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AVEYRON, 3» Liv

de première instance el de conimeice, chambre consultative des manufactures , société d'agriculture, collège communal, à 75 Ivilomètres au sudest de Rodez. Elle compte 7,622 habitants.

Suivant les légendaires, l'origine de cette ville remonterait au vi° siècle. Vers ce temps, saint Fric ou AlTrique, fuyant la persécution des ariens, se retira dans les montagnes du Vabrais, où il convertit un grand nombre d'infidèles. Après sa mort, il fit de nombreux miracles ; les pèlerins affluaient à son tombeau, et l'on y bâtit peu à peu une ville qu'on appela du nom du saint.

Il y avait autrefois à Saint-Affrique un château fort. Bâti sur un rocher inaccessible du côté du sud, il était protégé des trois autres côtés par d'épaisses et hautes murailles. Cependant, quoique fortifiée, Saint-Affrique, au xiv° siècle, n'était encore qu'une petite ville. Mais, pendant les guerres de religion, ayant été prise par les huguenots, ceux-ci réparèrent et augmentèrent ses fortifications, et elle devint une de leurs places fortes. Assiégée par le prince de Condé, en 1628, elle résista, grâce à la valeur de ses habitants, secondés p:ir les troupes que le duc de Rohan envoya à leur secours. Après trois assauts successifs et un combat des plus meurtriers, où l'on vit les femmes et les filles défendre la brèche, Condé, repoussé, se retira; mais, l'année suivante, la ville sévit forcée de se soumettre à Louis XIII, qui la fit démanteler. Depuis ce temps, renonçant à la poUtique, elle a tourne toute son activité vers le commerce.

Saint-Affrique est située entre deux montagnes, dans un vallon des plus agréables, couvert de vignes et de prairies. Ses rues sont belles et larges, mais la plupart de ses maisons sont mal bâties. Deux ponts, dont l'un est attribué aux Anglais, y ont été construits sur la Sorgues, qui la sépare de son ancien faubourg, formant aujourd'hui un des quartiers de la ville.

Il ne reste plus rien des anciennes fortifications de Saint-Affrique, mais une jolie promenade, dont les extrémités aboutissent aux deux ponts, l'entoure; « ceinture plus gaie, dit un géographe, que de sombres murailles et de vieilles tours. »

Cette ville possède un hôpital, un palais de juslice, une église, édifice irrégulier et bizarre qui présente extérieurement des cadrans astronomiques très compliqnés, et un temple protestant remarquable. Il y avait, avant 1789, un chapitre collégial et deux couvents, l'un de cordeliers et

l'autre de religieuses de iNutre-Dame. Un vaste collège, fondé par les jésuites, y est administré par une société particulière.

Patrie du lieutenant général comte Mathieu et de M. Louis Blanc, auteur de V Histoire de dix ans, ancien membre du gouvernement provisoire en 1848, aujourd'hui sénateur (1880).

A peu de distance de la ville est la source d'eaux minérales froides de VdUhansy.

Saint-Affrique fait un commerce de laine et de fromages de Roquefort. Il y a des fabriques de draps, cadis, molletons, des filatures de coton et de laine, des tanneries, des mégisseries, etc.

Les armes de Saint-Affrique sont : d'or, à la croix fleurdelisée d'azur, coiipée en jointe, d'un croissant de même, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or.

Roquefort. — lioquefort est un petit village de 771 habitants, situé à 12 kilomètres au nord-est de Saint-Affrique, dans les flancs d'un rocher qu'on appelle Combalou. Ce rocher, dont la base est d'argile et le sommet en pierre calcaire coquillière, se fait remarquer au loin par sa masse et par son élévation à 600 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. Au nord de ce rocher est un second plateau inférieur, plus irrégulier, composé d'énormes blocs, entre lesquels la nature a laissé de grandes cavités, recouvertes par la terre végétale que le temps y a formée. Vu de loin, on ne croirait pas que ce lieu fût habité, tant l'aspect en est sauvage et singulier. On y fait cependant un des meilleurs fromages de France. Roquefort compte au plus vingttrois habitations, encore sont-elles pauvres et chélives. Ce sont des grottes ou caves à deux, trois et môme jusqu'à cinq étages. « Ces caves, dit M. Bousquet, n'ont pas la même origine : dans les unes, la nature n'a eu besoin que d'être aidée, afin de régulariser les murs et les voûtes; dans les autres, des excavations ont été pratiquées pour en augmenter l'étendue ; il en est d'autres enfin qui ont reçu un grand développement par une maçonnerie adossée à l'ouverture, et dans ces caves factices on a renfermé l'atmosphère glaciale des caves naturelles, et l'on a forcé la nature à étendre ses bienfaits. » Il y a dans l'intérieur de ces grottes des ouvertures souterraines et latérales ; aux parois sont appuyées des tablettes, recouvertes de paille, qui servent à recevoir les fromages. Un courant d'air glacial, sortant de soupiraux qui se perdent

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dans l'intérieur du roc, y souffle continuellement, ce qui fait que, même en temps de pluie, l'atmosphère y est toujours sèche. Après trois semaines, les fromages passent de la ferme des cultivateurs dans les caves de Roquefort. Placés sur des rayons espacés, ils y fermentent et acquièrent, au bout de quatre mois et demi, ce marbré, ce piquant agréable et celte qualité particulière qui les distinguent. Les meilleures de ces caves se louent fort cher dans le pays. On croit que ces fromages étaient connus du temps des Romains.

Le village de Roquefort est desservi par la station de Tournemire, de la ligne de Béziers-.Millau- Saint-Affrique (réseau du Midi), dont il se trouve distant de moins de 3 kilomètres.

C.\M.\RÈs ou Po.NT-DE-C.^MARÈs. — Camarès est un chef-lieu de canton, à 25 kilomètres au sud de Saint-Affrique. On y compte 2,265 habitants. Cette petite ville, qui passe pour être fort ancienne, est bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'une montagne dont le pied est baigné par le Dourdou, que l'on y traverse sur un pont moderne à côté duquel subsiste le vieux pont, d'une construction hardie ; au delà se trouvent un joli faubourg et le temple des protestants. Elle est mal percée et mal pavée. A voir sa situation escarpée, on croirait, suivant l'expression d'A. Monteil, qu'elle a été bâtie « par des hommes encore mouillés des eaux du déluge. »

Aux environs sont deux sources d'eaux minérales froides. Ces eaux sourdent dans un vallon, l'une au hameau d'.\ndabre, l'autre au village de Prugnes; elles sont ferrugineuses et gazeuses. Celle de Prugnes est dans un site agréable, ombragé de platanes, de tilleuls, de saules et de peupliers, qui offrent d'agréables promenades. On la prend en bains et en boisson, et elle passe pour rétablir les fonctions de l'estomac, guérir les embarras du foie, la gravelle, etc. Il y a chaque année, du 13 juin à la fin d'octobre, grande affluence de baigneurs et de buveurs.

