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FAUUICATION DES AGRAFES ET DES DÉS A COUDRE

Les agrafes constituent un accessoire qui entre dans un certain nombre de vêtements et sert ù réunir à volonté des parties séparées. Autrefois elles se faisaient à la main, à l'aide de pinces qui permettaient de saisir un fll de laiton étamé et de le contourner d'une manière convenable. Aujourd'hui une machine, inventée par M. Gingembre, saisit le fil, l'entratne, le redresse, le coupe, le double, forme les yeux de l'agrafe, replie le crochet, le pousse sous le ma^ teau qui doit l'aplatir, le frappe et le chasse pour faire place à celai qui te suit. La machine fabrique de quatre-vingts à deux cents agrafes

\ la minute, et réduit le prix de la façon à 5 centimes par kilogramme.

Les dés à coudre en métal sont faits de la manière suivante : On taille à l'emporte-pièce des disques de 5 centimètres dans la tôle de fer; on les porte au rouge et on les emboutit avec des poinçons qui les forcent à se modeler dans l'intérieur de cavités en acier, dont la succession les amène à la forme voulue ; les dés sont ensuite taillés et polis au tour. Leur surface extérieure reçoit, pendant qu'ils tournent sur le tour, l'action d'une petite roulette en acier qui y imprime les trous que Ton y remarque toujours, et dans lesquels se logera la télé de l'aiguille de la couseuse, au moment où celle-ci se sert du 3é pour pousser l'aiguille dans le tissu. Les drs en tôle sont insuite transformés en acier par la cémentation, puis décapés et îvrés au feu. Quelques-uns sont doublés d'or, c'est-à-dire qu'on in- •roduit dans chacun d'eux un dé en or très-mince qu'on y force avec an mandrin d'acier poli; cette doublure tient au dé comme si on l'y avait soudée.

FABRICATION DES BOCTONS.

Les boutons qui entrent dans la confection de nos vêtements sont aits par des procédés qui varient suivant leur forme et leur nature.

Les boutons d*os et de bois sont ordinairement fabriqués au tour, --es os et le bois sont d'abord découpés en plaquettes par une scie * îrculaire; puis ces plaquettes sont présentées verticalement à un 'Util monté sur l'arbre du tour. L'ouvrier appuie sur la plaquette fig. 517) et y fait entrer l'outil qui porte deux dents pointues chargées de découper la rondelle devant former le bouton, pendant pi'une autre partie y creuse les gorges et les baguettes destinées à •mer sa surface. Aussitôt que le bouton est tourné, il tombe dans ine boîte ou dans une toile située au-dessous du tour, et l'ouvrier, présentant à l'outil une autre partie de la plaquette, recommence opération. Le polissage des boutons s'exécute aussi sur le tour. i'arbre porte une pièce de bois, ou mandrin^ offrant une cavité assez irande pour recevoir le bouton, mais trop petite pour l'y laisser enrer tout entier. L'ou\rier l'y place avec dextérité, et, pendant que 3 mandrin tourne rapidement, il appuie sur le bouton un linge enluit d'une pftte de savon et de blanc d'Espagne.

Les trous sont aussi percés mécaniquement à l'aide d'un foret Qonté sur le tour. Quand le bouton doit avoir plusieurs trous, le our porte plusieurs forets non solidaires l'un de l'autre et tou r-

518 INDUSTRIES DU VÊTEMENT ET l)E LA TOILETÎt:.

naol ensemble; les trois ou quatre Irous sonl donc percés à la lijîi

(fîg. 318).

L'application des macliînesà la fabrication des boutons explique I« bon ninrcbi^ auquel le comnnerce les livre actuellement.

On se sert aussi, dans cette iiiduslrie, d'un fruit d'Afrique.

cftrozso, analogue à Ui uoi,v de coco cl duiiL la matière, Busa'pliblc d'un travail facile et d'un beau iioli, peut recevoir des teintes lariibles que l'on assortit à la couleur des vôtements. On désigne souient cette substance sous le nom d'ivoire végétal. La fabrication des boutons d'os et de corozzo est concentrée dans le département de l'Oi». MM. Dupont et Deschamps ont install<J à Beauvaîs une imporunk usine, où nous avons vu fonctionner les procédés mécanique» qi'f nous venons de décrire.

