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Ain, 1" Liv

LA FRANCE ILLUSTiiEK

Le sol du dcpartemenl se divise, d'après sa nature, en : pays de montagnes, 230,500 hectares; sol calcaire, 18b, 000 liectares; sol de terreau, 91,000 hectares; sol pierreux, 90 hectares; pays de bruyères, 73,330 hectares.

, Ilydrograpltic. — Le déparlement de l'Ain est sillonné par un grand nombre de rivières ; l'Ain, le Rhône, la Saône, la Bienne, la Reyssouse sont seuls navigables; les rivières les plus importantes, après les précédentes, sont : la Seille, la Semine, la Valserine, le Seran, le Furan, l'Âlbarine, l'Oiguin, le Suran, la Veyle et la Chalaronne.

L'Ain, autrefois le Dabi, qui donne son nom au département, prend sa source dans le département du Jura, près de Comte, à 4 kilomètres de Nozeroy, et coule dons une gorge très resserrée, en formant plus de 20 chutes, dont la plus remarquable est celle du port de laSiez; là, le rocher qui forme son lit vient à lui manquer, et les eaux tombent tout à coup d'une hauteur de IG mètres, sur une largeur de 130 mètres; c'est, vraisemblablement, une des plus belles cascades de l'Europe. L'Ain est flottable en trains depuis le pont de Navoy (Jura) et navigable depuis la Chartreuse de Vaucluse (Jura). Sa pente est de 1 mètre 50 par kilomètre; aussi n'est-il navigable que pour la descente. D'ailleurs, l'escarpement presque continuel de ses bords s'opposerait à la construction d'un chemin de halage. Il entre dans le déportement sur le territoire de la commune de Dorlan, passe près de Serrières, de Poncin, Pont-d'Ain, 'Varambon, Chàtillon-la-Pa!ud, Loyes et se jette dans le Rhône par sa rive droite, vis-à-vis du village d'Aulhon (département de l'Isère), après avoir reçu dans son cours de 190 kilomètres, dont 90 environ appartiennent au département, la Bienne, l'Oignin, l'Albarine, sur sa rive gauche ; la Valouze et le Simandre, sur sa rivedroile.

Le Rhône (voy. V Hydrographie du département du Rhône) n'appartient au département de l'Ain que par sa rive droite; ce fleuve lui sert, ainsi que nous l'avons dit plus haut, de limite à l'est et au sud. Il entre dans le département en coulant du nord au sud sur le territoire des communes de Challex et de Pougny, près de CoUonges, passe au Fort-rÉclusc,àBellegarde,oùil reçoit la Valserine, et forme à quelques kilomètres à l'ouest, par l'obstacle que lui opposent la crête du Crèt-du-Nu etduGrand- Colombier, le phénomène connu sous le nom de perte du Rhône (remarquons ici que les travaux

entrepris pour assurer le flottage et pour l'utilité de divers établissements industriels tendent chaque jour à faire disparaître h perle du Rhône). Le fleuve passe ensuite près de Scyssel, à Culoz, à Pierre-Chûtel, au Molard ; alors il change de directiou et coule de l'est au nord-ouest d'abord, puis de l'est à l'ouest, et passe à Evieu, Le Sault, Brenaz, Loyettes, au-dessous de laquelle il reçoit l'Ain, Thil, Miribel, et, à quelque distance de Montgoitron, sa rive droite appartient au déparlement du Rhône.

La Valserine naît près de la vallée des Dappes, dans le canton de Vaud, et passe à Mijoux, à Lelex, à Chazery, à Chàtillon-de-Michaille, où elle reçoit la Semine, et, au pont des Ouïes, se précipite dans une profonde fissure ou elle reste engoulTrée pendant 400 pas. Cette perte de la Valserine est au moins aussi curieuse que celle du Rhône. La rivière coule ensuite dans les gorges de Bellegarde, passe sous le viaduc du chemin de fer de Genève et se jette dans le Rhône, après un cours d'environ 52 kilomètres.

