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CHAPITRE PREMIER

CONSTRUCTlOiN DES MAISONS

Tout le monde connaît la disposition générale de nos maisons : il est à peine besoin de rappeler qu'elles sont limitées extérieuremeot par des murs assez épais, qu'elles sont divisées intérieurement pardes niurs plus minces en appartements qui communiquent entre eux par des portes; que des cloisons horizontales appelées planchers les scpirent en étages reliés par des escaliers; qu'enfin l'air el la lumière y pénètrent par des ouvertures qui peuvent être fermées à volonté par des pièces mobiles nommées fenêtres.

Avant d'élever les murs, il faut d'abord s'assurer de la solidité du sol sur lequel on veut bûtir, pour éviter que le poids des matériaux superposés ne produise des tassements, qui amèneraient des dislocations plus ou moins dangereuses. La surface du sol étant, en général, assez meuble^ on pratique ordinairement des fouilles jusqu'à ce qu'on ait rencontré un terrain résistant, et l'on remplit ces fouilles avec de? moellons, ou pierres irrégulièrement cassées, que l'on réunit à laide de mortier qui, en durcissant, fera du tout une masse compacte el capable de supporter le poids de la maison. C'est ce qu'on appelle faire des fondations.

Lorsque les fouilles ne rencontrent pas de terrain résistant, on peut faire des fondations sur pilotis^ c'est-à-dire qu'à l'aide d'appareils nommés sonnettes^ on enfonce jusqu'à refus des pieux de bois, que l'on coupe tous à la même hauteur ; on enlève entre eux la terre ameublie par le battage et on la remplace par un blocage en pierres sèches ou en béton. Puis on établit sur ces pieux une espèce de plateforme en madriers sur laquelle on élève les murs.

Les maisons sont ordinairement munies de caves voûtées, qui isolent du sol les appartements du rez-de-chaussée et en diminuent l'humidité; de plus, elles servent à loger des provisions de ménage, et, en

rUculier, le vin, la bière, etc., qui sont ainsi soustraits aux varia- IDS de température de l'atmosphère. Les voûtes sont faites en briles ou en moellons que Ton pose sur des voûtes provisoires en planles, appelées cintres. Les briques, comme les moellons, sont dispoes et taillées de manière qu'une fois en place elles tiennent pour osi dire d'elles-mêmes, par la poussée des unes sur les autres ; le ortier qui les réunit ne doit pas être nécessaire à la stabilité, mais rvir seulement à Taugmenter. Dans la construction des voûtes, on mmence parla partie centrale nommée clef, et Ton s'éloigne peu à SQ pour aller rejoindre les murs verticaux qui les soutiennent et qu'on pptlle pieds-droits.

Les murs en maçonnerie sont faits en pierre de taille, en moellons 3 en briques. Leur épaisseur est ordinairement déterminée par les Igles suivantes : quand il s'agit d'un corps de logis simple^ c'est-àiie de celui dans lequel les appartements tiennent toute la profonsur du bâtiment, il faut donner aux murs une épaisseur égale au aoUent obtenu en divisant par 2â la somme des nombres représenoit la profondeur et la moitié de la hauteur du bâtiment ; lorsqu'il WÊgil d'un corps de logis double^ il faut ajouter la hauteur à la prooïdeur et diviser cette somme par A8 ; enfin, quand il s'agit d'un fcur en refend^ c'est-à-dire destiné à séparer deux appartements, on i<0ute la largeur de l'appartement à la hauteur de l'étage et l'on divise ^ somme par 36.

La face extérieure d'un mur, celle qui est visible s'appelle pare- Uni. Quand le mur doit être fait en pierres de taille, les pierres sont dllées et dressées sur la face qui fera parement ; sur les faces latérales u faces de Joint et sur celles qui doivent être horizontales et qu'on omme lits, on ne taille que jusqu'à une certaine profondeur. Les ierres sont disposées par rangées horizontales ou assises de 30 à

0 centimètres de hauteur; elles sont réunies l'une à l'autre par une 3uche de mortier fait avec soin et régulièrement étendu. Sou vent les lurs sont construits avec des moellons que l'on dispose par rangées

1 dont on a taillé la face, les joints et les lits ; mais ce travail demande eaucoup moins de soin que pour les pierres de taille : il est exécuté ar des ouvriers spéciaux à l'aide d'un seul outil appelé hochette. Le loellon bien taillé se nomme moellon piqué; il reçoit le nom de loellon 5mt//^ quand le travail est moins parfait. Enfin les murs ont souvent construits en briques disposées par rangées reliées par .u mortier. Quelquefois la brique est alliée à la pierre de taille, dont n se sert pour les encadrements des fenêtres, les corniches, etc.