Ne quittons point la ville de Camarès sans parler a des bons fruits de Camarès, des bonnes truites de Camarès et surtout des bonnes grives de Camarès, qui, suivant les antiquaires , descendent de celles qu'on mangeait du temps de César, sous le nom à'aves caniarenses. » (A. Monteil, Bescription du déparlement de VAteyron.) « Cependant, ajoute un judicieux chanoine, il faut avouer que César garde le silence sur les fameuses grives ou sur les

non moins fameux moutons de Camarès, que les savants du pays affirment avoir été fort appréciés par le vainqueur des Gaules, sous le nom à'aves ou oves camarenses. Ce silence, auquel les gourmets aveyronnais refusent généralement de croire, n'enlève rien, il est juste de rendre cet hommage à la vérité, à la délicatesse exquise des grives et des moutons de Camarès. »

V.\BREs. — Vabres ( Vairensé) est une petite ville située à 10 kilomètres à l'ouest et dans le canton de Saint-Affrique, sur le Dourdou, que l'on y passe sur un beau pont. On y compte 1,360 habitants.

Vabres doit son origine à une abbaye de bénédictins , fondée au ix° siècle par Raymond I", comte de Toulouse. Des moines errants , que la peur des Normands avait fait fuir de leur couvent de Palmas, en Périgord, étant venus se réfugier dans le Rouergue, Raymond fit cession à Adalgasias, leur abbé, du terrain de Vabres pour y construire une abbaye. Ce qui fut fait. Charles le Chauve en confirma la fondation. Au milieu d'un pays riche et fertile, cette abbaye, les dons des princes et des seigneurs aidant, ne pouvait manquer de prospérer. Soumise, dans le xi" siècle, à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, elle fut plus tard relevée de cette dépendance par le pape Jean XXII, qui l'érigea en évèché. Déjà un village s'était formé autour de l'abbaye; Jean l'érigea en cité et son église en cathédrale. Cent trente paroisses furent démembrées du diocèse de Rodez pour former celui de Vabres, dont Pierre d'Olargue, sacré par ce même pape en 1317, devint le premier évèque. Ce n'est qu'en 1360 que les religieux de cette abbaye furent sécularisés. Alors Vabres jouit d'une certaine importance. Son évèque prenait le titre de comte; il possédait la temporalité de Vabres, qui était exercée par un juge, un procureur fiscal et un greffier. De 1317 à 1801, époque de sa suppression, le siège de Vabres a compte vingt-quatre évêques, parmi lesquels deux cardinaux.

Vabres a conservé son aspect du moyen âge ; mais on n'y rencontre pas de monuments remarquables. La campagne qui l'environne est charmante. Ce sont de belles prairies fertilisées par le Dourdou, de vastes coteaux couverts de vignes et d'arbres fruitiers, des vallées oij tout croît en abondance. Elle possède d'importantes filatures de laine et de coton.

Les armes de Vabres sont : d'azur, à trois fleurs de lis d'or.

Sylvanés. — Sylvanès, joli village situé à 2b kilomètres au sud de Saint-AlTrique, dans le canton de Camarès, et peuplé de 503 habitants, doit son origine à une abbaye de bernardins qui s'appela d'abord Salva nos, d'où, suivant les étymologistes, le nom de Sylvanès. Cette abbaye fut fondée en 1136 par Pons de Léraze, qui, avant sa conversion, était, dit-on, une espèce de Robert le Diable. De l'ancienne abbaye de Sylvanès, il ne reste plus que l'église, l'une des plus remarquables du Vabrais.

Bâti dans un vallon escarpé, au milieu d'un groupe de collines couvertes de chênes et de hêtres, Sylvanès possède deux sources d'eaux thermales dont l'une a une chaleur de 40 degrés centigrades. Ces eaux se prennent en douche, en bains et en boisson. On les emploie pour les rhumatismes chroniques, la paralysie, les sciatiques, les affections scrofuleuses et rachitiqucs, etc. Chaque année, du 1" mai à la fin de septembre, elles sont très fréquentées par les habitants des contrées voisines. De charmantes avenues, ombragées d'arbres, conduisent à rétablissement thermal, situé dans l'ancienne abbaye, à un quart de lieue du village, au milieu de vertes prairies.

Saint-Rome-de-Taun. — Saint-Rome-de-Tarn est un chef-lieu de canton situé sur la rive gauche du Tarn, à 15 kilomètres au nord de Saint-Affrique et peuplé de 1,701 habitants.

Cette petite ville passe pour être fort ancienne. Jadis fortifiée, elle soutint plusieurs sièges dans les guerres du xvi° siècle. Prise et reprise par les calvinistes, en 1568, elle se vit démantelée, et cent quarante-sept catholiques y furent passés au fil de l'épée.

Saint-Rome conserve quelques débris de ses anciens remparts; elle possède un pont sur le Tarn, c'est le plus beau du département ; il a six arches. On croit dans le pays qu'il a été bâti par les Romains; « mais, dit M. Bousquet, l'ogive, qui, dans ies arcades, se montre simultanément avec sa forme à plein cintre, fait conjecturer avec plus de vraisemblance, qu'il date du xu° siècle. »

Saint-Rome a vu naître l'archevêque de Paris, Denis Affrc, qui, en juin 1848, trouva sur les barricades, à Paris, une mort héroïque et chrétienne. Uae statue en bronze lui a été élevée dans ses

murs. Non loin de cette ville, le Tarn forme une jolie cascade de 25 mètres de hauteur.

Les armes de Sainl-Rome-de-Tarn sont : de gueules, ato lion d'or.

