‹ La France illustréeChapitre 275 sur 301 · C11AP>E.\TE-1XFER1EURE · texte numérisé non relu

C11AP>E.\TE-1XFER1EURE

Une aulre ville disparue sous les envahissements (le la mer, et dont on chercherait en vain quelque trace, était celle de Montmeillan. De la pointe de Ciiâlelaillon, qui s'avance encore aujourd'hui de 3 kilomètres en mer, on pouvait autrefois gaj^ner à pied l'ile d'Aix, distante de 6 kilomètres, en passant par les deux villes disparues de Cliàtelaillon et de Montmeillan.

Saim-Mautin. — Saint-Marlin-ou-llé, à ■22 kilomètres à l'ouest-nord-ouest de La llochelle, cheflieu decanton peuplé de 2,G99 habitants, est la petite capitale de l'ile de Ré, située vis-à-vis de La llochclle, à 4 kilom. du point le plus rapproché de la côte entre le pertuis Dretonet Icpertuisd'Antioche.

Les fortifications qui défendent la ville et le port sont de Yauban et se composent de six grands baslions, cinq demi-lunes, de fossés et chemins couverts ; ces ouvrages, postérieurs à la prise de La Piochelle par Uichelieu, furent peu utilisés, tandis que la citadelle, qui sert aujourd'hui de dépôt aux condamnés à la transporbation, eut un rôle plus important aux époques antérieures oii l'ile de Ré était disputée comme le poste avancé de La Rochelle. En 1628, Saint-Martin soutint un siège de trois mois contre l'escadre anglaise qui venait secourir La Rochelle. Richelieu avait eu soin de s'en emparer commed'un des points stratégiques les plus impor- Innls pour ses opérations

La ville, petite, mais propre et bien bâtie, eut, dit-on, pour première origine, un couvent de l'ordre de Saint-Renoit, fondé en 735 par Eudes, duc d'Aquitaine, et par Valrade, sa femme, qui y furent tous deux enterrés. Ce monastère fut ruiné par les Normands; le tombeau d'Eudes ne fut découvert qu'en 1730, en creusant les fondations d'un bâtiment pour loger le gouverneur de l'île; on y trouva la couronne ducale, qui était en cuivre et d'une forme très simple.

.\près l'église, remarquable par sa cryple romane, le temple protestant et l'ancienne Maison des cadets de la marine, le monument le plus important de l'ile est son phare à feu tournant, construit à l'extrémité nord-ouest et connu sous le nom de Tour des Raleines ; il a 26 mètres de hauteur et 23 kilomètres de portée. L'industrie des habitants consiste principalement dans l'exploitation de marais salants, distilleries d'eau-de-vie pèche de poisson frais ; ils y joignent le commerce de vins, planches, mâtures, goudron et fers.

.Mar.os. — Marans (Marantium), qui a porté quelque temps le nom d'Aliffre, station de la ligne de Nantes à Bordeaux par La Itochelle et Saintes (chemins de fer des Charentes, réseau de l'Étal), chef-lieu de canton peuplé de 4,527 habitants, à 23 kilomètres au nord de La Rochelle, faisait autrefois partie de la province d'Aunis.

Située sur la rivière de Sèvre et sur les frontières du Poitou, celte petite ville était jadis un point militaire important; les marais qui l'entourent rendaient ses abords peu praticables; son territoire formait une ile; elle eut plusieurs sièges à soutenir; Henri IV, n'étant encore que roi de Navarre, s'en empara le 2i juin 1588.

Les armes de la ville sont : d'azur, semé de croix recroiseiées, au pied fiché d'or, à un croissant montant d'argent sur le tout.

S-Unt-Jea.n-d'Angelv (lat. 4.5° 56' 39"; long. 0. 2° 51' 39"). — Saint-Jean-d'Angely {Ingcriacum , Angeriacum, Sanclus Johannes Angeriacus), tète de ligne du chemin de fer de Saint-Jean-d'Angely à Taillebourg (chemins de fer des Charentes, réseau de l'État), sur la rive droite de la Boutonne, à 26 kilomètres sud-est de La Rochelle, chef-lieu d'arrondissement peuplé de 7,172 habitants, siège d'un tribunal de première instance et de commerce, faisait partie de la Saintonge.

Une ferme royale, au milieu d'une forêt nommée Angeriacum ; un monastère, bâti plus lard vers 768 par Pépin le Bref, et surtout le dépôt dans ce saint lieu du chef de saint Jean-Baptiste, relique qui attirait les fidèles de très loin : voilà quelle fut l'origine de la ville, commune déjà importante sous Philippe-Auguste, puisque ce monarque recompensait par des lettres de noblesse son maire et ses échevins pour leur victorieuse résistance aux attaques des Anglais. Quelques moines du couvent donnèrent, dit-on, à la ville l'exemple de la conversion au protestantisme ; l'ardeur réformiste y prit un caractère fanatique dont notre histoire offre peu d'exemples et se signala surtout dans deux sièges fameux ; le premier, en 1569, sous Charles L\, et auquel Catherine de .Médicis assistait avec toute sa oour; le second, en 1621, sous Louis Xlll, et dirigé par le maréchal de Lesdiguières. Moins heureuse que La Rochelle, la ville succomba sous les efforts et la force des assiégeants, malgré l'héro'ique valeur d'une population à laquelle les femmes donnaient l'exemple de la résolution et de l'intrépidité.

