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ET NOM POTUERUNT COMPREHENDERE ILLAM

ATTAMEN IMPORTAVERUNT PORTAS ET GONOS

OIABOLUS IMPORTAT ILLOS

Les descendants d'Ame IX conservèrent encore pendant plus d'un siècle, de 1472 à 1601, la possession de la Bresse et du Bugey; mais leur pouvoir sur ces provinces devenait plus contesté et plus précaire à mesure que s'affermissait et se concentrait la monarchie française. En 1536, François I""" s'empara de la Bresse, qui resta annexée à la France pendant tout son règne et ne fut rendue par Henri II au duc Emmanuel-PhiUbert qu'en considération de son mariage avec Marguerite de France, dernière fille de François l"'. Le fils issu de cette union, le duc Charles IV, est le dernier prince de la maison de Savoie qui ait possédé le territoire du département de l'Ain.

En 1601, Henri IV, qui était maître du marquisat de Saluées, enclavé dans le Piémont, offrit au duc CJiarles de l'échanger contre la Bresse. La convenlion fut acceptée et ratifiée par le traité de paix conclu à Lyon la même année; le Bugey et le Valromey furent compris dans l'échange ; il en fut de même du pays de Gex, à l'exception de quelques petits villages sur lesquels le canton de Genève fit valoir ses droits de souveraineté. Cette petite baronnie avait relevé autrefois des comtes de Genevois ; elle était alors possédée par les cadets de cette famille ; de leurs mains, elle était passée à la maison de JoinviUe, à laquelle les comtes de Savoie l'avaient enlevée en 1333, sous prétexte que les seigneurs refusaient de leur rendre hommage.

Quant à la principauté de Dombes, ancien fief des puissants comtes de Beaujeu, devenue, depuis 1391, par legs du comte Edouard, domaine de la maison royale des ducs de Bourbon , son indépendance ne souffrit aucune atteinte de ces diverses transformations. Vers le temps où nous sommes ar-

rivés, Henri IV empruntait l'hôtel de la monnaie de Dombes pour y faire frapper des pièces d'argent cl de cuivre à son effigie. Ce petit État, survivant dans son originalité vivace à l'anéantissement de toute organisation féodale dans le royaume, se maintint avec l'intégrité de ses privilèges et l'observance de ses vieilles coutumes jusqu'au règne de Louis XIV. M"° de Montpensier en était alors souveraine; on lui persuada d'abandonner Dombes au duc du Maine, fils légitimé du roi, pour en obtenir l'autorisation de rendre publique son union avec le beau Lauzun ; Louis XIV accepta pour son fils la principauté et se contenta d'ouvrir à Lauzun les portes de la prison de Pignerol. En 1762, la Dombes fut irrévocablement réunie à la couronne en vertu d'un échange qu'en fit le comte d'Eu, second fils du duc du Maine, contre le duché de Gisors, en Normandie.

Depuis l'annexion de la Bresse et du Bugey à la France, ces provinces ont suivi la fortune de la patrie commune sans que les grands événements contemporains y aient eu un retentissement exceptionnel.

Signalons cependant, en 181-'i, la belle défense du défilé des Balmettes, situé entre Saint-Germain et Torcieu, par les habitants du canton de Saint- Uambert, d'Ambérieu et de Belley contre l'armée autrichienne, défense qui leur valut le nom bien mérité de àéros des Balmettes.

Les habitants du département de l'Ain sont grands, robustes, bien proportionnés dans leur structure, d'une physionomie agréable, dont souvent la pâleur mate est un des indices des fièvres locales qui ravagent certains cantons ; ils sont économes, laborieux, d'un jugement sain, d'une raison froide; ils ont du goût et des dispositions naturelles pour la musique; quoique les bienfaits de l'instruction soient mieux appréciés chez eux que dans beaucoup d'autres contrées, ils sont encore fidèles à quelques vieilles traditions superstitieuses ; ils croient aux sorciers, placent dans le cercueil des morts quelque ustensile de ménage à leur usage et accompagnent de tapage charivarique l'époux veuf qui se remarie.

Nous n'avons pas besoin d'ajouter que ces pratiques d'un autre âge tombent en désuétude chaque jour, et que nous les donnons bien moins comme une peinture du présent que comme une dernière empreinte du passé, lente à s'effacer dans tous les temps et dans tous les pays.

LA PHANTE ILLL'STP.PE

HISTOIRE ET DESCRIPTION DES VILLES, BOURGS ET CHATEAUX LES PLUS REMARQUABLES.

Bourg (lat. 46» 12' 21"; long. 2" u3' 28" E.). — bourg, Bourg-en-Bresse [Tamim, Tamnum, Btirffus, Burffîim] , importante station de la ligne de Paris à Genève, à 478 kilomètres sud-est de Paris, et à 83 kilomètres de Lyon, chef-lieu du département de l'Ain et d'un canton, avec tribunal do première instance, société d'agriculture et d'émulation, lycée, grand séminaire, école normale d'instituteurs, et une population de 13,692 habitants , était autrefois la capitale de la province de Bresse, siège d'un gouvernement particulier, avec bailliage, présidia! et chàtellenie royale, relevant du diocèse de Lyon, du parlement de Paris et faisant partie de la Bourgogne.

Le nom de Bourg, sous lequel est aujourd'hui connue la capitale du département de l'Ain, mol (ju'il faut prendre dans son acception naturelle de Burçîis, groupe, réunion de maisons, a remplacé deux autres noms qui répondent à des époques peu connues de l'histoire de celte ville. Sur son emplacement habitait, avant et pendant la domination romaine, une peuplade, les Sébusiens [Sebuslani), que l'on a longtemps confondus, à tort, avec les Ségusiens ou Ségusiaxes {Segtislani, Segusiavi), cantonnés sur le territoire de Feurs (Loire). On ne sait à la suite de quelles révolutions ce nom serait tombé dans l'oubli; mais nous voyons plus tard le nom de Tanmn luî être substitué comme désignation irrécusable de cette ville , ainsi, vers 900, Furlailler, dans sa légende de saint Gérard, évêque de Mâcon, nous représente son pieux héros prenant la robe d'ermite et se retirant dans la forêt de Brou [prope oppidum Tani, cui Burgo nunc iiomen est), « près delà ville de Tanum, qu'on appelle maintenant Bourg. » Ce document prouve donc que le nom de Tanière ou Tenières, qu'a conservé un quartier de la ville, est un souvenir du nom qu'a porté jadis la ville tout entière, et le mol oppidum doit faire supposer que, dès avant celte époque, elle était entourée de murailles. Quant à son importance, elle ne devait pas être fort grande, puisqu'elle ne nous est signalée par aucun fait historique, jusqu'à la possession des ducs de Savoie ; nous renvoyons donc nos lecteurs, pour éviter de fastidieuses répétitions, à l'histoire générale du département, et en particulier à celle de la

Dresse, dont Bourg a dû partager le sort pendant cette longue période.

Vers le xni" siècle, Bourg commence à conquéiir quelques franchises; Guy II, sire de Beaugé, seigneur de Bresse, et Ueynald, son frère, déclarent la ville franche dans des limiles désignées et lui accordent plusieurs immunités et privilèges, entre autres celui de chasser et de pêcher dans la chàtellenie et de tirer de l'arc et de l'arbalète. Le vainqueur du tir était exempt de tailles pour une année. Guy et Ueynald dotèrent en outre Bourg des lois et des avantages dont jouissait Beaugé, leur capitale, et cela moyennant la somme de quinze cents livres tournois que leur payèrent les habitants.

Ces faits témoignent de l'importance que commençait à prendre Bourg assimilé par ses maîtres à leur vieille capitale ; l'avènement de la maison do Savoie, qui succéda à Guy II dans la possession de toute la contrée, fut l'origine d'accroissements bien plus considérables. Un des premiers actes d'Ame IV, le premier comte de Savoie qui régna sur le pays, fut de transporter à Bourg le siège du gouvernement delà province, au grand détriment de Beaugé, qui jamais ne se releva de ce coup et devint ce que nous le voyons aujourd'hui, un pauvre village oublié sous son nom, que le temps n'a pas même respecté, de Bagè-le-Cliâtel.

