CIVITAS RUTHEW DEO FIDELIS ET REGI SEMPER
BozouLS. — Bozouls est un chef-lieu de canton, peuplé par 2, 338 habitants, situé à 23 kilomètres au nord-est de Rodez, sur la rive droite du Dourdou qui s'y est creusé, dans le roc rouge et friable, un lit interrompu par deux cascades, dont l'une tombe dans un bassin profond nommé le Gour d'Enfer. Voici en quels termes Girault de Saint-Fargeau décrit ces sauvages beautés : Les environs de Bozouls présentent l'un des sites les plus curieux du déparlement de l'Aveyron, où il s'en trouve cependant de si remarquables, ce sont les abîmes de Bozouls. Au-dessous du village, le sol, coupé à pic, forme un abîme descendant à une profondeur immense que l'on ne mesure qu'avec elTroi. Tout au fond, un ruisseau, qu'on n'aperçoit pas d'abord, fait tourner la roue d'un petit moulin et serpente en mugissant au pied de l'abîme qu'il creuse et ronge sans cesse pour faire son lit plus large. L'abîme embrasse un espace considérable, de forme à peu près circulaire ; dans quelques endroits, le précipice descend verticalement comme une muraille; ailleurs, il offre seulement une pente rapide et escarpée, présentant ici l'aspérité de la roche, et là quelques parcelles de riantes prairies; plus loin apparaît une végétation parfois vigoureuse, et des noyers touffus croissent au milieu des rocs. Le long de cette pente est tracé un sentier pierreux et pénible à gravir, qui monte à l'église de Bozouls, antique et gracieuse construction de style byzantin, élevée presque sur le versant de l'abîme. Le village est bâti de l'autre côté et s'étend sur toute la partie opposée au précipice.
Cassagnes-Bégonhès. — Cassagnes-Bégonhès est un bourg situé à 23 kilomètres au sud-ouest de Rodez et peuplé de 1,260 habitants; il a conservé quelques débris de ses remparts.
Jadis l'une des quatre châtcllenies du Rouergue, aujourd'hui clief-liou de canton, Cassagnes eut des gouverneurs particuliers. Au xiu» siècle, les Templiers y avaient une maison, dont il reste encore des vestiges. Tombé au pouvoir des Anglais sous Charles VI, ravagé par les routiers en 1382, Cassagnes fut pris par les calvinistes en 1568 et en 1574. A leur tour les catholiques s'en emparèrent; mais, surpris de nouveau en 1384 par les protestants, il fut saccagé, puis livré aux flammes.
Cassagnes-Bégonhès a conservé une partie de son ancienne enceinte.
Calmont. — Calment [Calidus Mons), bourg de 1,555 habitants, situé dans le canton de Cassagnes-Bégonhès, sur un affluent de la Viaur et à 15 kilomètres au sud de Rodez, possède des fabriques de toiles et de poteries.
C'est sur le territoire de cette commune que se trouve l'ancienne église abbatiale de Ceignac, célèbre autrefois par son pèlerinage; elle renferme plusieurs tombeaux de la famille d'Arpajon, et l'on y remarque de belles boiseries. La chaire date de 1455, et les chapelles, au nombre de cinq, remontent aux XV» et xvi» siècles.
Salles-la-Sodrce ou Salles-Comtaux. — Sallesla-Source, station du chemin de fer de Capdenac à Rodez (réseau d'Orléans), est une petite ville située à 15 kilomètres au nord-ouest de Rodez et peuplée par 2,756 habitants.
Jadis, sur le rocher qui la domine, s'élevait le manoir féodal des comtes de Rodez. Il n'en reste plus que des ruines. Bernard d'Armagnac y convoqua, en 1315, les états de la province, au sujet de la guerre de Flandre à laquelle il avait été invité par Louis le Hutin.
Bâtie dans une charmante vallée, Salles-Ia- Source doit 'sa célébrité à ses sources, dont deux jaillissent du rocher au pied duquel s'élève la ville, tombent dans un bassin d'où leurs eaux s'échappent pour aller fertiliser des prairies. Derrière ces cascades est une superbe grotte en forme de fer à cheval.
Il y avait autrefois trois églises dans la vallée de Salles-la-Source.
Aux environs, le voyageur visite l'abîme du Tindoul : c'est une grande crevasse triangulaire, très large et très profonde, et dont tous les côtés sont coupés à pic. Vers l'orifice, dans les fentes des ro-
iîhers croissent des chênes, des frênes et des cerisiers.
Conques. — Conques est un chef-lieu de canton, situé à 40 kilomètres au nord-ouest de Rodez et peuplé de 1,267 habitants.
Aux lieux où s'élève cette petite ville il y avait anciennement une abbaye. Uien de plus sauvage et de plus triste. « C'est, dit A. Monteil, une vallée profonde où l'on ne voit de la terre et du feuillage que dans les fentes des rochers, où le soleil ne laisse descendre qu'une lumière tremblante, où l'on n'entend d'autre bruit que celui d'un torrent qui se précipite du haut de la montagne, où tout, enfin, rappelle l'ancienne Thébaïde. » Pillée et ravagée par les Sarrasins, l'abbaye de Conques se releva de ses ruines sous Louis le Débonnaire, roi d'Aquitaine, et s'enrichit rapidement des dons des papes et des rois. On y compta jusqu'à neuf cents moines. Ses titres féodaux formaient un immense cartulairc, qui fut brûlé publiquement peu de temps après l'extinction de la féodalité. « Ce fut, ajoute A. Monteil, un feu de joie pour les pauvres paysans des environs. » Autour de cette abbaye se groupèrent des habitations. Ainsi se forma peu à peu la ville de Conques.