Les héros de ces deux sièges furent, pour le premier, le capitaine Armand de Pile, et, pour l'autre, le lieutenant Hautefonlaine.

Louis XIII, après la reddition de Saint-Jean-d'Angely, voulut changer son nom en celui de Bourg- Louis; mais le décret royal fut impuissant. Le seul événement notable depuis cette époque est l'explosion du moulin à poudre, en 1820; la ville entière en fut ébranlée et plusieurs maisons du faubourg furent renversées ; ce désastre fut l'occasion de nombreux embellissements. L'usage de peindre chaque année la façade des habitations donne à la ville un aspect propre et coquet; elle possède un palais de justice de construction récente, un hospice, une belle halle dont l'enceinte est formée par une petite colonnade, un beau collège, une salle de spectacle, une ancienne fontaine dite la Fontaine du Pilori, qui y a été transportée de la commune de Brisambourg; des bains publics, d'agréables promenades. Saint-Jean-d'Angely a conservé quelques restes de son ancien monastère, dont l'église, renversée par les calvinistes, n'a laissé que des ruines au milieu desquelles s'élève l'église actuelle.

Sur la place de l'Hôtel-de-Ville, on remarque la statue en bronze de Regnault de Saint-Jean-d'Angely, par I\I. Bogino.

Le commerce de celte ville consiste en céréales, graines de trèfle et de luzerne, bois de construction; on y distille une grande quantité d'eau-devie qui se débite sous le nom d'eau de vie de Cognac.

Les historiens Benjamin Priolo et Armand Maichin, le jurisconsulte Perraudeau, le prédicateur Hardy, et le journaliste Loustalot, sont nés à Saint- Jean-d'Angely.

Les armes de la ville sont : d'azur, semé de /leurs de lis d'or, au franc q%mrtier de gxiexdes chargé du chef de saint Jean d'argent 2)osé stir un plateau d'or.

Taillebourg. — Tailleboug [Tallehuvgus , TalleMirgu7n, Ranconia), station terminale de la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Taillebourg, station de la ligne de Nantes à Bordeaux, à 16 kilomètres au sud de Saint-Jean-d'Angély, canton de Savinien, ancienne paroisse de Saintonge, peuplée aujourd'hui de 1 ,001 habitants, était autrefois une ville très fortifiée, construite sur le penchant et le sommet d'une colline, au pied de laquelle coule la Charente. Celle position donne l'explication étymologique de son

nom, le mot celtique tal signifiant élévation; le château, très fortifié et dont il ne resle qu'une tour, paraît avoir été construit par les Rançon, dont la postérité domina longtemps cette contrée ; c'est là , dit-on , que furent célébrées les noces d'Eléonore de Guyenne avec Louis le Jeune. A cette époque, Geoffroy de Rançon, seigneur de Taillebourg, accompagnait le roi et la reine en Palestine et portait l'oriflamme de Saint-Denis à la bataille de Laodicée. Plus tard, ce même seigneur soutint deux sièges contre Richard Cœur de Lion, dans son château, dont les tours furent rasées en 1179 et 1187. Taillebourg doit sa plus grande illustration à la célèbre victoire que saint Louis y remporta sur les Anglais en 1242, et en mémoire de laquelle un monument a été élevé en 1851. La seigneurie de Taillebourg fut réunie au domaine royal par Charles VU. Le château, qui avait été restauré, l'ut encore, dans les guerres de religion, le théâtre de luttes sanglantes : Charlotte de La Trémouillc y fut enfermée par sa mère, Jeanne de Montmorency, qui s'opposait à l'union de sa fille avec le prince de Condé, que celle-ci finit cependant par épouser et qu'elle empoisonna plus tard. On voyait avant 1877, aux environs, un dolmen nommé dolmen de Civrac, sous lequel Louis IX vint, dit-on, passer la nuit qui suivit sa victoire, et au pied duquel on a trouvé quantité de haches et de débris de silex; il a été malheureusement converti en cailloux par les habitants, peu soucieux de la conservation de ces monuments du passé.

JoNZAC (lat. 45° 26' 45"; long. 2° 46' 26"0.]. — Jonzac, station de la ligne de Nantes à Bordeaux par La Rochelle et Saintes (chemins de fer des Charentes, réseau de l'État), à 39 kilomètres sud-est de La Rochelle, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, peuplé de 3,296 habitants, faisait autrefois partie de la Saintonge et dépendait du diocèse et de l'élection de Saintes, du parlement de Bordeaux et de l'intendance de La Rochelle.

Quoique mêlée à tous les faits qui agitèrent la province, cette ville fut le théâtre de peu d'événements remarquables; son antiquité est cependant incontestable; sous Charlemagne, sa châlellenie était un fief de l'abbé de Saint-Germain, dont la redevance consistait uniquement dans le don de douze couteaux de table sans gaine et d'une peau de cerf préparée pour la reliure des livres

CHARENTE-INFERIEURE

d'église, formalité qui ne s'accomplissait qu'à chaque mutation de propriûlaire. En 1402, non loin de Jonzac, sous les murs de Monlendre, eut lieu un combat en champ, clos entre dix-sept chevaliers français et un nombre égal d'Anglais; en 1548, c'est là qu'éclata l'insurrection des jjitaux contre \es (/abelons, et, en 1570, le célèbre d'Aubigné, seigneur de Brie, vint s'y réunir à un rassemblement de troupes prolestantes avec lesquelles il fit ses premières armes.