C'est véritablement de cette époque que date le rùle de Bourg dans l'histoire ; Edouard IX y convoque ses alliés et y rassemble ses soldats pour l'expédition qu'il entreprend contre le comte de Genève, son neveu. Les principales fondations religieuses dont fut dotée la ville remontent au même temps ; le couvent des cordeliers fut fondé en 1356 par Amé V et par Bonne de Bourbon sa femme; celui des dominicains, par Sibylle de Beaugé et le comte Émond, son époux. Cet édifice, commencé en 1334, ne fut achevé qu'en 1414, sous cet Amé IX que nous avons vu devenir pape, et auquel Bourg dut encore l'établissement des sœurs de Sainte-Claire et la création d'un ordre de quêteuses connues sous le nom à' Hirondelles de carême, et dont la première directrice fut une sainte fille appelée Colette, qui a été béatifiée. Plusieurs hôpitaux furent construils et dotés par la munificence des comtes de Savoie, on dut aussi au premier duc de cette maison, Amé VII, une extension des privilèges antérieurement accordés, une exemption de lods, droits onéreux sur les héritages qui changeaient de main

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par testaments, codicilles, donations entre vifs et à cause de mort; ce privilège fut maintenu au pays longtemps après rc'Iablisscment de la souveraineté des rois de France. Philippe Vil complota la libéralité de ces mesures, par divers édits qui constituèrent à la ville de Bourg une véritable municipalité ; les syndics et consuls élus eurent pouvoir de répartir également, entre tous les habitants, tailles, subsides, impositions, et de choisir eux-mêmes le collecteur seul autorisé à contraindre les contribuables au payement de leurs cotes. L'organisation militaire fut réglée sur des principes aussi larges ; la police intérieure et la garde des fortifications furent confiées à une milice bourgeoise commandée par un capitaine à la nomination duquel tout citoyen avait non seulement le droit, mais le devoir de concourir. Les encouragements au commerce n'étaient pas non plus oubliés; le même prince concédait franchises absolues pour quatre foires par an.

Les dernières années de la domination de la maison de Savoie furent marquées par des témoignages plus éclatants encore de ses sympathies traditionnelles pour la capitule de la Bresse.

Sur les vives sollicitations de Charles III, et malgré l'opposition qu'y apportèrent François I", le duc de Bourbon, prince de Bombes, l'archevêque de Lyon et tous les évêques des provinces environnantes, la paroisso collégiale de Bourg fut érigée en évèché, en 1S15, par Léon X, qui appela à ce siège Louis de Gorrevod, évèque de Maurienne; enfin, en lo69, Emmanuel-Philibert fit construire, pour la défense de la ville, une citadelle de forme pentagonale, qui passait pour une des plus régulières et des plus fortes de l'Europe. La mésintelligence qui surgit entre le gouverneur de la province et celui de la citadelle fut le prétexte dont Louis XIII se servit pour en ordonner la démolition au mois de septembre 1611.

Toutefois, le règne des deux derniers princes que nous venons de citer, Charles III et Emmanuel-Philibert, fut séparé par une période de domination française sur la Bresse et sa capitale. En lo3o, à propos d'une contestation sur la possession du comté de Nice, et d'un refus d'hommage pour le Faucigny, François I" déclara la guerre au duc de Savoie, Charles III, auquel il avait surtout à reprocher son alliance avec l'empereur d'Allemagne. L'amiral Chabot fut chargé d'une expédition contre les États du duc, et, en moins de trois semaines, il avait conquis à la France Gex, Valromey, Bresse

et Bugey. Pour apaiser les regrets que l'administration paternelle de la maison de Savoie avait pu laisser dans le cœur des habitants de Bourg, tous les privilèges dont jouissait la ville furent confirmés. En 1346, le roi voulut visiter sa nouvelle conquête; il fut reçu à Bourg avec beaucoup de pompe et de magnificence, inspecta les ouvrages de défense qu'il avait fait commencer et fit élever ce beau bastion que l'on voit encore entre la porte Verchère et la porte de la Halle. Son successeur, Henri II, conserva, pendant les premières années de son règne. Bourg et les provinces conquises par Chabot; il paraissait même ajouter un grand prix ù cet accroissement du territoire national, car, en 1548, il vint aussi visiter Bourg, confirma et étendit les franchises provinciales et s'attacha les udtaires du pays par un édit qui les autorisait à transmettre à leurs successeurs et hériliers la nunute des actes rédigés par eux, usage dont l'adoption a servi de base à l'organisation du notariat dans toute la France. Ces faveurs ne parvenaient cependant pas à déraciner dans la Bresse et le liugey le souvenir des anciens maîtres ; Emmanuel avait succédé à Charles, et, moins résigné ([ue son prédécesseur, aidé des vœux secrets de seigneurs du pays, nombreux et inlluents, appuyé d'une petite armée impériale recrutée dans le comté de Ferrette par un capitaine résolu, du nom de Polviller, il dirigea une attaque contre la ville de Bourg; on comptait sur une surprise; la garnison royale fit bonne contenance et résista. Les seigneurs de Digoine et d'Erchenets, chargés de lu défense, n'attendirent même pas les secours qui leur arrivaient de plusieurs côtés pour forcer Ica assaillants à une retraite précipitée; le mauvais succès de cette tentative aurait sans doute consolidé la domination française, si le désastreux traité de Cambrai (1S29) ne fût venu rétablir les clicscs comme elles étaient avant François I"''.

Le duc Emmanuel, en reprenant possession de Bourg avec Marguerite de Valois, sœur de Henri II, qu'il avait épousée, ne voulut se souvenir que des vieilles sympathies qui unissaient la ville à sa maison; il renchérit encore sur toutes les libéralités dont chaque vainqueur était tour à lour prodigue envers elle; il lui permit d'ajouter la croix d'argent de Saint-Maurice aux armoiries qu'Anié V lui avait données deux siècles auparavant ; grâce enfin à l'habile modération de sa conduite, il put laisser intact à son successeur l'héritage de ses

LA FRANCE ILLUSTHEE

aïeux, qu'il avait eu le bonheur de reconquérir. Celui-ci, Charles-Emmanuel, ambitieux et brouillon, confondant les époques et méconnaissant la force des choses, ne comprit pas que la constitution de la monarchie française imposait à la Savoie désormais la loi d'une prudente neutralité; il crut voir dans les guerres de la Ligue l'occasion heureuse d'une intervention, qui étendrait ses domaines ou accroîtrait son influence ; il encouragea, par sa complicité, le gouverneur de la Bresse à seconder le duc de Nemours, son parent, un des plus acharnés adversaires de Henri IV. Le Béarnais ne réclama point et alla au plus pressé ; mais, dès ([ue son pouvoir fut solidement établi en France, il remit au jour les griefs qu'il avait à faire valoir contre le duc de Savoie; le maréchal de Biron reçut l'ordre d'envahir la Dresse, et, le 12 août 1600, presque sans coup férir, il entrait dans les murs de Bourg. La citadelle tint pendant six mois; mais les assiégés doiployaient un courage inutile, les négociations entamées ne pouvaient que ratifier le succès des armes françaises; depuis trop longtemps était méconnue la loi providentielle qui a donné le Jura et les Alpes pour frontières à la France; le traité de Lyon (17 janvier 1601) annexa définitivement à notre patrie les provinces contestées et Bourg, leur capitale. Plus tard, la conquête de la Franche-Comté et de l'Alsace, en éloignant tout voisinage dangereux et hostile, vint consolider encore l'œuvre de fusion et d'assimilation qui est maintenant absolue et complète.

Il n'est pas aujourd'hui, en France, de ville plus française que Bourg; la Révolution de 1789 y a rendu plus ferme et plus vivace encore l'esprit de nationalité; en 1814, l'invasion étrangère ne rencontra nulle part une plus énergique résistance; les habitants prirent les armes, livrèrent dans le faubourg un combat de tirailleurs, qui tint en échec 1,500 Autrichiens, et ne cédèrent que devant les forces imposantes qui vinrent au secours des premiers assaillants. La ville expia cruellement le crime de son héroïque patriotisme ; les généraux ennemis la livrèrent au pillage. Plus heureuse, mais non moins patriote en 1870 et 1871, elle n'a pas revu l'étranger.

La ville de Bourg, autrefois construite presque entièrement en bois, est agréablement située sur la rive gauche de la lleyssouse et près de la Veyle ; le mamelon sur lequel elle est bâtie domine à l'est un bassin agréable et varié que couronnent les coteaux

de Kevermont; au nord, lœil suit la Reyssouse, arrosant d'immenses prairies qui s'étendent jusqu'à la Saône.

