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FILATURE DU COTON ET DE LA LAINE. LAINES PEIGNÉES

LALNES CARDÉES

Le coton est un filament court, un duvet végétal qui enveloppe les ; graines d'une plante appelée cotonnier (fig. 245), dont la hauteur varie de 50 ceiitimMres à h mètres, et que Ton cultive en Amérique, dans rinde, en Egypte et en Chine. La longueur des brins de colon varie en général entre ^ et 3 centimètres (fig. 246). Cette dernière longueur est celle qu'ont le plus souvent les filaments de coton d'Ame- ^ rique; celui des Indes est plus court. La récolte a lieu à des époques qui différent d'un pays ù l'autre. Quand les graines sont mftre?, les capsules qui les renferment s'ouvrent et laissent échapper le ntli^n, que l'on cueille et que l'on sépare des graines, soit à la mnin, ^('it plutôt avec des machines spéciah^s. Les filaments sont ensuit^.' nii>eii balles et fortement comprimés; ces balles sont expédiées dans les différentes régions où Tindustrie doit les transformer en fils destinés au tissage des étoffes.

L'industrie du coton a pris naissance dans l'Inde et date de bien longtem[)S avant l'ère chrétienne; elle ne s'introduisît que lentement en Euroi)e. Dès le ix" siècle , les Maures voulaient l'implanter en Espagne ; au xiv" et au xv siècle, elle fut essayée en Italie, mais ces essais sans importance n'eurent pas de suite. En 1569, la première balle de coton arrivait en Angleterre; en i6il, la nouvelle indu^t^ie était établie à Manchester, qui, en 1078, filait et tissait à la main 900 000 kilogrammes de coton. Veis 1790, l'Angleterre manufacturait 12000 000 de kilogrammes, et à la même époque la France qui avait suivi sa rivale dans la voie nouvelle, traitait 4 000000 de kilogrammes. L'Angleterre appliqua la première les machines à la ite' ture du coton et v réalisa bientôt des bénéfices considérables. Dcnx

COTO.'*. 411

triels Trançais, Richard et Leiioir-Diifresne, frappés de l'imporqii'il y aurait pour notre pays à se servir des machines inventées gleterre, les introduisirent en France; leurs essais furent coni de succès : ils .créèrent plus de quarante filatures de colon, le Lenoir-Dufrcsne mourut, en 1806, Richard continua l'œuvre

Fie. 215. — Brandie

une et ajouta h son nom coUii de son associé. L'industrie mécadu coton se développa rapidement, et elle filait plus de 000 de kilogrammes lorsque rin\asion étrangère vint fondre France : à sa suite pénétrèrent les étoffes d'Angleterre, et le droit le dont Napoléon 1" avait fra[pé le coton anglais fut brusquelevé. Alors éclata sur l'indurtrie du coton une terrible crise : ! nos tissus qui se vendaient 3 francs en a\ril ne valaient plus fr. 50 en mai et 1 fr, 20 en juin. La plupart de nos dateurs ne t résister h la tempête, et le plus célèbre, Richard-Lenoir, qui lait sept filatures et occupait onze mille ouvriers, se trouva Ètement ruiné, là peu cependant la nouvelle industrie répara ses pertes : en

ut

4817 elle traitait déjà 1 200 000 kilogrammes, et, de progrès en grès, elle est arrivée aujourd'hui à un chiffre supérieur à 12000 C'est peut-être la plus considérable de nos industries. Elle est répai en Normandie, en Flandre et en Picardie; les départements où est le plus développée sont ceux de la Seine-Inférieure, de l'Eure, Calvados, de TOrne, du Nord, de TAisne, de la Somme. La Fra possédait avant la perte de T Alsace 6 800000 broches réparties aind région de rOuest 3 200000, de TEst 2400000, du Nord 1200000, L'Angleterre a 34 000000 de broches et les Étafs-Unis plus 8 millions.

La filature de coton repose sur des principes analogues à ceux que

nous avons exposés pour la filature du lin; roaisca comprendra facilement que l'état des fibres, qui sont courtes et enchevêtrées, doit e>iger des opérations différentes de celles qui ont été décrites pour le lin et la soie.

Le premier soin du filaleur est de mélangeriez cotons, ce qu'il fait en vue des qualités quedoitavoir le fil et de manière à corriger les défauts de certaines espèces par les qualités d'autres espèces.

On procède ensuite à VouvragCj c'est-à-dire qu'on imprime mécaniquement aux fibres une agitation violente pour faire foisonner la masse comprimée par l'emballage et pour la débarrasser, en partie du moins, des corps étrangers. Cette opération, qui ne se pratique que sur les cotons très-sales, se fait à l'aide d'une machine appelée ouvreuse que nous ne décrirons pas.

