‹ La France et ses coloniesChapitre 68 sur 283 · Marelles · texte numérisé non relu

Marelles

sauver de l'anémie une ville de trois mille ans et plus, antérieure peut-être à Garthage.

Sans port, près de Garthage qui peut revivre, et non loin de Bizerte qui est capable d'autant d'avenir que n'importe quelle cité marine de la Méditerranée, Tunis n'a d'autres promesses que celles du présent.

Égale, sinon supérieure en hommes à Alger, elle ne peint pas ainsi qu'EI-Djézaïr l'image renversée de sa blancheur dans le flot même de la mer et, rejelée tout ù l'est de l'Afrique française, elle n'en deviendra jamais le centre, le cœur, le lieu d'agitation, d'expansion, d'incandescence et de vie.

Ce lieu central, c'est Alger; et, le Maroc annexé, ce serait Oran, ou TIemcen, celle-ci trop haut située pour devenir jamais une grande capitale; tandis que Tunis restera toujours excentrique, même si l'acquisition de la Tripolitaine avançait nos frontières de il degrés vers l'orient. G'est que les 105 millions d'hectares du vilayct de Tripoli ne sont qu'une apparence et que, huit à neuf fois grande comme la Tunisie, la Tripolitaine vaut h peine autant que la seule vallée du fleuve de la Medjerda.

Le passé ne garantit pas l'avenir: de ce que Garthage balança Rome et joua le destin du monde avec la vilU^ des Sept Collines, il ne s'ensuit pas que Tunis, substituée à cette Garthage, sa proche voisine, doive dominer aussi la mer Méditerranée. Reine, après que fut tombée la Garthage latine, sous les dynasties des Arlabites, des Ilafsides, des Ilassénides, elle ne régnera jamais dans l'empire africain français.

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