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les, et dès lors les soldats de la Ligue n'cpar- i gnèrent pas plus les protestants que les richesses de l'abbaye. En 1628, les protestants de la ville formèrent le projet de massacrer les catholiques; le complot fut découvert, et plusieurs furent misa mort. Comme beaucoup d'autres, l'abbaye de Beaulieu avait été mise en commende en 1663. Elle fut réformée et on y établit la règle des bénédictins de Saint-.Maur; au moment de la llévolution, elle était encore en pleine prospérité; elle fut alors détruite. Il n'en reste que l'église, aujourd'hui rangée parmi les monuments historiques. La façade, le portail méridional, quelques chapiteaux, une Vierge en cuivre repoussé, qui date du xni" siècle, mi'ritent plus particulièrement l'attention des visiteurs. La ville, autrefois divisée en deux quartiers, nommés le harnj viajeur [villa superior) elle Mrry mineur [villa inferior) , était entourée de murailles et de fossés [vallat) ; ils ont été convertis en boulevards; l'église paroissiale appartient au style roman. Près de Beaulieu et sur la Dordogne, on voit une petite île célèbre par le duel qui y eut lieu en 1180, en présence du vicomte de ïurenne et des plus grands vassaux du pays, entre Aimery de Saint-Cérc et Gérard de Fonlanges; le premier y fut vaincu et tué.
DoNZENAC. — Donzenac est un chef-lieu de canton, situé à 10 kilomètres au nord de Brive, sur la rive gauche du Maumont et sur la route de Paris à Toulouse; sa population est de 3,246 habitants. La ville est construite sur le penchant d'une colline et dans une vallée agréable. Les maisons, qui s'étagent en amphithéâtre, sont dominées par un clocher pyramidal ; elle était autrefois entourée de murailles et avait un château et un couvent de cordeliersdont on voit encore quelques vestiges. Donzenac résista plusieurs fois aux vicomtes de Turenne et aux barons de Malemort; un de ses seigneurs, de la maison des comtes de Boulogne et d'.\uvergne, lui octroya, au xiv" siècle, une charte communale.
Les armes de Donzenac sont : de saMc, à une fasce componée d'or et de sinople.
All.\ssac. — AUassac est une petite ville de 4, ISO habitants, située à 2 kilomètres de la rive gauche de la Vézère, dans le canton de Donzenac et à 15 kilomètres au nord-ouest de Brive. C'est une commune agricole qui fait un grand commerce de bestiaux. Dans ses environs, il y a une mine de
houille et des eaux thermales. De l'ancien château de Roffignac, que l'on y reuiarquait autrefois, il ne reste qu'une tour.
Les armes d'AUassac sont : de salle, à une fasce componée d" or et de sable.
Turenne. — Turenne [Torina ou Turena Castrnm), station de la ligne du chemin de fer de Paris-Limoges à Toulouse , est une petite ville do 1,703 habitants, située dans le canton de Meyssac, à 15 kilomètres au sud de Brive, sur un rocher escarpé, près de la source de la Tourmente et sur la lisière d'une belle forêt. Turenne intéresse plus l'imagination que les yeux du voyageur. Ce nom, devenu si grand au milieu du xvii'^'siècle, embellit ou plutôt ennoblit des objets moins considérables par eux-mêmes que par les souvenirs qu'ils font naître.
Le château, dont les magnifiques restes (le donjon et la tour de César) couronnent si majestueusement le rocher sur lequel est bâtie la ville, existait dès le vu" siècle. 11 servit d'asile au duc Waïfre. Pépin le Bref s'en empara en 767. Ce poste important fut encore assiégé par Louis le Débonnaire (839). 11 voulait faire reconnaître pour roi d'Aquitaine son fils, Charles le Chauve, et punir la rébellion de Pépin IL Les partisans de celui-ci abandonnèrent la place et la laissèrent sans défense. La prise de Turenne termina celte expédition. Ce lut, dit-on, à celte époque que Louis le Débonnaire donna le gouvernement du château et du pays environnant à lîodolphe ou Piaoul , abbé laïque de Saint-Martin de Tulle, et l'on croit que ce Piaoul fut la souche de la première race connue des seigneurs de Turenne. Elle s'éteignit dans la personne d'Adhémar ou Aymar, au milieu du x° siècle. La sœur de cet Adhémar épousa Archambaud de Comborn, qui devint par ce mariage vicomte de Turenne, mais qui n'en prit jamais le titre. Raymond VU fut le dernier vicomte de Turenne de la maison de Comborn. Sa fille Marguerite porta cette vicomte dans la famille de Comminges, en épousant Bernard VI, comte de Comminges (1311). Jean, successeur de Bernard, mourut sans postérité. Sa sœur, Cécile de Comminges, porta la vicomte de ïurenne à Jacques d'Aragon, comte d'Urgel (vers 1336). Le comte de Beaulort, Guillaume Roger, acheta cette seigneurie pour 143,000 florins d'or (1347). Sa famille la conserva jusqu'à Raymond, père d'Antoinette de Beaufort. Celle-ci épousa Jean Boucicaut. De leur ma-
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riage, il ne riaquit qu'un seul fils, morl en bas âge. La maison de Beaufort fut remise en possession de Turenne. Pierre de Beaufort, héritier de la vicomte, n'eut de son mariage avec Blanche de Gimel que deux filles, dont l'aînée épousa Anne de La Tour d'Oliergues. Depuis celte union, c'est-à-dire depuis 14S4, la vicomlé de Turenne resta dans la maison de La Tour d'Oliergues, en Auvergne, jusqu'en 1762, époque où le duc de Bouillon la vendit au roi ; elle comprenait encore à cette époque 35 paroisses. La vicomte de Turenne formait eu France un petit Etat particulier ayant environ huit lieues dans sa plus grande longueur et sept lieues dans sa largeur moyenne. Les seigneurs la possédaient en pleine souveraineté; ils levaient la taille sur les habitants, faisaient battre monnaie, exerçaient le droit de grâce et jusqu'au xvii" siècle prétendaient ne tenir leur pouvoir que de Dieu et de saint Marcel, dont le corps repose dans la chapelle du château.