Saint-Sernin. — Saint-Sernin, chef-lieu de canton, arrondissement et à 32 kilomètres au sud-ouest de Saint-Affrique, est un bourg peuplé par 1,714 habitants. « Ce bourg, dit Girault de Saint-Fargeau, est bâti en amphithéâtre, d'une manière très pittoresque, sur une butte flanquée par trois hautes montagnes. Les revers qui lui font face sont cultivés en vignes jusqu'à mi-côte; au-dessus sont des châtaigneraies, des pâturages et des friches. L'enceinte du bourg s'étend depuis le haut de la butte jusqu'à la rivière de Rance. » Dans l'église, on remarque une magnifique table de communion, et sur la colline, on voit les ruines d'un château du moyen âge. L'industrie y est représentée par une fabrique de chapeaux et plusieurs foires s'y tiennent annuellement. Son territoire renferme des mines inexploitées de cuivre et d'alun. Aux environs se trouve un ancien couvent de franciscains habité par des bénédictines.

EsPALio.N (lat. 44» 31' 18"; long. 0° 23' 31" E.). — Espalion, chef-lieu d'un arrondissement et d'un canton, dépendait du diocèse et de l'élection de Rodez, du parlement de Toulouse, de l'intendance du Languedoc, et possédait une commanderie de Malte et un couvent d'ursulines. Cette petite ville, située à 40 kilomètres à l'est de Rodez, au milieu d'un vaste bassin couvert de prairies, de vignes et de vergers, et dont la population est aujourd'hui de 4,000 hâtants, passe pour être très ancienne. Il en est fait mention pour la première fois en 850. On dit que Charlemagne, passant par cette ville, lui donna le nom A'Isjpalis, à cause de la ressemblance qu'il lui trouva avec Séville ; mais ce n'est malheureusement là qu'une fable, car, outre que Charlemagne n'est jamais allé ni à Espalion ni à Séville, le nom primitif d'Espalion n'est point /.j^a/i*, mais Sjyeley, d'où l'on a fait en latin Speleum et en français Espalion. Telle est du moins l'opinion du baron de Gaujal.

Prise par les Anglais en 1346 et par les huguenots en 1568, cette ville eut à souffrir en 1653 des ravages de la peste.

Hors les prisons cellulaires, le château et l'église dite de Pers, sise dans le eimelière et qui est clas-

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sée parmi les monuments historiques, Espalion n'a rien de remaniuable; mais elle est agréablement située sur la rive gauche du Lot, au pied d'une haute montagne au sommet de laquelle se dressent les ruines du château de Calmont-d'Ûlt, au fond d'un vallon embelli par la verdure des prairies et couronne de hautes collines. On y passe le Lot sur deux ponts, dont l'un de construction récente et l'autre du temps de Charles-Martel, suivant les uns; selon d'autres, du xni* siècle. Cette ville possède des fontaines publiques, un hôpital qui remonte à 1339 et un collège communal.

Comme nous venons de le dire, sur les hauteurs d'Espalion, on voit les ruines de l'antique manoir de Calmont. Bâti avant l'an 1000, il reposait sur des rochers coupés à pic qui en rendaient les abords très difficiles. Deux tours, dont l'une très haute, le surmontaient, et il était défendu par une enceinte crénelée que protégeaient huit bastions percés chacun de plusieurs meurtrières.

Cette ville est animée et commerçante. C'est le principal point de communication entre le pays des montagnes et le reste du département. On y fabrique des burats rayés et unis. Il y a des filatures de laine, des tanneries, et l'on y fait commerce de vins, laines, basanes pour les reliures, etc.

Aux environs, on doit visiter les ruines de la célèbre abbaye de Notre-Dame de Bonneval, de l'ordre de Citeaux, filiation de Mazan. Ses fondateurs choisirent la petite vallée de Boralde et lui donnèrent le nom de Bonneval.

Les armes d'Espalion sont : d'or, au lion de gueules, ayant entre les dents une épée de même, au chef d'azur, chargé de trois /leurs de Us d'or.

Saint-Côme. — Saint-Cùme est un gros bourg de 1,906 habitants, situé à 5 kilomètres à l'est et dans le canton d'Espalion, sur la rive droite du Lot. Il est assez mal bâti, mais heureusement situé dans une vallée couronnée d'un côté par le château de Roquelaure, de l'autre par des coteaux couverts de vignes. Au pied de Saint-Côme passe le Lot, sur lequel on a jeté un assez beau pont.

Ce bourg, qui a conservé sa physionomie du moyen âge, possède une église remarquable du xv« siècle et une manufacture de flanelle.

EsTAiNG. — Estaiug, dans une position extrêmement pittoresque, sur la rive droite du Lot qui reçoit la Coussane, au pied des montagnes de la

Viadène, chef-lieu de canton, arrondissement et îx 10 kilomètres au nord-ouest d'Espalion, est un gros bourg peuplé par 1,704 habitants. Il occupe un escarpement de rochers à travers lesquels le Lot passe avec peine et est dominé par les restes imposants du château des comtes d'Estaing, qui s'élève sur un rocher à pic et contribue à rendre le site d'Estaing tout à fait extraordinaire. Ce château, berceau d'une des plus anciennes familles de France, est aujourd'hui habité par les sœurs de Saint-Joseph. L'industrie de celte localité consiste en fabriques de toiles et de grosses draperies, et en tanneries.

Les armes d'Estaing sont : d'azur, à trois fleurs de lis d'or, au chef retrait de même.

S.u.nt-Geniez-d'Olt. — Saint-Geniez-d'Olt est un chef-lieu de canton situé à 33 kilomètres à l'est d'Espalion, sur le Lot, et peuplé de 3,843 habitants.

Jadis chàtellenie, aujourd'hui siège d'un tribunal de commerce , cette petite ville a pris part aux événements importants qui se sont passés dans la province. Il y avait un château fort dont les huguenots s'emparèrent en 1569 et que Richelieu fit raser en 1620. Ravagée à la fois par la guerre et par la peste, qui, en 1586, y enleva sept cents personnes, Saint-Geniez a su réparer, par son industrieuse activité, tous ses désastres. C'est dans cette ville qu'ont été établies, au xv» siècle, les premières fabriques de drap que la province ait possédées. Necker en parle avec avantage dans son Adininistration des finances.