La Saône (voy. \ Hydrographie du département de la Haute-Saône et de celui du Rhône) n'appartient au département que par sa rive gauche, qui lui sert de limite, et, à partir de son confluent avec la Seille, elle passe à Montmerle, à Beauregard et à Trévoux, et présente une navigation facile et commode. Elle reçoit dans son parcours : la Seille, la Reyssouse (84 kilomètres), qui passe à ïossiat, à Montagnat, à Bourg, à Montrevel et à Pont-de- Vaux; la Veyle (75 kilomètres), qui passe à Châtenay, à Dompierre, à Lent, à Saint-Jean, à Pont-de- Veyle, et la Chalaronne, qui passe à ChâtiUon.

La Bienne prend sa source à Bellefontaine, dans j le Jura, et ne traverse dans le département que le territoire des deux communes de Dortan et d'Uffel, au-dessous desquelles elle se jette dans l'Ain.

Le seul lac digne de ce nom est celui de Nantua ; il a environ 2 kilomètres de longueur sur 1 kilomètre de largeur; il est à 475 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. Ceux de Silan, de Genin et de iMeyriat sont moins considérables. Ces lacs sont au miUeu d'une Suisse en miniature à laquelle rien ne manque : ni les convulsions du sol, ni les anfractuosités des vallées, ni les chalets aux toits de planches, maintenues par de lourdes pierres; ni les majestueuses solitudes que troublent seulement les bêlements des chèvres et le mugissement des vaches se mêlant au murmure des eaux torrentueuses, qui roulent et grondent profondément encaissées

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entre les rochers Nous avons dil que les étangs

étaient ici exlrùmement nombreux; ils couvrent plus de 19,000 hectares.

Voies «le couiiiiiiiiieutioiit — On compte dans le département de l'Ain: 7 roules nationales, ayant une longueur de 431 kilom. ; 24 roules dcparlenienlales,d'un développement total de 647 kilom. ; 49 chemins vicinaux de grande communication, 1, 023 kilom. ; 83 chemins vicinaux d'intérêt commun, Soi kilom., et plus de 4,800 chemins vicinaux ordinaires, d'un parcours total de 7,018 kilom.

La principale ligne de chemin de fer est celle de Paris à Genève, qui dépend du grand réseau de Paris à Lyon. Cette ligne pénètre dans le département après avoir traversé la Saune, à Màcon, et dessert les stations de Pont-de-Veyle (448 kilomètres de Paris), Vonnas, Jlézériat, Polliat, Bourg (37 kilomètres de Màcon, 478 de Paris), La Yavrette-Tossiat, Pont-d'Ain, Ambronay, Ambérieu (o09 kilomètres de Paris), Saint-P»ambert, Tenay, Rossillon,Virieu-le-Graud, Artemare, Culoz (118 kilomètres de Màcon, 559 kilomètres de Paris), Seysscl, Pyrimont, Bellegarde(131 kilomètres de llâcon, 592 kilomètres de Paris), CoUonges, Chancy-Pougny, La Plaine, Satigny, Yernier-Meyrin, Genève (184 kilomètres de xMàcon, 625 kilomètres de Paris).

Mais ce trajet de Paris à Genève peut être abrégé en prenant la ligne de Chalon-sur-Saône à Bourg, qui, dans le département, dessert les stations de Saint-Trivier-de-Courles, de Mantenay, de Saint- Julien-sur-Reyssouse, de Jayat, de .Montrevel, d'Attignat, de Viriat et de Bourg, qui par cette voie est à 77 kilom. de Chalon et à 460 kilom. de Paris.

A Bourg, un embranchement de 36 kilomètres se dirige sur La Cluse-Nantua , en desservant : Ceyzeriat, Ramasse, Villereversure, Simandre-sur- Suran, Cize-Bolozon, Nurieux, La CIuse-Nanlua; il doit être continué (1880) jusqu'à Bellegarde et raccourcira ainsi le chemin de Paris à Genève d'un grand détour d'environ 60 kilomètres que fait la ligne principale en passant par Ambérieu, Virieu et Seyssel.

Bourg est directement en communication avec Lyon par une ligne de o9 kilom., qui dessert les stations de Servas, Saint-Paul-de-Varax, Marlieux, Villars-lès-Dombes, Saint-André-de-Corcy, Mionnay et Sathonay. A Marlieux, un embranchement de 12 kilom. mène à Chàtillon-sur-Chalaronne.