Les rues, don-t la régularité laisse à désirer, sont propres, assainies par l'eau courante d'un petit ruisseau nommé le Cône et ornées de fontaines dont une, en forme de pyramide, a été élevée par les habitants à la mémoire de Joubert. Il reste peu de chose de la ville du moyen âge; les murailles subsistent encore en partie, mais les fossés ont été desséchés et disposés en jardins; la ciladelle, comme nous l'avons vu, a été rasée sous Louis XIII ; les derniers vestiges du château ducal ont disparu dans les premières années de la Restauration; l'église paroissiale, dédiée à Notre-Dame, dont la façade est entièrement du style de la Renaissance, cl l'intérieur du moyen âge, est le monument le plus important de la ville. Après elle, il faut citer l'hôtel de la préfecture, la bibliothèque, le musée, la halle au blé, une assez jolie salle de spectacle et, en dehors de la ville, un magnifique hôpital entouré de beaux jardins. Ce qu'on ne saurait assez louer, ce sont de délicieuses promenades qui consistent en plusieurs avenues de peupliers : le Quinconce, le Mail, remarquable par sa longueur; le Bastion, au centre même de la ville, et dont l'hémicycle est décoré d'une statue en bronze de Bichat, due au ciseau de David d'Angers.

Les produits du sol, céréales et bestiaux, constituent le principal commerce de Bourg. On y trouve cependant quelques fabriques de toile et de bonneterie, des filatures de coton, tanneries etcorroieries. Cette ville est la patrie de Bachet, traducteur et commentateur; du jurisconsulte Collet, de l'historien Faret, d'Antoine Favre, jurisconsulte, et de Favrede Vaugelas, le grammairien; de l'évêque Albert de Chouin ; des conventionnels Alexandre Coujon et Marie Gouly; de l'astronome Lalande; du philosophe Chevrier de Corcelles; d'Aubry de La Bouchardie, lieutenant général d'artillerie, et du poète et littérateur Edgar Quinet, député à l'Assemblée nationale, mort à Versailles en 187a.

Les armes de Bourg sont : ]^arti de sinople et de sable, à la croix de Saint-Maurice d'argent, brochant sur le tout. Dans un manuscrit du xvii" siècle, elles sont figurées : de sable, à la croix ftovcè d'argent.

Buou. — A 2 kilomètres à l'est de Bourg s'élève la merveilleuse église de Brou, trop célèbre et trop

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vantée pour que nous la passions sous silence. Au milieu d'une des vastes forêts qui couvraient alors le pays, saint Gérard de Màcon vint, en 9")8, se construire un modeste ermitage, autour duquel se forma une petite communauté. En 1120, Ulric, seigneur de Deaugé et de Bresse, finit ses jours dans ce monastère. II relevait de l'abbaye d'Ambronay, en r.ugey, qui y nomma des prieurs jusqu'en 1316. Quelques années avant cette époque, la contrée était gouvernée par Philippe YII de Savoie; ce prince, qui aimait beaucoup la chasse, fit une chute de cheval dont l'art des médecins était impuissant à le guérir ; Marguerite de Bourbon, sa l'ennne, qui l'aimait avec tendresse, fit vœu de remplacer l'ermitage de saint Gérard par un riche couvent de bénédictins, si Philippe recouvrait la santé. Ce pieux désir ayant été exaucé, elle se mit en devoir d'accomplir la promesse qu'elle avait faite. Surprise par la mort, elle légua par testament la continuation et l'achèvement de son œuvre à son mari et à son-fils, alors âgé de deux ans; il ne fut donné ni à l'un ni à l'autre de remplir la dernière volonté de Marguerite ; mais l'enfant, devenu homme et régnant sous le nom de Philibert le Beau, avait épousé .Marguerite d'Autriche, qui lui survécut, et à laquelle il légua à son tour l'accomplissement du vœu maternel. Cette princesse s'en acquitta fidèlement. La Bresse lui ayant été assignée pour douaire, elle se rendit à Bourg, voulut voir par elle-même l'emplacement du monastère projeté, y ajouta la construction d'une église et chargea des travaux un architecte nommé André Colomban, qui en promit la complète exécution moyennant une somme de dezix cent mille éciis d'or, marqués au coin de France. Les premiers fondements furent jetés au commencement de l'année 151 1 ; Marguerite en posa la première pierre ; puis elle partit pour les Pays-Bas, dont Charles- Quint, son neveu, venait de la nommer gouvernante, laissant à l'évêque Gorrevod le soin de veiller à l'achèvement du monument. Les travaux furent d'abord poussés avec vigueur ; mais, au bout de dix-huit mois, la somme promise et payée à Colomban avait été absorbée, et les travaux étaient loin d'être terminés; l'artiste, découragé et désespéré, prit la fuite et alla se cacher à Salins sous la robe d'un ermite; mais bientôt assailli par les regrets, tourmenté du désir de savoir comment se poursuivait l'œuvre qu'il avait conçue et dans laquelle il avait placé tant d'espérance et de gloire,

il revint, et, grâce à son déguisement, il put, sans être reconnu, s'approcher des travaux. Ils étaient confiés à un certain Philippe de Chartres, qui substituait ses plans et ses dessins à la pensée de Colomban. Dieu sait ce que dut souffrir le grand artiste, partagé entre la crainte d'ête reconnu et la douleur de voir ses conceptions mutilées. Pendant huit jours, épiant le départ des ouvriers qui s'éloignaient à l'heure des repas, il vint effacer les tracés de Philippe et les remplaça par des dessins en harmonie avec le plan primitif; pendant huit jours, ses ruses trompèrent toutes les recherches de Philippe, des ouvriers et leurs efforts pour découvrir le sorcier qui jetait le trouble et la confusion dans leurs travaux ; Colomban fut enfin pris sur le fait, conduit devant l'évêque auquel il avoua tout, et qui lui pardonna; on fit plus, on lui rendit la direction qu'il avait abandonnée, et il put achever son œuvre, pas assez tôt cependant pour que Marguerite pût voir terminée la pieuse tâche à laquelle elle avait pris tant de part. Cette princesse mourut à Matines; mais elle recommanda par testament que son corps fût transporté et enterré à Brou. Elle légua douze mille ilorins aux religieux de cette église et troi's cents florins aux chanoines de Notre-Dame de Bourg, à condition « qu'eux et leurs successeurs diroient à perpétuité et annuellement, au nombre de douze, tant chanoines que clercs, le vendredi avant le dimanche des brandons et les vigiles des morts, neuf psaumes et neuf leçons auprès de son tombeau, plus une grand'messe à la fin de laquelle ils chanteroient à haute voix les psaumes : De iwofundis. Miserere, Libéra me. » Le même legs était fait, sous les mêmes conditions, aux pères jacobins, aux cordeliers et aux antonins de la ville. Les dépouilles de Marguerite furent transférées à Brou, selon son désir, et inhumées en grande pompe auprès des restes du duc Philibert, son époux, dans un caveau situé au milieu du chœur de l'église.

L'asile que leur avait préparé Colomban était et est demeuré un chef-d'œuvre. Le frontispice de la façade extérieure est couronné par trois frontons d'un goût très original; celui du milieu, qui est le plus élevé, est d'un dessin qu'on ne retrouve dans aucun autre monument de la Renaissance. Le portail, dont l'arc est surbaissé, est couvert d'ornements et d'arabesques, remarquables par la richesse du travail et la perfection des détails. L'intérieur de l'édifice est généralement simple; ce n'est que

dans le chœur que tout le luxe architectural s'est déployé. La blancheur éclatante de la pierre et du marbre de Carrare employés dans la construction, les reflets de la lumière qui ne pénètre qu'à travers des vitraux d'un coloris aussi vif qu'harmonieux, tout donne au sanctuaire un aspect de magnificence et de richesse qui rappelle les splendeurs de l'école byzantine et la pompeuse ornementation des tem- ])les de Venise. C'est dans cette partie de l'édifice que se trouvent les trois mausolées en marbre blanc qui ont tant contribué à la renommée de l'église de Brou. A droite est celui de Marguerite de ilourbon, qui fit vœu de fonder le monastère; visà-vis est celui de Marguerite d'Autriche, sa bellefille, dont nous avons dit le zèle pieux. La devise de cette princesse, fille de l'empereur Maximilien I", tante de Charles-Quint, et qui, selon la chronique, après avoir eu deux maris, mourut vierge, était formée de ces mots répétés de toutes parts dans l'église : « Fortune, infortune, fort une.» Au milieu est le plus beau des trois monuments, celui de Philibert le Beau, fils de la première et mari de la seconde Marguerite. Le prince est représenté mort au-dessus du mausolée, et mourant au-dessous; l'une et l'autre figure offrent le même Uni et la même vérité; près des tombeaux est la statue en marbre de Colomban, qui semble veiller encore à la conservation de sa merveilleuse église. Il reste à admirer les boiseries du chœur, la sculpture gothique d'un élégant jubé, une chapelle du même style, revêtue de marbre et décorée d'une ornementation aussi riche de détails qu'admirable de finesse et de perfection. Sur l'autel est un immense tabernacle construit d'une espèce d'albâtre et tout couvert de sculptures délicieuses, dont les sujets sont empruntés aux mystères des livres saints. Devant le portail, en avant de la porte d'entrée, on voit un cadran elliptique fort curieux comme indice de l'état des sciences exactes au xvi" siècle; il a été reconstruit, en 1737, par Lalaiide et à ses frais.