Le battage, qui est souvent la première opération que subit le coton, a pour but de restituer aux filaments leur élasticité naturelle que la compression dans les balles a momentanément détruite, et en même temps de les débarrasser des matières étrangères. Le battage se fait dans des machines nommées batteur éplucheur et batteur étaleur. Nous indiquerons le principe sur lequel elles reposent. Le coton est disposé sur une toile horizontale sans fin qui, tournant d'un mouvement continu, vient le présenter à deux cylindres cannelés appelés alimentaires; ceux-ci, en faisant Toffice de laminoirs, saisissent les filaments et les entraînent. Au moment où les filaments, après avoir traversé Tinlervalle des deux cylindres, se préscntcntà l'entrée de la machine, ils rencontrent une série de lames d'acier qui tournent d'un mouvement rapide autour d'un axe commun parallèle

Fa;. 2^». — Brin (le coton vu au microscope.

elui des alimentaires. Ces lames battent les filaments à mesure Us se présentent, les séparent \iolemment et les projettent sur une Ire toile qui les porte au-devant d'un second groupe de cylindres Mgés eux-mêmes de les présenter à l'action d'un autre système de nés. Cette machine a reçu le nom de batteur éplucheur^ parce que £tion des lames projette au fond de la machine les corps mélangés coton. Un ventilateur lance dans Tappareil un courant d'air quien- «la poussière. Nous ferons remarquer qu'un appareil de ce genre ne nrait pas être employé pour des filaments un peu longs comme ceux 5 cotons longue soie, qui se briseraient sous l'influence des lames frappeur; ils pourraient recevoir le choc aune de leurs pointes, idant que l'autre serait encore engagée entre les alimentaires ; de rupture et détérioration des fibres; quant aux filaments courts, une leurs extrémités est à peine présentée au frappeur que l'autre est à libre.

k la sortie de la machine, le coton est livré au batteur étalcur, dont instruction est analogue et d'où il sort à l'état de nappe formée rla juxtaposition et l'entrecroisement des fibres. Mais les fibres provenant des opérations précédentes restent plus ou dns vrillées, et l'on y remarque des inégalités, des boutons et des luds : le cordage^ auquel on soumet la nappe sortant du batteur leur, a pour but de développer les fibres, de les redresser compléaent, de les paralléliser et de les échelonner par une première ion de glissement; en môme temps il nettoie et épure le coton, us allons essayer de faire comprendre le principe des machines îelées cardes, à l'aide desquelles s'exécute le cardage. Une carde se compose essentiellement d'un tambour horizontal A f. 247) (1",20 de diamètre), pouvant tourner autour de son axe îc une grande vitesse. Autour du tambour et à une petite distance sa surface sont disposés des cylindres, de plus petit diamètre, qui ument moins vite que lui. Le tambour et les cylindres sont garnis • leur surface extérieure de lames de cuir armées de dents formées ' de petites aiguilles pointues et recourbées : c'est ce qu'on appelle miture de carde (1).

Supposons maintenant que la nappe qui provient du batteur étaleur jue l'on voit disposée en rouleau sur la gauche de la figure, soit rée à des cylindres alimentaires chargés de la présenter à la circonence du tambour A. Celui-ci, en passant devant la nappe avec une

I) Les f^arnilures de cardes se faisaient autrefois à la main ; aujourd'hui cette fabrica- . est exécutée, dans les Ardennes et à Louvicrs, par une machine inventée par un Améin, M. Amos Whitmore. Cette machine, d'un mécanisme trop compliqué pour que nous

AU LNUUSTIIIES DU VÈTEMIiST ET DE LA TOILEHE.

grande vitesse, en entraînera une certaine quantité qui serai entre les dents de sa garniture. Ces Glamcnts, rencontrant plus un des cylindres G, dont les dents sont à une très-petite disUncei celles du tambour, vont se trouver pris entre les deux systinu dents qui sont disposées en sens contraire, et le grand tambour chant lieaucoup plus vite que le cylindre, celui-ci tendra à retenir

FiG. 347. — Carde à eoton.

lui les filaments que le tambour lendra au contraire à entraîner; de U

un redi-esi^ement des libros pliées et cnlrecroi*ées, do là aussi un com mcncemcnt de parallOlisalioii. On comprend que, la môme opéralioi so ri'pL'taiU autant do fois qu'il y a de cylindres sur la surface du f;rani lanibour, les fibres vont subir des rcilrcsscments successifs, se icirallc lisor et se débarrasser des nspérités, des nœuds et des imjuirelè qu'elles renferment. IjCs cylindres sont nettoyés des fibres et impuretés qu'ils retiennent par d'autres cylindres n, à dents plus lonfruM qui sont placés an-dessous d'eux.