Le chemin de fer de Lyon à Genève traverse le

département dans sa partie méridionale, en passant aux stations de Miribel, Beynost, Montluel, La Valbonne, Meximieux, Leyment et Ambérieu (52 kilomètres de Lyon), où il rejoint la ligne de Paris à Genève par Màcon.

D'Ambérieu, un embranchement de 18 kilomètres conduit à Monlalieu en des.servant: Vaux, Lagnieu, Saint-Sorlin, Sault-Brenaz et Villebois.

La ligne de Lyon à Besançon et Vesoul par Lons-le-Saunier traverse le déparlement du sud au nord, sur une longueur de 112 kilomètres, en se dirigeant de Lyon sur Ambérieu, Bourg (83 kilomètres de Lyon) et les stations de Saint-Éliennedu-Bois, Moulin-des-Ponls, Coligny.

Un embranchement projeté doit se diriger de Xantua sur Saint-Claude (Jura); deux autres, l'un de Yirieu à Saint-André-le-Gaz (Isère), par Belley, l'autre de Sérézin (Isère) à Montluel, sont à l'étude.

Climat. — Le département de l'Ain appartient à la région climatérique du sud-est ou au climat rhodanien. La température varie selon les localités, la nature du sol, l'abondance ou l'absence des bois et des marais. Le climat, plus froid que ne semblerait l'indiquer la latitude, est généralement humide et brumeux dans les deux arrondissements de Trévoux et de Bourg, plus sec et rigoureux dans la partie orientale et montagneuse du département. Les hivers sont longs à Belley, Nantua et Gex, et plus doux à Trévoux et à Bourg. La neige dure dans le haut Bugey depuis la fin d'octobre jusqu'au mois d'avril. Le vent du sud règne en octobre et en novembre; celui du nord, que l'on redoute, en décembre, janvier et février, pour cesser en mars et soufller de nouveau en avril et mai, époque à laquelle les gelées font quelquefois beaucoup de mal aux produits de la terre. A Bourg, à 270 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer, la quantité annuelle moyenne de pluie a été en neuf ans de 1,172 millimètres. L'humidité qui règne dans les parties méridionales du département y cause des ophtalmies, des affections scorbutiques et fiévreuses, tandis que les lieux secs et élevés occasionnent des phtisies et des affections scrofuleuses.

Productions naturelles. — Le département de l'Ain est formé à l'est par des terrains jurassiques, et à l'ouest par des terrains argilo-sableux tertiaires. On appelle crêt les parties élevées du Jura, le plus souvent rocheuses et séparant les

LA KHANGE JLLUSTCF.E

vallées longitudinales; celles-ci sonl désignées sous le nom de val, lorsqu'elles sont calcaires, et de comle lorsqu'elles sont argileuses.

Plusieurs localités du département offrent des traces de mines de fer ; celle de Villebois-sous- Belley est la seule exploitée; on a aussi trouvé des indices de mines de cuivre," et le Hhône roule sur ses rives des sables aurifères. On rencontre encore dos ocres et du bleu de Prusse naturel. Mais la véritable richesse minérale du département consiste dans ses carrières de marbre, de pierre de taille (à Fiamasse), de gypse, de marne, d'argile à potier qui sont nombreuses. Les pierres lithographiques des arrondissements de Belley et de Nantua sont les meilleures de France et peuvent rivaliser avec celles de l'Allemagne. Les nombreuses grottes du département renferment des spaths transparents et de grandes masses de stalactites merveilleusement arborisées ; tels sont, par exemple, ceux de la grotte de Gorveissiat. On trouve dans quelques localités de l'arrondissement de Trévoux des tourbières. Enfin, entre Chàlillon-de-Michaille, Scyssel etFortl'Écluse, on rencontre un vaste bassin composé, de couches bitumineuses; elles reposent sur un lit calcaire, formant sur les bords escarpés du Rhône des bancs épais que séparent des couches d'argile ; ces bancs viennent même parfois affleurer le sol. Les principales exploitations d'asphalte sont près de Seyssel, à Pyrimont.

Bien qu'il existe des sources minérales nombreuses dans l'Ain, on n'y trouve aucun établissement d'exploitation. Les principales sources minérales sont à Ceyzeriat, Pont-de-Vaux, Sainl-Jeande-Pieyssouse, Saint-Jean-sur- Ve>, le, Servignat, Biziat, Polliac, Seyssel et Thouy, près de Belley.