Les boulons de corne sont fabriqué? en comprimantdansdesnioa-

FABRICATIOS DES BOUTONS. 519

nt la forme rappelle celle des gaufriers, des morceaux de corne lie dans l'eau bouillante (Qg. 319).

boutons métalliques, au moins les plus usités, sont en général

Vie. 318. — Tour à percer plusieurs trous

■n étain, ou en un alliage de cuivre et d'étain que l'on fond et on coule dans des moules en sable. Les boutons de laiton ou

Fie. 319. — Houle 1 Taire lei boutons de eome.

ivre doré sont confectionnés par estampage sur des lamelles de ! auxquelles on soude ensuite les queues et que l'on polit. • boutom d'étoffe sont faits en recouvrant d'étoffe ou depasse- MÏe dee moules en bois fabriqués en général dans les campa-

gnes de la Lorraine, et qui rendus à Paris coûtent 1 centime i/& h douze douzaines.

Les boutons de pâte céramique entrent maintenant pour une trèslarge part dans la consommation ; tels sont par exemple, les boutons de chemine. M. Bapterosse a inventé pour leur fabrication une série de procédés excessivement intéressant:?, qui sont appliqués dansées usines de Briare et de Gien.

La matière première employée à leur fabrication est composée de feldspath, d'oxydes métalliques, de phosphates, de borates, qui eiilrenl dans la fabrication des émaux pour porcelaine ; ces matières, après pulvérisation, sont lavées sucessivement dans Teau, les acides et le lait, puis tamisées et mises dans des sacs de toile où on les comprime pour en extraire l'eau ; elles sont ensuite séchées. La substance pulvérente est répartie sur une plaque de fonte fixe présentant des cavité; qui sont autant de moules où se moulera la pâte : au-dessus de cette plaque est une autre plaque mobile, qui présente autant de sailfe ou poinçons que l'autre a de cavités : elle peut descendre sur la première de manière que les poinçons entrent dans les matrices et y soient appliqués par une presse à vis. La pâte, comprimée entre le poinçon et la matrice, en prend la forme et acquiert assez de conÀstance pour pouvoir être transportée, sans s'émiettcr, sur des feuille? de papier. Cette machine permet de faire cinq cents boutons à la fois. Los trous des boutons sont percés par des forets mus mccaniqueraent, pendant que la pâte est pressée dans les matrices.

Il faut maintenant donner à cette pâte une consistance déflniti>e; c'est par la cuisson qu'on y arrive. On place les feuilles de papier sur des plaques de tôle que l'on met dans des fours ; le papier brûle, la pâte se fond sous Faction de la chaleur et prend par le refroidissement la consistance voulue.

Les boutons sphériques ou cylindriques, de couleurs variées, qui sont si généralement employés aujourd'hui, .doivent être munis de queues ayant la forme d'anneau. Ici commence l'usage d'une série de machines des plus ingénieuses que nous avons vues fonctionner dans l'usine de M. Bapterosse, à Gien. Nous esquissemns seulement les principaux traits de cette fabrication pour montrer la fécondité de la division du travail, fécondité augmentée ici par l'emploi des machines que M. Bapterosse a inventées et appropriées d'une manière si intelligente au but qu'il poursuivait.

Les queues de boutons sont faites de la manière suivante : On enroule un fil métallique autour de deux tiges en laiton séparées par une lame plate de cuivre (fig. 320); on passe le tout entre les canne-

;s de deiu cylindres qui dépriment le fil contre la tame et le forcent intourner la tige en laiton ; on retire ensuite la règle plate pp et ;oupe le tout par le milieu; on a ainsi autour de chaque tige de 30 autant d'anneaux à queues qu'il y avait de spires dans la spi- ! métallique, c'est-à-dire cinq à six cents. Les queues Q de ces ■eaux sont ensuite enfilées à la main dans les trous d'une rondelle cuivre G, ou plastron, découpée à l'em porte-pièce. 1 faut maintenant placer ces queues dans le trou des boutons : ce u, au lieu d'être lisie et d'avoir été percé sur la presse par un

