Promenade au Cantal, par Péyhoux. In-S
1835. Le département du Cantal .iu tome I" do la France pittoresque à'Abel Hugo. In-4°, cart. et grav.
1835. Description historique et scientifique de l.i haute Auvergne
(département du Cantal), par Bouillet.
1836. Essai sur la statistique du dcpartcmont du Cantal, par Ed.
Laforce. In-8''.
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1840. Histoire dos guerres religieuses en Auvergne pcnilunt les XVI' et XVII' siècles, par Imberdis. 2 vol. in-8', grav.
1844. Articles Auvergne, Cantal, Aurillac, etc., etc., au Diclionnaire des communes de Girault de Saint-I'argcnu. 3 vol. in-4«, blas., grav.
1848. Aurilh-ic, Saint-Flour, Murât, au tome VI de l'Histoire des villes de France, p.ir Arist. Guilbert, Grand in-8°, blas 6g.
1861. Dictionnaire statistique ou Histoire, description et statistique du département du Cantal, par Dëribier-Duchàlelet. 5 vol. grand in-8', avec un 6' volume formant la table (I8.->2-186l).
1374. Géographie du Cantal, par/lrf.Joaiiiie.Iii-12. Paris. Hnchette.
1871. Petite géographie du déparlement du Cantal, par Bobiji (collection Em. Levasseur). In- 12.
1S75. Trois semaines dans le Cantal, souvenirs d'un voyage d'exploration, par Ph. Lalande. Brive, in-S".
Annuaires du Cantal, publics par Picut et Bonnet.
Voir les Annales de statistique ; — les Annales des mines ; — les Annales scientifiques de l'Auvergne; — les Mémoires de la Société des antiquaires de France; — le Bulletin monumental de Caumont; — le Mercure d'avril 1742, etc.
Cartes de l'Auvergne, par Samson, etc.
Voir les feuilles : 174, ns, 184, 185, 195 et 196 de la grande Carte de France dite de VÉlat-Major, publiée par le Dépôt de la guerre.
Carte mincralogique des mines. — Cartes de France, de Cassini, de Capitaine, du Dépôt de la guerre. — Carte du diocèse de Saint-Flour. — Cartes du département du Cantal, par Charte, Dufour , Fretnin , Duvotenay , Ad. Joanne.
Carte du Cantal, au 150/ 1000, par /îames, gravée par Erhard.
Imii. V P. Larousse et C'", 19,
. — JlLSS KOUFF et Cie. liDllKUKS.
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CHARENTE
Chef-lieu : ANGOULÊME
Superficie : 5,942 kil. ccirrés. — Population : 373,950 habitants. 5 Arrondissements. — 29 Cantons. — 426 Communes.
DESCRIPTION PHYSIQUE ET GÉOGRAPHIQUE
Situation, limites. — Le dcpartemenl de la Charente doit son nom au petit fleuve qui le traverse ; il appartient à la région occidentale de la France, et dépend en grande partie du bassin côtier de la Charente. Il a été formé, en 1790, de l'ancien Angoumois et de quelques parties de la Saintonge, de la Marche et du Poitou.
Ses limites sont : au nord, le département de la Vienne ; au nord-ouest, celui des Deux-Sèvres ; à l'ouest, la Charente-Inférieure ; au sud et au sudest, la Dordogne, et à Test, le département de la Haute-Vienne.
IVature du sol, montagnes. — Le sol de
ce département est généralement sec et brûlant; il est très inégal, entrecoupé de collines élevées dont les chaînes forment les contrel'orts des montagnes de l'Auvergne, entre les bassins de la Loire et de la Garonne. Ces collines sont composées de couches de dépôts où se trouvent d'immenses quantités de coquillages et de débris de corps marins. La principale chaîne de ces collines, dont les hauteurs varient de 323 à 366 mètres, suit la rive droite de la Charente depuis sa source dans le département de la Haute-Vienne jusqu'au delà de Civray dans la Vienne, séparant au nord le bassin de la Charente de celui de la Vienne (bassin de la Loire), tandis (lu'une autre chaîne qui se sépare de celle-ci à Chalus (Haute-Vienne) traverse la partie méridionale du département, séparant le bassin de la Charente de celui de la Dronne (bassin de la Garonne). Ces deux principales chaînes sont de formation calcaire. Les plaines, de la plus grande étendue, se trouvent sur les rives de la Charente, de la Vienne et du Bandiat. Entre la Charente et le Né, dans l'arrondissement de Cognac, se trouve un dos de pays dont l'arête principale a environ 140 mètres d'altitude en moyenne, c'est la région
France illlstrfe. 65.
dite de Champagne, où se récoltent les vins blancs d'où l'on distille les meilleures eaux-de-vie ; la Grande-Champagne est sur le plateau au nord, et la petite, sur les pentes , qui , au sud, descendent jusqu'au Né. Dans les arrondissements de Confolens et de Barhezieux et sur la route de Bordeaux, se trouve une assez grande quantité de landes ; celles de Barbezieux sont en partie susceptibles de culture, et depuis quelques années on s'occupe activement de leur défrichement ; elles produisent jusqu'à présent d'assez bons pacages pour les bestiaux. Les landes de Confolens, qui occupent le tiers environ de la surface de l'arrondissement, son; généralement moins propres à être utilisées ; elles sont presque toutes arrosées par des eaux stagnantes auxquelles il serait bon de procurer de l'écoulement.
Le sol du département est généralement peu fertile; il se divise, d'après sa nature, en pays de bruyères ou de landes, 40,350 hectares; sol calcaire, 9,200; sol pierreux, 228,000, et sol sablonneux, 319,630 hectares.
Hydrographie. — Ce département est situé en très grande partie dans le bassin du fleuve qui lui donne son nom ; il est arrosé par ce fleuve et ses affluents, la Touvre et le Né ou Nay ; au nordest, il appartient au bassin de la Loire par la Vienne, affluent de ce fleuve ; enfin, au sud, il appartient au bassin de la Garonne, par la Dronne, sous-affluent de la Dordogne par l'Isle. Plusieurs autres cours d'eau du département, notamment la Tardoire ou Tardouère, et le Bandiat, offrent cette singularité que leur cours se perd dans des gouffres souterrains.
La Charente prend sa source à Chéronnac (Haute- Vienne), sur la limite orientale du département ; elle se dirige d'abord du sud au nord en passant à Suris, Loubert, Chantrezac, Alloue, pénètre un instant dans le département de la Vienne, où elle IT. — Charente, 1" Liv.
arrose Civray ; elle se dirige ensuite du nord vers le sud, rentre dans le département et passe à Condac, Ruffec, Barro, Mansle, Luxé-la-Terne, Montignac, où elle devient navigable, et Angoulême; là elle change de nouveau de direction, coule de l'est à l'ouest, et passe à Chàteauneuf, Jarnac, Cognac, pour entrer, à quelque distance de Merpins, dans le département de la Charente-Inférieure, où elle va se jeter dans l'Océan (voyez X Hydrographie de la Charente - Inférieure ) , après un cours total de 353 kilomètres, dont 200 appartiennent au département qui nous occupe. Ses principaux affluents sont, adroite, la Péruse, l'Houme, leLemps,laLosme, laNouère, laSoloire et l'Antenne; à gauche, la Bonnieure, la Lisonne, l'Argentor, la Boême, le Son, la Dronne, la Touvre et le Né. Ces deux dernières sont les plus considérables.
