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CHAPITRE IV

FABRICATION DES ÎISSUS

Les différents tissus qui servent, soit à la confection de nos vête- Hients, soit à d'autres usages, sont formés par rentrelacement régulier de fils de soie, de lin, de chanvre, de laine ou de coton. Le mode d'entrelacement constitue la nature du tissu, et comme ce mode peut ^er à l'infini, les espèces de tissus sont elles-mêmes très-noml^ieuses. L'étude de ces espèces et des procédés de fabrication fait l'objet d'une véritable science, qui a ses lois et ses principes parfaitenient définis. Nous ne pouvons avoir la prétention de traiter ici avec développements un sujet aussi vaste; nous essayerons seulement d'en exposer les points les plus importants.

On divise ordinairement les différentes étoffes en six groupes principaux : 1" les étoffes unies ou à armure fondamentale; 2** les étoffes à armure dessin; 8' les étoffes à dessins artistiques; 4* les étoffes à Bis relevés ; S*" les étoffes à fils sinueux ; &" les étoffes à mailles.

Les tissus compris dans les cinq premiers groupes ont un caractère commun ; ils sont composés de fils de deux espèces : les fils de chaîne, qui sont disposés parallèlement à eux-mêmes suivant la longueur de l'étoffe, et les fils de trame, qui sont au contraire placés suivant la largeur. La chaîne, devant supporter une tension assez forte sur le métier à tisser, est en général plus résistante que la trame. Les fils destinés à la fabrication des chaînes et des trames doivent ^vant le tissage subir des préparations que nous allons d'abord indiquer.

La première opération pour les fils de chaîne est Y ourdissage^ qui ^pour but de disposer parallèlement à eux-mêmes autant de fils qu'il ^oity en avoir dans la largeur de l'étoffe. Cette opération se fait sur ^ne machine nommée ourdissoire^ dont la forme varie, mais que l'on

peut comparera un grand dévidoir sur lequel s'enroulent iBsfilii bobines venant de la Tilalure. Les ùh en quittant les bobine^ passtnl !i travers les dents d'un peigne (fig. 261) qui, se déplaçant nr in(?ut, les distribue sur un grand dûvidoir animé d'un motiH'meiti ik rotation autour d'un a\e vertical. Par un artifice particulier quenm

ne dOcrir«iis pas, non-seuîpmeiil l'ourdissage range les fils parallilfment à eux-môme;!, mais ils les dispose de manière qu'ils ne [mis>en' pas se inC'Ier en montant les uns sur les autres- La résistance des fils de chaîne est augment^'e par une opt^rati qu'on appelle encollage ouparage, et qui consiste à les trem|ier to' une i)Ate de farine et d'amidon. Cette préparation a aussi jMir elTot de rendre leur surface plus lisse et de l'empêcher de s'érailler au riiulact dii la navette du tisserand. L'encollage se Tait ù la main, mieux à l'aide de machines dont le fonctionnement, mak'n:' ^ \arii?lé, consiste toujours à faire passer les fils dans un bain dVm lauT, à la jortie duquel ils vont s'enrouler sur un cylindre afij)?!^ rnmiijjle, après avoir êti.' séchés dans rinter\alle par l'actiiin à'n \enlilateur ou de tubes chauCes h la vnjieur. La résisiance et I elasticiti' dos fils de soie dispensent de les encoller.

Quant aux iils de trame, ils doivent être enroulés sur de petitfs bobines de papier nommées canettes, et ensuite sur des tiges de bois cylindriques, creuses ou demi-creuses, qui seront placées dans 1* navette du tisserand. Cette opération est exécutée par des machiiKs appelées canetières. Leur construction est très-variée.

ÉTOftES LMES. W

)ut est prêt maintenant pour le tissage et il n'y a plus qu'à moiitor ouple sur le métier du ti-seiand.

ÉTOFFES UMES OU A /.Ii:ill'HES FONDAMENTALES.

îs étoffes ù armures fondamentales rentrent dans quatre types cipau.x : lu toile, qui est le plus sinijile, le batavia, le sergé et le

Fie. eeâ, — Mélicr ù lilcr.

M le plus simple, c'est-à-dire pour le tissage de l'armure- toile.

l'arrière d'un bfttis en bois (fig. 2(52) est placé un cylindre liori- &I Ë nommé ensouple, sur lequel sont enroulés les fils de chaîne lis. Vers le milieu du métier, dans sa longueur, sont suspendus t organes L' L', appelùs lames. Chacune d'elles se compose de [ barres de bois reliées par des fils verticaux ou lisses; au milieu es lisses se trouvent des anneaux ou maillons. Si l'on suppose

l'un numérote les fils de la chaîne en allant d'une lisière

à Tautre, les uns seront pairs et les autres impairs. Chaque fii impair de la chaîne est passé dans un maillon de la lame n* 1, et chaque fil pair dans un maillon de la lame n"" 2. A la sortie des lameSi ces fils sont engagés entre les dents d'un peigne P, suspendu à im battant B^ qui peut basculer autour d'un axe placé soit en haut, soit en bas du métier. Sur Je devant du bftti est un rouleau R, sur leqiwL s'enroulera l'étoffe au fur et à mesure de sa fabrication. L'ouvrier, assis sur le devant du métier, pose les pieds sur deux

FiG. 263. — Navettes.

pédales ou marches M N, qui sont reliées aux lames par des fils et des leviers de différents noms, et disposés de telle sorte qu'en appuyant sur la pédale M avec le pied gauche, on lève la lame n° l et l'on abaisse la lame n°2 ; qu'en appuyant sur la pédale N, on fasse Tinverse. L ouvrier a à sa disposition une navette, c'est-à-dire un outil en bois, qui a la forme d'une nacelle; cette navette est creuse vers sou milieu, et l'on y place une canette ou bobine sur laquelle est enroulé le fil de trame, qui sort par un trou ou par une fente latérale (fig. 263).

Le métier étant préparé, supposons que l'ouvrier appuie sur la marche M : tous les fils de rang impair vont se lever et ceux de rang pair s'abaisser; il y aura ainsi deux nappes de fils de chaîne faisant entre elles un certain angle, comme le représente la figure théorique "264 (1). Tenant la navette de la main gauche, par exemple, il la fera glisser dans Tintervalle des deux nappes, perpendiculairement à la direction de la chaîne ; la trame se déroulera de la canette, et quand la navette aura parcouru toute la largeur des deux nappes, elle aura inséré entre elles une longueur de fil appelée rfwi/e. L'ouvrier cessant d'appuyer sur la marche M, les fils vont revenir à leur position pri-

(I) Nous OMipriinlons cette figure et plusieurs de ccUcs qui vont suivre, au court ii tissage professé à la Société industrielle d*Amicns, par notre collègue et ami M. ÉdouaH Gand.

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