‹ La France et ses coloniesChapitre 93 sur 283 · L'auteur du Don Quichotte · texte numérisé non relu

L'auteur du Don Quichotte

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«V La belle et blanche Alger. — « El-Djézaïr, dit une chanson des Arabes, 0 El-Djézaîr, tu guéris le corps autant qu'un savant tliébib'; et si l'âme souffre, lu l'endors en somnolence, comme par la fumée du hachichi » Louange ^i peine trop grande, tant le site est noble et gracieux, la lumière douce, les nuits enivrantes, délicieusement fraîches après l'aride embrasement du jour.

Si haute et si dure étant la colline, on croirait qu'Alger va glisser sur la pente, de la Casba dans la mer. P^lle tient pourtant; par poussée et contrepoussée tout s'équilibre, le long de rues qui sont ruelles, impasses, carrefours, escaliers. Mais il arrivera quelque jour, à la minute d'un trembleterre, que des survivants de désastre verront une poifssière de décombres monter au ciel limpide ou jusqu'»*! la nue de cuivre ou d'argent : catastrophe singulièrement sollicitée par le poids, la fragilité des énormes maisons bAties par les PVançais à contre-raison, à contre-climat, à contres-beauté, sur la déclivité du djebel.

L'Alger abrupt, c'est l'antique Alger, celui des Béni-Mezréna, puis des Turcs et des corsaires, celui qu'emprisonnaient des murailles fi tours, créneaux et dentelures, depuis la porte du Ruisseau* jusqu'à cette porte Azzoun", où pendaient, saignants et geignants aux crochets, les condamnés du pacha sublime.

L'Alger moderne, qui est beaucoup plus grand, déborde le site d'Kl-Djézaïr. il monte à l'Agha, à Mustapha, d'autres collines que celle de la Casba, et surtout il s'allonge en plaine le long du rivage, par Saint-Eugène au pied du massif de laBouzaréa, par Mustapha et Hussein-Dey au pied de coteaux moindres : il va de ce côté jusqu'au faubourg de la Maison Girrée, sis aux lieux où le fleuve Harrach sort de la Métidja pour se heurter A la mer sur un seuil de sable.

Le vieil Alger étale sa blancheur triangulaire sur près de 150 mètres de hauteur, du bassin de ses navires jusqu'à la porte du Sahel, ouverte dans la Casba.

Au delà de cette porte, la ville continue par les maisons de plaisance d'EI-Biar, en montant toujours, sur les deux bords de la route qui s'en va vers le Fort l'Empereur, le Sultan-Kalassi des Turcs, ses constructeurs en 1545. Fort qui était la clef d'Alger: quand il éclata, sautant en l'air par une explosion de poudre, le 5 juillet 1850, les Algériens comprirent

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