Le seul reproche que la critique puisse adresser à l'église de Brou est un mélange de la forme italienne avec les procédés d'exécution allemands; mais, puisque l'harmonie générale n'en est pas atteinte, ne convient-il pas plutôt de faire un mérite à l'architecte de celte originalité et d'y voir une preuve de plus de l'indépendance et de la puissance de son génie?

L'église de Brou, aujourd'hui monument histo-

rique, est placée dans un site fort agréable, presque à l'extrémité d'un faubourg de Bourg, sur la route d'Italie, et près d'une vaste forêt; elle a été très habilement restaurée par M. Dupasquier, de Lyon.

Pont-d'Ain. — Pont-d'Ain, station de la ligne de Lyon à Besançon, à 20 kilomètres sud-est de Bourg, chef-lieu de canton peuplé de 1,551 habitants, est une petite ville bâtie sur la rive droite de fAin, au pied d'une montagne, couronnée par les ruines d'un ancien château, construit par les ducs de Savoie. Les agréments de la position, la salubrité de l'air faisaient adopter cette résidence par les duchesses de Savoie pour la durée de leurs couches. Philippe le Beau y naquit, ainsi que sa sœur Louise de Savoie, mère de François I". Le dernier duc, possesseur de la Bresse, donna cette petite ville à des seigneurs de Laric, de Franche-Comté, sous la domination des rois de France; elle fut achetée par le connétable de Lesdiguières et jointe à la belle terre de Tréfort, érigée pour lui en marquisat. Le connétable fit restaurer magnifiquement le château, qui resta dans sa famille jusqu'à la duchesse de Créqui, de laquelle il fut acheté par un riche Lyonnais.

Plusieurs routes qui se croisent à Pont-d'Ain lui donnent quelque animation; il ne reste rien de l'ancien pont qui lui a donné son nom; il a été remplacé par un pont suspendu de deux travées sur l'Ain. L'industrie des habitants consiste principalement dans la construction de bateaux pour Lyon et le Bhùne.

Les armes de Pont-d'Ain sont : de gueules, à la croix d'argent.

Pont-de-Vaux. — Pont-de-Vaux, à 40 kilomètres nord-ouest de Bourg, chef-lieu de canton peuplé de 3,011 habitants, sur la rive droite de la Ueyssouse et près de la rive gauche de la Saône, avec laquelle il communique par un canal d'environ 4 kilomètres d'étendue, est une petite ville située dans la région la plus fertile du département, régulièrement bâtie, et qui, par ses richesses et par son industrie agricole, a transformé, sans l'amoindrir, l'importance dont elle jouissait autrefois; sa paroisse avait le titre de collégiale; elle possédait un couvent de cordeliers et un d'ursulines, un hôpital, un petit collège et un corps municipal, dont le chef avait son entrée aux états de Bresse.

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Poiil <1p la Balme.

Cette terre (il partie de l'héritage de l'cvèque Gorrevod et échut aux seigneurs de Beaufremont. Ses monuments modernes sont un hôtel de ville récemment construit, l'hospice, dont des restaurations successives ont fait un édifice presque neuf; une halle au blé qui, dévorée par un incendie , a été entièrement rebâtie par l'architecte Morand, qui a donné son nom à un pont ci'lèbre de Lyon. Enfin, sur une des places de la ville a été érigée, en 1832, la statue du général républicain Joubert , auquel Ponl-de-Yaux s'enorgueillit d'avoir donné naissance.

Les armes de Pont-de-Vaux sont : d'azur , à un croissant moulant d'argent.

Pont-de-Vevliî. — Pont-de-Veyle (Pons ad Vidulam, oppidum Velx), station de la ligne de Màcon à Genève à 31 kilomètres ouest de Bourg, cheflieu de canton peuplé de l,3.o3 habitants, es! une pelite ville qui doit son nom à un pont traversant la petite rivière de Veyie, sur la rive gauche de laquelle elle est située, à 2 kilomètres de son

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embouchure dans la Saône. La maison de Savoie tenait ce domaine des anciens sires de Beaugé ; il fut érigé en comté par le dernier duc possesseur de la Bresse et échangé contre la terre de Bennes, en Piémont, possédée par un gentilhomme nommé Cosfe de Bennes; des héritiers de ce seigneur il a passé entre les mains de propriétaires dont les noms ne sont pas restés historiques. La terre avait été engagée, en 153S, par François I^'à Guillaume, comte de Furstemberg, en payement de sommes considérables que le roi lui devait pour diverses levées d'Allemands et de lansquenets amenés en France. La Réforme comptait de nombreux adhérents à I^onl-de-Veyle, dont la population était partagée assez également entre les deux cultes catholique et protestant. La ville est située dans un vallon bas et humide, mais d'une grande ferlilité; elle est environnée de coteaux couverts de vignes. A 1 kilomètre au nord-est on trouve deux fontaines d'eaux minérales ferrugineuses froides. C'est la patrie du convenlionnel Carra et du canoniste Luoet. 33. — Aln, 3" Liv.

Les armes de Pont-de-Veyle sont : d'argent, à iinponl de guatre arches de gueules, s\ir xme rivière d' azur ; le jiont sommé d' un mât de sable auquel est attachée une voile enflée d'azur, accompagnée d'une étoile de même, posée au second canton.

CoRVEissiAT. — Corveissiat, à 28 kilomètres au nord-est de Bourg, canton de TrelTort, est un village de 504 habitants qui doit son illustration auVoisinage d'une des plus belles grottes de tout le département. Ses abords, les bouillonnements de la rivière qui s'en échappe, et surtout les reflets pleins de fraîcheur et d'éclat de ses stalactites, colorées en lilas et en gris de lin, forment un tableau des plus attrayants et des plus pittoresques, que chaque année de nombreux voyageurs vont admirer.

Bellev ( lat. 45° 45' 28"; long. 3" 21' 9" E. ). — Belley [BelUca, BelUcium), à 75 kilomètres sudest de Bourg, chef-lieu de sous-préfecture, peuplé de 4,970 habitants, siège d'un évêché avec petit léminaire, d'un tribunal de première instance, possédant une société d'agriculture et une petite bibliothèque, était autrefois la capitale du Bugey, chef-lieu d'élection, siège d'un bailliage, et dépendait de l'intendance et du parlement de Dijon, comme annexe de la Bourgogne.

