cette bahira, appelée aussi lac des Chiens*, n'a guère de profondeur; encore moins le lac du Chamelier, la Sebkha Bou-Djémel, qui communique à l'occident avec la « petite mer des Portes » et reçoit l'Oued-Fessi. Lac, fleuve, sont ici des mots qui ne veulent dire ni lac, ni fleuve,

i . Sebkha el-Klab.

ALGÉRIE

Entre ses rivages plats, sous sa lumineuse étendue, le lac du Chamelier se creuse rarement en gouffres capables de noyer le chameau, et seulement quand les torrents du pourtour pressent dans leurs flancs Teau d'une énorme nue crevée par hasard : alors, et rien qu^alors, l'Oued-Fessi rafraîchit les ardentes pierres de son lit; il coule, et la sebkha mêle un peu d*onde à ses sables, à ses sels, à son sol qui devient bourbe et, par-ci, par-là, fondrière.

Semblable au lac du Chamelier, la Lagune du Sel, la Sebkha el-Mélah*, conforme aux indications de son nom, peut plaire aux sauniers, mais le nageur et le pécheur n*en ont cure. Dans ce a Léman » de 20 kilomètres de long sur 5 h 20 de large, supérieur d*un tiers au lac du Chamelier, il y a moins de flots que dans tel laguet des Alpes franchi de bord à bord par le caillou lancé d un bras vigoureux. Des terres basses, des mainelons le séparent de la Sebkha Bou-Djémel, et une mince langue de terre qui a sa racine à Zarzis Tisole de la Méditerranée.

Zarzis ou Djerdjis a devant elle une mer où des Italiens pèchent Téponge; autour d'elle des oliviers, des figuiers, des amandiers, et les palmiers qui conviennent k ce ciel d'Orient; elle a derrière elle, c'est-à-dire au couchant, une péninsule plate comprise entre l'eau morte (ou le lit sec) de la Lagune du Sel et l'eau vivante de la Méditerranée, qui enfonce ici dans les terres le golfe de l'antique Gightis*, lequel est très exactement garanti du vrai nord par la célèbre île de Djerba — tellement que si cette île s'avançait de 3 ou 4 kilomètres au midi, elle emboîterait le golfe, et le golfe deviendrait une sebkha.

2* Djerba. — Djerba, l'île majeure de l'Atlantide française, ne dérobe cepéhdant h la mer que 64 000 hectares, entre 110 à 120 kilomètres de côtes plates. De forme hésitante entre le carré et le trapèze (irréguliers l'un et l'autre), elle s'allonge, de Test à l'ouest, sur 28 kilomètres, avec largeurs variant entre 15 et 25 kilomètres.

Autour d'elle la Méditerranée n'a point de profondeur à marée basse.

11 y a lieu de parler ici de marée, et c'est même sur le littoral .de Djerba que la mer latine et grecque atteint sa plus grande hauteur de flux. Elle peut monter ici de 5 mètres, et, non loin de là, de 2 mètres dans la Petite-Syrte, sur les plages

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