La Touvre n'a guère que 12 kilomètres de cours, elle est formée par deux sources qui sortent du pied d'un coteau, et s'appellent, l'une le Dormant, l'autre le Bouillant; leurs eaux ne gèlent jamais et semblent se maintenir à une température constante. On croit qu'elles sont alimentées par la Tardoire et le Bandiat, dont les eaux disparaissent à peu de distance de là, à travers un lit de gros cailloux roulés qui semblent les filtrer.
Le Né, dont le cours est de 68 kilomètres, appartient entièrement au département de la Charente. Cette rivière, qui prend sa source près de Voulgezac, est sujette à des débordements qui causent souvent de grands ravages. Dans la partie moyenne de son cours, elle sépare l'arrondissement de Barbezieux de celui de Cognac.
Quant à la Vienne, elle ne traverse que l'angle nord-est du déparlement ; elle arrose Chabanais et Confolens.
La Dronne, qui vient du département de la Dordogne, limite au sud le département et passe à Aubeterre ; elle reçoit dans cette partie de son cours la Tude, qui passe à Montmoreau et à Chalais, et la Nizonne, qui avec elle sépare le département de celui de la Dordogne.
Les arrondissements de Cognac et de Confolens renferment plusieurs étangs, mais ils sont généralement peu considérables ; le dernier en compte plus de 60, dont les principaux sont ceux de la Courrière, de Sérail, des Champs, de Malambeau, de Brigueil et de Sèches.
Voles de coniniuuicatlou. — Le dépar-
tement de la Charente, est traversé par b routes nationales, sur une longueur de 350 kilomètres, par 14 routes départementales , d'un développement de 540 kilomètres ; par 31 chemins vicinaux de grande communication ayant 1,037 kilomètres; par 72 chemins vicinaux d'intérêt commun d'une longueur de 1,097 kilomètres, et par plus de 1,200 chemins vicinaux ordinaires, dont le parcours dépasse 2,800 kilomètres.
Le chemin de fer de Paris à Bordeaux, appartenant au grand réseau d'Orléans, traverse le département dans sa plus grande longueur, du nord au sud, sur un parcours de 116 kilomètres ; il y pénètre à 395 kilomètres de la gare de Paris, à 274 de celle d'Orléans et à 159 de celle de Tours. La ligne passe successivement aux stations de : Ruffec, Moussac, Luxé, Saint-Amand-de-Boixe, Vars, Angoulême (445 kilomètres de Paris, 324 kilomètres d'Orléans, 211 kilomètres de Tours), La Couronne, Mouthiers, Charmant, Montmoreau et Chalais. A 10 kilomètres de cette station, la ligne pénètre dans le département de la Dordogne. Cette ligne traverse la montagne d'Angoulême sous un tunnel de 740 mètres dans la direction du nord-est au sud-ouest.
Le département est traversé dans sa plus grande largeur, de l'ouest à l'est, par la ligne de Nantes à Limoges, par Saintes et Angoulême, qui appartient au réseau de l'État. Cette ligne dessert, dans la Charente, les stations de Cognac (204 kilomètres de Nantes), Gensac-La Pallue, Jarnac -Segonzac, Saint-Même, Saint-Amant-de-Graves, Chàteauneuf, Sireuil, Nersac, Saint-Michel, Angoulême (ligne des Charenles), Ruelle, Magnac-Touvre, Le Quéroy, Pransac, La Rochefoucauld, Taponnay, Chasseneuil, Fontafie, Roumazières, Excideuil et Chabanais. A Chàteauneuf, un petit embranchement de 19 kilomètres dessert Barbezieux, en passant par Malaville, Chadeuil, Viville et Saint-Médard. Cette ligne doit être continuée sur Saint-Mariens et Blaye.
D'autres lignes (janvier 1880) sont projetées ou en construction ; telles sont celles : d'Angoulême à Ribérac, d'Angoulême à Nontron, de Barbezieux à Jonzac et de Cognac à Saint-Jean-d'Angely.
L'ensemble des lignes construites approche de 250 kilomètres, et celui des lignes projetées ou à construire, est de 90 kilomètres.
Climat. — Le département de la Charente appartient à la région climatérique du sud-ouest ou climat girondin. La température moyenne y est
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plus élevée que dans le Nord, et moindre que dans la Provence et le Languedoc. Le climat est généralement agréable, pur et tempéré, et le ciel presque constamment serein. Les fortes chaleurs et les grands froids ne s'y font que rarement sentir. Les vents dominants sont ceux de l'est, du sud-est, du nord-est, du sud et du sud-ouest.
A Angoulème, la température moyenne de neuf heures du matin a été pendant deux ans de 13", 5. Le département est un des plus favorisés de France sous le rapport de la beauté du climat.
Profluettons naturelles» — Le département de la Charente appartient, pour sa partie septentrionale, à la région géologique dite du haut Poitou, et pour sa partie méridionale à la région de l'Aquitaine ou du bassin de Bordeaux. Il est sillonné par des collines de calcaire jurassique, et son sol est en général argilo-sableux tertiaire. Les vallées de la Charente, de la Vienne et de laDronne sont formées par des terrains d'alluvion ; mais ces dépôts sont peu étendus, et le sol est en résumé sec et peu fertile.
Le département renferme des mines de cuivre, d'antimoine, de plomb argentifère et de fer ; les mines de plomb et de fer sont seules exploitées. On y trouve du gypse, des pierres calcaires, des meules à aiguiser, des carrières de granit, de pierres lithographiques estimées. Barbezieux, Abzac, Condéon, Passirac ctYviers possèdent des sources minérales, mais qui sont peu connues.
La récolte des céréales est suffisante pour les besoins du département. On récolte principalement le froment, le seigle, le méteil, l'épeautre, l'avoine, le millet, le maïs et le sarrasin. On doit regarder les truffes comme une des productions les plus importantes de ce département ; on les rencontre principalement dans les vignes, dans les terres labourables et les chaumes, presque toujours dans le voisinage des chênes, des genévriers, de l'épine noire, des noisetiers ou des charmes, et, ce qui est curieux, c'est que si l'on vient à abattre quelqu'un de ces arbres, la truffière située dans son voisinage disparaît et périt. Ainsi que les arbres fruitiers, les vignes sont très nombreuses dans le département ; elles produisent des vins peu estimés en général comme vins de table ; les meilleurs sont les vins rouges de Saint-Saturnin, d'Asnières et de Saint-Genis, bons vins d'ordinaire, les vins blancs de la contrée dite Champagne, et les vins blancs
de liqueur de Cognac. L'excédent des vins consommés dans le département ou livrés à l'exportation dans les départements voisins est converti en eaux-de-vie, et c'est la plus importante production du département. En 1871, la production de la vigne était de 2,833,763 hectolitres, valant 57 milhons 242,013 francs; en 1874, de 2,776,890 hectolitres, valant 73,115,672 francs ; en 1875, les vignes ont produit 5,439,757 hectolitres, et en 1877, seulement 3,508,424 hectolitres, à cause des pertes causées par les maladies de la vigne.
Dans quel(iUL'S communes on cultive le safran; les légumes réussissent à merveille; les prairies naturelles sont peu étendues. Dans les forêts, dont les principales sont celles de Saint-Amand, de la Braconne, de Bois-Blanc, d'IIorle, de Marange, de Chardin, de Quatrevaux, de Bêlais, de lluffec et de Jarnac, le châtaignier et le noyer sont communs et donnent des produits abondants ; le chêne, l'orme, le frêne et le charme sont les essences principales. En dernière analyse, la flore du département est assez riche en espèces, sans pourtant avoir rien de particulièrement remarquable.