Ainsi que Brive, Turenne a conservé à l'intérieur sa physionomie du moyen âge, et les maisons gothiques y sont encore en grand nombre. Celte ville possédait, au xvui" siècle, plusieurs communautés ou associations religieuses : celle des capucins, établie eu 1G43; celle des pénitents blancs, fondée en 17M. L'ilùtel-Dieu est un établissement fort ancien, dû non point aux seigneurs, mais aux habitants de Turenne. On prétend qu'il fut fondé par la commune dès l'an 1100. Cette ville fait un certain commerce d'huile de noix, grains, chaux, etc.
Les armes de Turenne sont : cotlcé d'argent (d'autres disent iVor) et de gueules de dix j^ièces.
Dans les environs, on remarque le village deiV'^alarets, qui fut longtemps habité par les templiers, et où plusieurs d'entre eux furent arrêtés par l'ordre de Philipe le Bel, en 1413.
Ll'bersac. — Lubersac, station de la ligne du chemin de fer de Paris-Limoges à Toulouse, cheflieu de canton , peuplé de 7,690 habitants situé à 47 kilomètres au nord -ouest de Brive, est une petite ville assez bien bâtie, sur le sommet d'un mamelon, dont le pied est baigné par deux ruisseaux. C'est l'entrepôt des fruits du bas Limousin. La grande place, qui a la forme d'un parallélogramme, est couverte de fruits de toute espèce depuis les premiers jours de mai jusqu'à la fin des vendanges. Elle sert aussi de champ de foire pour le commerce des bestiaux. Près de la ville, au milieu d'une pelite plaine, s"élève un beau
château, reconstruit de nos jours par M. le comte de Lubersac sur les ryines et d'après le plan de celui qui y existait au xv« siècle. La ville doit son nom à un de ses premiers seigneurs, lieutenant des comtes de Limoges, qui prit le nom de Lmqmrsai, plus lard Lubersac, parce qu'il avait délivré la contrée d'un loup sauvage. Ses armoiries, qui devinrent plus tard celles de ses successeurs et de la petite ville elle-même, élaient : un loup d'or 2)assant en champ de gueules. Lubersac est la patrie du général de divisiun Suuliam, né en 1761.
MoNTGiBAtJD. — .Monlgibaud, pelite commune de u33 habitants, située dans le canton de Lubersac, à o4 kilomètres au nord-ouest de Brive, possédait autrefois un vaste château fort. La maison curiale de la commune est bâtie sur ses ruines. Il reste une vieille église attenante au presbytère ; c'est, dil-on, la chapelle des anciens seigneurs. Dans les environs, subsistent encore quelques vestiges d'une ville détruite depuis un grand nombre de siècles, et qu'on dit avoir été une cité gauloise. Elle était bâtie en amphithéâtre sur une montagne assez élevée; au pied coule la Haute-Vézère. Il ne reste debout que deux tours et les piles d'un pont, sur lesquelles on a mis des poutres et des planches pour remplacer les voûtes et le tablier entièrement démolis. Entre ces ruines et le château de Monlgibaud, on remarque le château de l'Orlholary. On raconte que le dernier seigneur de l'Orlholary, quelques jours après la mort de sa femme, vit sa fille se noyer dans un des bassins de la cour. Cette habitation lui devint odieuse ; il la vendit à la famille de Bcaune. Le vieux manoir de l'Orlholary, grâce aux réparations intelligentes de M. de Beaune, son propriétaire acluel, est devenu une des plus agréables résidences du département de la Corrèze.