Fie. .120. — Boulons de pllL céiamiri il fabricul

ft ordinaire, l'a été par une vrille qui a fait des pas de vis à son érieur. On comprend que, s il fallait poser à la main chacune des eues, le prix de revient serait trop élevé

H, Bapterosse a divisé le tra\ail, dont chaque partie s'exécute pour si dire mécaniquement. Dans un vaste atelier, des femmes ou des ites OUes sont assises devant une table à casiers dans chacun des- ^ se trouve une masse de boulons ou de queues. Une ouvrière nge dans le tas de boutons une plaque de cuivre percée de trous ; il'en retire chargée déboutons et, parle mouvement qu'elle hii mme, chacun d'eux se loge dans un trou de la plaque qu'elle inle ensuite légèrement pour faire tomber ceuxqui n'ont point trouvé xou pour se loger; avec une très-grande dextérité elle passe la main les boutons, de manière à retourner ceux dont les trous ne sont en regard de ceux de la plaque. Quand tous les boulons sont bien ces, elle pose sur eux une autre plaque qu'elle serre avec des vis «tourne le système pour le passer & sa voisine. Celle-ci se trouve ic en présence d'une série de boutons serrés entre deux plaques et

présentant chacun leur trou en face du trou correspondant de la plaque trouée. Elle distribue rapidement dans chaque trou une perle d'alliage fusible qui servira tout è l'heure à souder les queues.

Un moyen aussi ingénieux que le précédent est employé pour saisir toutes ces queues et les disposer dans les trous d'une plaque sembUUa à celle dont nous venons de parler. Par une manœuvre analog» toutes les queues sont placées, la boucle en haut, dans les trous de la plaque ; on vient alors poser sur chaque rangée une espèce de pince à mâchoires parallèles, de manière que toute la rangée de boucles entre dans Tintervalle de ces mâchoires; on serre la pinceH on enlève ainsi d'un seul coup toute une rangée de queues. On place ensuite chacune de ces pinces sur une rangée de trous de la plaque à boutons et de telle sorte que chaque queue entre dans le trou d'un bouton. L'ensemble formé par ces plaques et par ces pinces est porté sur un fourneau à gaz ; la chaleur développée fond l'alliage fusible, chaque perle devenue liquide se modèle dans les spires du trou à vis, et s'attache à la queue qui se trouve ainsi solidement fixée au bouton.

M. Bapterosse a poussé plus loin encore la perfection de ces procédés mécaniques. Pour vérifier la solidité des boutons, on porte les plaques débarrassées de leurs pinces sur une machine spéciale qui présente autant de petites griffes qu'il y a de boutons; par le mouvement de la machine, ces griffes entrent chacune dans l'anneau de la queue d'un bouton ; puis à l'aide d'un levier on exerce sur elles une traction de haut en bas équivalente à un poids de 7 à 8 kilogrammes; cette traction se transmet à toutes les queues et celles qui n'étaient pas solidement fixées à leur bouton se détachent.

Nous ne citerons que pour mémoire d'autres machines fort ingénieuses aussi et servant à enlever les bavures que la pince a laissées aux boutons, à peindre, presque mécaniquement à la surface des boutons, des anneaux colorés, etc., etc.

FAfiRfCATlON DES BROSSES.

La fabrication des brosses fait Tobjet d'une industrie qui est répandue dans un grand nombre de localités, mais qui est surtout développée à Beauvais et dans ses environs.

Une brosse quel qu'en soit l'usage, se compose de deux parties essentielles : la patte et les soies. La patte est faite en bois, en os ou en ivoire ; sa forme est variable; elle est destinée à recevoir des soies de porc ou de sanglier, à les réunir et à en faire un tout assez ré-

pour que , lorsqu'on les passe à la surface de l'objet que t brosser, elles enlèvent les corps étrangers, poussière, etc. lies de porc ou de sanglier sont d'abord triées par couleur et ;; elles sont ensuite peignées, comme le lin, sur un peigne nts verticales. Après ce peignage elles sont lavées h la potasse, par paquets sur une meule qui achève le nettoyage, blanchies chambres à soufre, puis redressées. Le redressage a pour but aire perdre la forme courbe qu'elles présentent; on les enpour cela par paquets dans des morceaux de toile que l'on ;c une ûcelte, et on les porte dans des étuves où elles sèchent Pressant sous la pression exercée par la ficelle. Enfin il faut ■ au triage, qui divise généralement les soies en quinze

Kic. 3Î1. — Fabrication itrs Lrosses à dents.