Les animaux domestiques du département de la Charente sont de belle espèce ; on y engraisse la volaille dans les cantons de Blanzac et de Barbezieux, et l'on y élève les bœufs et les porcs pour la consommation de la capitale. Le gibier y est très multiplié. On trouve des loups et dos renards dans les forêts ; les sangliers, les cerfs et les chevreuils sont plus rares. La truite de rivière et la carpe des étangs sont très estimées ; les rivières sont d'ailleurs très poissonneuses, et les gourmets du département disent de la Touvre en particulier : qu'elle est pavée de truites, lardée d'anguilles et bordée d'écrevisses. Quelques cantons se livrent avec succès à l'éducation des abeilles.
Industrie agricole, manufacturière et commerciale. — Quoique l'agriculture du département de la Charente appelle encore bien des améliorations, les terres sont généralement bien cultivées, et, le drainage et le chaulage aidant, les céréales y réussissent assez bien. La principale richesse consiste dans le produit des vignobles, qui est en majeure partie converti en eaux-de-vie ; on connaît la réputation de l'eau-de-vie de Cognac, dont la plus renommée est celle de la région dite de Cham2)agne et des territoires de Cognac, Jarnac, Rouillac et Aigre. On évalue à 800,000 hectolitres
la production moyenne des vignes, par année, et sur celte quantité, 500,000 sont livrés au commerce. L'usage des prairies artificielles est encore trop peu répandu dans le département; les pâturages y occupent plus de la 9° partie du sol.
Lo superficie du département se partage en superficie bâtie et voies de transport, 26,988 hectares et territoire agricole, 567,230 tiectares. Ce dernier est lui-même subdivisé en : céréales, 176,588 hectares ; farineux, 37,833 ; cultures potagères et maraîchères, 6,705; cultures industrielles, 2,357; prairies artificielles, 29,916; autres cultures, jachères, etc., etc., 19,771 ; vignes, 116,073 ; bois et forêts, 88,031 ; prairies naturelles et vergers, 64,893; pâturages et pacages, 20,083; terres incultes, 5,000 hectares.
Le département de la Charente n'est pas seulement un département agricole, c'est encore un département manufacturier. On y fabrique des draps, des cordages, de grosses toiles de chanvre, des chapeaux, des bouchons de liège, de la faïence, du merrain, de la poterie de fer, de la quincaillerie. On y trouve des usines à fer importantes, des aciéries et des affineries ; la plus importante est la fonderie nationale de la marine à Ruelle. La fabrication du papier et des eaux-de-vie occupe le premier rang parmi les établissements industriels; on y compte plus de 23 papeteries mécaniques et 5 papeteries à la cuve. L'origine et la réputation des papiers d'Angoulème remontent à 1350, et leur grande qualité consiste dans la finesse, la beauté et la blancheur de leur pâte, qui est due à la limpidité des eaux employées à leur préparation.
Les principales fabriques de papier sont à La Couronne, à Maumont, à Veuze, à Saint-Cybard, à Torsac, à Bourisson, à Saint-Michel-d'Entraigues, à Breuty, au Cotier, à La Roche-Landry, etc., etc.; ils sont généralement connus sous le nom de papiers d'Angoulème, et l'on en évalue la production annuelle à 8 ou 10 millions de francs.
Quant aux eaux-de-vie, les meilleures sont celles que l'on tire de la distillation des vins récoltés dans le pays dit de Champagne, à l'ouest du département, entre la Charente et le Né, dans les cantons de Châteauneuf et de Segonzac. Les eaux-de-vie de premier cru sortent des communes de Gimeux, de Genté, de Salles, Angeac-Champagne et Juillacle-Coq.
Angoulême possède encore des usines à fer, des distilleries d'eaux-de-vie et des manufactures de
toiles et de rouenneries ; à Ncrsac, il y a plusieurs filatures; à Cognac et dans son arrondissement, des distilleries, des raffineries et des draperies. Les principaux articles exportés par le commerce sont ; les eaux-de-vie et les vins, les fers, le bois de construction et de chauffage, le merrain, les papiers et les truffes. Angoulême est le grand entrepôt du commerce du département.
Le nombre des foires de la Charente ne s'élève pas à moins de 879, se tenant dans 91 communes et durant 922 journées. Les bestiaux, les chevaux et mulets, les cuirs, les grains, les vins et eaux-devie sont les articles principaux de ce commerce local. On vend principalement des eaux-de-vie aux foires de Cognac ; des fers à celles de Combiers, Suris, Champagne-Mouton, Vilrac; du merrain et des cercles à La Rochefoucauld, Lesterps, Cognac; des volailles à Barbezieux, Chabanais, Confolens, Lesterps; du safran à Champnicrs, etc., etc.
Division politique et adiiiinlstratlve. — Le département de la Charente a pour chef-lieu Angoulême ; il se divise en 5 arrondissements, 29 cantons, 426 communes : le tableau que nous donnons plus loin les fera connaître. Il appartient à la région agricole de l'ouest de la France.
Le département forme le diocèse d'un évêché dont le siège est à Angoulême ; il compte 4 cures de première classe, 26 de seconde, 331 succursales et 12 vicariats. Il y a un grand séminaire à Angoulême, et, près de Cognac, un petit séminaire important, placé sous le patronage de Notre-Dame de Richement.
Les protestants ont dans la Charente 2 églises consistoriales, à Jarnac et à Barbezieux; 3 temples, à Segonzac, dans la commune de Lignières et à Cognac ; enfin un oratoire à Angoulême.
Les 5 tribunaux de première instance des chefslieux d'arrondissement, les 2 tribunaux de commerce d'Angoulème et de Cognac, sont du ressort de la cour d'appel de Bordeaux.
Le département dépend de l'académie de Poitiers. Angoulême possède un lycée ; il y a des coltègcs communaux à Cognac, à La Rochefoucauld, à Confolens; 6 institutions secondaires libres à Angoulême, Cognac, Ruffec, Barbezieux, Sainte- Radegonde, Jarnac; 2 écoles normales primaires, 1 école d'adultes et 832 écoles primaires communales.
Le département de la Charente dépend du
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12* corps d'armée et de la 12* région de l'armée territoriale, dont le quartier général est à Limoges; Angoulème est le siO'ge d'une des subdivisions. La compagnie de gendarmerie départementale dépend de la 12° légion dont l'état-major est à Limoges.
Il y a, à 5 kilomètres au-dessous d'Angoulème, à Thérouat, sur la Charente, une poudrerie de l'État, qui fournit annuellement plus d'un million de kilogrammes de poudre, principalement de cette poudre de chasse, si fine, si estimée, qui peut aujourd'hui rivaliser avec les meilleures poudres anglaises. Il y a à Angoulème, depuis (juelques années, une école d'artillerie.
La marine possède à Ruelle, sur la Touvre, à 6 kilomètres et quart à l'est d'Angoulème, une fonderie nationale d'artillerie ; cet établissement, qui date de 17.50, est l'un des plus importants de ce genre qui soient en France.
Le département dépend de l'arrondissement minéralogique de Périgueux, appartenant à la région du centre ; de la 11° inspection des ponts et chaussées et de la 24' inspection forestière (^'iort).
