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GRÈS, MEULIÈRES

La pierre généralement désignée sous le nom de grès se compose de grains de sable réunis entre eux par un ciment naturel. La cou'^ sistance du grès est très-variable ; quand il est dur, compacte, il sert aux constructions, au pavage, au dallage des trottoirs. Nous citerons: V les grès de Fontainebleau, de Palaiseau, qui sont employés au pavage dans tout le nord de la France, à Paris, etc. ; 2" le grès rouge j le grés bigarré^ le grès des Vosges, si abondants dans Test de la France, qui donnent des pierres d'excellente qualité pour la construction des édifices, pour le dallage des trottoirs, le pavage des rues, etc. ; S** le grés houiller^ qui sert ainsi que le grès rouge, à la fabrication des meules employées pour user ou polir les corps durs. Les meules de grès présentent, ainsi que les meules de granité, l'inconvénient d'être sujettes à éclater tout îc coup avec une sorte d'explosion, lorsqu'on leur imprime un mouvement de rotation rapide ; aussi doit-on les entourer de cercles de fer, ou les envelopper d'un bâti solide destiné à protéger les ouvriers.

L'extraction du grès n'offre rien de particulier ; elle se fait, en général, à ciel ouvert et par des procédés analogues à ceux que l'on emploie pour le granité.

Nous citerons encore, comme application des pierres siliceuses, l'usage des pierres meulières delà Ferté-sous-Jouarre, qui sont formées par un calcaire siliceux ou caverneux présentant toutes les qualités

d'une bonne meule à moudre le grain. L'exploitation se fait par des procédés analogues à ceux que nous avons décrits plus haut et qui consistent à isoler les blocs au moyen d'entailles et de rigoles, puis à les détacher de la masse à l'aide de coins.

Quand on veut extraire une meule d'un seul morceau, on isole le bloc par une rigole circulaire, puis on creuse à sa base un petit souchèvement, où l'on chasse avec force des coins de bois de chêne trèssec. On les fait gonfler en jetant de l'eau dans la rigole circulaire; en augmentant de volume, ils soulèvent le bloc, que l'on achève de détacher en enfonçant des coins de fer entre les coins de bois.

Autrefois on faisait les meules d'un seul morceau, mais il y avait à cela un grand inconvénient, puisqu'on ne pouvait donner à telle ou telle portion de la surface les qualités nécessaires au travail que cette portion devait effectuer. Aujourd'hui, les meilleures meules sont composées de dix à vingt morceaux Si^pelés panneaux ou carreaux et choisis de manière à avoir les qualités requises. Les joints qui doivent réunir ces morceaux sont taillés au burin et cimentés par un pl&tre très-fin et très-solide. L'ensemble est maintenu par des ailes de fer posées à chaud.

La pierre meulière est aussi exploitée dans la Brie et dans la Beauce comme pierre de construction. Elle est dure, légère, inaltérable, absorbe facilement le mortier, se l'incorpore et en devient inséparable. Unie aux ciments, elle forme des bétons qui permettent de monter des galeries d'égout de 6 mètres d'ouverture. La meulière constitue le fond de toutes les constructions exécutées par les services publics à Paris.

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