('après leur longueur. A cet effet, l'ouvrière en prend une que d'une main elle tient verticalement sur une table ; elle milieu une tige de cuivre d'une certaine longueur, puis, avec libre, elle tire tous les poils qui sont plus longs que la tige et à part. Elle remplace la première tige par une plus courte et t ainsi jusqu'à ce qu'elle soit arrivée aux poils de la plus courte m.

jns maintenant la fabrication des pattes qui doivent recevoir . Le bois, l'os ou l'ivoire sont débités à la scie circulaire, et eauît provenant de ce débilage sont ébauchés à l'aide d'outils ues, qui leur donnent grossièrement la forme que doit avoir ils sont finis ik la lime, mouillés avec un mélange de savon ne d'Espagne et polis sur des meules garnies de coton, qui

tournent avec une grande rapidité. Les pattes sont ensuite percées trous destinés à recevoir les soies : ce forage se faisait autrefois à main; aujourd'hui il est exécuté par des machines qui sont construit avec tant dliabileté, que la patte disposée sur elles se déplace avi une régularité parfaite pour venir présenter ses différents points l'action des forets. Tantôt les trous sont percés de part en part, tanU ils ne traversent qu'une partie de l'épaisseur.

Il faut maintenant monter les soies. Supposons d'abord le cas les trous sont percés de part en part. L'ouvrier passe dans le prei trou une ficelle pliée en boucle et dont l'un des bouts est fixé à ui extrémité de la patte; il engage dans la boucle un faisceau de poil puis il tire le fil de manière à forcer la boucle à descendre dans trou et à y entraîner le faisceau de poils qui se replie par le milieu et] qui doit être assez gros pour boucher le trou; il fait une nouvelle] boucle, engage le fil dans le trou suivant, et ainsi de suite. On coule, sur le dos de la patte, de la colle-forte, chaude et liquide, de manière i maintenir le tout, et l'on place au-dessus une plaque qui cache le travail. Enfin on égalise les poils en les coupant avec des ciseaux appelés /brcc5.

Pour les brosses à ongles et à dents, qui sont ordinairement en os ou en ivoire, on ne perce pas les trous de part en part, et chacun d'eux vient aboutir dans un canal percé longitudinalement; il y a autant de canaux longitudinaux qu'il y a de rangées de trous transversaux. On engage le fil horizontalement à travers le canal (fig. 321) et, à l'aide d'un petit crochet, l'ouvrier va le chercher au fond de chaque trou pour le sortir en forme de boucle.

FABRICATION DES PEIGNES (PElGNES FINS ET DÉMÊLOIR?).

Les peignes qui servent à la toilette sont fabriqués avec la corne, l'ivoire ou l'écaillé.

Les cornes employées à cet usage sont ordinairement celles de bœuf et de bufile sauvage : le Brésil nous en envoie des quantités considérables.

Le premier travail que l'on fait subir aux cornes consiste à les débarrasser de leur noyau intérieur : on les met d'abord macérer dans l'eau froide, puis, en les tenant par le bout le plus petit, on les frappe avec un morceau de bois de manière à faire sortir le noyau qui les remplit. On coupe ensuite à la scie la pointe et la base de la corne et on les vend aux couteliers, qui s'en servent pour garnir les couteaux,

u aux fabricants de cannes et de parapluies, qui en font des pommes K des crosses. La partie moyenne des cornes est alors ramollie de «MJveau dans Teau froide, puis dans une chaudière remplie d'eau «aillante; on les retire deux par deux de la chaudière et on les Bfile sur les branches d'une longue pince, qui sert à les exposer à iMtion d'une flamme claire. La chaleur les ramollit plus encore, et, •ndant qu'elles sont chaudes, on les fend suivant leur longueur wee une serpette ; à Taide de pinces plates, on saisit les deux bords de ■ fente et Ton ouvre peu à peu la corne en la réchauffant pendant le iPtvaîl pour lui conserver son extensibilité. Les plaques de corne hsi obtenues sont mises en presse entre des plaques de fer poli et on BB laisse refroidir sous une pression peu considérable; après refroiissement, on les jette dans Teau froide, où elles restent pendant piques instants. Les opérations qui précèdent constituent ce qu'on moelle Yaplatissage à blanc : elles s'appliquent spécialement aux Dmes noires et sans transparence comme celles de buffle.