On compte dans le département 69 perceptions des finances ; les contributions et revenus publics atteignent 18 millions de francs.
HISTOIRE DU DÉPARTEMENT
On croit que la contrée dont se compose le département de la Charente fut habitée originairement par les Agesinates, tribu de la grande confédération des Santones. Ils firent sans doute partie de l'antique expédition des Celtes en Italie et durent contribuer aussi à la fondation de Medlolanum. Milan. Toutefois, malgré plusieurs dolmens encore debout dans le pays, il n'y a rien de bien certain ni de bien authentique dans les faits antérieurs à la conquête romaine. A dater de cette époque, les documents se présentent plus clairs et plus précis. Jules César et ses successeurs firent d'inutiles efforts pour conquérir l'affection des Santones vaincus; c'est en vain que leur territoire fut préservé par les armes romaines d'une double invasion des Helvètes et des Teutons ; c'est en vain que les villes furent embellies, les arts encouragés, le commerce protégé, la circulation facilitée par la création de routes nouvelles ; rien ne put désarmer les rancunes obstinées de l'esprit national. Sans parler de plusieurs séditions locales, les Santones,
qui avaient fourni un contingent de 12,000 hommes à Vercingétorix, ne se laissèrent pas décourager par leurs constantes défaites ; on les vit encore sous Auguste livrer à Messala Corvinus une sanglante bataille non loin de l'Océan. Pour chercher à déraciner cette nationalité tenace, la politique des empereurs eut recours à son moyen habituel : elle changea les divisions territoriales; de la Celtique Lyonnaise, le pays des Santones passa dans la seconde Aquitaine. La trêve fut de courte durée ; un siècle à peine s'écoula entre l'apaisement des révoltes du peuple conquis et les premières apparitions des barbares, ses nouveaux maîtres.
Dès les commencements du iv« siècle, les pirates saxons apparaissent sur les rivages de la mer et à l'embouchure des rivières; les Francs, dont l'heure n'est pas encore venue, menacent déjà le Nord ; les Wisigoths disputent aux Romains les régions occidentales et méridionales, dont ils finissent par rester maîtres. C'est au milieu de ces symptômes de dissolution et de transformation que le christianisme pénètre et s'implante dans le pays. 11 dut trouver les cœurs des Agesinates disposés à la foi nouvelle, puisque l'Angoumois, qui avait eu pour premier apôtre saint Martial, et pour premier évoque saint Ausone, qu'il ne faut pas confondre avec le poète , possédait , en 379 , un siège épiscopal occupé alors , selon Grégoire de Tours , par Dynamius.
On sait quels ravages les doctrines d'Arius, encouragées par les princes wisigoths, exerçaient dans leurs possessions; les évêques se liguèrent avec les chefs francs , qui étaient restés orthodoxes. Clovis exploita habilement l'alliance qui lui était offerte. Le succès de ses armes et l'éclatante victoire de Veuille couronnèrent l'œuvre préparée par sa politique, et l'Aquitaine, dont notre province faisait partie, fut incorporée dans le nouvel empire franc. L'existence de l'Angoumois, comme province distincte, est constatée à cette époque par la création de comtes qui y représentaient le pouvoir du roi et par l'acte de partage qui suivit la mort de Clotaire. L'Angoumois entrait dans l'héritage de Sigebert, roi de Metz, tandis que la Saintojge et l'Aunis étaient affectés à Caribert, roi de Paris. Nous avons donné dans l'histoire de la Guyenne (voir l'histoire du Département de la Gironde), où il était mieux à sa place, le récit des longues luttes des ducs mérovingiens d'Aquitaine avec les maires du palais, qui préparèrent avec une persévérance si
l,A FRANCE ILLUSTRÉE
habile l'usurpation de la couronne. L'Angoumois tut mêlé à toutes ces guerres; mais le fanatisme, les traditions et l'intérêt, qui poussèrent si avant Toulouse et Bordeaux dans cette querelle, eurent moins d'action sur les habitants de la province qui nous occupe; nous n'avons pas guerre aux Francs, disaient-ils, et, trop désireux peut-être de voir la paix rétablie, ou, du moins, trop peu scrupuleux sur les moyens d'y parvenir, ils mirent à mort le malheureux Waïfre, le dernier et intrépide descendant des ducs, qui, vaincu et fugitif, était venu chercher un asile auprès d'eux. Malgré la garantie que semblait offrir cette attitude , il paraît que Charlemagne ne regardait pas comme sans danger le pouvoir provincial aux mains des hommes du pays ; il les remplaça tous par des seigneurs francs dans le voyage qu'il fit en Aquitaine pour y organiser sa dernière expédition d'Espagne, dans laquelle périt Roland. C'est à Angoulême qu'il rassembla son armée, et parmi ses plus illustres compagnons, l'histoire a conservé les noms des membres de trois familles de l'Angoumois, qui s'acquirent un grand renom de vaillance dans les guerres de cette époque; c'étaient les Achard, les Tison et les Voisin. Lors du partage de l'empire entre les fils de Louis le Débonnaire, Pépin, roi d'Aquitaine, institue, en 839, des comtes pour gouverner les provinces de son royaume; il met à la tête de l'Angoumois un seigneur d'un rare mérite et d'une valeur éclatante, Turpion, qui devient la souche des comtes d'Angoulême, si puissants pendant une grande partie de la période féodale. Turpion, comme tous les fondateurs de dynastie à cette époque, établit sa réputation et son crédit par son zèle à défendre sa province contre les agressions étrangères et par ses exploits contre les Normands. Pendant trois siècles, SCS successeurs maintiennent et agrandissent la puissance de leur maison ; guerroyant contre leurs voisins les comtes de Saintes et de La Marche, contre les seigneurs d'Archiacetde Bouteville; étendant leurs domaines aux dépens des ducs d'Aquitaine, comme les seigneurs d'un rang plus élevé le faisaient eux-mêmes aux dépens de la royauté; expiant leurs méfaits trop criants, leurs usurpations trop flagrantes par quelques voyages en Palestine et couronnant enfin l'ambition traditionnelle de leur famille par le mariage du comte Geoffroy, surnommé Taillefer, avec Pétronille d'Archiac et de Bouteville , la plus riche héritière de la Saintonge et de l'Angoumois, en 1148. La reconsti-
tution sérieuse du duché d'Aquitaine par Guillaume Tête-d'Etoupe, comte de Poitiers, la réunion d'immenses domaines aux mains d'Éléonore, son héritière, l'union de cette princesse avec Louis VU le Jeune, son divorce, puis son second mariage avec Henri Plantagenet, ouvrent une nouvelle phase de l'histoire de l'Angoumois.