Sans attribuer, comme le font certaines traditions naïves, la fondation de Belley à Creuse, fille de Priam et femme d'Énée; sans accepter non plus tout ce qui a été avancé, sans preuves à l'appui, sur la prédilection de César pour cette ville et sur les longs séjours qu'il y fit, l'antiquité de Belley est incontestable; l'étymologic de son nom, la découverte de plusieurs sculptures anciennes, le maintien d'une louve dans ses armes permettent de supposer qu'elle était placée pendant la domination romaine sous la protection de Belloue, et qu'elle était assez importante pour renfermer plusieurs temples, un entre autres consacré à Cybèle, dont subsiste encore l'inscription dédicatoire : Matri Deum « A la mère des dieux. »

Ce qui est non moins authentique, c'est que cette ville, fortifiée par les Romains contre les AUobroges, fut ravagée, en 390, par Marie et rebâtie par Wibertus en 412. Le chiffre de sa population, ou la solidité des nouvelles murailles inspirait sans doute quelque sécurité, car au v« siècle la ville de Nyon, dans le pays de Vaud, ayant été ruinée par les bar-

bares, l'évêché dont elle était le siège fut transféré ù Belley. Depuis Audax, le plus anciennement connu de ses évêques, jusqu'à saint Anlhelme, nommé en 1163, la capitale du Bugey, administrée par une longue suite de prélats, suivit le sort du reste de la province. La piété exemplaire et les vertus du saint évêque que nous venons de citer lui avaient conquis les sympathies et la vénération de Frédéric Barberousse. Cet empereur, par un diplôme conservé à Belley, conféra à saint Anthelme et à ses successeurs le titre de princes du saint-empire ; il leur abandonna la seigneurie de la ville avec les droits régaliens les plus entiers et les plus absolus, y compris celui de battre monnaie. Les prodiges qui s'accomplirent à la mort du prélat et autour de son tombeau augmentèrent encore le prostigo attaché au siège de Belley. Guillaume de Nangis rapporte dans sa chronique qu'au moment où l'on enterrait Anthelme, il tomba du ciel un feu qui alluma les lampes de l'église placées devant le cercueil, à l'exception d'une seule, entretenue par un certain usurier de la ville, et qui ne put s'enflammer. Les princes de Savoie, qui fournirent au siège de Belley plusieurs membres de leur famille, respectèrent toujours les privilèges concédés par Frédéric, mais ne purent excepter la ville de la cession de territoire faite à la France en 1601. Henri IV et ses successeurs assujettirent le siège de Belley aux usages généraux qui réglaient les rapports de la couronne avec l'épiscopat français ; on a remarqué que de leur côté, comme protestation, les papes évitèrent longtemps de mentionner l'intervention royale dans les nominations qu'ils furent appelés à ratifier pour l'évêché de Belley. Le premier prélat appelé à ce siège par les princes français fut Pierre Le Camus, l'ami de saint François de Sales, nommé par Henri IV en 1609. Célèbre par la singularité et la multiplicité de ses ouvrages, mais d'un zèle souvent trop ardent, il se démit de sa dignité en 1624 et eut pour successeur Jean de Passalaigue, bénédictin riche en bénéfices, qui consacra une partie de ses revenus à restaurer la cathédrale et le palais épiscopal ; c'est dans le cours de ces travaux, en rebâtissant la tour du clocher, qu'on retrouva le corps de saint Anthelme ; il était dans un état parfait de conservation; on le plaça dans une riche châsse, où il est resté exposé à la vénération des fidèles.

En 1385, un incendie, dont on ne connut pas la cause, avait détruit une partie de la ville; elle dut,

AIN

à cette époque, sa reconstruction à Ame VII, duc de

Savoie, qui la fit entourer de murs.

Belloy est agréablement située entre deux coteaux, à une courte distance du Riiône, dans un bassin fertile qu'arrose le Furan. Il ne reste rien de remarquable des nombreux couvents ([ue renfermait autrefois la ville. Ses principaux monuments sont : le palais épiscopal, la cathédrale, dont la fondation remonte à 889 et la dernière restauration à 1864; le séminaire et un riche cabinet de médailles et d'antiques rassemblés par le savant abbé Greppo. Mais ce qui fait la gloire et le charme de Belley, ce sont ses environs, qui offrent une foule de promenades intéressantes : la ferme modèle de Peyrieux, créée par M. Nivière ; la cascade de Glandieux, les ruines de Chatillanet, le lac d'Ambléon, sur la montagne de ce nom; le lac Bertrand, la cataracte de Serverieux, la source intermittente du Grouin, le pont du Diable, les ruines de la chartreuse d'Arvières et le mont Colombier ; l'ancienne chartreuse de Portes, prison d'État sous l'Empire, aujourd'hui citadelle; l'Annonciade, les grottes de la Balme, sous Pierre-Cliàtel ; la grotte de Charvieux, près d'Arandat, etc.

L'industrie de Belley consiste dans quelques fabriques d'indiennes et de mousselines, des tanneries; dans l'éducation des vers à soie et l'exploitation de carrières de pierres lithographiques regardées comme les meilleures de France. Il s'y l'ait un important commerce de bestiaux , bois de construction, de truffes noires, et saucissons renommés.

C'est la patrie du savant jésuite Fabri, du baron Costaz, de l'Institut d'Egypte ; des généraux Dallemagne et Bouvier des Éclaz, des conventionnels Mollet et A. Ferrand, de Brillât-Savarin, le spirituel et célèbre auteur de la Physiologie dit, goût; des docteurs Récamieret Richerand,du savant docteur Montègre ; et enfin, c'est au collège de Belley qu'a été élevé un des plus grands hommes de notre époque comme poète, historien et orateur, Alphonse de Lamartine.

Les armes de Belley sont : d'argent, à un loup de sinople, armé et lampassé de gueules.

Virignin-Pierre-Chatel. — C'est sur le territoire de la petite commune de Virignin, située à 7 kilomètres au sud-est de Belley et peuplée de C4I habitants, que s'élève le fort de Pierre-Chatel, rangé parmi nos places fortes de seconde classe. Il est

bâti sur l'emplacement d'une ancienne chartreuse,

sur un roc calcaire qui domine le Rhône, en face de la montagne de Parves, haute de 6.30 mètres. L'ancienne église de la chartreuse est encore debout, et c'est dans la cour du cloitre que s'élèvent les casernes. Des terrasses et du jardin, on a une vue admirable sur les environs et le lit encaissé et torrentueux du Rhône. Dans la montagne, on visite aussi plusieurs grottes, dont quelques-unes ont donné lieu à des découvertes de l'âge de pierre.

Groslée. — Groslée est une petite commune de 6oG habitants, dépendant du canton de Lhuis et située à 23 kilomètres au sud-ouest de Belley, à 2 kilomètres environ de la rive droite du Rhône. C'était autrefois une seigneurie importante, appartenant à une famille du même nom; les ruines de son château sont encore importantes, quoiqu'il ait servi de carrière de pierres pour le village ; on distingue très bien son donjon carré et ses deux enceintes flanquées de tours rondes.

Ambérieu. — Ambérieu, station de la ligne de Lyon à Besançon, à 44 kilomètres nord-ouest de Belley, ancienne chàtellenie de la principauté de Dombes, aujourd'hui chef-lieu de canton peuplé de 3,427 habitants, est une petite ville située près de la rive droite de l'Albarine, sur un coteau couronné parles ruines du château de Gondebaud, et à la jonction des deux lignes de Lyon et de Bourg à Genève. Ambérieu a perdu depuis longtemps son importance historique, qui se rattache aux temps reculés de la domination des princes bourguignons. Les légendes du château de Gondebaud manquent d'intérêt et surtout d'authenticité. Ce domaine a suivi pendant de longs siècles le sort pacifique et tranquille de la Dombes, dont il était une des villes principales. Aujourd'hui, les habitants semblent disposés à se lancer dans les entreprises industrielles : ils fabriquent toiles , couvertures de laine, draps pour l'habillement des troupes; ils ont établi des filatures de coton, des tanneries, des papeteries et joignent à ces travaux un important commerce de chevaux et de bestiaux.

En faisant les tranchées pour l'établissement du chemin de fer, on a découvert une nécropole, d'où l'on a extrait des curiosités archéologiques.

Sur le territoire de cette commune senties ruines du château des Allymcs, bâti en 1354 par Amé V, comte de Savoie, et détruit par le maréchal de Bi-

ron, du haut desquelles on a une vue étendue sur tout le bas Bugey.

Ambronay. — Ambronay {Ambroniamm) , à 48 kilomètres nord-ouest de Belley, canton d'Amhérieu , près d'une station du chemin de fer de Bourg à Genève, est un bourg de 1,506 âmes, qui possédait autrefois une célèbre abbaye de bénédictins fondée en 800 par Bernard, archevêque de Vienne, et dont l'église, devenue paroissiale, appartient au style ogival et mérite d'être visitée. Aujourd'hui Ambronay doit sa principale illustration aux précieuses découvertes faites dans sa plaine, où l'on a retrouvé les vestiges d'un camp romain. La disposition des lieux, qui répond exactement aux descriptions des historiens, prouve bien évidemment que ce camp était celui occupé par Galba, lieutenant de César, lorsque les Helvètes voulurent s'ouvrir un passage dans le pays des Nantuates , la présence de médailles frappées à l'effigie de presque tous les empereurs démontre aussi incontestablement que les Bomains, appréciant l'importance de cette position, y tinrent constamment des légions en station depuis la défaite de Varus jusqu'à la chute de l'empire. Mais une tradition populaire plus difficile à expliquer, et ([ui doit cependant reposer sur quelque fait, s'obsline à désigner ce même emplacement sous le nom de Motte des Sarrasins, comme en souvenir d'un épisode qui aurait signalé le passage de ces barbares dans le pays.