Les cornes blanches et transparentes sont soumises à Vaplatissage ' vertj qui a pour effet d'augmenter leur transparence. Ce travail Dnsiste à chauffer la corne, préparée à blanc, au-dessus d'un feu de liarbon de bois et à la gratter avec des outils qui enlèvent toutes les «lies non transparentes; puis on la ramollit dans l'eau froide, dans eau chaude, et on la soumet à l'action d'une presse dont les plaques ont chauffées. Après refroidissement complet, on desserre les plaques, SI retire les cornes et on les charge de poids pendant quelque temps €)ur les empêcher de se gauchir.

Les opérations précédentes sont souvent exécutées dans des usines Utres que celles où se confectionnent les peignes : à leur arrivée liez le fabricant, les lames de cornes subissent le travail du redressage ^T lequel on leur donne la forme plane en les ramollissant par la lialeur et en les mettant encore chaudes dans des presses formées de 'laques de bois que l'on serre avec des vi>. Alors commence une Crie d'opérations qui constituent la fabrication proprement dite du »«igne et où l'on applique encore avec succès le principe de la division In travail, principe dont nous avons déjà constaté plus d'une fois la ëoondité.

1* Traçage des cornes. — Les plaques sont livrées à des ouvriers qui ^lacent sur elles des patrons en zinc rectangulaires, dont ils suivent B8 bords avec un stylet, en traçant sur la corne les lignes où devra lasser la scie. Le talent de l'ouvrier consiste à tirer d'une plaque le dus de peignes possible, en plaçant des patrons de dimensions différentes, de manière à utiliser toute la surface.

'2° Rognage. — Les plaques sont découpées, suivant les ligne tracées au stylet, à l'aide d'une scie circulaire.

S" Mise en modèle on en forme, — Les morceaux rectangulai ainsi obtenus reçoivent la forme générale du peigne, dont le- exi mités sont ordinairement arrondies, par l'action de petites mi d'acier qui tournent autour d un axe horizontal.

4° Grattage. — La corne est ensuite amincie et biseautée sur bords par des meules d'acier.

b"* Coupage. — Cette opération consiste à refendre la plaque former les dents du peigne. Elle s'exécute avec autant de préciâ que de rapidité, au moyen d'une petite machine qui se compose pri cipalement d'an outil appelé fraise^ tournant autour d'un axe hoiî zontal, en avant d'une pince dans laquelle on a serré la plaque corne. Cette fraise fait l'office d'une scie circulaire et a une épaiss égale à l'intervalle des dents. La pince peut basculer autour d'un horizontal, parallèle à l'axe de rotation de la fraise, et, lorsqu' l'abaisse, elle présente la plaque à l'action de l'outil qui entaille corne; quand la fente est faite dans toute sa longueur, l'oinri appuie sur un levier qui relève la pince et, par un mécanismes celle-ci se déplace latéralement d'une quantité déterminée; au m vement suivant, la fraise pratique une seconde entaille à la dislai voulue de la première. Cette machine peut, en une journée, taillerj cents peignes.

Ci" PUiintiu/e, — Les dents ainsi formées doivent ensuite êtreanii'> cies et appointées : on emploie, à cet effet, des meules d'éiiieri qui servent en môme temps à adoucir les coins du peigne.

T (irèlafje des dents. — Pour éviter que les dents ne soient tnf aiguës et ne blessent la tête, on les f/rèle^ c'est-à-dire qu'on lo> uîe sur des meules d'émeri,

8" Ratissfige, — Cette opération, qui s'exécute comme legri*iai:e,i pour but d'adoucir les arrêtes du dos du peigne.

0« — Ponçage, — Il faut maintenant commencer à polirlasurfi'V, ce qui se fait à l'aide d'une meule en peau de buffle, qu'on arrose a\ec de la ponce en suspension dans l'eau.