Jonzac possède une église dont la façade date du xii= siècle; une porte du moyen âge et un château d'un aspect imposant, construit à l'extrémité orientale de la ville, au sommet d'un rocher taillé à pic dont le pied est baigné par la Seugne. Ce château, monument historique, fut le berceau de l'illustre maison de Jonzac et fut habité par les marquis d'Aubeterre et par une branche de l'ancienne famille de Sainte- Maure, originaire de Touraine. 11 sert aujourd'hui de sous-préfecture, d'hôtel de ville et de palais de justice.

Marennes (lat. 45° 49' 20"; long. 3° 26' 40" 0.). — Marennes [Mareniœ), à 41 kilomètres au sud de La Rochelle, chef-liéu d'arrondissement, avec tribunal de première instance, peuplé de 4,565 habitants, communique avec le réseau d'Orléans par la station de Uochefort, faisait autrefois partie de la Saintonge et dépendait du diocèse de Saintes, du parlement de Bordeaux , de l'intendance de La Rochelle; c'était un chef-lieu d'élection, amirauté et centre religieux, où jésuites et récollels déployaient grand zèle pour la conversion des huguenots.

La ville, après avoir appartenu, à titre de comté, à Philippe de Valois, au xiv° siècle, passa à la maison de Pons; elle devint, au xvni" siècle, une seigneurie dont les comtes de Soissons et l'abbesse de Saintes se partageaient la propriété. Aujourd'hui, sa position à 2 kilomètres de l'Océan, la proximité d'un port creusé entre le havre de Brouage et l'embouchure de la Seudre, la richesse des marais salants qui l'environnent, la fertilité des vignobles et plaines qui constituent la plus grande partie de son territoire, en auraient fait une place de commerce importante, si tous ces éléments de prospérité n'étaient paralysés par l'insalubrité de l'air qu'on respire dans ces régions basses et marécageuses. Marennes est cependant encore le centre d'un commerce assez considérable en sel, eau-de-vie et céréales; il suffit de rap-

peler la réputation dont jouissent auprès des gourmets les huitres de Marennes.

Marennes possède un port sur la Seudre et n'a guère de remarquable que son clocher, qui passe pour le plus haut de la Charente-Inférieure. En septembre 1874, on a élevé une statue sur sa place publique à Prosper-Louis de Chasseloup-Laubat, ancien ministre de la marine, sénateur et longtemps député de l'arrondissement.

Brouage. — Brouage {Berulfiopolls, Broagium, Broue, Jacopolis, Jacqueville), à 5 kilomètres nord de Marennes, communiquant avec le réseau d'Orli'ans par la station de Rochefort, n'est plus qu'une agglomération dépendant de la commune d'IIiers- Brouoge, comptant 708 habitants, en y comprenant la population d'iliers. C'était autrefois une ville maritime, place forte de troisième classe. Sa position, sur le chenal qui sépare l'ile d'Oleron du continent, l'avait fait choisir comme un port naturel dans lequel certains auteurs veulent même reconnaître \q Portus Sayitomtm, en prêtant une origine romaine aux ruines d'une tour carrée, dite Toxirde Broue. Jacques de Pons, en 1555, y commença les premiers travaux dont l'existence soit aulhentiquement constatée. Hardouin de VilHers, après la bataille de Moncontour, agrandit et compléta le système de ses fortifications, que La Rochelle surveilla toujours avec une jalousie inquiète. Ce n'est qu'à la chute de cette puissante cité et lorsque Richelieu voulut transporter ailleurs son importance politique et son matériel de guerre, que Brouage put espérer un moment hériter des dépouilles de sa rivale. Des rues furent tracées et construites d'après un alignement symétrique qui les faisait aboutir à une place centrale. On éleva un hôtel pour le gouverneur; on bâtit un hôpital, un arsenal et d'immenses magasins ; on y plaça un siège d'amirauté et un bureau des fermes ; mais sous Louis XIV, Colbert du Terron, intendant d'Aunis, dut reconnaître que la nature annulait sur ce point tous les efforts humains; ensablement de l'entrée du havre, retrait de la mer, débris des navires coulés par les Rochelois à l'embouchure de la rivière firent abandonner les travaux de Richelieu. Pendant les troubles de la minorité de Louis XIV, le comte du Daugnion, gouverneur de la ville, avait essayé de recommencer les exploits féodaux, à la tête de 4,000 hommes et d'une flotte considérable; il se rendit assez redoutable pour qu'on payât sa soumission d'un don

de 200,000 livres et du bâton de maréchal de France.

Un souvenir historique plus honorable se rattache à cette contrée. Brouage partage avec Marennes la gloire d'avoir fourni l'héroïque équipage du vaisseau le Vengeur, recruté sur les bords de la Seudre. C'est aussi dans cette ville qu'est né Samuel Champlain, le fondateur de Québec. C'est à Brouage que fut exilée la belle iMancini , l'objet du premier amour de Louis XIV, qui, en la voyant partir, pleura, mais n'osa pas la retenir.