Jusqu'à la fin du xvii° siècle, Saint-Geniez n'a été qu'un bourg; en moins de cent ans, le commerce en a fait une ville. C'est aujourd'hui le comptoir général de f Aveyron; c'est elle qui achète ses laines, multiplie ses troupeaux et vivifie ses campagnes. On y voit le peuple sans cesse en mouvement aux lavoirs, aux séchoirs, aux fouleries ; on y entend continuellement le bruit des roues, des métiers et des cardes. Elle possède une fabrique de draps pour la troupe, quatre fabriques \ de laine cardée alimentant quatre fabriques de draperie, molletons, flanelles et couvertures.

Cette ville s'élève dans un site charmant, au fond d'un vallon qu'arrose le Lot. Des coteaux fertiles, couverts de vignes et de vergers, et d'oii s'échappent des ruisseaux qui mettent en mouvement plusieurs usines, couronnent ce paysage. Saint-Geniez

a la forme d'une étoile ; l'ancienne et la nouvelle ville communiquent par un pont à cinq arches à plein cintre jeté sur le Lot. Aucune ville du département n'a une physionomie plus agréable; ses rues sont généralement propres, larges et bien percées, les maisons bien bâties. 11 y a une jolie promenade et un bel hôtel de ville.

C'est la patrie de l'abbé Raynal, philosophe du xvui' siècle, et du capucin Chabot, conventionnel.

E.NTR.wGUEs. — Entraygues est un chef-lieu de canton situé à 30 kilomètres au nord-ouest d'Espalion et comptant 1,923 habitants. (C'est seulement à partir d'Entraygues que l'Oit prend son nom moderne de Lot.)

Cette petite ville, qui doit son nom à sa situation entre le Lot et la Truyère, passe pour avoir été fondée dans le xu' siècle. Avant la construction de son château fort par Henri U, en 1278, ce n'était qu'un petit village avec ponts sur le Lot et la Truyère. Plus tard, environnée de fossés et de remparts, elle devint place forte et l'on n'y entrait que par des ponts-levis. Dans la guerre de la royauté contre les d'Armagnac, elle tomba au pouvoir du dauphin, plus tard Louis XI. Au xvi= siècle, elle soutint un siège contre les protestants et elle ne fut prise que par ruse. « Cet héroïque fait d'armes, dont on ne peut parler aujourd'hui sans sourire, quand on connaît les lieux, a dit un historien, a passé dans le XVI' siècle pour une action étonnante que le Béarnais lui-même, Henri IV, qualifiait de la manière la plus noble, en disant que la prise d'Entraygues estait le plus esmerveillable dessein qu'on eût exécuté depuis les guerres civiles. Aujourd'hui, dit Monteil, vingt grenadiers suffiraient pour s'en faire remettre les clefs, si elle avait des portes. »

Mur-de-Barrez. — Mur-de-Barrez est un chefiieu de canton situé à 60 kilomètres au nord d'Espalion et peuplé de 1,659 habitants.

A la fin du x= siècle, Mur-de-Barrez n'était qu'un hameau. « Barrez fut d'abord uneviguerie, dont le chef-lieu était Brammat. Le Mur était une chapelle de la paroisse de Peyrat, qui fut réunie par le pape Célestin IH à la prévôté de Montsalvy Vers la fin du xii» siècle, on y établit une paroisse, et ce fut ainsi que le Mur s'agrandit et finit par former, avec Barrez, une petite ville. Située dans le Carladez, elle dépendait du diocèse de Rodez, du parlement

de Toulouse et de l'intendance de Montauban, et possédait châtellenie, collégiale, couvents.

Il y avait un château fort appartenant aux vicomtes de Cariât et dont les Anglais s'emparèrent en 1418.

« Un homme qui aurait vécu dans la haute Allemagne ou dans la Suisse, dit A. Monteil dans sa Description de VAveyron, s'accoutumerait aisément dans cette petite ville. Il y trouverait en abondance des mœurs simples, des manières franches et bonnes. Les habitants du Cantal y viennent échanger leur seigle et leurs fromages contre les vins et les fruits des vallons du Lot. »

S.\int-Chély-d'Aubr.\c. — Saint-Chély-d'Aubrac est un chef-lieu de canton situé à 20 kilomètres au nord-est d'Espalion et peuplé de 1,815 habitants.

C'est dans ce canton que sont les ruines de l'ancienne abbaye de Notre-Dame-des-Pauvres-d'Aubrac. Cette abbaye célèbre avait été fondée en 1220 par Adalard, vicomte de Flandre. D'après la tradition, ce noble seigneur, allant en pèlerinage à Saint-Jacques de Galice, fut attaqué dans ces montagnes par des brigands. Alors il fit vœu, s'il échappait au danger, de fonder dans ces lieux mêmes une maison hospitalière pour y recevoir les pèlerins. Dieu, ajoute la légende, le délivra des mains de ces bandits, et le vicomte put continuer sa route. A son retour de Saint-Jacques, il fit bâtir au milieu d'une vaste forêt une abbaye dont les religieux devinrent membres de l'ordre hospitalier d'Âubrac. Aujourd'hui, il n'en reste que la grande tour, veuve de sa couronne de mâchicoulis, et l'église byzantine.

Auirac est un hameau dépendant de Saint-Chély. C'est l'un des points culminants des montagnes d'Aubrac. Beaucoup de malades y viennent durant la belle saison s'y traiter par le petit-lait.

Millau (lat. 44" 5' 54"; long. 0» 44' 30" E.). — Millau ou Milhau, station de la ligne de Béziors- Tournemire-MiUau à Piodez (réseau du Midi), est une ancienne et petite ville, chef-lieu du 2» arrondissement et d'un canton, située à 72 kilomètres au sudest de Rodez, dans un riche vallon, sur les bords du Tarn et non loin de son confluent avec la Dourbie, avec tribunaux de première instance et de commerce, chambre de commerce, société d'agriculture. Elle dépendait jadis du diocèse de Vabres, du

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parlement de Toulouse et de l'intendance de Montauban, était chef-lieu d'élection, siège de bailliage, présidial, sénéchaussée et justice royale. Il y avait une commanderie de Malle, une brigade de maréchaussée, un prieuré, des couvents de jacobins, de carmes, de cordeliers, de capucins, de religieuses de Sainte-Claire et une résidence ou maison de mission des jésuites. Population : lo,G95 habitants.