La science n'a pu donner encore aucune base positive aux incertitudes de cette légende.

Saint-Rambert. — Saint-Ilambert-de-Joux , station de la ligne de Màcon à Genève, à 33 kilomètres nord-ouest de Belley, chef-lieu de canton peuplé de 2,620 habitants, est une petite ville fort ancienne dont l'origine remonte au V siècle. A cette époque, un riche Romain, nouvellement converti au christianisme et nommé Domitien, voulant embrasser un genre de vie plus austère que celui pratiqué dans le monastère de Lérins, où il s'était d'abord retiré, vint s'établir dans ce lieu ; il y mourut avec une grande réputation de sainteté, et les miracles qu'y opéraient ses reliques déterminèrent rétablissement d'un monastère. En 680, un seigneur du nom de Bambert, et que l'on prétend avoir été du sang de Clovis, vint chercher dans ce couvent un refuge contre les persécutions d'Éhroïn, maire du palais, qui l'y fit assassiner. Les miracles

qu'opéra ce nouveau saint firent oublier le premier, et le monastère prit son nom. La ville qui ne tarda pas à se grouper autour du couvent avait l'abbé commendataire pour seigneur. Un château, démoli par ordre de Henri IV, attestait la puissance de ce prélat. Ainsi que le monastère, le château a laissé quelques vestiges. Saint-Rambert, qui prenait le titre de seconde ville du Bugey et figurait immédiatement après Belley, fut au xvn» siècle le siège d'un marquisat dépendant de la maison de Savoie.

La situation de Saint-Rambert dans un étroit vallon, resserrée entre deux hautes montagnes qui sont des embranchements du mont Jura, lui a valu autrefois le surnom de Joux. La petite rivière de l'Albarine qui la traversait dans toute sa longueur avait donné naissance à l'industrie du blanchissage des toiles, que le perfectionnement des procédés modernes n'a fait que développer. La culture du chanvre et du lin a pris de notables accroissements, et Saint-Bambert est devenu un centre important de fabrication de toiles communes et de linge de table. On y a joint la filature de la soie de fantaisie, duvet, cachemire et laine, qui occupe de nombreux ouvriers. H y a, dans les environs, des forges et des fonderies de fer.

La nature géologi(iue des gorges de Saint-Bambert offre au naturaliste de curieux et intéressants sujets d'étude.

Les armes de la ville sont : d'argent, aune corneille de sable, becquée et membrée de gueules.

Seyssel. — Seyssel (Sissum, Seijsselium), cheflieu de canton, à 29 kilomètres au nord-est de Belley, sur le Rhône, qui commence à y être navigable, est une des stations du chemin de fer de Lyon à Genève. Cette petite ville est partagée en deux par le Rhône, que l'on y traverse sur un pont suspendu ; la partie à droite du fleuve appartient au département de l'Ain et compte 1,150 habitants ; l'autre, située sur la rive gauche, appartient au département de la Haute-Savoie et compte 1,500 habitants.

On trouve à Seyssel une filature de coton, des scieries hydrauliques, des carrières de gypse, de pierre, et surtout, du côté de Pyrimont et jusqu'à Bellegarde, de riches gisements d'asphalte et de bitume, dont l'importante exploitation a contribué à répandre le bien-être dans le pays. On y construit aussi des bateaux.

AIN

A l'extrémité de la ville, sur les ruines d'un vieux château, il y avait autrefois un couvent de capucins. Les vins des environs de Seyssel sont estimés.

Ses armes sont : de gueules, à la lettre capitale S, d'or, cantonnée de quatre croisetles d'argent, deux en chef et deux en pointe.

CuLOZ. — Culoz, comnuine de 1,472 habitants, située à la base méridionale du Colombier, à 36 kilomètres au sud de Seyssel et à 18 kilomètres au nord-est de Belley, doit toute son importance moderne à sa station du chemin de fer de Lyon à Genève. C'est un point d'arrêt important, et les voyageurs qui se rendent à Aix, à Chambéry, à Turin y changent de voiture. Culoz est à 119 kilomètres de Lyon et à 560 de Paris.

Trévoux (lat. 45° 56' 37"; long. 2° 26' 19" E.). — Trévoux (TrCTï>, Triviiim, Trevurtiiwi), à 44 kilomètres sud-ouest de Bourg, chef-lieu de souspréfecture avec tribunal de première instance et société d'agriculture, peuplé de 2,889 habitants, était autrefois la ville principale de la principauté deDombes, siège d'un bailliage, d'une chàtellenie, d'une chambre des monnaies, d'un parlement et relevait du diocèse de Lyon.

Trévoux est, selon toute apparence, une ville d'origine romaine; elle fut fondée à l'endroit où l'un des grands chemins qu'Agrippa avait fait construire dans les Gaules se partageait en trois branches, et dut à cette circonstance son nom de Très via, Trivium. Ce ne fut longtemps qu'un village célèbre par la victoire que l'empereur Sévère y remporta sur son compétiteur Albinus. Au xin° siècle, un château y avait été construit par les sires de Thoiré et de Villars; un de leurs successeurs, Henri, archevêque et comte de Lyon, second fils d'Etienne 11, voyant Beauregard, l'ancienne capitale de la contrée, démantelée et ruinée par les dernières guerres soutenues contre la maison de Savoie, eut la pensée de déclarer Trévoux ville tranche et de promettre les franchises et privilèges les plus étendus aux nouveaux habitants qui viendraient y résider. A cet appel répondirent de nombreux émigrants des pays environnants; s'il faut en croire les historiens du temps, tous n'étaient pas d'une moralité exemplaire ; mais ces attaques venant de chroniqueurs, moines pour la plupart, et tous fervents catholiques, s'expliquent par ce fait

que les juifs formaient une partie notable de la nouvelle population. Ce qui est beaucoup moins vague que les reproches lancés contre elle, c'est que dès lors Trévoux changea de face; le village devint une ville où l'industrie et le commerce allèrent se développant de jour en jour. On sait que Louis 11, duc de Bourbon, devint, en 1391, l'héritier du dernier seigneur de Beaujeu, Edouard H, dont il avait été le constant défenseur; ce prince, pour arrondir ses petits États , acheta d'IIumbert VII, sire de Villars et de Thoiré, les chûtellenies de Trévoux, d'Ambérieu et du Chastelar; c'est de la réunion de ces domaines à l'héritage d'Edouard II que fut formée la principauté de Bombes, dont Trévoux devint la capitale.

La constitution de ce petit État éveilla la jalousie des princes ses voisins. Un chef de bandes, le comte de Vergy, auquel on ne peut supposer l'intention d'avoir agi pour son propre compte, et qui fut en cette occasion l'instrument du comte de Savoie ou du duc de Bourgogne, envahit la Bombes avec 1,000 chevaux et 3,000 hommes de pied ; mais il fut repoussé par Jean de Levis, marquis de Cliàteaumorand, commandant l'armée du duc de Bourbon.

Le successeur de ce prince, Jean P"", avait été fait prisonnier à Azincourt ; le comte de Savoie et le duc de Bourgogne, jugeant le moment favorable, se liguèrent ouvertement pour tenter une nouvelle expédition contre la principauté dont ils rêvaient le partage. Leurs troupes couvraient le pays ; Trévoux, pris par escalade, avait été livré au pillage; Marie de Berry, duchesse de Bourbon, qui gouvernait la province en l'absence de son époux, s'était retirée à Beauregard et ne pouvait guère opposer à ses puissants ennemis que des protestations courageuses, mais inutiles, lorsqu'une heureuse diversion de Charles l'^'", comte de Clermont, qui menaçait la Franche-Comté avec une armée nombreuse, rappela le duc de Bourgogne à la défense de ses propres domaines ; il fut suivi par le comte de Savoie, et la guerre de Bombes se termina par un traité qui fixa ses limites et consacra son indépendance. Trévoux, depuis celte époque, ne fut le théâtre d'aucun événement politique d'un intérêt général ; sa paix intérieure ne fut troublée que par les persécutions exercées à diverses reprises contre les juifs et suscitées tantôt par le fanatisme des habitants, tantôt par la cupidité des seigneurs.