Brouage n'a de remarquable que son enceinte bastionnée du xvu" siècle. Dans l'église sont les tombeaux des anciens gouverneurs.

Les armes de Brouage sont celles de France et Navarre, c'est-à-dire -.parti, le premier d'azur, à Irais fleurs de lis d'or, 2 e( 1 ; le deuxième de gueules, à un orle de chaînes d'or passées en voix et en sautoir.

SAiNT-PiEnnE-D'OLEnoN. — Salut-Pierre-d'Oleron, à 23 kilomètres au nord-ouest de Marennes, dans une jolie vallée, au centre de l'ile d'Oleron, est un chef-lieu de canton qui compte 4,939 habitants.

Dans le cimetière, on voit un joli monument du xvni" siècle; c'est une lanterne des morts appelée dans le pays la Flèche, à cause de la pyramide hexagonale qui la terminait et qui fut renversée par la foudre en 1793.

Livré à l'exploitation des marais salants et aux travaux agricoles, le port de Saint-Pierre est situé sur le canal de la Perrotine, canal qui peut avoir 6 kilomètres de longueur, et qui se termine à un lieu appelé le Magasin. Il ne reçoit guère que des navires de 80 tonneaux ; les entrées et les sorties sont annuellement, en moyenne, de 800 navires pour chacune.

PxovAN. — Royan [K'ovioregum, Royanmn), station terminale de la petite ligne de la Seudre, de Pons à Royan, petite ville de l'ancienne Saintonge, à 39 kilomètres au sud de Marennes, chef-lieu de canton peuplé de 5,lo5 habitants, est bâtie sur une côte escarpée, à l'embouchure et sur la rive droite de la Gironde, où elle a un petit port de commerce défendu par un fort.

Assiégés en 1622 par Louis XIII, les habitants,' sous la conduite de leur maire nommé Gombaud, avaient fait une longue résistance et obtenu d'assez douces conditions après la reddition de la place,

lorsque, emportés par le fanatisme religieux, ils chassèrent la garnison catholique que le roi avait laissée en partant Le duc d'Épernon revint à la tète de 8,000 hommes, reprit la ville, passa au fil de l'épée tout bourgeois détenteur d'armes, rasa la forteresse et les fortifications, combla les fossés et répandit une telle terreur, que le reste de la population abandonna le pays.

Royan s'est relevé depuis d'un coup si rude; elle a trouvé de nouveaux éléments de prospérité dans les développements donnés à un établissement de bains de mer très fréquenté. Aujourd'hui, Royan jouit d'une certaine importance; elle possède un boulevard planté d'arbres, un casino, une belle fontaine. Depuis quelques années, la ville s'est embellie de nouvelles rues, de nouvelles constructions ; citons une église bâtie et consacrée en 1878 ; le fort a été restauré. Plus de 40,000 étrangers fréquentent ses bains chaque année. Royan est la patrie du .sénateur-publiciste Eugène Pellelan.

RocuEFouT (lat. 45" 36' 37"; long. 3° 18' 4" 0.). — Rocheforl [Riipi/brtium], station de la ligne de Paris-Poitiers-Rochefort (réseau d'Orléans), et des lignes de Nantes à Bordeaux, d'AigrefeuiUe à Rochefort (réseau de l'Etat), que l'on appelle administrativement Rochefort-sur-Mer pour la distinguer d'un grand nombre de communes du même nom, à 31 kilomètres au sud-ouest de La Rochelle, ville forte, préfecture maritime, chef-lieu d'arrondissement, avec tribunaux de première instance et de commerce, collège communal, école d'hydrographie de deuxième classe, société des sciences et arts, école de médecine navale, peuplée par 27,012 habitants, doit son nom à sa situation sur un rocher au milieu d'un pays marécageux. Rochefort faisait autrefois partie de l'Aunis, dépendait du diocèse de Saintes, du parlement de Paris, de l'intendance et de l'élection de La Rochelle, était siège royal d'amirauté et d'un gouvernement particulier.

Du xi° siècle jusqu'au règne de Louis XIV, Rochefort ne fut qu'un château fort entouré par quelques cabanes de pêcheurs. Plus tard, il dut une certaine augmentation aux émigrations des habitants de Châtelaillon et de Montmélian qui fuyaient leurs villes envahies par l'Océan. Rochefort, ayant titre de châtellenie, subit toutes les vicissitudes de la période du moyen âge, si diversement et si cruellement agitée; il passa des féodaux à la couronne,

