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FABRICATION DES AIGUILLES A COUDRE

que nos voisins. Eu Angleterre, les aiguilles se font encore à la main ;

en Prusse, Tusage des machines a réalisé de grands progrès tant au

point de vue du prix de revient qu'à celui de la qualité. La fabrication

des aiguilles comporte, comme celle des épingles, un grand nombre

d'opérations, que nous ne ferons qu'indiquer. La matière première

employée est du fil d'acier, ou du fil de fer que l'on transforme en

acier au cours de la fabrication. On commence par choisir les fils et

par vérifier leur calibre; on renvoie à la filière ceux d'un trop gros

diamètre. On procède ensuite au dévidage et au coupage en mor-

. eeaux d'une longueur égale à celle de deux aiguilles ; puis on les dresse

"^^ien en faisant des bottes cylindriques que l'on roule sur une table, et

FiG. 315. — Aiguilles enlUées dans deux broches.

on les empointe sur des meules. On procède alors à V estampage : celte opération s'exécute à l'aide d'un mouton semblable à cehii que nous avons décrit à propos des épingles; la matrice, en tombant sur la région moyenne de l'aiguille jumelle, y estampe la rigole que l'on voit à la suite du trou et prépare en l'amincissant la région oîi doit être foré le trou. Ce forage se fait avec un poinçon à double pointe, qui perce d'un coup les deux trous de chaque aiguille jumelle. Les aiguilles sont ensuite enfilées sur deux broches traversant chacune un des trous (fig. 315) ; l'ensemble rappelle par son aspect une arête de poisson, et l'on procède à la séparation des aiguilles jumelles en amincissant à la lime l'intervalle qui sépare les deux trous et en exerçant ensuite une pression qui les rompt à l'endroit affaibli.

Les aiguilles sont alors transformées en acier par la cémentation, quand on a employé du fil de fer. Quand, au contraire, on s'est servi de fil d'acier, la chaleur développée par les différentes opérations l'ayant détrempé, il faut le retrempera nouveau, en projetant les aiguilles chauffées dans l'eau ou dans l'huile froides. On passe alors au polissage qui dure quelquefois une semaine, mais qui s'exécute dans des machines où l'on polit dix ou quinze millions d'aiguilles à la fois. Ces aiguilles sont pour cela disposées, par couches alternatives, avec du silex ou de l'émeri en poudre, dans des sacs auxquels on faitsubir

516 liNDUSTRIES DU VÊTEMENT ET DE LA TOILETTE,

l'action de rouleaux chargés d'opérer la friction du sable el in aiguilles. Après le premier polissage, elles sont dégraissées comme les épingles dans la sciure de bois, vannées et soumises à un nombre de polissages suffisant. Les aiguilles bien polies sont ensuite triées de celles qui le sont moins et passent à l'opération du driltage, dent l'effet est d'achever ou d'arrondir le trou fait au poinçon et qu'on appelle chas ou œil. Pour cela l'ouvrière, après avoir disposé une trentaine d'aiguilles sur une plaque de cuivre, les y maintient par la

FiG. 316. — Polissage îles nigiiillcs.

pression des doigts et les présente h l'action d'un burin nommé drille qui entre dans chaque trou et l'achève. Celte opération e\igeuneti^bonue vue et une grande dextériUi.

Les aiguilles reçoivent alors le dernier polissage sur une bobiiif garnie de bufUe et de matières pulvérulentes (fig. 316). Pendanl que la bobine tourne, l'ouvrière appuie sur sa surface une certaine quantité d'aiguilles qu'elle fait en môme temps rouler sur elles-méme;. C'est là qu'excellent les ouvrières anglaises. La mise en paquets comprend encore une dizaine d'opérations que nous ne décrirons pas.

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