Dans les pays où la pierre est chère, on remplace les murs en ma-

INUUSTJUBS DUi

çonnerie par des pans de bois, ou murs on charpente (fïg. 327).] tervalle des poteaux est rempli de mortier et l'on cloue des latl leur surface; on étend ensuite du plâtre liquide sur les lattes a.\9 baloi ou avec la main ; c'est ce qui s'appelle gobeter. Une foisk betîige sec, on applique le crépi, qui se fait avec du plâtra d

serré ; ce crépî se jette k la maia et s'étend avec le cdté de la tni afin que la surface reste raboteuse et que la dernière couche de pi appelée enduit y adbère mieux : on se sert pour la lisser du do9 truelle, ou taloche. Dans les pays où leplAtre est cher, on lerem| par du mortier dans lequel on a disséminé du poil de vache desti le lier et à empêcher qu'il ne se fendille en séchant. Les planchers forment la séparation des étages; ils sonlordiM

CONSTRUCTION DES IIAISOSS, 5il

nposL's de trois parties principales : l" Ja charpente, coiistides solives qui, allant d'un mur à l'autre, sont scellées dans nerie, ousont supportées par une pièce de bois appelée lam- ' icellêe aussi à ses extrémités dans les murs de retour et souis l'intervalle par des pièces de fer nommées corbeaux; 2' le formé de planches juxtaposées et clouées sur les solives dans ition perpendiculaire à celles-cî ; 3* le pla/ottil, formé par placé sur la partie inférieure des solives et recouvert d'un

Li plâtre. Dans les constructions soignées, les solives s s sont en for et comprises entre deux lattis B cl L. B recevra în plfltre a supportant elle-même les lambourdes / / sur lesi clouera les planches; L recevra le plafond D do l'apparte- ■pieur. Les intervalles AA seront remplis de plâtre ou de reuses qui empocheront le froid et le bruit de se propager e à l'autre.

aliers sont des constructions, en pierre ou en bois, destinées une communication entre les différents étages, La partie le d'une marche est appelée marche, la partie verticale cohke; ces deux faces se coupent suivant une arête saillante que

Fie. 329. — Escalier de boi«.

Ton désigne sous le nom d'emmarchement. La partie sur laquelle pose le pied et qui n*est pas recouverte par la marche suivante nommée giron : dans les escaliers droits, le giron a une largeur o stante sur toute sa longueur; dans les escaliers tournants, il n'en pas ainsi. La hauteur des marches varie de IS à 19 centimètres leur longueur de 1"*,06 à 0",89. Un escalier présente ordinairemen distance en distance des plates-formes horizontales appelées /Mz/ten suite de marches comprise entre deux paliers consécutifs reçoit lei de volée ou rampe. On place ordinairement sur le bord internet

. escalier tournant une gai f Dj nommée aussi rampe j

1^"^^^ ^st destinée à prévenir

chutes et dont la haui varie en général de 9 à 1",06,

Lorsqu'il s*agit de o truire un escalier en p( on peut opérer de trois aières principales : ou hien sceller les marches par les bouts dans deux murs parallèles : on dit alors que rescalier repos ; ou bien ne les sceller que par un bout et les soutenir pai voûte appelée encorbellement; ou enfin ne les engager dans le que par un bout et ne les soutenir par aucune construction étran on dit alors que rescalier estsuspemlu, le dessous des marches I une surface continue. Dans ce cas, le bout des marches opp( mur, qui forme la cage de Tescalier, est souvent soutenu par ne mur suspendu lui-même, qui donne de la rigidité à lassembl que Ton nomme limoti. La construction des escaliers suppo; rarchitecte a fait au préalable des dessins, des épures de géoir dans le détail desquels nous ne pouvons entrer ici.

Les escaliers en bois sont soumis aux mêmes règles gém'Tah les escaliers en pierre. Quand ils sont destinés à supporter de 1 fardeaux, leurs marches sont pleines; le plus souvent elles sont ses et composées chacune d'une planche horizontale qui est la m proprement dite et d'une planche verticale assemblée avec la pre et formant la contre-marche. Au-dessous des marches sont disf des traverses longitudinales /, /, / (fig. 329), dont la figure ne tre que le bout, et qui sont destinées à recevoir le lattis sur leqi établit la couche de pl&tre qui fait le plafond de Tescalier. Ce: verses sont indépendantes des marches, afin que les oscillatioi celles-ci ne détruisent pas Tenduit du plafond. Les marches, c«

COffSTRDCnOM DES MAISONS.