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des mains françaises au pouvoir des Anglais; et, dans la guerre de Cent ans, fut tour à tour une conquête calholique ou protestante; le peu d'importance du lieu explique le médiocre intérêt qui s'attache à cette première partie de son existence; l'histoire de Rochefort est tout entière celle de son arsenal. La profondeur des eaux de la Charente en cet endroit le fit choisir de préférence à Brouage et à Soubise pour l'établissement d'une grande place maritime que la défense des côtes de l'ouest rendait indispensable. Une fois les plans arrêtés, les travaux furent poussés avec celte énergie et cet ensemble qui caractérisèrent les résolutions de Louis XIV. La direction en fut confiée au chevalier Clerville, et le fameux amiral hollandais Tromp essaya vainement, en 1674, de les interrompre. En dix ans, la ville s'était accrue au point de compter 20,000 habitants. Jusqu'en 1700, la prospérité de Rochefort alla croissant; mais l'abandon du système des grandes flottes , remplacées par des escadres, arrêta l'activité de l'arsenal; l'infériorité relative de sa position fit oublier peu à peu Rochefort pour Brest et Toulon, malgré l'éclat que l'amiral La Galissonnière répandit sur la marine de Rochefort, malgré les exploits de ses équipages pendant les guerres de l'indépendance américaine, de la Révolution et de l'Empire, malgré sa fidélité à la République, opposée à l'infâme trahison des Toulonnais. En 1809, une désastreuse défaite, essuyée sur les bords mêmes de la Charente, et la perte de neuf vaisseaux, mirent le comble à un préjugé défavorable, qui tendait à s'enraciner dans l'opinion publique égarée déjà par l'exagération des bruits répandus sur l'insalubrité de l'air et l'intensité des fièvres du pays.

Les péripéties qui accompagnèrent l'embarquement de Napoléon en 1815, lorsqu'il préféra l'hospitalité suspecte du BeUérojihon aux chances de liberté que développèrent devant lui de braves officiers, décidés à gagner le large et à braver le feu de la station anglaise, sont le dernier drame dont Rochefort ait été le théâtre. Rien de remarquable ne s'est passé dans ses murs jusqu'à la fermeture de son bagne en 18.52, désormais remplacé par la colonisation pénitentiaire; mesure à laquelle ont applaudi tous les amis du progrès et de l'humanité.

La ville de Rochefort possédait déjà une société d'agriculture, sciences et arts; on y a fondé en 1876 une société de géographie qui est une section de celle de Bordeaux.

La ville de Rochefort, toute moderne, est percée de rues larges et bien pavées, qui se coupent à angle droit; les trois principales, plantées do deux rangs d'acacias et de peupliers d'Italie, forment avec les remparts, également garnis d'arbres, une promenade agréable. Au centre est la place d'armes, régulièrement carrée, ornée d'une belle fontaine et bordée d'une double rangée d'ormes sur une longueur de 68 mètres. Le port est le troisième port militaire de France; il a une profondeur de 7 mètres à marée basse et près du double à marée haute.

Les monuments les plus remarquables sont l'hôpital de la marine, situé hors de la ville, sur un terrain élevé où l'on arrive par une belle avenue , il se compose de neuf corps de bâtiments isolés contenant douze cents lits en fer. Mw amphithéâtre de chirurgie, un cabinet d'anatomie, une pharmacie et un jardin botanique ont été joints à l'établissement, qui possède, en outre, comme curiosité, un puits artésien, le plus profond que l'on connaisse; il n'a pas moins de SoG mètres de profondeur. Citons encore l'hôtel du commandant de la marine et son superbe jardin, l'école d'artillerie de la marine renfermant tous les ateliers nécessaires à la construction et à l'armement des navires; la corderie, bâtiment à deux étages, long de 400 mètres; le moulin à draguer et le grand moulin à scier le bois.

Rochefort a conservé ses fortifications du .wii" siècle. Il possède un temple protestant, des halles monumentales, une école de médecine navale, un petit musée, une bibliothèque publique, un jardin botanique, un cabinet d'histoire naturelle, etc.

Rochefort a vu naître les amiraux La Galissonnière et Latouche de Tréville, le peintre Gauffier, les naturalistes Audebert et Lesson, Savigny, le naufragé de la Méduse.

Les armes de la ville sont : d'azur, à nue montagne d'or, sommée d'une /leur de lis de viême en chef.

ToNN.v y-Charente. — Tonnay [Taîniacum], station de la ligne de Nantes à Bordeaux (chemins de fer des Charentes, réseau de l'État), ainsi que l'indique son nom, est sur la Charente, en amont et à 7 kilomètres à l'est de Rochefort ; c'est un cheflieu de canton, qui compte 3,736 habitants.

Cette ville est bâtie dans une situation agréable, sur la rive droite de la Charente; c'était autrefois

une i)lace forte, dont le duc de Mayenne s'empara sur les calvinistes en 1S77. Louis XIV eut le projet d'y établir, en 1604, un port pour la marine militaire; mais M. de Mortemart ayant refuse de vendre sa terre, les établissements qui avaient été commencés à Tonnay- Charente furent transférés à Rochefort. De son ancienne église, du xi= siècle, il ne reste qu'un portail roman, à la base du clocher. Elle possède des corderies, des chantiers de construction pour les navires, des tanneries, des teintureries, des distilleries, etc. ; mais elle lire toute son importance moderne de son port, qui peut recevoir des navires de 600 à 800 tonneaux et que l'on peut véritablement considérer comme une annexe de celui de Rochefort. Les navires au long cours, ceux du grand et du petit cabotage y trouvent, même dans les plus basses marées, un mouillage convenable. L'exportation des eaux-devie fournies par les contrées environnantes; celle des sels qui proviennent du continent et dos iles voisines; l'importation des denrées coloniales, des charbons de terre, des planches du Nord, des merrains, des briques, des huiles, etc., lui donnent une grande importance commerciale. C'est l'entrepôt des marchandises d'importation et d'exporlion pour les départements des deux Charcntcs, de la Vienne et de la Haute-Vienne. Le mouvement du port de Tonnay-Charente est en moyenne, entrées et sorties réunies, de 250 navires pour la grande navigation et de 3,000 navires pour le cabotage. C'est la patrie de l'amiral Jacob.