Les végétaux de toute espèce abondent dans le département de l'Ain ; sa flore des marais est la plus riche de toute la France. Les récoltes en céréales suffisent au delà des besoins de la consommation locale ; les vignes sont productives et généralement bien entretenues. Le chanvre et le lin sont cultivés avec succès dans plusieurs arrondissements, et celui de Belley produit des truffes noires assez estimées; de plus, on y cultive le mûrier. Les jardins abondent en légumes de toute espèce, qui approvisionnent la ville de Lyon. Les prairies fournissent d'excellents fourrages, qui sont un des articles les plus importants de l'exportation. Les châtaigniers sont nombreux et offrent une ressource aux cantons les plus pauvres. Les

essences principales des forets sont le sapin, le châtaignier, le hêtre, le chêne et le bouleau.

Ce département nourrit toutes nos espèces d'animaux domestiques ; les volailles si renommées de la Bresse et les porcs gras sont l'objet d'une exportation considérable; les bètes à cornes y sont d'une belle race, grâce à l'excellence des pâturages ; les moutons mérinos et indigènes y sont l'objet de soins entendus. La race des chevaux, qui autrefois était estimée, semble peut-être dégénérée, mais les mulets sont nombreux et de belle espèce. Depuis plusieurs années les abeilles y sont élevées avec assez de soin, mais les ruches ne sont pas aussi multipliées qu'elles pourraient l'être. Il y a aussi beaucoup d'animaux nuisibles ou sauvages, entre autres l'ours, le loup, le renard et le chat sauvage ; quelques sangliers, point de cerfs, et généralement peu de gibier à poil, mais quantité de gibier à plume. On aperçoit des canards sauvages, des oies, des cygnes, des grues, des hérons, des cigognes, des cormorans, des butors. Les rivières sont poissonneuses, et l'on trouve surtout dans l'Ain et ses affluents des truites saumonées fort recherchées. La pèche des étangs est très productive. Les ruisseaux abondent en écrevisses. Parmi les amphibies, les salamandres aquatiques sont très communes, La couleuvre et la vipère du midi se rencontrent fréquemment. Quant aux cousins, ils sont naturellement très multipliés dans les régions humides et marécageuses de l'arrondissement de Trévoux.

ludiistrie a&;rlcole, luauiifiictufîèrc et comnioroiale. — Le département de l'Ain est surtout un département agricole ; l'agriculture y est variée et bien entendue; la culture se fait avec des bœufs ou avec des mulets, et, ainsi que nous l'avons déjà dit, les récoltes en céréales suffisent au delà des besoins de la consommation locale. Il exporte les trois cinquièmes de ses produits en vins, évalués à plus de 500,000 hectolitres. Ceux de Seyssel, deMachurat, deGroslée, bons vins d'ordinaire, sont les plus estimés. En 1871, la récolte des vins était de 646,705 hectolitres, estimés à 15,287,748 francs; en 1874, de 545,991 hectolitres, valant 15,287,748 francs; en 1875, on récoltait 773,183 hectolitres, et en 1877, une quantité de 655,521 hectolitres. La culture du chanvre et du lin y donne des résultats avantageux, et dc\jà, depuis une trentaine d'années, il a trouvé dans l'élève des vers à soie et dans la plantation des mû-

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riers une nouvelle branche d'industrie trùs productive. La superficie du département se partage en : superficie bâtie et voies de communication, Gl,461 hectares, et territoire agricole, 518,436 hectares. Ce dernier est lui-même subdivise en : c6n'-ales, 174,414 hectares; farineux, 22,000; cultures potagères et maraîchères, 2,513; cultures industrielles, 10,767 ; prairies artificielles, 32,044 ; fourrages annuels, 2,410; autres cultures et jachères, 22,541; vignes, 15,520; prairies naturelles et vergers, 66,402; pâturages et pacages, 30,000 hectares. On évalue les terres incultes à 9,417 hectares. L'élève et l'engrais de la race bovine occupent un grand nombre de cultivateurs, qui ahmentent les abattoirs et les boucheries de Lyon, ou fabriquent avec le lait qu'ils obtiennent des vaches d'excellents fromages. On connaît la réputation méritée des volailles de la Bresse ; les porcs gras sont aussi l'objet d'un commerce im- [jorlant. Le département possède à Naz, près de Gex, un magnifique établissement pour l'élève des bêles à laine de race mérinos. C'est chose curieuse à voir, que le parti que l'on tire des étangs; on les pêche tous les deux ans, et tous les trois ans on laisse échapper les eaux pour les ensemencer en blé ou en avoine ; de telle sorte que du même emplacement on obtient tous les trois ans deux produits entièrement étrangers l'un à l'autre, du grain et du poisson.