'S et traverses sonlencastrées dans le mur qui forme la cage de ïr; si le mur est un pan de boi*, on fixe sur lui, tlana la direcl'escalier, une pièce de hois inclinée destinée à recevoir le bout

K,G, 33U.— Maison à

pches. Le bout opposé s'appuie, dans les escaliers anciens, sur au appelé noi/au; dans les escaliers modernes qui sont à jour,

m est supprimé et le bout des marches, contre-marches et tras'engagedans un limon en bois, droit ou courbe, et analogue s escaliers en pierre.

5ii INDUSTRIES DU LOGEMENT ET DE L'AHBUBLBUailT.

Lorsque les travaux de maçonnerie soot terminés et que la c est élevée, il faut la recouvrir d'une, construction nom

qui préserve de la pluie ses parties intérieures. Quand le coraUei assez peu inclim'' [lonr qu'on puisse y inarcher facilement, ilprenâ

nom de ternisse (Cg. 3S0> ■ ordinairement il est formé de d«n J^i inclinés eu sens contraire et se raccordant suivant tute a

CONSTRUCTION DES MAISOiNS. 545

)an8 les édifices plus longs que larges, le faîte est pî\rallèle à la iir, et chacune des faces du toit prend le nom de long pan. le toit se termine aux murs latéraux de l'édifice, ceux-ci sont \^ pignons (fig. 331). S'il se termine par des portions de toit opulent sur les longs pans et sur les murs latéraux, ces plans s s'appellent croupes (fig. 332). Quand l'édifice est carré, igs pans et les croupes sont égaux et viennent se terminer >mmet commun : on dit alors que le toit est en pavillon

iqu'on veut faire des logements dans les combles, les longs pans

rmés de deux parties : Tune inférieure, se rapprochant beau-

e la verticale et dans c

e on pratique les fe- " -^ ^

des appartements;

inclinée, qui s'ap- 'ûne part sur la pre- , de l'autre sur le On a alors des cora-

mansarde. On apippentis un comble iqu'unseulpanàune et qui est ordinaireidossé à un des murs difice plus élevé, matériaux employés

;ouverture des maisons sont en général composés de parties surface relativement petite, comme les tuiles et les ardoises ; les combles sont-ils formés de pièces de charpente dont l'ene est appelé ferme^ et sur lesquelles on place un lattis ou des les légères, nommées voligesj destinées à recevoir les tuiles ou Joises. La figure 334 représente une ferme, et en indique \rs s principales.

TT est une pièce de bois horizontale, ou tirant, en partie ekicasans les murs de long pan M, en PP une pièce verticale appelée >/i, assemblée avec le tirant par un tenon et un étrier en fer ; pièces obliques AA, nommées arbalétriers^ sont réunies d'un m poinçon et de l'autre au tirant; sur eux sont posées des pièces mtales /», /?, ou pannes^ retenues par des tasseaux t, t; sur ks » on placera parallèlement aux arbalétriers des pièces de bois pelées chevrons^ destinées à recevoir le lattis sur lequel seront les tuiles, ardoises, etc. Les chevrons reposent parleur sommet

Fig. 331. — Fenno.

sur une pièce de bois horizontale F, ou faîtage^ qui relie entre eui les poinçons des fermes successives, et par leur base sur une autre pièce appelée sablière^ également horizontale et reliant les tirants des différentes fermes. On consolide les arbalétriers au moyen de cantnfiches /", /", et de jambettes j, La sablière étant toujours placée en arrière du mur, on couvre l'intervalle laissé entre elle et la face dumar par un chevron supplémentaire K, appelé coyau^ et comme celui-ci ne doit pas reposer sur la corniche qu*il endommagerait, on clouesur lui une planchette triangulaire /, nommée chanlatte. Nous remarquerons que le poinçon n'exerce pas nécessairement une

Fie. 3o5. — Forme

Fk;. 330. — Fcrnu-

pression sur le tirant, que souvent au contraire tout est di^po^é «le manière qu'il le soutienne. Le tirant a pour rôle d'empêcher les arbalétriers de s'écarter.

Quand on veut donner nu comble une disposition qui permette de l 'habiter, on peut construire les fermes comme l'indiquent les figure? ;^35 et Î536.

.\ joutons enlîn qu'à Pariset dans les constructions industrielles, on t<'îî(l (le plus en plus à remplacer la charpente en bois par la charpente on fer.

Quand la couverture est faite en ardoise, on place sur la ferme la \()lige sur Inquelle le couvreur dispose et cloue les ardoises en com* mourant par lo bas; chaque rangée recouvre la rangée inférieure de? deux tiers de la longueur de l'ardoise. Lorsqu'on doit se servir de tuiles, on cloue des lattes sur les fermes et l'on pose sur elles les tuile?. Quand on emploie le zinc, on le cloue sur la volige avec des clous en

zinc.