10" Tamponnage, — L'opération précédente est complétée c^irl^ tamponnage^ qui consiste à user la corne contre des meules tonrnaiit autour d'un axe horizontal et formées par des lames de drapjii^!^posées. Ces meules sont arrosées avec de la ponce. Nous avons \\\ eiB* ployer à leur confection les vieux pantalons de troupes, doiit le drap est très-bon et très propre à cet usage.

11° Mise en couleur. — On met ensuite la corne en couleur en ^

-faisant bouillir dans des liquides de composition convenable et ordi. nairement tenue secrète par les fabricants. Elle en sort avec des tons noirs ou autres qui sont plus flatteurs à l'œil que ceux de la corne naturelle. Quand on veut fabriquer de la fausse écaille, la corne est Attaquée à Taide de liquides acides qui y produisent les taches transparentes que présente Técaille.

12* Polissage* — Pour le polissage proprement dit on emploie d'abord des meules en peau de mouton, mouillées de vinaigre, puis des brosses à ongles qui nettoient l'intervalle des dents, enfin des ' meules en drap.

13** Empaquetage. — Des ouvrières spéciales sont chargées de ' mettre en paquets les peignes sortant des ateliers de fabrication.

Les procédés que nous venons de décrire permettent de livrer '^ à la consommation des peignes que Ton peut vendre 3 francs la ' douzaine.

\J écaille est aussi employée à la fabrication des peignes. C'est une ^ substance cornée qui recouvre, en plaques plus ou moins grandes et plus ou moins épaisses, la carapace de quelques espèces de tortues. La plus belle qualité est fournie par le caret ^ que Ion pêche en Asie et en Amérique. Ces lames sont détachées de la carapace par Taction de la chaleur. L'écaillé se travaille à peu près comme la corne et subit comme elle l'opération de l'aplatissage : ces lames peuvent se souder i chaud. La fabrication du peigne d'écaillé est la même que celle du peigne de corne.

Nous devons ajouter que les peignes d*écaille faits à la main sont d'un usage bien supérieur à celui des peignes découpés à la mécanique. Les premiers sont, pendant le travail, chauffés à l'eau salée, qui entretient l'élasticité de la matière, et leurs dents sont découpées à la scie, qui ne les ébranle pas autant que le découpoir mécanique dont le frottement échauffe la matière et la rend plus ou moins cassante.

Les mômes moyens de fabrication s'appliquent aussi aux peignes d'ivoire, de caoutchouc et de buis.

Les peignes de parure ou à chignon se font à la main ; ils sont soumis aux caprices de la mode, et leur fabrication rentre presque dans les industries artistiques.

L'intéressante industrie qui nous occupe s'exerce à Paris, dans les départements de la Seine, de l'Eure, d'Eure-et-Loir, de l'Oise, de l'Ain, du Jura et de la Somme. Parmi les usines qui pratiquent avec succès la fabrication mécanique, nous citerons celles d'Ezy (Eure) et d' Airaines (Somme). La valeur des produits fabriqués, dont une grande

partie est destinée à l'exportai ion, est estimée à 1& miJIioDsdefni environ.

BIJOUTERIK.

La bijouterie a pour but la fabrication d'un grand nombre fi de luxe qui servent à la parure el à la toilette. Nous ne pouvom dier ici tous les prqcédés de fabrication, qui varient h ritiiiniavecl nature et avec la fnrme des objets ; nous nous bornerons à quelqiu considérations générales sur les principales branches de ctàn dustrie.

La bijouterie proprement dite a pour matière première l'orell'ar

gent. Lorsqu'elle iissocie à ces métaux les pierreries dans une nolaW* proportion, on la désigne sous le nom ds joaillerie.

L'or et l'argent purs ne sont pas assez durs, assez résistants, pour conserver les formes délicates que leur donne le bijoutier; aussi doiton, avant de les travailler, les allier avec une certaine quantité <}0 cuivre. Le litre de cet alliage, c'est-à-dire le poids d'argent ou d'or piff contenu dans 1000 parties d'alliage, est déterminé dans des bareaai d'essai nommés ffaranties, gui en indiquent la valeur par un amirile, ou marque appliquée au poinçon.