Piien de plus confus, de plus variable que la politique des seigneurs de nos provinces occidentales j pendant cette lutte longue et désastreuse de la I France et de l'Angleterre, qui commence à Louis le ! Jeune et ne finit qu'à Charles VII; les intérêts aqui- I tains s'effacent, le sentiment de la nationalité française n'existe pas encore ; les princes anglais, par I leurs alliances , par leur origine , par les traités , ! avaient des droits trop oubliés par l'histoire, mais I qui durent ne pas être sans valeur aux yeux des I contemporains; en outre, leur valeur dans les comj bats, le libéralisme de leur administration purent I souvent faire illusion sur la légitimité de leurs prétentions. On comprend donc, sans pouvoir l'excuser absolument, que dans ce chaos, au milieu de toutes ces incertitudes, l'intérêt ait été le guide le plus habituel des barons aquitains. La difficulté de la situation rend d'autant plus méritoire la conduite des comtes d'Angoulême, qui, sauf quelques circonstances exceptionnelles, restèrent fidèles à la cause nationale. En 1168 et 1175, Guillaume IV prit part à la lutte des grands vassaux ligués contre Henri II d'Angleterre. En 1194, Aymar Taillefer s'allie à Geoffroy de Rançon pour recommencer la guerre contre Richard Cœur de Lion , et, quelques années plus tard, il refuse à Jean sans Terre la main de sa fille et unique héritière, Isabelle , pour la marier à Hugues de Lusignan, comte de La Marche. Puis, lorsque le célèbre arrêt de confiscation est prononcé contre le monarque anglais, pour le punir d'avoir dépouillé son neveu, Arthur de Bretagne, Aymar, quoique déjà vieux, se met à la tête des seigneurs disposés à assister Philippe-Auguste dans l'exécution de la sentence. Les descendants de cet ennemi acharné de l'Anglais furent moins belliqueux que leur ancêtre, mais ils semblent avoir hérité de ses sympathies pour la monarchie française. Le second mariage d'Isabelle avait réuni dans les mains des Lusignan les deux comtés de la Marche et de l'Angoumois. Hugues XIII, qui n'avait point d'enfants , engagea la Marche à Philippe le Bel, en 1301, pour une sommed'argeni considérable et assura au roi tant d'avantages par
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Abbaye de la Couronne.
son testament, qu'à sa mort le prince put écarter sans peine les prétentions des collatéraux et réunir à la couronne les deux provinces, en 1303.
Ce fut donc dans la personne de Hugues XIII et de Guy de Lusignan que s'éteignit la dynastie des comtes féodaux de l'Angoumois. Les princes qui, depuis, portèrent ce titre ne le possédèrent que comme apanage. C'est ainsi que Charles IV le Bel le conféra à sa nièce, Jeanne de Navarre, et que plus tard, de 1322 à 1496, nous en voyons successivement revêtus Charles d'Espagne, favori de Jean le Bon, le duc de Berry et le duc d'Orléans, frère et second fils de Charles V, puis Jean et Charles d'Orléans, héritiers du duc. Le retour de l'Augoumois "au domaine royal ne l'avait pas mis à l'abri des chances de la guerre, qui continuait plus calamiteuse et plus acharnée ; l'épée de Du Guesclin avait bien maintenu pendant quelque temps la domination française dans nos provinces; mais de cruels désastres avaient succédé à ces jours de gloire.
France illustrée. 66.
Pendant la captivité du roi Jean, l'Angoumois était tombé au pouvoir des Anglais; le traité de Brétigny avait ratifié cette conquête ; Angoulcme devint la capitale et le séjour habituel du Prince Noir Cette possession fut vivement disputée pendant le règne suivant. Mais c'est à Charles VII qu'appartient la gloire d'avoir enfin rendu l'Angoumois à la France.
Nous n'aurons plus à compter maintenant avec l'étranger; ce sont des discordes civiles et les guerres de religion qui agiteront le pays. Elles ne se firent malheureusement pas attendre; à la révolte de Charles de Valois, que Louis XI, son frère, avait placé à la tète des gouvernements de la Guyenne, de l'Aunis et de la Saintonge, succède, sous Charles VIII, en 1487, la conjuration de Charles d'Orléans, comte d'Angoulème, contre lequel le roi fut obligé de marcher à la tète d'une armée, accompagné de sa sœur, Anne de Beaujeu. Le duc fit sa soumission : on lui pardonna. Il n?. — Charente, 2"^ Liv.
venait d'épouser Louise de Savoie , et de cette union naquit, au château de Cognac, en 1494, François, qui, avant de régner sous le nom de François I", porta comme son père le titre de comte d'Angoulème. C'est en considération de ce souvenir qu'en 1515 il érigea en duché-pairie le comté dont il avait été titulaire, et il en fit hommage à sa mère, qui fut la première duchesse d'Angoulème. Les nombreux témoignages de bienveillance et d'affection que François I" donna aux habitants de l'Angoumois, soit par l'amélioration de la navigation de la Charente, soit par l'établissement d'une université dans la capitale de la province, retardèrent ou rendirent inoffensifs les premiers progrès de la reforme religieuse; il est même permis de supposer que la lutte eût été beaucoup moins acharnée et moins sanglante dans cette contrée, si les haines n'avaient eu leur principal aliment et la guerre son point de départ dans la malheureuse insurrection dite de la gabelle. Un impôt fort impopulaire, frappé dans les circonstances les plus défavorables, détermina un soulèvement presque général dans les campagnes. La révolte trouva pour la diriger un gentilhomme d'une rare capacité, qui réunit sous ses ordres jusqu'à 50,000 hommes et fut pendant quelque temps maître de l'ancienne Aquitaine. C'était, sans doute, une immense calamité; mais ce qui fut plus malheureux encore, ce fut de confier le soin de la répression à un homme aussi inflexible dans son caractère, aussi implacable dans sa sévérité que l'était le connétable de Montmorency. Il usa envers les insurgés vaincus de si terribles représailles; il rendit si odieux le gouvernement au nom duquel il prétendait agir, que les populations se jetèrent avec une espèce de frénésie dans les voies d'opposition qui s'ouvrirent devant elles, et que le souvenir des atrocités dont le pays avait été le théâtre et la victime exerça une déplorable influence sur le caractère des habitants. Le calvinisme, à dater de ce moment, prit des développements formidables; la noblesse, jalouse de la fortune inouïe de la maison de Lorraine, fournit des chefs à l'insurrection qui se préparait. La Renaudie, l'âme et le héros de la conjuration d'Amboise , était un gentilhomme de l'Angoumois; les comtes de La Rochefoucauld, les barons de Duras furent des premiers à courir aux armes quand les religionnaires crurent venu le moment favorable de prendre l'oITensive. C'est par la dévastation, le pillage, le meurtre et le
sacrilège, que leurs premiers succès furent signalés; on se vengeait du connétable; les insurgés de la gabelle prenaient leur revanche. Les catholiques s'abandonnaient aux mêmes excès quand ils étaient vainqueurs ; les trêves, les traités de paix ne servaient qu'à masquer de nouveaux pièges et de nouvelles trahisons. L'état normal, c'était la guerre, et la guerre des grandes batailles, comme Jarnac et Moncontour, des sièges héroïques, comme ceux de Saint-Jean-d'Angely et de La Rochelle , des grands capitaines, comme Condé, Coligny, Rohan, d'Aubigné, d'Anjou, La Trémouitle, Matignon et les Guises. Les massacres de la Saint-Barthélémy vinrent mettre le comble à l'exaspération, et lorsque l'épuisement des deux partis, la mort de leurs principaux chefs, la politique conciliatrice de Henri IV, l'administration paternelle et éclairée de Sully ont partout ailleurs ramené le calme dans les esprits, le poignard d'un Angoumoisin, de Ravaillac, vient attester l'invincible obstination des haines et du fanatisme de sa province. C'est dans ces ferments de discorde toujours prêts à éclater, dans ces amas de rancunes toujours ardentes, que trouvèrent leur principal point d'appui et qu'établirent leur base d'opération les ambitions qui agitèrent les premières années du règne de Louis XIII. C'est l'Angoumois et la Saintonge que soulèvent Rohan et Soubise, à la nouvelle de l'union projetée entre le roi et l'infante d'Autriche. C'est sur les bords de la Charente que se rencontrent le maréchal de Bois- Dauphin et le prince de Condé, commandants en chef des deux armées. Quatre ans plus tard, lorsque, dans un accès de dépit, Marie dcMédicis quitte la cour , c'est à Angoulème qu'elle se réfugie , et c'est là que Richelieu vient négocier sa réconciliation avec son fils. La Fronde elle-même, enfin, si futile dans ses causes, inoffensive sur tanlde points, d'une stérilité quasi ridicule presque partout, prend dans l'Angoumois les proportions d'une guerre sérieuse et aboutit à une sanglante bataille, perdue par le prince de Condé sous les murs de Cognac , en 1651.