Après avoir été possédé par les différentes bran-

ches de la maison de Bourbon, et avoir même été réuni un inslant, sous François K, au domaine royal, Trévoux ne fut définitivement annexé à la couronne qu'en 1762, par l'échange que fit de la Bombes le comte d'Eu contre le duché de Gisors.

Parmi les industries qui s'étaient développées à Trévoux, l'imprimerie avait pris surtout un essor particulier ; c'est ce qui engagea les jésuites à y fonder, en 1700, lemJmirnal de Trévoux ; la même cause détermina Louis XIV, quelques années plus tard, à y établir une imprimerie d'où sortit, en 1704, la première édition du Dictionnaire universel, connu sous le nom de Dictionnaire de Trévoux.

Pendant longtemps Trévoux resta la petite capitale d'un Etat indépendant au milieu de la France. Nous avons dit qu'il avait son hôtel des monnaies; il avait aussi son parlement et des lieux de réunion particuliers pour les députés des trois ordres; de plus, un conseil souverain établi à Paris près la personne des princes de Dombes. L'autorité de ces petits souverains était aussi illimitée que celle des rois de France; ils avaient sur leurs sujets droit de vie et de mort, ils pouvaient les anoblir et les imposer à discrétion. Leur revenu fixe s'élevait à 200,000 livres, auxquelles le pays ajoutait chaque année un don de 20,000 livres, et le rapport de l'hôtel des monnaies grossissait annuellement ce chiffre de plus de 100,000 livres.

Il ne reste à Trévoux de son passé que quelques pans des murailles qui l'entouraient, quelques débris des tours de son vieux château; le palais de justice, fondé en 1696, par le duc du Maine ; un hôpital dû à Marie-Louise d'Orléans et plusieurs églises sans caractère bien remarquable et dont la plus ancienne est la paroisse collégiale, dédiée à saint Symphorien. Les constructions modernes de Trévoux se réduisent à un beau quai et à un pont suspendu sur la Saône.

C'est la patrie des frères Bacheville.

Les armes de Trévoux sont : d'argent, à la tour de Imitimns de gueules couverte enjointe, au chef d'azur à trois /leurs de lis d'or, traversées chacune d'une cotice de gueules. On les trouve encore : d'argent, aune tour de gueules, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, au chef de France.

Sathonay. — Sathonay, commune de 3,958 habitants, située à 19 kilomètres au sud-est de Trévoux et à 7 kilomètres au nord de Lyon, sur le chemin de fer de Lyon à Bourg , tire sa seule im-

portance de la proximité du camp qui porte son nom et qui peut réunir de 6,000 à 8,000 hommes.

MoNTLUEL. — Moutluel {Mons LujkUus), station du chemin de fer de Lyon à Genève, à 28 kilomètres au sud-est de Trévoux, chef-lieu de canton, comptant 2,829 habitants, est situé dans une contrée agréable, à trois kilomètres de la rive droite du Rhône et au pied de coteaux plantés de vignes; la petite rivière de Seraine l'arrose et s'y divise en plusieurs bras, faisant mouvoir soit des moulins à farine, soit des battoirs à chanvre. Elle possède des fabriques de couvertures, des manufactures de draps pour l'armée, de toile d'emballage et des filatures de fil à coudre ; elle fait un commerce considérable de grains, de colza, de chanvre, de fil, de draps, et des vins que l'on récolte sur son territoire. A La Saulsaie (à 9 kilomètres), il y a une école pratique d'agriculture. Son ancien château, qui datait du xi° siècle, est aujourd'hui remplacé par un nouveau. Les torrents qui descendent des coteaux voisins, et principalement de celui de la Cottière, au pied duquel est la ville, et les débordements du Rhône y causent quelquefois de grands ravages. C'est au château de Montluel que l'empereur Sigismond érigea la Savoie en duché en faveur d'Ame VIII, en 1416. La seigneurie de Montluel, après avoir été réunie au Dauphiné, et depuis à la couronne par la donation de Humbert II, fut remise et cédée, après la conquête de la Bresse sous Henri IV, à Henri de Bourbon, prince de Condé, avec la baronnie de Gex, en échange de la terre de Chàteau-Chinon.

Les arm.es de Montluel sont : d'or, à six fasces diminuées de sable, à un lion de gueules armé, lampassé et couronné d'argent sur le tout.

Mexlmieux. — Meximieux, station du chemin de fer de Lyon à Genève, est une ville de 2,363 habitants, située à 32 kilomètres à l'est de Trévoux, dans une position agréable et saine, sur le penchant d'une colline, non loin de la rive droite de l'Ain; c'est aujourd'hui un chef-lieu de canton.

C'était autrefois une des baronnies de la Bresse. De son ancien château, qui couronne l'éminence au pied de laquelle elle est assise, on a une vue magnifique sur les environs.

Le commerce de cette ville est assez important; elle a un des deux petits séminaires diocésains.

Thoissey. — Thoissey [Thogissium] est une petite

AIN

ville très agréablement bâtie, située sur la Chalaroniie, à peu de distance de l'embouchure de cette petite rivière dans la Saône et à 30 kilomètres au nord de Trévoux. Chef-lieu d'un canton particulièrement agricole, elle fait un grand commerce de grains et de bestiaux ; elle possède des fabriques de bougie, de vannerie, des blanchisseries de cire, des mégisseries et des marbreries ; sa population est de 1,611 habitants.

Mo.-NTMEni.K. — Montmerle est un bourg de 1,87-2 habitants, situé sur la rive gauche de la Saône, dans le canton de Thoissey et à 18 kilomètres au nord de Trévoux. Il fait un certain commerce des fruits et du chanvre que l'on récolte sur son territoire, et aussi de boissellerie, de merrains, de cuirs, de moutons, de chevaux et de bestiaux. Ses foires sont très fréquentées par les négociants du midi et du nord de la France. Il possède des tuileries et des fabriques de poterie. On y a découvert un cimetière romain et recueilli des antiquités. Un pont suspendu relie ce bourg à la rive droite de la Saône (département du Rhône).

Nantua (lat. 4° 9' 7" ; long. 3° 16' '22" E.). — Nantua {Nanloidis, Nantuacicm, Nantuadunum), à 40 kilomètres est de Bourg, chef-lieu de sous-préfecture, avec tribunal de première instance et chambre consultative des manufactures, peuplé de 3,405 habitants, était autrefois une baronnie, avec prieuré et collège, relevant du diocèse de Saint- Claude et du parlement de Dijon.

Nantua, selon les uns, dérive de Nant, nom d'un petit ruisseau qui s'échappe de son lac; selon les autres, des Nanttiates, peuplade celtique qui, selon Strabon, habitait dans les environs du lac Léman et y aurait envoyé une colonie.

Une légende fait remonter l'origine de la ville à saint Amand, qui, avec l'autorisation de Chilpéric II, fonda un monastère en un lieu appelé Nanto. Le nouvel établissement porta ombrage à Mummolus, évêque d'Izernore ; des meurtriers furent envoyés à Nanto pour tuer saint Amand; mais, au moment où ils allaient exécuter leur projet, éclata un orage qui terrifia les émissaires de Mummolus ; ils tombèrent aux pieds du saint et implorèrent leur pardon.

Avec le temps, l'ermitage de Saint-Amand devint un important monastère; les habitations qui se groupèrent autour formèrent plus tard une ville

dont l'histoire est restée étroitement liée à celle de l'abbaye qui lui avait donné naissance. En 817, dans la convocation à Aix de tous les hauts dignitaires de l'Église, sous Louis le Débonnaire, nous voyons figurer Pierre de Nantua, et son domaine est classe parmi ceux auxquels n'est imposé qu'un don .sans levée de soldats [dona sine militia). Plus tard, l'abbé Ilelmédius obtint pour Nantua de Louis, roi d'Aquitaine, l'autorisation d'avoir des bateaux sur le Rhône, la Saône et la Loire, pour transporter ses denrées, sans qu'elles soient soumises à aucun péage. Lorsque Charles le Chauve, tombé malade à Genève, à son retour d'Italie, vint mourir, en 878, au village de Briord, près du Rhône, c'est ce même Ilelmédius qui présida aux funérailles du monarque, inhumé dans l'église de Nantua, à la gauche du maître-autel, et c'est sans doute à la vénération qu'il inspirait au prince mourant que furent dus les riches présents dont sa libéralité dota le temple qui devait être sa dernière demeure.