Le bijoutier et le joaillier se servent le plus sauvent de plaques !•• minées d'or et d'argent, qu'ils découpent avec de petites scies k dont la lame très-fine est engagée dans des trous préalableme»! ftili avec nn foret appelé drille (fîg. 322). Des limes de toutes grtBdaw

ent aussi au bijoutier pour achever le travail du découpage. Les jes concaves ou convexes sont façonnées par emboutissage dans cavités pratiquées dans im cube en bronze nommé dé à emboittir. refoule le métal dans les cavités à l'aide d'un outil appelé bouterolle . Ï2S).

Id grand ntmibre de pièces en bijouterie sont faites par estampage;

IS3. — Oulili de bijoutier: Pince à coulaiit, ciauir, prcsscUc, piiico ronilo ou pince te, pince i couper, ilé à cmboulir, boulerolle, foret, chaliimeati, perruque ou Ici- MC (mM>e en fll de ter sur laquelle on pbce les bijoux i\ Mudcr), poi^ée (outil lequel ou ûxe les bijoux), éclioppc à arriMcr, écboppe à reTendrc, lïlau, pointe â ««nrir (pour sertir), scie i main.

très sont fondues dans^des moules de cuivre, dont la matière a été ord coulée dans des moules de plâtre, puis retravaillée au burin : avoir plus de fini. Les différentes pièces des bijoux sont réunies

par la soudure j qui est une opération très-fréquente en bijouterie : elle consiste à faire fondre un alliage de cuivre et d'argent entre les parties à réunir. La fusion s'obtient en dirigeant à l'aide d'un cba* lumeau, sur les parties à souder garnies de soudure, un jet de gu, dont la flamme est rendue plus chaude par l'injection au milieu d'elle d'un courant d'air plus ou moins actif. On emploie aussi la flamme de Talcooi ou de Thuile.

Pour monter les pierreries, le joaillier opère par sertissure: après avoir fait un tube cylindrique, il le découpe en anneaux appelés charnières à chatons^ qu'il soude sur le bijou ; puis il monte celui-ri sur un manche de bois avec du ciment. Ensuite il niet en cire^ c'està-dire qu'il fixe les pierres avec de la cire à l'extrémité de pelils bâtons de bois, qui lui permettront de les porter dans la cavité où ils doivent être sertis. Lorsque les pierres sont en place, l'ouvrier, aa moyen d'outils appelés échoppe à refendre,^ échoppe à arrêter^ marteau à sertir^ rabat le métal ou chaton sur les bords de la pierre de manière à l'y emprisonner solidement. Tel est le moyen employé pour monter les diamants; dans tous les autres cas la sertissures^ fait par des procédés analogues.

Lorsque les bijoux sont montés, ils sont livrés au brunissage et au polissage, qui ont pour but de polir leur surface. Le bijou, après avoir été gratte-brosse, c'est-à-dire soumis à l'action d'une brosse métallique animée d'un mouvement rapide de rotation, est frotté à l'aide d'oulil^ maniés à la main, et qui sont en acier, en hématite, en pierre d'ardoise, etc. Après le brunissage vient le polissage, qui se fait à h ponce, au tripoli, au rouge d'Angleterre, etc.

On désigne sous le nom de bijouterie d'imitation l'industrie qui fabrique les bijoux à bon marché, en se servant non plus de lames d'^r et d'argent, mais de lames de cuivre recouvertes d'une faible épaisseur d'or ou d'argent. On fait ainsi à un prix moindre des objets dont k surface peut avoir l'éclat et l'inaltérabilité des bijoux faits entièrement avec les métaux précieux. Cette industrie a pris depuis quelque> années un très-grand développement : Paris et Lyon en sont les principaux centres; à Paris les maisons Savart et Héricé lui ont fait atteindre une grande perfection.

Il y a lieu de considérer deux espèces principales de bijoux d'imitation : le doublé ^i le doré,

La matière première des bijoux doublés s'obtient en soudant ensemble, parla pression à chaud, une lame d'or et de maillechorl (alliage de nickel et de cuivre fait dans des proportions déterminées).

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