Des agitations si continuelles et si profondes avaient depuis longtemps paralysé l'essor du commerce dans l'Angoumois; la révocation de l'édit de Nantes acheva de l'anéantir. Le règne pacifique de Louis XV, les commencements de celui de Louis XVI avaient été impuissants à réparer tant de maux. La révolution de 1789 fut accueillie dans l'Angoumois avec un enthousiasme universel et saluée
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comme l'aurore d'une ère réparatrice. Toutes les rivalités locales s'eiïacèrent, les dissentiments religieux eux-mêmes furent oubliés. Les orages mêmes qui survinrent bientôt ne découragèrent pas les espérances des habitants ; il existe plusieurs rapports des commissaires de la Convention, envoyés en mission dans le département de la Charente ; ils sont unanimes dans l'éloge qu'ils font de l'esprit patriotique des habitants. Au temps des Romains, la confédération des Santones avait, comme nous l'avons dit, fourni 12,000 combattants à l'armé de Vercingétorix; en 1793, le seul département de la Charente leva 10,000 hommes pour la défense de la République menacée. Depuis lors, le département n'a plus eu qu'un rôle passif dans les événements de l'histoire nationale.
L'amélioration de sa culture, le réveil de son commerce sont des bienfaits qu'elle doit à l'organisation moderne; l'aspect général du pays s'est déjà notablement modifié. On sent qu'une vie nouvelle circule dans ce corps rajeuni; l'application de la vapeur a transformé, agrandi les anciennes industries et en a créé de nouvelles. A côté des papeteries de l'Angoumois, renommées depuis si longtemps, s'élèvent de puissantes usines pour la distillerie et la fabrication du fer et de l'acier. Le nombre des filatures et des ateliers de tissage augmente de jour en jour ; le commerce, à son tour, par son activité, par l'abondance des capitaux, et grâce au perfectionnement des voies de communication et des moyens de transport, étend d'année en année le rayon des débouchés de tous ces produits. Ce ^)rogrès, tout sensible qu'il soit, n'est à nos yeux que le début d'une véritable renaissance. Les longues misères du passé avaient placé le département de la Charente dans une infériorité relative contre laquelle protestent et les ressources de son sol et le génie de ses habitants. Cette surexcitation que nous avons indiquée, cette marche accélérée vers les conquêtes de l'avenir, ne s'arrêtera que quand la Charente aura repris sa place parmi les plus avancés et les plus favorisés des départements de la France.
Le caractère des habitants se dépouille petit à petit de tout ce qui pourrait faire obstacle à la réalisation de nos espérances • cette paresse contemplative, jointe à une grande instabilité dans les goûts et à un vif amour des plaisirs, ces tendances superstitieuses s'alliant à un scepticisme religieux, toutes ces inconséquences signalées par les vieux
auteurs n'existent plus guère dans les villes, si elles se manifestent encore au fond de quelques campagnes ; partout on semble avoir conscience de l'avenir, et l'homme s'harmonise avec la nature qu'il embellit et qu'il féconde.
HISTOIRE ET DESCRIPTION DES VILLES BOURGS ET CHATEAUX LES PLUS REMARQUABLES
Angoulé.me (lat. 45" 39' 0"; long. 2» 11' 8" 0.). — Angoulôme {Fcolisma, Engolisma, Iculisma, civitas Iculismensiuvi), importante station de la ligne de Bordeaux, à 456 kilom. sud-ouest de Paris, cheflieu de préfecture, est peuplée par 30,513 habitants.
Siège d'unévèché avec grand et petit séminaire, d'un tribunal de l" instance et de commerce, d'une chambre consultative des manufactures, d'une société d'agriculture, des arts et de commerce; autrefois évôché, duché, capitale de l'Angoumois, chef-lieu d'élection, prévôté royale, gouvernement de place, sénéchaussée et présidial, dépendant de l'intendance de Limoges et du parlement de Paris, cette ville a une origine si ancienne que l'étymologie de son nom se perd dans la nuit des temps. Plusieurs auteurs se sont appuyés sur une phrase du poète Ausone : Deviîim ac solum lociim, « lieu solitaire et retiré, » pour dénier à Angoulème, qu'il appelle Iculisma, toute importance antérieure à la conquête romaine; mais cette thèse est en contradiction avec d'autres autorités au moins aussi positives. Ainsi, le lieu solitaire d'Ausone est appelé au temps d'Honorius, dans la Notice des Gaules, civiias IcuUs7nensium. Les faits surtout donnent d'éclatants démentis à l'hypothèse que nous combattons. C'est vers Angoulème que se dirige un des premiers apôtres de la Gaule, le pieux homonyme du poète, saint Ausone. Angoulème possède un siège épiscopal dès l'an 379, ainsi que nous l'avons déjà mentionné. Dans les premières cessions de territoire que les Romains sont contraints de faire aux Wisigoths, Angoulème est comprise et spécifiée avec la deuxième Aquitaine. C'est là encore que les Wisigoths, vaincus à leur tour par les Francs, se réfugient; Clovis en personne vient mettre le siège devant ce dernier asile de ses adversaires dans l'Angoumois. La prise de la place prend dans la légende un caractère miraculeux, témoignage nouveau des sentiments et des intérêts religieux dont l'habile monarque se fit l'instrument.