SL'RGiLUES. — Surgères, station de la ligne de Poitiers à La Rochelle (réseau d'Orléans), chef-lieu de canton , à 2.5 kilomètres au nord-est de Rochefort, doit son nom à sa position sur la petite rivière de la Gère, affluent de droite de la Charente, qui prend sa source non loin de là et qui est formée par sept ou huit fontaines, appelées dans le pays les fontaines des Pèlerins. Celte petite ville, agréablement située dans un pays fertile, était autrefois une place forte défendue par un château, démoli par ordre de Louis IX et rebâti sous le règne de Charles VII; il n'en reste aujourd'hui que la base des tours, quelques pans de murs, des fossés et une jolie porte de la Renaissance. Mais l'église, qui date du xn"^ siècle, et qui, à bon droit, a été rangée parmi les monuments historiques, est très curieuse à visiter. La façade résume toutes les beautés du style roman le plus pur, et son clocher central, quoique

mutilé, est d'une construction hardie; la crypte recèle les sépultures des anciens barons de Surgères; on y reconnaît quelques traces d'anciennes fresques. Surgères, dont la population est de 3,8bS habitants, fait un grand commerce de bétail, devins et surtout d'eaux-de-vie, qu'elle expédie jusqu'à l'étranger.

Les armes de Surgères sont celles des anciens seigneurs : de gueules, frctté de vair, de six pièces.

S.viNTES (lat. 43" 44' 40"; long. 2» 58' 44" 0.). — Saintes {Santones, Saiitonica civiias, Medlolanum Santomtm) ., importante station de la ligne de Nantes à Bordeaux par La Rochelle et Saintes, et de Saintes à Limoges (chemins de fer des Charentes, réseau de l'État), à 69 kilomètres sud-est de La Rochelle, chef-lieu d'arrondissement, peuplé de 13,725 habitants, avec cour d'assises, tribunal de première instance et de commerce, collège communal, société d'agriculture, société des archives historiques de la Saintonge, était autrefois la capitale de la Saintonge, le siège d'un évèché et d'un gouvernement particulier, chef-lieu d'élection, avait présidial, justice consulaire, sénéchaussée, chapitre, collège, abbaye royale de filles de l'ordre de Saintlienoil et plusieurs autres couvents, et dépendait du parlement de Bordeaux et de l'intendance de La Rochelle.

Si la création presque récente de Rochefort résume en quelque sorte l'importaoce contemporaine du département ; si les prospérités de La Rochelle caractérisent, dans l'histoire des vieilles provinces de l'Aunis et de la Saintonge, toute une époque intermédiaire. Saintes est la ville antique de cette contrée. Capitale des Santones, qui ne purent arriver à temps pour la suprême bataille d'Alésia, c'était déjà une cité importante au temps de César; elle est citée par Strabon, Pline et Ptolémée ; le rang qu'elle occupa sous la domination romaine est attesté par les ruines des nombreux monuments qu'elle a laissés : l'arc de triomphe de Germanicus, qui s'élevait au milieu du pont de la Charente et que l'on a malencontreusement rebâti sur la rive; les arcs ou arènes, vaste amphithéâtre égal à celui de Nîmes, mais presque entièrement enfoui sous les terres qu'on s'occupe d'enlever ; des thermes dont on voit les ruines ; des mosaïques enterrées çà et là; un ergastulum sous la maison du Coteau, elle-même romaine, qui est près des arènes. En 1878, on a trouvé dans la ville une idole

CIIAUENTLI-INFEKIEUKE

Eglise Saint-Pierre, à Saintes.

gauloise et un autel gaulois, et antérieurement des monnaies nombreuses. Trois grandes voies romaines, mentionnées ,^ans la table de Peutinger et dans l'Itinéraire d'Antonin, reliaient Saintes à Limonum (Poitiers), Vesunna (Périgueux) et Burdigala (Bordeaux). Sous Auguste, elle fut comprise dans l'Aquitaine; sous Valeutinien, elle fit partie de la seconde Aquitaine.

Saint Eutrope prêcha le premier l'Évangile dans cette contrée. Il y reçut le martyre. Il avait converti la fille du légat ou propréteur, nommée Eustelle, qui fut elle-même martyrisée. Les jeunes filles du pays qui veulent se marier vont, le jour de sa

FRANCIi ILLUSTRÉE. 148.

fête (11 mai), jeter des épingles dans la fontaine Sainte-Eustelle.

La ville fut brûlée à trois reprises différentes; aussi l'enceinte a-t-elle changé plusieurs fois. Les Normands la saccagèrent. La guerre de Cent ans ravagea le pays..\u iv= siècle, on avait entassé pour former ses remparts ce qu'on avait de monument? romains, autels, cippes, temples; il en resta encore pour construire la citadelle. C'est de la forteresse et des remparts que viennent les débris remarquables qui ont formé le musée des Antiques.