L'industrie manufacturière est moins développée que l'industrie agricole, mais elle tend chaque jour à s'accroître ; on trouve dans l'arrondissement de Bourg des fabriques de toile de chanvre, des filatures de laine, des tuileries, des draperies. Dans l'arrondissement de Belley il y a des papeteries, des filatures, des scieries hydrauliques qui débitent les sapins en planches et en solives, que l'on expédie à Lyon par l'Ain et le lîhone; des fabriques de soieries. La fabrique de chapeaux de paille de Laguieu donne des produits qui peuvent rivaliser avec ceux d'Italie. Dans l'arrondissement de Nantua on trouve des filatures de coton et de laine, des papeteries, des fabriques de futailles et de boissellerie, de peignes de corne et d'ouvrages faits au tour. Dans celui de Gex on fabrique dans la montagne des fromages façon Gruyère, Sassenage et Roquefort, et dans les vallées de l'horlogerie et de la verrerie. Montluel et Ambérieu ont des fabriques de draps pour les troupes; Saint-Rambert est renommé par son linge de table; Saint-Laurent possède une fon-

derie de fer; Nantua fabrique de belles soieries et de la tabletterie très estimée ; Seysscl et Le Parc exploitent de l'asphalte ; enfin la mégisserie est une industrie commune à tout ledépartement. On compte 6 fabriques de faïence, 8 papeteries ou cartonneries, 9 filatures de laine, 181 tissages de lin et de chanvre et 14 fileries et moulineries de soie. Dans beaucoup de maisons il existe, en outre, des métiers isolés à tisser la soie.

Ces produits des différentes industries du département de l'Ain alimentent son commerce. Ce commerce est surtout le transit, parce que sa position géographique le place entre Marseille et Strasbourg, entre Lyon et la Suisse. Les principaux articles d'exportation sont les grains, les vins, les bestiaux, les volailles, les poissons, les truffes, les planches, les fromages , l'asphalte et les pierres lithographiques. Le département compte 433 foires, qui se tiennent dans 113 communes et durent pendant 464 jours. Les plus importantes sont celles de Bourg, Montmerle, Belley, Nantua, Trévoux, Pont-de-Vaux et Gex.

Division politique et administrative. — Le département de l'Ain a pour chef-lieu Bourg; il est divisé en 5 arrondissements, 36 cantons, 453 communes; nous en donnons plus loin le tableau. Il appartient à la région agricole de l'est de la France.

Le département forme le diocèse d'un évêclié dont le siège est à Belley, et qui est suffragant de l'archevêché de Besançon; il compte 36 cures, 402 succursales et 121 vicariats. Il y a un séminaire diocésain à Brou, et des écoles secondaires ecclésiastiques à Belley et à Mcximieux. Les prolestants ont un temple à Ferney et à Bourg, ainsi qu'une société biblique.

Les tribunaux de première instance de Bourg, de Nantua, de Belley, Gex et Trévoux, ainsi que le tribunal de commerce de Bourg, ressortissent à la cour d'appel de Lyon.

Au point de vue universitaire, le département dépend de l'académie de Lyon ; il y a un lycée à Bourg, un collège communal à Nantua, 6 institutions secondaires libres, une école primaire supérieure à Bourg et environ 875 écoles primaires. Bourg est en outre le siège d'une société d'agriculture et d'émulation.