Les murailles d'Angoulème, comme autrefois
celles de Jéricho, tombèrent au seul aspect du chef franc récemment converti, et surtout ami des évèques. La tradition historique vient modifier la légende sans la contredire; Clovis prit Angoulème d'assaut; il fut même blessé dans l'escalade. Un endroit des vieux remparts avait conservé le nom de Pas de Clovis, et près de là on distinguait une jambe grossièrement et très anciennement sculptée dans la muraille. Le premier soin du conquérant fut d'installer dans la ville prise des autorités sur le dévouementet la fidélité desquelles il pût compter; son propre chapelain remplaça l'évcque nommé par les Wisigoths, et qui était sans doute suspect d'arianisme. Les trésors d'Alaric, enlevés à Toulouse, el le butin de la bataille de Veuille furent mis en dépôt à Angoulème, où ils restèrent plusieurs mois. Tous ces faits nous semblent démontrer incontestablement fimportance de la cité qui en fut le théâtre. Les établissements religieux, qui, dans l'époque mérovingienne, contribuèrent si puissamment à la fondation ou au développement des villes, vinrent encore ajouter leur preslige à tous les éléments de prospérité et de grandeur que possédait Angoulème. Éparche, plus connu depuis sous le nom de saint Cybard, « s'accommodant, dit la chronique, d'une chapelle qu'il trouva bâtie sous les murs de la ville, s'y retira avec quelques moines » et jeta ainsi les fondements d'une puissante abbaye. Clovis avait posé la première pierre d'une cathédrale dédiée à saint Pierre; la dédicace en fut faite par saint Germain, évêque, et les mémoires du temps nous apprennent que Caribert, roi Je Paris, vint en personne assister à la cérémonie. Les guerres de succession que se firent les enfants de Clotaire, la bataille livrée sous les murs d'Angoulème, où Thcodebcrt, fils de Chilpéric, fut tué; la lutte des ducs d'Aquitaine; le siège soutenu, en 756, parWaifre contre Pépin le Bref, qui, maître enfin de la ville, en fit raser les fortifications, sont les principaux épisodes qui, dans l'histoire d'Angoulème, se rattachent à la période mérovigienne. Le rôle joué par Angoulème ne s'amoindrit pas dans les temps qui suivent; lorsque Charlemagne vint y rassembler l'armée qu'il conduisait contre les Sarrasins, son passage fut marqué par la création de nombreux établissements, par des fondations pieuses qui témoignent de l'intérêt que lui inspirait la capitale de l'Angoumois. Louis le Débonnaire y fit frapper monnaie à l'effigie de son fils Charles le Chauve. C'est au règne de ce dernier
prince que remonte l'origine de la grande dynastie féodale des comtes d'Angoulème. Dans l'histoire générale du département, nous avons en quelque sorte personnifié cette race dans Turpion, son fondateur; il nous reste à parler de ses descendants. Turpion, après de nombreux exploits qui avaient illustré son nom, avait fini par succomber dans sa lutte contre les Normands; Wulgrin 1'='', son successeur, qui réunit le comté de Périgord à celui d'Angoulème, commença, en février 868, la reconstruction de sa capitale, que .les Normands avaient presque complètement détruite. Wulgrin II, qui mourut en 900, avait épousé Roselinde, fille de Raymond, comte de Toulouse, et avait encore aoigmenté l'héritage paternel de l'Agenois. Il laissa deux fils, dont l'aîné fut comte d'Angoulème. C'est le fameux Guillaume I". Il gouverna l'Angoumois pendant cinquante ans, de 906 à 956; c'est lui qui, dans une rencontre avec les Normands, porta à leur chef, Stolius, un si rude coup de hache qu'avec la tête il lui fendit son casque et sa cuirasse de fer jusqu'à la poitrine; nous n'avons, bien entendu, à offrir à nos lecteurs d'autre garantie du fait que le surnom de Taillefer donné à notre héros et légué par lui à ses descendants, qui se firent honneur de le porter. De 936 à 1218, la postérité de Guillaume se maintient dans le comté héréditaire au milieu de luttes continuelles avec les seigneurs des environs, et déjà menacée par les envahissements des princes anglais. Nous avons toutefois peu de faits mémorables à enregistrer pendant cette époque. Angoulème est un peu négligée par ses comtes, qui résident souvent dans leurs châteaux de~Cognac ou de Boutcville. Quelques faits épars serviront du moins à donner une idée des mœurs du temps. Guillaume II est atteint d'une maladie que la rumeur publique attribue à un envoûtement; la magicienne accusée jouissait probablement d'un certain crédit, car elle trouve un chevaUer qui pour elle en appelle au jugement de Dieu; la lice est ouverte sous les murs de la ville ; du haut des remparts, la population assiste au combat judiciaire; le champion de l'enchanteresse est vaincu, sa malheureuse cliente est condamnée à mort et exécutée, ce qui n'empêche pas le mal du comte d'empirer et de l'emporter peu de temps après.
Guillaume III souffre d'un autre mal, l'ennui et le dégoût des grandeurs ; il se retire d'abord dans l'abbaye de Saint-Cybard, puis se décide à partir pour la Terre sainte et meurt pendant le voyage.
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Guillaume VI inaugure son administration par de violents démêlés avec 1 évoque d'Angoulême; c'est lui encore qui, le premier, est appelé à intervenir dans la lutte contre l'Anglais; il s'allie avec les principaux seigneurs d'Aquitaine contre Henri II, prend part à la bataille qui se livre entre Bouteville et Saint-Mégrin, est obligé de se réfugier derrière les remparts d'Angoulême, où il est poursuivi par l'étranger vainqueur. Selon les historiens anglais, la ville fut prise et le comte fait prisonnier avec son lils en 1176.
Dix-lmit ans plus tard, en 1194, Angoulème payait encore d'un assaut, et du sac qui le suivit, l'alliance de son comte Aymar avec Philippe-Auguste contre Richard Cœur de Lion.
C'est ici que trouve sa place le romanesque épisode du double mariage de la comtesse Isabeau ou Isabelle. C'était la fille unique et la seule héritière de cet Aymar si hostile aux Anglais. Le comte avait repoussé l'alliance de Jean sans Terre et fiancé sa fille à Hugues X, sire de Lusignan et comte de La Marche. Le mariage était sur le point d'être célébré; c'était en 1200, pendant une trêve; toute la noblesse de la contrée avait été conviée; Jean sans Terre lui-même, le prétendant éconduit, n'avait point été excepté. Il se présenta, fut accueilli sans défiance ; mais, le jour même des noces, il enleva la future épouse dont la main lui avait été refusée et qui devint ainsi reine d'.Vngleterre. L'audace du procédé n'a pas même pour excuse la complicité d'Isabeau; car la reine, devenue veuve en 121G, agréa l'hommage de ce même Lusignan, auquel elle avait été fiancée seize ans avant, et l'épousa. De cette union naquirent les derniers successeurs de Turpion, comtes à la fois d'Angoulême et de La Marche, et dont les domaines furent recueillis par Philippe IV le Bel en 1351.
Ces comtes de la maison de Lusignan marquèrent leur passage par de nombreux embellissements dont ils dotèrent la ville. Hugues XI pava les rues d'Angoulême, et depuis la ville jusqu'au port de Basseaux, sur une longueur d'une demi-lieue environ, il établit une chaussée sur le bord de la Charente. La fondation de deux couvents d'hommes, cordeliers et jacobins, lui est aussi attribuée. Sa veuve, Jeanne de Fougères, agrandit la cité du bourg de Saint-Martial, qu'elle renferma dans son enceinte. Dans ce même temps, la navigation de la Charente fut notablement améliorée, et, dans un esprit d'heureuse et féconde rivalité, les évêques firent
élever le palais épiscopal et achevèrent la reconstruction de la cathédrale de Saint-Pierre, œuvre commencée et presque menée à fin par le dévouement et la générosité d'un simple prêtre de celte égUse, dont l'histoire a conservé le nom : il se nommait Ithier-Archambaud.
Guy fut le dernier comte héréditaire d'Angoulême ; il mourut en 1307. L'histoire des comtes et ducs apanagistcs est beaucoup moins étroitement liée aux annales de la ville. Nous n'en parlerons donc qu'à propos des événements qui intéressent la cité.
