CHAUX
Les matériaux de construction que nous avons étudiés jusqu'ici nous sont livrés par la nature prêts à être employés; il en est d'au-
FABRICATION DE L\ CIIALX. 35
très, comme la chaux, le plâtre et les ciments, qui doivent être préparés à l'aide de procédés spéciaux.
La chaux provient de la décomposition par la chaleur du carbonate de chau\ ou calcaire que la nature nous offre en si grande abondnnce. On emploie surtout pour la fabrication de ce corps lus cilLairca qui «mt rendus impropres aux tonstructions par le défaut decompacité, de dureté, ou pïT l'eau qu ils renferment Telles sont, par exemple, la fRiie de Pans, celle du de partement de la Somme, de Sairit-Jacque': en Jura , la pierre dure de Gbâteau- Landon
L'extraction du calcaire desUné à cette industrie se bit par de» métbodes analogues à celle» que nousa^ons
décrites pour la pierre à bfttir, souvent cesl a ciel ouvert, dans d'autres cas souterrainement, comme i Mtudon, aux environs de Paris.
La pierre à chaux, une fois extraite de la carrière, est portée à une température assez élevée pour que l'acide carbonique du carbonate de chaux quitte la chaux, se dégage à l'état de gaz, et laisse une madère solide appelée chaux vive. Cette opération se fait dans des fours à chaux dont la disposition varie.
IjCS uns, dits fours de campagne, sont des cylindres de briques que 'on revêt d'argile pour éviter la déperdition de chaleur ; on les remdit de pierre à chaux, que l'on chauffe avec du bois. Il y en a d'autres Tune installation plus coûteuse, mais plus convenable. Ils sont de orme ovoïde (fig. 26) et garnis h l'intérieur de briques réfraclaires. ^>ur les charger, on fait, au-dessus de la grille sur laquelle est le ombustible, une espèce de voûte avec de gros morceaux de pierre à haui, et l'on achève de remplir le four avec des morceaux de moins :d moins gros. On brûle dans le foyer des fagots, des broussailles ou le la tourbe. Lorsque la cuisson est terminée, on décharge le four. On oit donc que l'opération est intermittente.
Les fours dits co«/anïs fonctionnent d'une manière continue et par onséquent sont plus économiques. Ils sont employés dans la Mayenne. A pierre k chaux et le combustible y sont chargés par couches atter-
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natives. A mesure que la chaux est cuite, elle est dérournée par le bas du four, tandis que par l'orifice supérieur on ajoute de nouvelles charges de calcaire et de combustible (fig. 27). On voit que dans ce procédé la cuisson est continue et qu'on n'a jamais besoin à'arrfiler le feu pour recharger le four.
Dana d'aulres fours coulants, comme celui de M. Siraonneau {fig. 28) , le chauffage est fait par un foyer latéral. Quatre conduits mii-
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ais de grilles, où l'ou place le combustible, mènent dans le four les produits de la combustion. Le défournement se fait par la pai^ inférieure. Ce système est très-économique.
Lfi chaux obtenue dans ces différents fours est employée àla «»• fection des mortiers. Cut emploi repose sur [a propriété qu'a la chain de s'emparer de l'eau avec laquelle on la mélange, de former aveo elle une pAto plus ou moins liante qui reprend de l'iicide carboniqui à l'air et se solidifie en se transformant en carbonate de chaux, comprend que si l'on met entre deux briques ou entre deux pierres à unir une pâte de chau\, celte solidificalion se fera à la longue, et le carbonate formé servira de lien entre les deux pierres; maisconum la chaux subit alors un retrait considérable, on la raclauge avec dl
sable qui, séparant les grains de chaux, empêchera le retrait et contractera avec eux une grande adhérence. Ce mélange, appelé mortier, se solidiGera à la longue et établira un lien entre les pierres ou eutre les briques dans l'intervalle desquelles on l'aura placé.
Les chaux se divisent en chaux aériennes et chaux hydrauliques : leschaui aériennes se solidifient par l'action de l'acide carbonique et soDt employées pour les constructions aériennes ; elles se divisent «Aes-mémes en chaux grasses, qui forment une pdte liante, donnent d'ncellents mortiers, et en chaux maigres, qui fournissent avec l'eau une pAte moins liante et des mortiers de qualité inférieure. Cette
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n continue el i fojcr latéral.
lîfférence provient de la composition des calcaires employés à la aissoa.
Les chaux hydrauliques sont obtenues par la cuisson de pierres & baux renfermant une certaine quantité d'argile ; elles jouissent de la iropriété précieuse de se solidifier sous l'eau, et forment avec le sable es mortiers hydrauliques employés avec avantage dans la construclon des ponts, des canaux, des citernes. C'est M. Vicat, ingénieur es ponts et chaussées, qui a prouvé que les propriétés précieuses de i chaux hydraulique étaient dues à la présence de l'argile dans le alcaire qui fournit cette choux. Il démontra de plus que l'on pouvait lire delà chaux hydraulique de toutes pièces en cuisant un mélange le calcaire non ai^leux et d'argile. Il livra généreusement sa découerte au public, et dès 1818 une usine spéciale était fondée au Basleudon, près Paris, par MM. Bryant et Saint-Léger, pour la fabricaion de ce produit si utile à Tarf des constructions. En ISAi. on éva-
luait déjà à 182 millions l'économie que la découverte de Vicat avait procurée au gouvernement. Une loi promulguée le 20 juin 1845, sur le rapport d'Arago et de Thénard, accordait à Vicat, à titre de récompense nationale, une pension de 6000 fr., et, sur le rapport de M. Dumas, la Société d'encouragement lui a décerné le prix sexennal de 12 000 fr., fondé parle marquis d'Argenteuil en faveur de l'auteur de la découverte la plus utile à la France.
La chaux est employée encore à l'épuration du gaz de l'éclairage, dans les savonneries, les raffineries de sucre, les tanneries, etc., etc.