Cette ville passe pour être l'ancien Casirum ^miliamim qu'un chef romain du nom d'/Emilianus fil conslruire sur les bords du Tarn pour contenir les Ruthènes libres. D'abord viguerie, puis chef-lieu de bailliage, elle devint la capitale de la Haute-Marche. Régie par des vicomtes au x" siècle, elle passa, dans le siècle suivant, aux rois d'Aragon, puis aux comtes de Toulouse, qui y firent bâtir un château dont il reste à peine des vestiges. Plusieurs fois prise et reprise dans la guerre des Albigeois, elle resta fidèle à la cause des comtes de Toulouse. Réunie à la couronne en 12S8, elle fut entourée de fortifications en 1350. Au xvi° siècle, Millau se déclara pour la Réforme. Après avoir fait sur la place publique un autodafé des statues des saints enlevées aux églises, les habitants, à l'exception d'une seule famille, adoptèrent la foi nouvelle. On dit, sans que le fait soit authenliquement prouvé, que pour sceller cet acte d'union religieuse, le prieur des bénédictins épousa l'abbesse du couvent de l'Ârpajonie. Quoi qu'il en soit, Millau devint une des principales places des calvinistes. Il s'y tint deux assemblées générales des députés protestants, l'une en 1573, à l'effet de conférer sur les moyens de traiter de la paix, et l'autre en 1620, où la guerre contre Louis Xlll fut résolue ; guerre qui aboutit, en 1629, au siège et à la prise de Millau par ce prince, qui en fit raser le château. Depuis lors, la ville cessa de s'occuper des affaires pohtiques ou religieuses et tourna tous ses efforts vers le commerce et l'industrie, qui en ont fait la ville la plus riche et la plus peuplée du département.

Située sur les bords du Tarn, dans un vallon fertile, couvert de vignes, d'amandiers et de toute sorte d'arbres fruitiers, entourée de larges boulevards, Millau est généralement bien bâtie. Il y a des fontaines, un lavoir public, de jolies places, d'agréables promenades, parmi lesquelles on remarque celle dite du Quai. Anciennement, elle devait son importance à un pont qu'elle possédait

sur le Tarn et que les Romains avaient bâti; mais ce pont ayant été emporté par un débordement de la rivière, il fut remplacé, au moyen âge, par un autre pont qui fut également détruit par une forte crue des eaux en 1757. Aujourd'hui, on passe le Tarn sur deux ponts, l'un en pierre et l'autre suspendu. Le premier a été construit de 1818 à 1820, le second de 183'i à 1840.

Millau possède de nombreuses fabriques de gants de peau, des tanneries, des mégisseries et une corroirie; il s'y fait un commerce étendu de laines, de cuirs, de fromages de Roquefort, de vin, de bestiaux et d'amandes.

Patrie des cardinaux Bernard et Richard de Millau , des généraux Rey et Solignac , du peintre paysagiste Richard, de l'agronome Girou de Buzareingues, du baron Capelle, ancien ministre sous Charles X; du baron de Gaujal, de Planard, auteur d'opéras-comiques, et du vicomte de Bonald.

Les armes de Millau sont : d'or, à quatre pals de gueules, au chef d'azur semé de trois /leurs de lis d'or, et pour devise :

NISl DOMINUS CUSTODIERIT CIVITATEM , FRUSTRA VIGILAT QUI CUSTODIT EAM.

Campagnac. — Campagnac est un chef-lieu de canton, situé à 48 kilomètres de Millau et peuplé de 1,262 habitants.

Cette commune passe pour être fort ancienne. Au vm" siècle, un chef sarrasin s'y établit et resta longtemps en possession des dîmes et de tous les revenus de son église, qui fit retour dans la suite à l'abbaye de Conques , dont elle avait d'abord dépendu.

C'est dans le territoire de Campagnac qu'était situé l'ancien château de la Roque-Valsergue, l'une des quatre chàtellenies du Rouergue. Richelieu le fit raser en 1626.

SÉvÉRAC-LE-CnATEAn. — Sévérac-Ic-Château est une des plus anciennes villes du Rouergue, située à 25 kilomètres au nord de Millau, sur le penchant d'une colline fort rapide que couronnent les restes d'un château fort, à 2 kilomètres au nord-ouest des sources de l'Aveyron, station de la ligne du chemin de fer de Rodez à Millau (réseau du Midi).

Jadis chef-lieu d'une viguerie, plus tard celui d'un marquisat, aujourd'hui chef-lieu de canton, cette petite ville compte 2,965 habitants. Elle doit son nom et son origine à un ancien château fort

dont les sires de Sévérac étaient seigneurs. Le dernier membre de la branche masculine de cette illustre maison fut Guy III, dont la fille unique, Irdoine, veuve de Guillaume, comte de Rodez, épousa en secondes noces Dcodat de Caylus, fils puîné d'une noble famille de ce nom en Rouergue. Dcodat prit le nom et les armes de Sévérac. Partisan des Albigeois, il avait fait de son château et de sa ville à la fois une place forte et un refuge pour les proscrits. Sommé par Simon de Monlfort de lui remettre cette place, il refusa. Alors Monlfort en fit le siège. Déodat se vit réduit à capituler; mais il ne tarda pas de recouvrer son manoir et ses terres. Amalric de Sévérac, maréchal de France, qui périt d'une mort tragique au château de Gages (il fut pendu à une fenêtre), n'ayant pas laissé de postérité, ses biens passèrent aux d'Armagnac et de ceux-ci à Jean II, baron d'Arpajon, dont un ancêtre, Hugues, avait épousé, au xiv^ siècle, Jeanne de Sévérac.

Jean III, protecteur du calvinisme, l'introduisit à Sévérac-le-Château. Il y soutint plusieurs sièges contre les catholiques.

De l'ancien château de Sévérac il ne reste plus que des ruines.

Les armes de Sévérac-le Château sont : d'o)\ à quatre pals de gueules.

Nant. — Nant est un chef-lieu de canton, situé à 29 kilomètres au sud-est de Millau et peuplé de 2,624 habitants. C'est une jolie petite ville, bâtie dans un bassin arrosé par la Dourbie et le Durzon. Si l'on en croit quelques géographes, Nant serait d'origine gauloise. Il y avait, dans le vu» siècle, une abbaye de bénédictins. Brûlée par les Sarrasins, puis reconstruite, dans le ix= siècle, par Bernard et Udalgarde, elle fut plus tard sécularisée. On lui substitua un chapitre, qui fut également supprimé, en 1777, par l'évêque de Vabres.