Pendant la guerre de Cent ans, Angoulème, quoique prise au dépourvu et manquant de secours, ne se rendit aux Anglais qu'après une glorieuse résistance. Jean de Norwich, nommé gouverneur par les Anglais, fut bientôt assiégé par Jean, duc de Normandie, fils aîné de Philippe VI de Valois, dont l'armée, forte de 100,000 hommes, tenait la place étroitement bloquée; l'Anglais fait appeler le duc au pied des remparts et lui propose une espèce de trêve de Dieu pour la journée du lendemain. Jean y consent, et, confiant dans la loyauté de son adversaire, ordonne dans son camp la suspension des hostilités. C'est le moment qu'attendait Norwich : il sort de la ville à la tête de la garnison, fait une trouée dans les rangs français, et se retire sain et sauf, ainsi que tous les siens. Ce téméraire manque de foi pouvait lui coûter cher : les assiégeants pouvaient écraser cette poignée d'audacieux ; on demandait au duc Jean de profiler de l'occasion et de donner le signal du combat : « Laissez -les aller, de par Dieu, de quelle part qu'ils voudront, répondit le prince chevaleresque ; je leur tiendrai ce que je leur ai promis. » Dans toutes nos luttes contre l'étranger, combien d'échecs ne faut-il pas mettre sur le compte de celle naïve générosité de l'esprit français I C'est le traité de Brétigny qui replaça Angoulème aux mains des Anglais ; encore ne fut-ce pas sans d'énergiques protestations de la part des habitants ; leurs sympathies pour la cause française étaient si avérées que c'est le redoutable Chandos qui fut chargé de prendre possession de la ville, et que le prince de Galles, dit le Prince Noir, pour désarmer leurs rancunes, vint établir sa cour brillante dans ses murs. Ses séductions n'empêchèrent pas qu'au premier vent qui souffla en faveur de la France, sous Charles V, sans même attendre l'arrivée du connétable Du Gueschn , les habitants d'Angou-
Icmc chassèrent la garnison anglaise et replantèrent l'étendard français sur leurs remparts. Pendant cette époque, qui répond au grand mouvement communal en France, il semble que toute idée d'affranchissement et d'indépendance soit réfugiée à La Rochelle ; il est peu question de privilèges municipaux ; la constitution de la bourgeoisie ne date que de 1354. C'est une charte du roi Jean qui la consacre, et, de son règne à celui de Louis XIV, ce représentant du pouvoir absolu, les diverses concessions princières sont beaucoup plus apparentes que réelles. Parmi les quelques traits originaux qui se font remarquer dans les anciens statuts municipaux d'Angoulème, on a souvent cité certain règlement de police peu galant dans ses suppositions et bien sévère dans ses prescriptions à l'égard du beau sexe : Si une femme, y lit-on, est convaincue d'être cJdcaneuse et médisante, elle sera liée j^ai' une corde sous les bras et plongée trois fois dans Veau. Do tous les seigneurs apanagistes d'Angoulème, celui qui a laissé le meilleur renom et la mémoire la plus vénérée est Jean d'Orléans, plus connu sous son surnom de Jean le Bon ; il était le père de Charles d'Orléans, de qui naquirent un fils, qui fut François I""", et une fille, Marguerite, qui fut reine de Navarre.
A peu près dans le môme temps vivait, dans une obscure maison d'Angoulème, chez le chanoine Dutillet, un jeune prêtre, puissant réformateur, dont les doctrines devaient remuer le monde et coûter cher à la ville qui lui avait donné l'hospitalité : c'était Calvin. Grâce à lui, la Réforme fit de rapides progrès dans la province. Nous avons dit ailleurs à quels excès s'abandonna le fanatisme religieux et quels désastres il entraîna pour la contrée tout entière; nous avons parlé aussi de la part que prit Angoulême aux troubles de la Ligue et de la Fronde. On sait que Ravaillac y avait été maître d'école, et qu'après son arrestation on trouva sur lui des vers de consolation pour un condamné à mort, composés par un bourgeois d'Angoulème dont il refusa obstinément de révéler le nom. Le dernier fait qui nous reste à citer prouve à quel point de misère et de démoralisation les guerres continuelles dont il avait été victime avaient réduit le commerce de la ville. En 1770, encouragés par quelques jugements rendus contre des usuriers, de nombreux commerçants d'Augoulême dénoncèrent leurs créanciers comme coupables d'usure, refusant de payer ce qu'ils leur devaient. Cette espèce
de banqueroute locale augmenta pour longtemps encore la perturbation dont souffraient les affaires commerciales du pays.
La ville d'Angoulème est située sur la rive gauche de la Charente ; elle couronne un plateau élevé de 72 mètres au-dessus du niveau de la Charente, et de 96 mètres au-dessus du niveau de la mer, plateau au pied duquel l'Anguienne et la Touvre font leur jonction avec la rivière qui donne son nom au département. La vieille ville, irrégulière et mal bâtie, mais très pittoresque, occupe le côté nord du plateau ; les quartiers qui composent la nouvelle ville s'étendent au midi dans les dépendances de l'ancien château; les faubourgs, qui sont au nombre de six (Saint-Ausone, Saint-Roch, Samt-Cybard, La Bussate et l'Houmeau), flanquent les pentes escarpées de la colline et se prolongent à ses pieds. C'est dans le faubourg de l'Houmeau que se fait le principal commerce d'Angoulème, favorisé par un beau port sur la Charente, le long duquel régnent un quai et une promenade agréable. Quatre portes principales, celles de Saint-Pierre, du Secours, de Chandos et du Palet donnent entrée dans la ville, que la Charente et l'Anguienne, et de charmantes promenades entourent comme d'une double ceinture.
Du haut de la promenade en terrasse pratiquée sur l'emplacement des anciennes murailles, l'œil embrasse une perspective magnifique. Les monuments les plus remarquables d'Angoulème sont, avec les ruines de son vieux château, la belle cathédrale de Saint-Pierre, récemment restaurée; l'ancienne église de la Pesne et sa crypte ; l'église moderne de Saint-Ausone; le palais épiscopal, l'hôtel de la préfecture, qui était autrefois le palais épiscopal ; l'hôpital général, l'Hôtel-Dieu et l'hospice des enfants trouvés ; l'hôtel de ville, dans l'ancien château des Taillefer ; les bâtiments de l'ancienne école de marine, occupés, en partie, aujourd'hui par la gare du chemin de fer ; le lycée, la bibliothèque et l'ancien Châtelet (aujourd'hui la prison).
Angoulême n'est pas seulement renommée pour ses papeteries, mais pour ses belles pierres de taille qui s'exportent au loin. A celte double industrie se joignent une poudrerie nationale (située, comme nous l'avons dit, au village voisin de Thérouat), des distilleries d'eaux-de-vie, des raffineries, des blanchisseries de cire, des maroquineries, des manufactures d'armes, des fonderies,
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des tanneries, des chapelleries, des fabriques de tricots, des filatures, etc.
Le commerce consiste principalement en grains, eaux-de-vie, lins, chanvres, truffes, épicerie, savons, sels, liège en planches et en bouchons, bois de merrain, fer et cuivre.
Angoulême, outre son lycée et son musée, possède deux sociétés scientifiques et littéraires importantes : la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce et la Société archéologique et historique de la Charente.
Angoulême a vu naître Marguerite de Valois, Jean-Louis Guez de Balzac; Jean Fabcr, jurisconsulte ; André Thevel , historien et aumônier de Catherine de Médicis ; Poltrot de Méré, l'assassin de François de Guise; les deux Saint-Gclais; l'ingénieur militaire Marc-Uené, marquis de Montalembert, etc.
Les armes de la ville sonl: d'azur, senié de (leurs de lis d'or, à la bande componée d'argent et de gueules. Dans un manuscrit de 1G69, elles sont figurées ainsi : d'azur, à mi portail de ville côtoyé de deux tours crénelées d'argent, et une fleur de lis d'orencœicr, couronnée d'oren chef. Et pourdevise :