L'Ain forme une subdivision du 1' corps d'armée, dont le quartier général est à Besançon ; il

dépend de la 7<^ région de l'armée territoriale. La compagnie de gendarmerie départementale dépend de la 10'= légion, dont l'état-major est à Bourg, et qui comprend les deux départements de l'Ain et du Jura. Le déparlement compte deux places fortes : Pierre-Châtel et Fort-l'Éciuse. Il est compris dans l'arrondissement minéralogique de Chalon-sur- Saône, dépendant de la région du nord-est ; dans la S° inspection des ponts et chaussées , dont le clief-Heu est à Lyon, et dans la 17" conservation forestière, dont le chef-lieu est à Màcon.

Belley est le siège d'une direction des douanes.

On compte dans l'Ain C2 perceptions des finances; les contributions et revenus puljlics atteignent 16,000,000 de francs.

HISTOIRE DU DÉPARTEMENT

Le déparlement de l'Am a clé formé des anciennes provinces de Bresse, du Bugey, du Valromey, du Pays de Gex et de la principauté de Bombes. Son histoire, pour être complète, devrait donc se composer de l'histoire de ces diverses contrées, qui, dans le passé, eurent souvent des destinées différentes.

Avant la conquête romaine, la majeure partie du département de l'Ain était occupée les Sébusiens [Seiusiani) et par les Ambarres [Amlarri); ces derniers étaient alliés et clients de l'importante peuplade des Éduens. Les noms des villes d'Ambérieu et d'Ambronay nous rappellent les anciens Ambarres, et il reste encore dans le département de nombreux vestiges de l'époque celtique ; on retrouve journellement des tombeaux, des haches de pierre qui servaient aux sacrifices des druides, des dolmens, pierres levées ou plantées, et des médailles, parmi lesquelles il en est qui rappellent le soulèvement des Gaules par Vercingétorix, et d'autres qui constateraient le passage ou le séjour d'Annibal, quand il franchit les Alpes pour porter ses armes en Italie.

Une guerre survenue entre les Séquanais et les Éduens détermina l'invasion romaine; les Séquanais, vaincus d'abord, avaient appelé à leur secours Arioviste, chef des tribus campées sur les rives du Rhin; les Eduens, à leur tour, sollicitaient l'appui du sénat romain, lorsqu'une armée de 368,000 Helvètes vint menacer la Gaule d'une terrible invasion. Ils n'avaient pu franchir le Rhône à Genève parce que César en avait fait rompre le pont; ils traver-

sèrent le défilé de l'Écluse et pénétrèrent ainsi au milieu du pays des Ambarres, qu'ils ravagèrent. César accourut et, dans une seule campagne, à la tête de cinq légions, dispersa les Helvètes, qu'il atteignit au moment où ils traversaient la Saône, et rejeta de l'autre côté du Rhin les bandes vaincues d'Arioviste. L'établissement de la domination romaine succéda, pour les Ambarres, au danger qu'ils avaient couru de subir le joug des Germains.

Outre le grand épisode national auquel est resté attaché le nom de Vercingétorix, plusieurs révoltes locales protestèrent contre les efforts de l'administration romaine pour dénationaliser les Gaules. Sous Tibère, en l'an 21, Silius, proconsul de la Germanie supérieure, eut à combattre, dans les provinces qui nous occupent, une sédition dont Sacrovir était le chef, et dans laquelle se signalèrent les gladiateurs gaulois destinés aux cirques de Rome. En 69, les Séquanais remportèrent une inutile victoire sur le général Sabinus. Les résultats de ces mouvements avortés étaient de fréquents remaniements dans la division territoriale des provinces domptées ; c'est ainsi que le pays occupé par les Ambarres fit tour à tour partie de la Germanie supérieure sous Auguste, de la grande Séquanaise sous Constantin, et plus tard de la première Lyonnaise. Quoique les Romains n'aient point laissé, de leur passage dans le département de l'Ain, des traces aussi monumentales que dans certaines autres contrées de la France, leur civilisation n'y est point restée sans influence sur l'adoucissement des mœurs, sur l'amélioration des voies de communication et sur l'embellissement des villes et bourgs existant à celte époque; des ruines de temples, d'autels votifs, d'aqueducs, des égouts, des bains témoignent encore de celte initiation à l'art antique, qui fut comme la mission providentielle de la conquête romame.

On prétend que le yaXiiomQ^ {vallis Romana)Ao\\. son nom au choix qui fut fait de cette petite enclave du pays des Ambarres pour lieu d'exil assigné aux citoyens romains bannis de l'Italie.