Au xvi° siècle, Nant tomba au pouvoir des protestants, qui en furent chassés par les catholiques en 1568. Montbrun, capitaine huguenot, étant venu l'assiéger l'année suivante avec trois cents arquebusiers, « il fut mal advisé, dit un contemporain ; car, estant entre la rivière et la ville, les papistes sortirent de Nant à cheval, tellement qu'ils mirent toute l'infanterie en déroute, dont en tuèrent environ cinquante, et ledit Montbrun se sauva à Gantobre, qui tenoit pour la religion réformée. »

Nant possède deux filatures de laine. Son église,

du xir siècle, est classée parmi les monuments historiques.

Les armes de Nant sont : d'argent, à wie rimère de sinople, posée en lande et chargée de trois batelets d'or.

Saint-Jean-du-Bruel. — Saint-Jean-du-Bruel, au pied de montagnes qui se rattachent à la chaîne des Cévennes, sur la Dourbie, canton et à 7 kilomètres de Nant, arrondissement et à 38 kilomètres au sud-est de Millau, est une petite ville peuplée par 2,465 habitants. On y remarque un vieux pont sur la Dourbie et des grottes s'ouvrent sur son territoire. L'industrie de cette localité consiste en une filature de laine, des fabriques de bas de coton, de chapeaux et d'étolTes communes, et une minoterie; on exploite dans les environs des carrières d'ardoises, de terre à foulon, etc.

Les armes de Saint-Jean-du-Bruel sont : de gneules, à un Saint Jean-Baptiste de carnation, assis sur un rocher d'or, couvert et chevelé d'argent, testant en sa main sénestre une croix d'argent, de laquelle pend une banderole de même, chargée de ces trois mots de salle : Ecce Agnus Dei.

ViLLEFfiANCUE (iat. 44° 21' 10"; long. 0° 17'58"0.). — Villefranche ( Villa franca, Francopolis), importante station de la ligne du chemin de fer Paris- Orléans-Toulouse (section de Capdenac à Tessonnières), est une jolie ville située sur la rive droite de l'Aveyron, au confluent de l'Alzou, à 37 kilomètres à l'ouest de Rodez, chef-lieu d'un arrondissement et d'un canton, avec tribunal de première instance , collège communal , couvent de carmélites, belle école primaire bâtie en 1875, société d'agriculture. Elle dépendait autrefois du diocèse de Rodez, du parlement de Toulouse et de l'intendance de Montauban, était chef-lieu d'élection, présidial, justice royale et possédait chapitre, collège, couvents. Population : 10,124 habitants.

Alphonse , comte de Toulouse et frère du roi Louis IX, passe pour le fondateur de cette ville. On dit qu'avant son départ pour la croisade, Raymond de Saint-Gilles avait fait bâtir sur la rive gauche de l'Aveyron, dans un vallon appelé les Teulières, un bourg dont il voulait faire la capitale du Rouergue. Alphonse, au contraire, pensa qu'elle serait mieux située sur la rive droite, et Villefranche commenta à s'élever près de l'ancienne cité

AVEYBON

Rûijiielort.

colliiiiic de Çareatomag. Alors Vivian occupait le sii'ge de Rodez; jaloux de voir s'tMever une rivale do sa ville cpiscopale, il s'y opposa de tout son pouvoir; -il ne se contenta pas de menacer Alphonse, il l'excommunia; mais Alphonse passa outre, et le Rouergue compta une ville de plus. Heureusement située, au confluent de l'Alzou et de rAveyron, au milieu d'un pays fertile et riche en mines d'argent, de plomb et de cuivre, Ville- IVanche acquit en peu de temps une très grande importance. C'était, en 1351, une ville fortifiée, et elle possédait un pont sur l'Alzou. Déjà chef-lieu de bailliage, capitale de la Basse-Marche, ville royale, elle prit rang, sous Philippe le Hardi, parmi les bonnes villes du royaume, et la sénéchaussée du Rouergue y fut établie. Plus tard, siège de l'administration provinciale de la haute Guyenne, elle devint, par là, chef-lieu du Rouergue et du Qucrcy.

Au xvi» siècle, Villefranche eut à souffrir des guerres religieuses. Protestants et catholiques s'en disputèrent la possession, et elle subit les violences

France illustrée. 112.

des deux partis; ainsi, en 1:jj4, Montluc fit pendre aux fenêtres de l'hôtel de ville des chefs protestants; plus tard, en 1388, les habitants, devenus partisans de la Réforme, massacrèrent le gouverneur catholique que leur avait envoyé Henri W . La peste la ravagea en 1463, lbo8 et 1628; enfin elle fut prise par les « croquants » ou paysans insurgés, qui la pillèrent.

Villefranche est une jolie ville. Ses quartiers sont régulièrement distribués. Quatre grandes rues la traversent dans toute sa longueur. Au centre est une belle place entourée d'arceaux, qu'on nomme les Couverts, sur laquelle s'élève l'église de Notre- Dame, remarquable par son élégant portique avec deux arcs formant une croix de dentelures.

« Deux rosaces latérales et les fenêtres à vitraux peints, dit M. Bousquet, répandent dans le sanctuaire ce demi-jour mélancolique qui convient si bien à l'architecture ogivale. »

Villefranche possède, en outre, un beau quai, \\\\ pont élégant, une jolie fontaine et des promenades. 88. — AvEYRON, 4« Liv.

Il y avait aulrel'ois à VillclVanche une chartreuse qui avait été fondée en 1458 par un riche marchand de la ville, Vézian Valette ; il en reste encore l'église, le réfectoire, le grand et le petit cloître. Bâtie dans le style ogival, l'église se compose d'une seule nef; elle est terminée par une abside à cinq pans, percés chacun d'une croisée jadis ornée de vitraux peints, dont il ne reste que quelques fragments. Cependant il y a encore six panneaux entiers laissant voir chacun une figure de saint en pied assez bien conservée.

Villefranche est la patrie du comte de Bclle-Isie, maréchal de France.

