Bab-Azzoun
que les temps étaient venus. — Ce jour-là le général de l'armée française fut le a maître de l'heure ». Le port que les Français ont fait à Alger n'a rien de merveilleux. C'est concaveraent, non convexement, que sa jetée du Nord, longue de 700 mètres, résiste à la plus grande puissance et véhémence du monde, celle des flots poussés en tempête ; elle concentre l'effort de la mer au lieu de le briser et déchirer; mais, tel quel, son mur discipline à peu près les 90 hectares qu'il distrait de l'eau libre du dehors, tantôt muette, tantôt chuchotante, tantôt turbulente effroyablement. Ce qu'y déchargent les navires arrive presque entièrement de France, ce qu'ils y chargent vient surtout de la Métidja ou Biitidja.
¥ La Métidja. — Au treizième siècle (si l'on en croit l'histoire du pays) trente villes à mosquées et minarets d'où tombait la psalmodie arabe qui est l'invitation à la prière, éclataient en blancheur dans la Métidja.
A l'époque où le Turc la prit, peu après 1500, il la trouva riche et peuplée; à l'époque où il la quitta, dès que Sultan-Kalassi fut brisé, en 1830, il la laissa pauvre et sans peuple, parce qu'elle était empoisonnée de l'exhalaison des eaux pourries.
Lorsque les Français la traversèrent pour la première fois — Alger venait à peine d'être conquise— et qu'ils tentèrent de se frayer un chemin vers la ville d'en bas, qui est Blida, et la ville d'en haut, qui est Hédéa du Titéri, la plaine aux trente cités ne méiitait même plus le nom de plaine aux trente villages.
Conduites d'eau crevées, canaux obstrués, marais dans tous les creux, par extra vasement des torrents de l'Atlas, elle était fétide, elle était mortelle et, comme disait l'indigène, la corneille elle-même n'y pouvait durer.
Des « Bédouins », Berbères depuis longtemps passés à la langue arabe, y coupaient le foin dont elle était prodigue. Ce foin, ils l'engrangeaient dans de rares mais très grandes fermes, dans des « haouchs », qui étaient des bâtiments longs, larges et bas, la plupart carrés, à côté de l'étable aux bœufs, de Técurie aux chevaux qu'on voyait paissant le jour dans la plaine.
liuminants placides, chevaux, o buveuses d'air », n'y broutaient point toujours avec tranquillité les herbes humides : souvent des cavaliers, piquant du chabir * leurs « coursiers fumants », arrivaient