Saint Louis, en i24-2, y battit les .\nglais ainsi qu'à Taillebourg. Les Pitaiu, révoltés de la gabelle. In

ST. — Charente-Inférieure, 4' Liv.

prirent en 1S48 et furent rudement châtiés par le connétable Anne de Montmorency. Les protestants, en 1562, la saccagèrent et y jetèrent bas presque toutes les églises, el, jusqu'en 1593, elle fut tour à tour prise et reprise par les catlioliques et les huguenots. Sous la Fronde, en 16o2, elle fut emportée par Condé, eut ses faubourgs brûlés et fut assiégée par le comte de Montausier, gouverneur de Saintonge. Le roi exila plusieurs dames de Saintes qui avaient pris chaudement parti pour la Fronde. M'"° Fouquet y vint chercher un asile. La Chalotais y fut interné. Mirabeau y tint garnison. Elle a reçu la visite de Clovis, Charlemagne, du pape Urbain II, de Pépin le Bref, Louis VII, Louis IX, Louis XI, Philippe le Hardi, Charles VII, François I", né à Cognac, Charles IX, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Philippe V d'Espagne, etc.

La ville, très agréablement située sur le penchant d'un coteau, au pied duquel coule la molle et paisible Charente, à part le cours National, qui est magnifique, est assez irrégulièrement bâtie, et les rues tortueuses y sentent encore la ville ombastionnée ; les maisons des xv^ et xvi'= siècles n'y sont pas rares. On y remarquait la magnifique église abbatiale des bénédictines, qu'on a transformée en caserne, il y a quelques années, et dont on ne voit plus que le beau portail roman. Il faut citer l'église Saint-Eutrope, avec une vaste crypte du ix" siècle, refaite au xii°, et un clocher bâti par Louis XI; l'église cathédrale Saint -Pierre, du xu'= siècle, reconstruite au xv% ruinée au xvi", réédifiée au xvii°, et dont le portail est fort beau. Les constructions les plus récentes sont : la prison départementale, construite en 1833 ; le théâtre, le haras (1849), la sous-préfecture (1841), le palais de justice (1861), l'hôtel de ville (1874). Saintes possède aussi un musée intéressant. Sa bibliothèque, détruite par un incendie en 1871, possède aujourd'hui plus de volumes qu'auparavant (22,000), grâce au zèle de son conservateur, M. Louis Audiat.

L'industrie, peu considérable, se borne à quelques fabriques de futailles, de faïence commune, •luelques tanneries et mégisseries. Le commerce consiste principalement en grains, bois, laines, \ins et eaux-de-vie de Cognac.

Les armes de la ville sont : de gueules, à un pont de trois arches , surmonté de trois tours couvertes et girouettées, mouvant du i", ayant au 2° wi portail, accovijyagné de deux tours créne-

lées, couvertes et girouettées, le tout d'argent, sur une onde de même; au, chef cousu d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or. Couronne de comte. Supports : un chevalier armé et un vendangeur. Devise : Aultre ne veui-x.

Saintes, patrie adoplive de Bernard Palissy, le célèbre potier agenais, l'auteur des rustiques figulines, agronome, géologue, chimiste, physicien, géomètre, conférencier, artiste, lui a élevé, en 1868, une statue, œuvre de M. Taluet et produit d'une souscription provoquée par M. Louis Audiat. Elle a vu naître le médecin Guillotin, les conventionnels Garnier et Bernard, le sénateur Lemcrcier, le ministre plénipotentiaire Eschassériaux , le fécond littérateur marquis de Luchef (xviii^ siècle); les antiquaires Samuel Veyrel, apothicaire (xvi° siècle), et Bourignon, principal du collège (xviu" siècle) ; l'historiographe Nicolas Allain (xvi» siècle); l'oratorien Denys Amelotle, prédicateur (xvn'= siècle); Nicolas Senne, prédicateur du roi, ami de Balzac; les généraux Pierre-Raphaël Paillot de Beauregard, baron de Genty, Théophile -Charles de Bremond d'Ars; son neveu Guillaume de Bremond d'Ars, sénateur de la Charente; puis le comte Pierre de Bremond, député aux états généraux, archéologue, numismatiste, etc. Non loin de Saintes, à Crazannes, est né le baron Chaudruc de Crazannes, antiquaire, écrivain; à Bussac, Juillard du Jarry, qui remporta sur Voltaire le prix de poésie décerné par l'Académie française, etc.

SouBizE. — Soubize ou Soubise [Solbizia, Subisia), sur la rive droite de la Charente, à 16 kilomètres de Marennes et 36 kilomètres de La Rochelle, est une commune de 645 habitants qui appartient au canton de Saint-Agnant. La seigneurie de cette ville, après avoir appartenu à la maison deParthenay, fut érigée en principauté en 1667, en faveur de François de Rohan, comte de Rochefort. Louis XIV eut un instant l'idée d'y construire un grand port militaire; mais Rochefort lui fut préféré.