Cette ville fait un commerce de grains, vins, seigle, millet, chcnevis, truffes, jambons, champignons, bestiaux, etc. On y fabrique des toiles grises et d'emballage, des ouvrages en cuivre jaune et de fonderie. Il y a des batteries de fer, des tanneries, des papeteries, etc.

Les armes de Villefranche sont : de gueides, au jiont d'argent de quatre arches, chargées de deux tours crénelées d'argent, entre lesquelles est une croix d'or évidée et pommelée de même, avec /leurs de lis d'or en chef, et les ondes dessous le pont, d'azur; au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or; — aliàs : d'or, à quatre pals de gueules, au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or; — aliàs : de gueules, à la croix 'pommelée, vuidée et cléchée d'or, qui est de Toulouse, le chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or.

Aux environs de Villefranche, le voyageur visite le château de Graves, dont la fondation remonte au xvi" siècle.

Aubin. — Aubin , station du chemin de fer de Capdenac à Rodez, chef-lieu de canton, est une ancienne ville, sise sur les bords encaissés du ruisseau de l'Ennas, à 34 kilomètres au nord-est de Villefranche, au centre d'un important bassin houiller. Population : 9,864 habitants.

On croit que cette ville, qui consiste en une longue rue bâtie sur le penchant d'une colline, a été construite par les Romains. Quoi qu'il en soit, elle existait déjà au ix° siècle ; elle eut beaucoup à soufffrir des dissensions religieuses du xvi° et du xvu" siècle; le fort qui la défendait fut pris par les calvinistes en 1590.

Aubin possède une l'glise qui remonte au xii" siècle, une église moderne, les restes d'un ancien

château et une belle halle. Elle doit son importance actuelle à ses mines de houille.

« Aubin, disent les auteurs de la Notice historique et descriptive du chemin de fer deMontauhan à Rodez, donne son nom à un bassin houiller qui est l'un des plus importants de France par sa position et par les richesses minérales qu'il renferme ou qui l'environnent. Les premières consistent en houille et en minerai de fer carbonate lithoïde.

» Les couches de houille sont nombreuses; leur puissance, sur les points reconnus, est de 2, 4, 7, 10, 15, 25, 30 et 50 mètres.

» Le combustible y appartient à la qualité des houilles grasses à longue flamme, donnant généralement plus de 40 pour 100 de coke toujours un peu boursouflé.

» On procède de deux manières à l'extraction des houilles. Le premier mode d'exploitation consiste à enlever la terre qui recouvre le charbon ; la houille se trouve ainsi mise à découvert sur une grande étendue et préparée pour l'abatage. On voit parfois des chantiers qui, du point de chargement des wagons jusqu'au point culminant où les mineurs abattent la houille par blocs énormes, présentent une hauteur verticale de 40 mètres, entièrement en charbon massif et compact, et cela au sommet de la montagne. Des chemins de fer avec plans inclinés conduisent les charbons de ces chantiers dans les usines, au fond des vallées.

» Le second mode d'exploitation consiste à pousser des galeries dans le sein des montagnes, à différents étages, depuis le niveau des vallées jusqu'au sommet des hauteurs. La houille présente, en général, une telle consistance, qu'il existe bon nombre de galeries, hautes de 4 à 5 mètres, creusées en plein charbon, sans une seule pièce de bois pour soutènement; ce sont, en quelque sorte, des carrières de houille.

» On a foré, en certains endroits, des puits dont la profondeur varie de 15 à 90 mètres et où l'extraction se fait au moyen de machines à vapeur de 12 à 15 chevaux. »

Le territoire de cette localité possède, en outre, des mines de fer, des carrières de calcaire, des gisements d'argile et de grès réfractaire, des mines de soufre et d'alun.

Les mines et l'usine d'Aubin appartiennent aujourd'hui à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, qui les exploite en régie. D'après un

AVEYRON

Rapport lu à l'Asserablce générale des actionnaires du 28 mars 1878, les établissements d'Aubin ont produit, en 1877 :

190,804 tonnes de houille; 29,898 tonnes de rails ; 880,800 kilogrammes de minerai de plomb argentifère.

A cette époque, les mines et l'usine fonctionnaient avec la plus grande régularité. Les travaux de transformation des bâtiments et de l'outillage de l'usine d'Aubin , en vue de la production de l'acier, se poursuivaient activement. La fabrication des rails d'acier avait été inaugurée cette même année et devait ultérieurement prendre un développement conforme aux efforts tentés.

Un Rapport plus récent, lu à l'Assemblée générale des actionnaires du 27 mars 1880, nous fournit les renseignements suivants :

En 1879, les établissements d'Aubin ont produit :

188,900 tonnes de houille; 12,596 tonnes de rails en fer; 21,293 tonnes de rails en acier; 893,780 kilogrammes de minerai de plomb argentifère.

A cette époque, les fours du système iMartiii étaient terminés, et l'on avait commencé les travaux de construction d'une nouvelle usine de laminage, travaux retardés par la rigueur exceptionnelle de l'hiver de 1879.

Si l'on compare les chiffres des deux années 1877 et 1879, on constate que la production de houille a été sensiblement la même, avec un écart de 1,904 tonnes en faveur de l'année 1879. La fabrication des rails s'est augmentée, près de 34,000 tonnes au lieu de 30,000; la fabrication des rails en acier s'est en partie substituée à celle des rails en fer. Enfin, la production du minerai de plomb argentifère s'est accrue de 14,980 tonnes.

Gransac. — Cransac, station du chemin de fer de Capdenac à Rodez (réseau d'Orléans), est un village fort ancien, situé dans le canton d'.\ubin, sur le versant septentrional de la vallée de l'Ennas, à 34 kilomètres au nord-est de Villofranche, et peuplé de 4,468 habitants.

Cransac est célèbre par ses eaux minérales, déjà connues à la fin du ix= siècle. Ces eaux souideul

au pied de montagnes arides, dont quelques-unes jettent des fumées noires; mais il n'y a que deux sources dont on fasse usage : la Haute et la Basse.

La Haute est située en face du village, sur le penchant d'une colline anciennement embrasée, et qui conserve encore assez de chaleur pour échauffer des étuves qu'on y a creusées. La Basse est dans le vallon; ses eaux, plus douces, sont d'un usage plus général. On la dit bonne pour rétablir les fonctions de l'estomac ; elle convient dans les pâles couleurs, les fièvres quartes rebelles, les rhumatismes chroniques, la paralysie, etc., mais elle est nuisible aux poitrines délicates.