Cependant ce n'était pas un éternel adieu qu'avaient dit les Germains au doux climat et aux fertiles campagnes de l'Occident. Leurs hordes semblaient renaître plus innombrables et plus ardentes sous le tranchant des épées romaines ; le i\"= siècle vit successivement s'engouffrer dans les Gaules : Suèves, Alains, Vandales et les Huns d'Allila. Tous ceux-là, cependant, comme emportés par rinipé-

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Tombeau de Marj,iioiilo de Bourgogne dans léglibo de Lin

tuosité de leur élan, roulùreiU au delà des fleuves (|ui bornaient l'ancien pays des Séquanais; c'est à d'autres conquérants qu'était réserve le territoire des Ambarres.

Derrière les bandes rapides d'Attila s'avançait une espèce d'armée do géants, muraille vivante, lente, raide et impassible connne le destin; ils avaient sept pieds, dit Sidoine Apollinaire ; ils mirent sept ans pour descendre de Mayence à Lyon ; c'étaient les Burgundes. Romains et Gaulois tentèrent à peine de leur résister; au reste, ils arrivaient sans colère et comme des enfants oubliés qui seraient venus réclamer leur place au foyer paternel. « Cantonnés militairement dans une grande maison, dit Augustin Thierry, pouvant y jouer le rôle de maîtres, ils faisaient ce qu'ils voyaient faire au client romain et se réunissaient de grand matin pour aller saluer leur noble hôte par les noms de père et d'oncle, titres de respect fort usités alors dans l'idiome des Germains. Ensuite, en nettoyant leurs armes et en graissant leur longue chevelure,

France illustrée BO

Ils chantaient à tuc-tète leurs chansons nalionales et, avec une bonne humeur naïve, demandaient aux Romains comment ils trouvaient cela. »

Le premier hendin ou chef connu des Burgundes était Gondicaire, qui mourut en 476, laissant quatre fils qui se partagèrent ses États. Gondebaud. l'un d'eux, dépouilla ou fit mourir les trois autres et constitua le royaume de Bourgogne. Cette dynastie disparaît en 534, devant les armes victorieuses des Francs, et les conquêtes des Burgundes vont grossir l'héritage des fils de Clovis. Toutefois, cette courte domination laissa une profonde empreinte dans le sol et dans le régime du pays ; la loi gombette fut maintenue dans celles de ses dispositions qui attribuaient aux Bourguignons la propriété des deux tiers des terres conquises et d'un tiers des serfs qui les habitaient, ne laissant que le tiers des terres et les deux tiers des serfs aux anciens possesseurs. Nos provinces de Bresse et du Bugey traversèrent sans de grands orages les temps mérovingiens, tantôt annexées au royaume de Metz ou 2S, — Alv, 2" Liv.

LA FRANCE ILLUSTRÉH:

(l'Orléans, laiilùt administrées au nom des rois d'Austrasie par des patrices ou maires du palais. Mais au viii" siècle une nouvelle secousse ébranla le sol; de nouveaux conquérants apparaissent; cette fois, c'est du sud qu'ils arrivent : ce sont les Sarrasins d'Abd-el-Uhaman ; ils remontent la Saune jusqu'à Chalon et là se partagent en deux armées, dont l'une envahit et ravage toute la rive gaucho du fleuve. La victoire de Charles-Marlel donne la date de leur dispersion ; on est moins bien renseigné sur la durée de leur séjour ; il dut être assez long, puisqu'on rencontre encore des constructions qui leur sont attribuées. La période qui s'étend de Charles-Martel à Louis le Débonnaire n'offre d'intéressant pour notre histoire que la lente élaboralion de nouvelles divisions territoriales qui font pressentir déjà l'approche des temps féodaux. Il commence à être fait mention dans les chartes du Dombensis, principauté de Bombes, et de la Brissia, comté de Bresse. Par le traité de Verdun, en 843, ces provinces avaient été incorporées successivement au royaume d'Italie et de Lotharingie ; elles ne rentrèrent au domaine de Keuslrie qu'à la mort de Louis II (879).