Lorsque la maçonnerie est finie, on la recouvre à Tintérieur d'une c^OQche de plâtre ou de mortier que Ton étend à la truelle et sur lacjiielle on collera plus tard les papiers de tenture. C'est là lobjet de 1^ industrie du plafonneur. Les plafonds sont ordinairement en plâtre, ^t Ton garnit leur pourtour de corniches que l'on fait de la manière salivante : on commence par mettre un cordon de plâtre à la place que cl4)it occuper la corniche; quand il est dur, on applique sur lui une

Fie. 337. — Outils de menuisier.

Couche de plâtre gâché clair, et c'est avec die que l'on lail les moulures de la corniche en passant dessus, à plusieurs reprises, un calibre ^n lôle ou en bois dont le pourtour est taillé suivant les formes des ïïioulures.

Les travaux de menuiserie jouent aussi un grand rôle dans la construction de nos habitations. Indépendamment de la pose des planchers, il y a celle des portes, des fenêtres, des lambris, etc. Nous n'entrerons pas dans la description détaillée des procédés employés en ïnenuiserie. Cette industrie se pratique partout, et il est facile à chacun de l'étudier ; nous dirons seulement que le menuisier doit en général commencer par dresser ses bois, c'est-à-dire les rendre plans à l'aide d'outils appelés varlope V, demi-varlope G, et rabot R (fig. 337), qui contiennent un fer posé obliquement dans la pièce de bois formant le corps de l'outil. Lorsqu'on promène celui-ci à la sur-

face des bois, le fer enlève toutes les aspérités. Lorsqu'on veut ^ des moulures, ou se sert d'outils A et B appelés (owvcbetdotitltiR a la forme que l'on veut donner à. la moulure.

Les pièces qui composent les ouvrages de menuiserie sont a blées de différentes manières :

1* A l'aide de clous et de vis :

2° A l'aide de tenons et mortaises, c'est-à-dire que l'on creuse dus

l'une des piècesà assembler B une ca\ité prismatique (/' c' (fig. 3î8i appelée niortaise/et que l'on taille à l'estréraité de l'autre une saillie

FK. Ml.

Enlure i mi-bois.

abc de f nommée tenon, de même forme et de même grandeur que la cavité, et que l'on fait entrera force dans celle-ci; des chevilles <lï bois, traversant à la fois le tenon et la pièce où se trouve la morUise, assurent la solidité de ce mode d'assemblage. Quand les pièces doivent ^tre assemblées obliquement, on donne au tenon la forme indîqutf parles ligures 339 et S&O. On peut aussi employer l'assnnbla^i queue d'hiroude (fig. 341).

3* A l'aide de ramures et languettes. Le menuisier, avec un oulil spécial appelé bouvet, pratique dans l'épaisseur de l'une des plancbfs à assembler une rainure prismatique, et dans l'épaisseur de l'autic

planche il pratique une saillie prismatique appelée languette^ qu'il fiiit entrer dans la rainure (Gg. 342). Les bois pour plancher sont souvent vendus aux menuisiers déjà munis de rainures et de languettes.

4» A l'aide de plats joints, c'est-à-dire qu'il rapproche les deux sur-

Fie. 313. — Eiituri' à iiii-liois.

Fie;. 3li. — Kuliiii' à tciiaillo.

faces à assembler après les avoir bien dressées et enduites de colle forte, et avec des pinces appelées serre-joints il maintient les deux surfaces pressées Tune contre l'autre, jusqu'à ce que la colle ait fait prise.

5* Quand il s'agit de réunir des pièces bout à bouton par leur par-

P^. 34Ô. —Crois de Saint-AnUrô

FiG. 340. — Assciiilila{;^e à Uoiitile queue d'hironde

tie moyenne, on se sert d'autres assemblages, comme Venfure à mibois (8g. 343), à tenaille (fig. 344), la croix de Saint- A ndré {Gi^, 345) la double qtteue d'hirotide (fig. 346), etc., etc.

Lorsque les travaux de menuiserie sont faits, le serrurier iutenient pour fixer les portes et les fenêtres, les armoires, etc., c'est-à-dire pour ferrer les pièces de serrurerie qu'elles doivent recevoir, comme les serrores, les gonds, les espagnolettes, etc. Les objets de serrurerie sont le plus souvent fournis au serrurier par la grande industrie. Nous avons vu dans la partie de cet ouvrage relative aux industries préparatoires la description des procédés employés pour leur fabrication.

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