Chaque année les eaux de Cransac sont très fréquentées.

Au nord-ouest de Cransac est située K^Monla.gne brûlante de Fontaynes; sa hauteur est d'environ 134 mètres. Ami-côte, on voit une grande crevasse de forme elliptique, dont le grand axe se dirige du pied au sommet de la montagne et renferme dixhuit cratères groupés sur trois points. Pendant le jour, dit A. Monteil, le feu n'est pas apparent; cette trouée, bordée d'arbres d'un vert pâle et remplie de pierres blanches calcinées ou de terres rouges brûlées, présente de loin l'image d'une vaste plaie. Pendant la nuit, le spectacle en est effrayant pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec ce phénomène. En s'approchant de l'endroit où se montre le feu, on sent la terre résonner sous ses pas; si, bravant la fumée et la forte chaleur qu'on éprouve à la plante des pieds, on veut regarder dans les soupiraux, la vue plonge dans des gouffres de braise dont l'incandescence est très vive. Les b.Uons qu'on y enfonce sont, au bout de quelques minutes, enflammés et souvent brûlés. Lorsqu'on tente d'élargir l'orifice, on augmente la fumée et on fait jaillir des aigrettes de feu. Ce sont des houillères embrasées depuis des siècles.

On a utilisé la chaleur de la Montagne brûlante en creusant des excavations qui constituent des sortes d'étuves. Les rhumatismes et les sciatiqucs rebelles ont souvent été guéris par cinq ou six bains de ces étuves.

Decazevili-e et Firmy.— De création relativement récente, Decazeville est aujourd'hui un chef-lieu de canton, à 38 kilomètres au nord-est de Villelrancbe. Située au centre d'une fertile vallée, sur un petit affluent du Lut, elle doit son origine et son impor-

lance à ses forges, fondées en 1830 par le duc Decazes, qui lui a donné son nom , et organisées par M. Cabrol, ancien élève de l'École polytechnique. Cette ville, qui compte 9,547 habitants, est reliée par un tronçon à la ligne de Capdenac à Rodez (réseau d'Orléans), et à Marcillac par un chemin de fer industriel.

La Compagnie des mines de Decazeville et de Firmy, localité située à 5 kilomètres de la précédente et peuplée par 2,970 habitants, a fait faillite après avoir été longtemps florissante. Une nouvelle Société, celle des mines et forges de l'Aveyron, s'est rendue adjudicataire des mines et des usines en 1868; une ère de prospérité est revenue, ainsi que le démontre l'accroissement continu de la population.

Pour donner une idée approximative de l'importance des établissements exploités, il nous suffira de les énumérer La Compagnie possède : S hauts fourneaux, 30 fours à puddler, 12 fours à réchauffer, 6 martinets, 8 trains de laminoirs, 3 machines soufflantes, et 20 machines à vapeur représentant une force de 1,200 chevaux. 26,000 tonnes de fonte brute sortent annuellement de ses magasins, auxquelles il faut ajouter les rails et le fer en barres.

On exploite dans cette riche région d'innombrables couches de houille et des minerais de fer, charriés sur plus de 70 kilomètres de voies ferrées. La couche principale est celle de Lagrange, qui s'exploite par galeries et a 50 à 60 mètres de puissance, tandis que la couche de Lavaisse (à 4 kilomètres de Decazeville), et qui s'exploite à ciel ouvert, n'a que 35 mètres ; nommons encore le chantier de Leslrunie, près de Firmy, qui s'exploite aussi à découvert, mais dont l'importance est moindre.

On compte, pour ces diverses exploitations, environ 4,500 ouvriers. Tous les secours qui peuvent leur être nécessaires, au point de vue moral, religieux et matériel, sont intelligemment mis à leur portée. On peut citer, notamment, d'excellentes écoles gratuites de garçons et de filles. Un ouvroir, un asile, une société de secours mutuels, sont, en outre, organisés, et un médecin est attaché à l'établissement.

On le voit, dans ce lieu qui naguère était presque une solitude, régnent aujourd'hui le mouvement et

la vie ; là où, il y a un demi-siècle, n'existait qu'une grange, l'industrie a créé un cenire important en y versant les richesses qu'elle enfante.

Najac. — Najac, station de la ligne du chemin de fer d'Orléans à Toulouse (section de Villefranche à Tcssonnières), chef-lieu de canton, arrondissement et à 12 kilomètres au sud de Villefranche, sur la rive gauche de l'Aveyron qu'on y passe sur un assez beau pont de pierre datant de 1288, est une ville peuplée par 2,266 habitants. On y remarque trois portes de ville et des maisons du xiu" siècle, une vieille église à clocher hexagonal et une curieuse fontaine monolithe. Son industrie consiste en fabriques de toiles rousses, grises et d'emballage; il s'y fait un certain commerce, notamment de jambons. Sur le sommet de la colline sur laquelle est bâtie la ville se dressent des ruines d'un château construit vers 1110 et rebâti en 1252 par Alphonse de Poitiers; il comprend deux enceintes flanquées de tours carrées et un magnifique donjon cylindrique. Le château de Najac fut vendu pour douze francs pendant la Révolution et exploité comme une carrière; le propriétaire actuel l'a acheté 1,500 francs. Il mériterait d'être classé parmi nos monuments historiques.

Les armes de Nojac sont : de gueules, à la tour d'argent, au, chef cousu d'azur, à trois fleurs de lis d'or.

Villeneuve. — Villeneuve, chef-lieu de canton, à 1 1 kilomètres de Villefranche , est une jolie ville située au milieu de collines entre le Lot et l'Aveyron, à 3 kilomètres et demi à l'ouest de la station du chemin de fer de Paris-Orléans-Toulouse. Elle fut fondée en 1061 par un seigneur de Roussel. On y remarque l'église, dont certaines parties remontent au xn"' siècle, des maisons datant du xv^ siècle et deux portes fortifiées. L'industrie consiste en papeteries, four à chaux et poteries; commerce de vins et de bestiaux. Aux environs existe une forêt de pins, et la ligne du chemin de fer présente un tunnel de 778 mètres de longueur, celui de las PlanMs.

Les armes de Villeneuve sont : d'azur, à cinq losanges d'oriwsés en barre.

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