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LAINES CARDÉES

Nous avons vu que, pour les tissus à surface plus ou moins \elue, il y avait intérêt à employer des laines courtes. Ces laines sont en général travaillées à la carde, qui les prédispose au feutrage. Avant d'étudier la filature de la laine cardée, nous expliquerons ce que c'est que le feutrage. Si l'on prend un certain nombre de filaments de lainer qu'on les presse dans tous les sens par l'action de pilons qui lesn^muent constamment, on verra peu à peu ces filaments s'enchevêtrer et constituer par leur entrecroisement une véritable étoffe, appelée

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mire. Cet enchevêtrement ne se fait et n'acquiert de solidité que «rce que les brins s'accrochent Tun à Tautre par les stries et les aslérités qui résultent de remboîtement des cônes formant la fibre, et lest évident qu'il se produira d'autant mieux que les fibres seront Odieux disposées en sens contraire (tête à pied, s'il est permis d'employer cette expression).

Supposons maintenant que l'action de foulage dont nous venons déparier soit subie par une étoffe dont les fils seront formés à l'aide de fibres placées en sens contraire; ces fils vont se feutrer, se condenser et l'étoffe acquerra un moelleux, une épaisseur qui font le caractère des draps et de toutes les étoffes foulées. Pour obtenir ces effets on emploie des laines courtes que l'on ne poigne pas, mais que T'ui carde, cette opération ayant pour effet, comme nous le verrons, de placer les filaments dans les conditions requises.

Les détails donnés précédemment pour la laine peignée et le colon vont nous permettre d'exposer rapidement le travail subi [)ar les laines cardéis.

Les opérations successives sont le //vV/ye, le dcstfmfaf/p,\(} scc/if/f/e^ qui ont le même but que pour la laine peignée. La matière textile est ensuite ouverte et débarrassée des pailles, des brins de hois etdes sal'jtés qu'elle contient, par une macliine nommée batteuse^ qui se compose essentiellement d'une boîte garnie intérieurement de dents; dans cette boîte tournent quatre ailes armées aussi de diMits coniques; la laine prise entre les dents fixes et les dents mobiles s'ouvre et se sépare des pailles ; par le mouvement même de la machim^, elle passe de l'extrémité par laquelle elle est entrée dans la biîte jusqu'à l'autre exlrémilé, où se trouve une ouverture qui permet de la faire sortir. Quand les laines renferment des chardons, elles sont livrées à des m^chines appelées eVAfl;rfo/ïweî/5e5, dans lesquelles elles subissent d'abord un battage, puis sont soumises à l'action de brosses et de peignes cylindriques dentés qui les débarrassent des chardons. N(»us ne décrirons pas ces machines; nous citerons l'échardonneuse et la batteuse Mercier, qui sont trôs-estimées.

Après un second triage, les laines passent à une machine luanmée loup^ qui a pour effet de mélanger les filaments de natures diverses, de donner de l'homogénéité à la masse et d'achever le travail du battage qui doit ouvrir et assouplir la laine. Puis on la mélani:e à une certaine quantité dhuile, qui facilitera son glissement dans les cardes : c'est l'opération de Vemimage.

Ces préparations faites on procède au cardage, qui s'exécute dans

trois cardes successives. La première, appelée briseuse^ forunit une

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nappe ou matelas qui s'enroule sur un tambour disposé à rextrémiti de la carde. Dans cette machine, les cylindres alimentaires, au lies de fournir directement la laine au gros tambour, la donnent à un cylindre nommé roule-ta-bosse^ qui débarrasse les filaments des corpi étrangers et ménage ainsi les garnitures des organes suivants.

On comprend facilement que le jeu de la carde, tout en peignanl légèrement les fibres et en les séparant des impuretés, les place, l'une par rapport à l'autre, dans les positions favorables au feutrage. L'opération se continue sur une seconde cdivâe nommée repasseuse ^i laquelle on livre le matelas fourni par la briseuse. Enfin le maldas sortant de la repasseuse est transformé en rubans, ou boudins, parune dernière carde dite finisseuse. A cet effet, il y a deux cylindres chargés de reprendre la laine au gros tambour; ces cylindres, au lictt d'être munis de dents de cardes dans toute leur largeur, sont munis de bagues faites en garniture de cardes et séparées par des inlenalks lisses. Les bagues de l'un correspondent aux intervalles lisses ds, l'autre, et réciproquement, de sorte que la laine, au lieu de sortir c une nappe unique d'une largeur égale à celle du tambour, sort en ruban d'une largeur égale à celle de ces bagues. Ces rubans sort roulés sur eux-mêmes et transformés en boudins par le mouvement longitudinal d'un cylindre tournant en même temps autour de son axe et appelé rota-frotteiir.

De là ils passent aux appareils à filer, qui sont, soit le métier continu pour les chaînes, soit la mule-jenny ou le self-acting pour te trames. Dans la filature des laines cardées, les cylindres délivreurs et étireurs de la mulc-jenny ne livrent pas pendant tout le temps que le chariot roule. La torsion se fait en trois temps : !• livraison et to^ sion simultanées ; 2° les cylindres cessent de livrer et le chariot reculant étire et tord en même temps; 3** le chariot s'arrête lui-même et continue la torsion.

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