AnN.vc-PoMPADOun. — Arnac-Pompadour, station de la grande ligne du chemin de fer de Paris-Limoges à Toulouse, dans le canton de Lubersac, peuplée de l,3a6 habitants et située à 42 kilomètres au nordouest de Brive, doit toute son importance à son église, monument historique du xii'siècle, et surtout au château de Pompadour, qui fut, dit-on, bâli vers l'an 1026 par Gui de Lastours, surnommé le Noir, pour se mettre à l'abri des incursions des vicomtes de Ségur. Brûlé au commencement du xui" siècle, durant les guerres qui suivirent la morl de Piichard
Cœur de Lion, le château de Pompadour fut reconstruit deux cents ans plus ^ard sur un vaste plan. En 1267, Jeanne de Bretagne, vicomtesse de Limoges, donna au,seigneur de Pompadour la juslice haute et basse des pays d'Arnac et de Saint- Cyr-la-Rocne. Geoffroy de Pompadour, évoque du Puy, fonda, en 1503, un petit chapitre compose de huit chanoines. Une fondation plus utile de la même famille fut celle du collège de Saint-.Michel, établi à Paris pour l'instruction des écoliers limousins. Les Pompadour furent longtemps lieutenants du roi et gouverneurs de la province. Ils prirent une part active aux guerres de religion et suivirent le parti delà Ligue. Leur maison méritait de laisser en s'éteignant une réputation honorable. Louis XV a flétri leur nom en donnant à une de ses maîtresses le titre de duchesse de Pompadour avec le château et ses dépendances. M""' de Pompadour le fit restaurer, mais ne l'habita jamais. On a remarqué que les armes de l'ancienne maison de Pompadour étaient des poissons comme ceux qui servaient d'armes parlantes à la marquise dont le nom de famille était Poisson. Après la mort de la favorite, ce domaine retourna à la couronne. Louis XV en fit présent à M. de Choiseul, qui l'échangea contre Chanteloup et y fonda, en 1763, un haras de chevaux limousins, qui, un instant supprimé pendant la Révolution, a été rétabli en 1802, sous le ministère de M. de Champagny. Le haras de Pompadour possède un dépôt d'étalons; c'est un des établissements hippiques les plus importants de France pour la bonté de son élève. Il y chaque année, au mois d'avril, des courses qui y attirent beaucoup de curieux et d'amateurs.
Ségur. — Ségur, petite ville de 977 habitants, située dans le canton de Lubersac, à 47 kilomètres de Brive, dans un pays fertile, était jadis possédée par un seigneur du nom de FtUcherius, Foucher, qui prit le titre de vicomte et y fit bâtir un château dont une partie existe encore. Pendant l'invasion des Normands, les populations des environs se réfugièrent dans celte citadelle entourée d'épaisses murailles et de fossés. Les successeurs de Foucher, devenus vicomtes de Limoges, conservèrent le titre de vicomtes de Ségur. Telle est l'origine de l'illustre famille do Ségur, dont plusieurs membres se sont
rendus célèbres dans les lettres. Outre les restes imposants de son château, Ségur possède une ancienne chapelle qui a été classée au nombre des monuments historiques.
OcJAT. — Oljjat, stalion de la ligne du chemin de fer de Paris-Limoges à Toulouse, est une commune du canton d'Ayen, située à 18 kilomètres au nordouest de Brive, sur la Loyre, petit affluent de droite de la Vézère. Sa population est de 1,704 habitants. Ce village est dans une charmante position ; ses habilanls se livrent aux travaux agricoles.
A 6 kilomètres au nord-est, au hameau du Saillant, on voit un manoir qui fut un instant habité par Mirabeau; il est sur les bords de la Vézère dont les eaux torrentueuses coulent sur un lit coupé de roches granitiques du plus bel elTet.
YssANDON. — Yssandon, située sur une colline, dans le canton d'Ayen et à 20 kilomètres de Brive, se signale de loin à l'attention du voyageur par la tour crénelée de son ancien château; il en est souvent question dans l'histoire du Limousin. C'est aujourd'hui une commune agricole qui compte 1,138 habitants; elle fait un certain, commerce de bestiaux
Dans les environs, il y a une mine de cuivre.
ViGEOis. — Vigeois ou Le Vigeois est un chef-lieu de canton de 2,543 habitants, situé à 30 kilomètres au nord de Brive et à 2 kilomètres de la rive gauche de la Vézère, dans une agréable position. Cette ville possède une église romane qui jadis dépendait d'une abbaye de bénédictins et qui aujourd'hui est placée au nombre des monuments historiques.
C'est une petite ville industrieuse; on y voit une filature de laine, une scierie, des moulins et elle fait un certain commerce du charbon de bois qui se fait dans ses environs.
JuiLL.vc. — Juillac, chef-Ueu de canton, à 30 kilomètres au nord-ouest de Brive, compte 2,567 habitants. Cette petite ville, assise sur le penchant d'une colline, est exclusivement agricole. Ses foires et ses marchés, qui sont fort suivis, sont l'eutrepôt des productions du canton; il s'y fait un commerce de bestiaux et de grains. Elle possède les ruines d'un ancien château.
Atlas de la. France Hlustrée