Les Anglais furent défaits à Soubize en 1372, par Yvain de Galles, et le château leur fut enlevé en 1413. La ville, qui, autrefois, était plus considérable que le simple village que nous voyons aujourd'hui, fut prise par les catholiques l'an 1589. L'ancien château des Rohan, dont on voit encore l'emplacement, fut rasé à cette époque.

On voit aux environs de Soubize deux dolmens dans le bois de La Saussay et dans le domaine de la

CHARENTE-INFERIEURE

Rouillasse une source minérale, dont les eaux, chargées de carbonale de fer et d'hydroctiloi-ate de chaux, conviennent aux personnes aiïectécs de maladies ou d'engorgements causés par rafl'aib'.issement des organes.

MoiizE. — Mocze, canton deSaint-Agnant, à 12 kilomètres de Marennes, est une petite commune qui n'a pas plus de 462 habitants, pour la plupart cultivateurs ou paludiers; elle est située près du havre du Brouage. Son église est surmontée d'un clocher élégant qui date du xvn" siècle ; elle fut en partie détruite pendant les guerres de religion. Dans le cimetière, on voit un curieux monument de la Renaissance; c'est un petit temple de forme carrée dont les quatre angles sont dirigés vers les points cardinaux, dont l'entablement est supporté par dos colonnes corinthiennes fort élégantes et (jui supporte une pyramide quadrangulaire, aujourd'hui tronquée, mais qui paraît avoir été terminée par une croix. Ce monument, dont l'auteur et le motif de sa construction sont inconnus, est une croix hosannière.

Pons. — Pons, station de la ligne de Nantes à Bordeaux, par La Rochelle et Saintes (chemins de fer des Charentes , réseau de l'État), et de Pons à Royan , chef-lieu de canton, à 21 kilomètres au sud-est de Saintes, sur la rive droite de la Seugne qui s'y partage en plusieurs bras, est une ville ancienne qui se divise en deux parties bien distinctes, la haute ville ou les Aires, qui est aussi appelée Saint-Martin, et la basse ville, que l'on womme, Saint- Vivien. Elle était autrefois fortifiée et avait un château, dans lequel le roi Louis L\, après la bataille de Taillebourg, en 1242, reçut à merci Hugues de Lusignan, comte de la Alarche, et sa femme Isabeau d'Angoulème, veuve en premières noces du roi d'Angleterre Jean sans Terre. Une partie de ce cliâteau est aujourd'hui convertie en hôtel de ville et il en reste un donjon de forme rectangulaire, haut de 31 mètres et protégé par des contreforts, classé comme monument historique. Elle devint une des places de sûreté des proletants. Le gouverneur Chàteauneuf avait résolu de s'y défendre vigoureusement; mais, privé des poudres et des munitions que l'assemblée de La Rochelle lui avait promises et qui ne purent passer, et ayant

appris la prise subite de Saint-Jean-d'Angely, d'accord avec les habitants, ce gouverneur se résolut à envoyer des députés au roi cl fit sa soumission. C'est alors que Louis XJll fit démanteler la place, en 1622.

Les seigneurs do Pons portaient le titre de sires et ne relevaient que du roi. C'est cette ville qui a donné son nom à une des plus nobles familles de la Saintonge. Les sires de Pons étaient très riches; ils prenaient le titre de comtes de Marennes, princes de Mortagne, barons de Mirambeau; ils exerçaient leurs droits féodaux sur 52 paroisses et plus de 230 fiefs nobles. Parmi les plus célèbres, nous citerons : Renaud V, tué à la bataille de Poitiers; Renaud VI, commandant pour Charles VII des armées françaises en Poitou et en Saintonge, qui conquit sur les Anglais Cognac, Marans, Saint-Maixent, Royan; et Antoine de Pons, sur lequel les protestants s'emparèrent de la ville en 1568, malgré des prodiges de valeur; dernier de sa race, il maria sa fille Antoinette à Henri d'Albret, comte de Miosscns, qui hérita de ses biens.

Pons possède le petit séminaire diocésain; sa population est de 4,881 habitants.

Les armes de Pons et celles de ses anciens seigneurs sont : d'argent, à la fasce bandée de gueules et d'or.

Au château, aujourd'hui ruiné, de Saint-Maury, près de Pons, est né Agrippa d'Aubigné.

S.iUjoN. — Saujon, sur la rive droite de la Seudre, à 26 Idiomètres au sud-ouest de Saintes, est un cheflieu de canton de 3,039 habitants, qui doit à sa position comme station de la petite ligne de Saujon à La Grève, et à l'estuaire de la Seugne, une certaine importance. Elle fait un grand commerce de poissons et de coquillages qui lui arrivent par la Seudre. Son port, que l'on nomme Ribéroux, envoie annuellement 10 à 12 navires à la grande navigation et 250 à 300 navires pour le cabotage. Les vins, les eaux-de-vie, le sel, les étoffes et les objets manufacturés sont les principaux articles de son commerce.

Cette ville est la patrie de M. Jules Dufaure.

Les armes de Saujon sont : /jar^j d'azur, à la fasce accompagnée en chef d'un croissant, et en jointe d'une coquille, le tout d'argent, qui est Campet de Saujon ; et d'argent, à trois chevrons de gueules, qui est Du Plessis-Richelieu. Devise Campé en riche lieu.

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