A cette époque d'inexprimable confusion provoquée par le partage du vaste empire de Charlemagne, compliquée par le capitulairc de Kiersy-sur- Oise, qui fonda les fiefs, se rattache l'établissement d'une première maison de Bourgogne qui compta quatre princes : Beuve d'Ardennes, Boson, roi d'Arles, Richard le Justicier et Gislebert de Vergy. Alors aussi apparaissent, pour la première fois, des comtes de Bresse, qui commencent, en 830, au sire de Beaugé, doté, par Louis le Débonnaire, de cette seigneurie, en récompense des services qu'il lui avait rendus, et qui finissent en 1268, avec Guy, mort sans autre descendance qu'une fille, nommée Sibylle, dont le mariage avec Amédée IV transporta à la maison de Savoie la plus grande partie de la Bresse. Rien n'est plus horriblement lugubre que le spectacle offert au x« siècle par les contrées riveraines de la Saône. Déchirements féodaux , invasions des Normands et des Hongrois, dix famines et treize pestes ! On vendit publiquement de la chair humaine à Mùconl Hâtonsnous d'échapper à do pareils souvenirs, et sous la domination de la maison capétienne de Bourgogne suivons l'extension et la consolidation du pouvoir des comtes de Savoie dans nos petites provinces de Bresse et du Bugey. Du mariage d' Amédée IV avec

Sibylle , hérilière des sires de Beaugé , naquit Edouard, qui fut aussi comte de Savoie, épousa Blanche de Bourgogne, et qui, à défaut d'héritier direct, laissa les comtés de Savoie et de Bresse à son frère cadet, nommé Émond. Celui-ci épousa Yolande Paléologue, fille de Théodore, marquis de Montferrat. Leur fils aîné, .4médée ou Amé V, surnommé le comte Vert, vécut jusqu'en 1383 ; il ajouta à ses domaines héréditaires une partie notable du Bugey, acheta les biens des seigneurs de Coligny et de iMonlluel, la seigneurie de Mirbel et le pays de Gex, et obtint de l'empereur Henri lY d'ajouter à ses titres celui de comte du Bugey.

Amé VI ne régna que huit ans ; il mourut en 139 1 des suites d'une blessure reçue en chassant le sanglier; il avait épousé Bonne de Berry, petite-fille du roi Jean. Son fils, Amé VII, fut le premier duc d'' Savoie; n'étant encore que comte, il avait acquis les fiefs de Thoiré et de Villars et était ainsi devenu le souverain de tout le territoire qui constitue aujourd'hui le département de l'Ain. C'est à lui que les habitants durent la concession des premières chartes communales et la rédaction des statuts qui régirent le pays jusqu'à la Révolution de 1789 sous le nom de coutumes et usages. Louis, son fils et son successeur, ne régna que cinq ans, de 1440 à 1443; de son union avec Anne de Lusignan, fille unique du dernier roi de Chypre, datent les droits de la maison de Savoie au royaume de Chypre.

Rien ne signale à l'intérêt historique de ce département le règne d'.\mé VIII; mais Amé IX, qui lui succéda, étant devenu veuf, et dégoûté de la vie agitée que lui faisaient les rivalités jalouses des princes ses voisins, embrassa l'état ecclésiastique; il n'y rencontra pas davantage la tranquillité obscure qu'il cherchait. Il fut élu pape sous le nom de Félix V; le schisme déchirait l'Église; la lutte', les violences étaient trop éloignées de ses goûts pour qu'il ne s'empressât pas de déposer la tiare comme il avait résigné le sceptre; il alla s'enfermer à Ripailles, nom prédestiné, où il mena une existence de doux loisirs et de pacifiques jouissances conformes à ses instincts, dont il eut le rare mérite d'avoir conscience. Une inscription qui fut placée au-dessus d'une des portes de Pérouges, et dans laquelle, à la na'ive impatience des soucis de la guerre, à la latinité plus na'ive encore, il serait peut-être permis de reconnaître l'esprit du bon duc lui-même, nous semble assez heureusement carac-

AIN

tcriser la physionomie placide de ce rogne. Il s'agissait d'immortaliser la valeur des habitants de la ville qui avaient repoussé les troupes de Commingcs, général au service de Louis XI, alors dauphin de Viennois.

Voici dans quel style sont célébrés leurs exploits :

PERUGI/E PERUGiARUM

URBS IMPRENABILIS

GOQUINATI DELPHINATI VENERUNT

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