Bâtie sur le penchant d'une colline escarpée, au pied de laquelle serpente la petite rivière du Dourdou. Conques n'a conservé de son ancienne abbaye que l'église, assez belle et dont le portail, chargé d'une sculpture grossière et gothique, passe, dans le pays, pour une des quatre merveilles du monde.
De là ce dicton populaire :
Gleizo i'Alhi, Église d'Albi.
Pourtal de Counquos, Portail de Conques.
Cîouquié de Roudès, Clocher de Rodez.
Campano de Mendé, Cloche de Mende.
Cette église, qui appartient au style roman, a été bâtie, de 1033 à 1060, par Odoiric, abbé de Conques ; elle est regardée, à juste titre, comme un des beaux types de l'architecture byzantine. Son plan figure une croix latine. A l'intersection des transepts , partagés en trois divisions longitudinales par des arcades à plein cintre, surmontées de galeries, s'élève une coupole sous une tour octogone. Deux autres tours carrées flanquent sa façade occidentale, qui est d'une grande simplicité. Sur le tympan du portail est sculpté un Jugement dernier. On y voit, sous les pieds du Christ, un
ange et un diable pesant les âmes. « Le diable a l'air très fripon, dit M. Bousquet, et cherche évidemment à rendre sa part meilleure. »
Conques a cela de singulier que les puits s'y trouvent de plain-pied avec les greniers, tant la pente de ses rues est rapide.
C'est la patrie du célèbre médecin Pierre Chirac.
Les armes de Conques sont : de gueules, à une perle d'argent, accompagnée de trois huîtres de même, deux en chef et une en pointe.
Marcu.lac. — Marcillac est un chef-lieu de canton peuplé par 2,004 habitants. Le bourg est situé sur le Craynaux, affluent du Dourdou, à 20 kilomètres au nord -ouest de Rodez et à 130 mètres plus bas que la station du chemin de fer de Capdenac à Rodez (réseau d'Orléans), dans une contrée fertile. On y voit une église qui date du xV siècle et que surmonte un clocher octogonal ; on y fabrique de la toile, et les vins, l'huile de noix et les bestiaux y sont l'objet principal du commerce. Marcillac est aujourd'hui en communication avec Decazeville, à l'aide d'un chemin de fer industriel de 21 kilomètres; celui-ci traverse neuf tunnels d'une longueur totale de 3,200 mètres, et deux viaducs, dont l'un, celui de Malakoff, près de Marcillac, long de 150 mètres, est un véritable chef-d'œuvre d'architecture.
Les armes de Marcillac sont ; de gueules, à trois lésants d'or, 2 et 1.
RiGNAC. — Rignac est une ancienne petite ville, chef-lieu de canton, à 30kilomètres à l'ouest de Rodez et peuplée de 1 ,930 habitants. Après la mort de Jean le Bon, le prince de Galles « somma, en 1364, les habitants de Villefranche de venir à Rignac lui prêter un nouveau serment de fidélité. Pierre Pollier et Guillaume Garrigues, juge mage, députés de cette ville, se présentèrent devant le prince; mais, loin de consentir à prêter le serment qu'il exigeait, ils le refusèrent, pour n'être point traîtres à leur roi. Le prince anglais, irrité, voulait les faire mettre à mort. Le seigneur d'Arpajon obtint qu'il leur permettrait de retourner à Villefranche pour faire des représentations à leurs concitoyens. Ils y retournèrent en effet, mais ce fut pour les exhorter à redoubler de fidélité et à persister dans leurs nobles résolutions. Puis, bien sûrs du sort qui les attendait, nouveaux Régulus, ils se rendent auprès du prince et lui disent ce qu'ils viennent de faire. PoUier ne perdit point la vie, grâce à l'intervention
AVEYRON
Saint-Aiïrique.
du seigneur d"Arpajon ; mais le juge mage fui attaché à la queue d'un cheval indompté et traîné ainsi jusqu'à Villefranche, où son corps ne parvint qu'en lambeaux. » (Bousquet, Histoire du département de l'Avei/ron.)
Sauveterre. — Sauveterre ou Sauveterre-d'Aveyron, chef-lieu de canton, arrondissement et à 34 kilomètres au sud-ouest de Rodez, sur le Lézert, es* une petite ville de 1,813 habitants. C'est une ancienne bastide carrée, à rues perpendiculaires, fondée sous Philippe le Hardi (en 1280). On remarque dans cette ville une place à arcades construites du xiv= au xvi« siècle, quatre portes, deux tours fortifiées et une église du xiv^ siècle. L'industrie y est représentée par des fabriques de toiles, de linge de table, d'étoffes de laine et de chapeaux.
Les armes de Sauveterre sont : Écartelé, au i" et au 4°, d'azur, au lion armié et lampassé de
France illustrée. 111.
gueules, à la tour crénelée d'argent, maçonnée de sable; au 2* et au 5= de gueules, à la croix de Malte d'or; — aliàs : de sable, à trois fasces d'argent, au loup rampant de gueules brochant sur le tout.
CoLo.MBiès. — Colombiès, canton et à 13 kilomètres de Sauveterre, arrondissement et à 31 kilomètres à l'ouest de Rodez, est un gros bourg qui compte 2,272 habitants, près d'un affluent de l'Aveyron. Il s'y fait un certain commerce, facilité par deux foires qui s'y tiennent le 4 janvier et le 17 mai.
Sur son territoire, on peut visiter deux dolmens.
Saim-Affrique (lat. 43° 57' 30"; long. 0» 32 b5" E.). — Saint-AfFrique ou Saint-Frique, station de la ligne de Tournemire à Saint-AfTrique (réseau du Midi), est une ancienne et jolie ville, chef-lieu d'arrondissement et d'un canton, avec tribunaux