Du côté oppose h celui où le coton est livré, on voit un demie; cylindre V, appelé volant, chargé de reprendre au tambour le coloi cardé; tangenticUement à ce volant se meut d'un mouvement de wet-vient vertical un peigne battant formé d'aiguilles droites , ([u

cil (ir-criïioliB ici Ips dclsils, pst l'iinp ilrs pliis îngvniciiscs quE i clirr-d'iciivrc lie mûcnniriuc, cx(''rulaiil a\ee une pn-cl^ion admiralilc un traiail qui' l'o avait nru jusqu'ici on p juvoir f (rc cxÉciitù que par la maiii ào l'homme. Le riihaii de rinV en cuir <iu en ruutrc, se déruuli' d'une inaiiiiTR conlinun : te 1)1 inêta1lit|iic qui doit fiir 1rs ilonls est cnroiili' sur un dcviiloir où tli>s pinces vont le chcrclicr ; il est oui»' pr 4( couteaux \ In longueur voulue, conduit h deux doigts qui le replient rarrêinenl et l'n Tonecnl clans les Irons pcrci-s dans le niLan par un outil appelé percrur : un autre n^n nommé eroqufur raurlie les dénis pbcées dans le ruban. Cet admirable appareil e appelé iiiacbiiw à bouler l«i carde$.

n nent les fibres sur le volant et les sortent à l'état de nappe trèsî formée par leur juxtaposition; cette nappe passe, à la sortie du jne, dans un entonnoir au milieu duquel elle est obligée de se iprimer et de se transformer en un ruban. Celui-ci est repris, à ortie de Tentonnoir, par des cylindres lamineurs, qui le versent is des pots cylindriques de fer-blanc disposés derrière la machine, ïvez plus loin (fig. 254), sur la carde à laines, le mouvement du i^ne battant.)

bC plus souvent la partie supérieure des cardes à colon n'est pas inie de cylindres, mais de plaques fixes sur lesquelles on a monté s garnitures de cardes. Ces plaques nommées chapeaux sont enleesde temps en temps pour qu'on puisse les nettoyer. La question de lloyage des garnitures est excessivement importante, puisque le carge devient défectueux dès qu'elles sont chargées de bourre et de rps étrangers. Aussi a-t-on imaginé des cardes qui se débourrent tomatiquement : nous citerons la carde Platt, dans laquelle les ipeaux peuvent être considérés comme les anneaux d une chaîne isfin C C G" (fig. 248). Cette chaîne est mise en mouvement par nachine elle-même et, pendant qu^une partie des chapeaux travaille itre le tambour, les autres viennent se présenter à un cylindre ini de dents appelé hérisson^ qui les débourre ; puis ils aiguisent rs dents contre une planche garnie d'émcri. Quant au grand tamir, il se nettoie contre un hérisson place à la partie inférieure de la chine.

jCS rubans fournis par la carde doivent être doublés et étirés pour î les défauts de l'un soient corrigés par les qualités de l'autre. Les s P (fier. 249) venant de la carde sont placés derrière les machines à er; les^ rubans qu'elles renferment subissent d'abord en L un lalage qui condense les fibres; puis six d'entre eux ordinairement sent dans un même entonnoir e, où ils se réunissent. A la sortie l'entonnoir le ruban unique est étiré entre deux paires A et B de indres; la seconde tourne plus vite que la première et, par conséînt, produit l'étirage; à la suite des deux premières paires de indres sont deux autres paires C et D qui déterminent un nouvel •âge. Le ruban fourni par cette machine tombe dans un grand pot Ter-blanc F où il est recueilli jusqu'à ce qu'on le livre à une seconde chine doubleuse et étireuse. En général, au bout de trois opérais semblables, les rubans doivent subir un commencement de tor* 1 dans des bancs à broches analogues à ceux que nous avons dés pour le lîOy mais ne présentant pas de guils. Sur ces bancs, le 3n est encore doublé, quoî(|tie dans une moindre proportion, étiré

il6 INDUSTRIES DU VÊTEMENT ET DE U TOILETTE.

et tordu. Après avoir passé dans deui ou trois bancs i brocha,

arrivé au métier à lîler.

Il y et) a deux sortes : le métier t filature continue et la imd jenny.

Le jeu du métier continu repose sur les mêmes prindpes qntk

FiG. 348. — Nelloyage des chapeaux de card«.

métier à filer employé pour le lin. Il sert à la filalure des filsqv doivent avoir une grande tension, comme ceux que l'on de l'aire les chaînes des tissus.

Quant à la mule-jenny, elle produit la torsion du fil par un méa- "

FiG. 319. — Doubleur élireur pour le

iiisme tout différent de celui du métier continu. Les bobines venant des bancs à broches sont placées sur des axes verticaux disposés sut un râtelier (fig. 250) et autour desquels elles peuvent tourner libR>

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