L'abbaye de Nantua dépendit longtemps de l'archevêché de Lyon ; elle fut soumise, en 959, par une charte de Lothaire, au monastère de Cluny jusqu'à l'avènement de saint Hugues, un de ses abbés, qui réclama et obtint du pape Pascal II la création de prieurs indépendants. Parmi ces nouveaux prélats, on compte plusieurs personnages illustres: Bonlface de Savoie, évêque de Belley, qui devint archevêque de Cantorbéry; Philippe de Savoie, qui occupa le siège de Lyon, et enfin ce duc Amé IX, qui fut pape sous le nom de Félix V, et dont nous avons ailleurs raconté l'histoire.

Lorsque François I" traversa la Bresse et le Bugey, après la conquête de l'amiral Chabot en 153G, il s'arrêta à Nantua et logea au monastère. On ne trouve qu'un seul fait militaire dans les annales de la ville : il se rattache à l'interrègne qui suivit la mort du duc de Savoie, Amé VIII. Philippe, son frère, disputant la régence à sa belle-sœur Yolande, se présenta devant Nantua à la tête d'une petite troupe de cinq cents soldats ; les habitants lui refusèrent le passage et l'obligèrent à se diriger sur Seyssel.

La ville de Nantua est située au milieu d'une gorge des plus sauvages et des plus arides de la chaîne du Jura ; elle se compose de trois rues à peu près parallèles, dont deux aboutissent à la route ; deux de ces rues sont larges et belles, l'une d'elles est rebâtie à neuf; la troisième est vieille, noire, étroite et malpropre; une haute montagne longe et

domine les habitations à l'est; elles sont baignées à l'ouest par les eaux du lac qui porte le même nom que la ville. Son seul monument est l'église paroissiale, celle de son ancienne abbaye, d'un beau style lombard; le portail, quoique horriblement mutilé, offre encore des débris curieux ; c'est le Bas-Empire dans toute sa naïveté; le fronton circulaire était décoré de sujets tirés de l'Apocalypse comme dans la plupart des temples de l'école byzantine.

Le commerce et l'industrie ont pris de notables développements à Nantua. On y voit des fabriques de mousseline, toiles de coton et de fil , tissus cachemire, couvertures, tapis grossiers, peignes de corne, et surtout souliers de montagnards; il y a aussi de belles papeteries, clouteries, scieries hydrauliques et des filatures de coton, laine peignée; enfin d'importantes fabriques de soieries.

Les poissons et surtout les truites renommées du lac, les fromages de la montagne sont l'objet d'un commerce assez important, auquel il faut ajouter encore un échange assez actif de céréales et de vins entre la France et la Suisse.

Nantua est la patrie du docteur Jacques Maissiat, ancien représentant à l'Assemblée nationale de 1848, et auteur d'ouvrages sur le passage de César et d'Annibal à travers la Gaule.

Les armes de Nantua sont : un lac de slnople, à une truite d'argent, au chef d'azur chargé d'une fleur de Us d'or. On les trouve encore : d'or, à une truite de saile posée en fasce, et trois bucelles ondées en pointe, au chef de gueules, à la croix alaisée d'argent.

OvoNN.vx. — Oyonnax est un chef-lieu de canton de 2,530 habitants, situé à 17 kilomètres au nord de Nantua, sur le petit ruisseau de l'Ange. « Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire, » a dit un philosophe ; c'est le cas des habitants d'Oyonnax ; cependant on y a découvert plusieurs antiquités gallo-romaines. Elle se contente aujourd'hui d'êlre une des villes les plus industrieuses et les plus commerçantes du département. On y fabrique des peignes, de la tabletterie ; on y tourne des objets en corne et en buis ; elle possède des fabriques de soieries, de draps, et ses scieries hydrauliques y débitent en planches les magnifiques sapins de ses forêts. Dans ses environs on exploite aussi des tourbières. Elle fait un certain commerce de bois de construction et pour la marine, d'articles dits

de Saint-Claude et de Saint-Crépin ; ses foires d'août et de septembre sont très fréquentées.

Oyonnax est en correspondance avec La Chize- Nantua, station de la ligne de Lyon à Genève.

Bem.egarde. — Bellegarde ou plutôt Pont-de- Bellegarde est une petite commune de 1,0S4 habitants, du canton de Cliâtillon-de-Michaille, située à 26 kilomètres à l'est de Nantua, sur la rive droite du Rhône, au confluent de ce fleuve avec la Valserine. C'est à 1 kilomètre au-dessus de Bellegarde que se trouve la perte du Rhône, causée par l'érosion des eaux sur les roches calcaires, dont les bancs horizontaux s'étendent en travers du lit du fleuve par-dessus les argiles; un petit pont de bois, le pont de Lucey, est jeté au-dessus de la perte. Cette perte, dit M. de Saussure, n'est pas également admirable dans toutes les saisons, et c'est quand les eaux sont basses ou moyennes que l'effet se produit le mieux; d'ailleurs, des travaux et des accidents récents en ont considérablement diminué l'aspect curieux.

Les environs de Bellegarde sont très intéressants à visiter; outre la chute du Rhône, on peut voir la chute de la Valserine, le tunnel du Credo, le fort de l'Écluse, etc., etc.

IzERNORE. — Izernore, petit chef-lieu de canton de 1,064 habitants, à 11 kilomètres au nord de Nantua, est l'ancienne Isernodurum qui, avant l'invasion romaine, était déjà une ville considérable de la Gaule. Elle s'élevait dans la plaine, à côté du bourg actuel, et elle était entourée de murs dont on distingue encore les fossés. Cette plaine est couverte de cailloux et de petits tertres. En quelque endroit que l'on fouille la terre, au-dessous de ce que le soc de la charrue peut retourner, on trouve des ruines, des emplacements de maisons dans lesquels on reconnaît jusqu'à la distribution des appartements. A quelque distance du bourg et à l'esl de l'ancienne ville, on admire encore les restes d'un temple, mais rien n'indique à quelle divinité il a été élevé.

Izernore paraît avoir été sous les Romains et sous la première race une place importante. On connaît, en effet, des sous d'or mérovingiens frappés dans cette ville. Les ruines d'Izernore sont classées parmi les monuments historiques. Il y a quelques années qu'un enfant du pays, le docteur Jacques Maissiat, de Nantua, alors qu'on agitait la

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Vue de Nantua.

grande question de l'emplacement de VAlesia de César, a essaye d'idenliTier ce rempart de l'indépendance gauloise avec Izernore.

Gex (lat. 46" 20' 9"; long. 3" 43' 23" E.). — Gex {Gesium, Geslum), à 83 kilomètres au nord-est de lîourg, chef-lieu de sous-préfecture, peuplé de 2,719 habitants, avec tribunal de première instance et société d'agriculture, autrefois capitale du pays de Gex, baronnie, chùtellenie royale, était le siège d'un gouvernement particulier, d'une prévôté de maréchaussée et relevait du diocèse de Genève.

L'origine de cette ville se perd dans la nuit du moyen âge. La baronnie de Gex relevait du comté de Genève, c'était l'apanage des cadets de cette maison; la barbarie des temps féodaux se révèle à chaque page de son histoire. Au xm" siècle, un comte de Genève fait construire au-dessus de la ville de Gex un château fort pour servir de retraite aux bandes de pillards qu'il lançait sur les terres

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de Savoie; Amé IV, de son côté, élève sur les marches du pays de Gex une citadelle, appelée Maraalz, qui menace les possessions de son dangereux voisin. Celui-ci, ne pouvant assouvir sa colère sur la personne de son ennemi, fait saisir l'architecte et les maçons qui ont bâti Marnalz et les massacre impitoyablement. Par représailles, les gens de Savoie s'emparent d'un gentilhomme nommé Fouci-' gny, qui passait pour le favori du comte de Genève; ils le décapitent et pendant la nuit vont clouer sa tète, comme une hure de sanglier, à la porte du fort de Gex, nouvellement construit, et qui s'appelait le fort Gaillard.

La vengeance appelle la vengeance; quelque temps après on célébrait à Marnalz unede ces fêtes ou vogues, auxquelles venaient prendre part, comme dit un vieil historien, gens de toute sorte qvÀ faisoient mille insolences et ivrogneries ; dans la foule, ou n'avait pas remarqué certains groupes de paysans suspects qui, à un signal donné, se réunirent, mon-

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