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INDUSTRIES DE I/ÉCLAIRAGE

Parmi les industries qui s'occupent de rendre nos habitations plus commodes et plus confortables, nous devons aussi appeler l'attention sur celles qui, pendant riiiver, nous préservent du froid, et sur celle? qui, pendant hi nuit, nous fournissent la lumière. Les premières ne sont pas, à vrai dire, des industries manufacturières; elles mettent seulement en place des appareils de chauffage qui leur sont livrés par les industries préparatoires et, eu particulier, par la fonderie. Nous les laisserons de côté : les différents procédés de chauffage sont du reste étudiés dans la plupart des traités de physique. Quant aux industries qui nous procurent les moyens d'éclairage et, en nous permettant de vaquer pendant la nuit à nos occupations, prolongent la durée de la vie active, qui, chez les peuples non civilisés, cesse dè^ que le soleil disparaît à l'horizon, ce sont à vrai dire des industries manufacturières, transformant la matièrapour la faire servir à nos besoins : «^ ce titre, leur description doit trouver place ici.

Chez les anciens et chez les peuples sauvages, les procédés d'éclairage sont tout primitifs ; des torches de bois résineux, la cire, des lampes à l'huile d'une construction grossière servirent d'abord à l'éclairage. Les Indiens, les habitants de la haute Asie, les Égyptiens, les Hébreux, les Romains et les Grecs ont fait usage de lampes dont nous possédons encore de nombreux modèles. Aujourd'hui la larape modérateur est le plus généralement employée : elle se compose, comme chacun sait, d'un réservoir dans lequel se met l'huile; un ressort à boudin, que l'on tend à l'aide d'une clef engrenant avec une crémaillère, porte à sa partie inférieure un piston plein qui appuie sur l'huile et la fait monter dans la mèche à mesure que le ressort se détend.

FADRICATION DES CHANDELLES. 6îa

La graisse qui sert à la fabrication des chandelles est presque excluî.ivement la graisse de bœuf, de mouton ou de porc. Cette graisse, létachée de la bête dans les abattoirs, est livrée au fabricant sous le lom de suif en branches.

La fabrication des chandelles se compose de deux opérations successives : la fonte des suifs et la fabrication même de la chandelle,

La fonte des suifs s'opère par deux procédés principaux : le pro- ^é qui emploie la chaleur seule, dit fonte aux cretons^ et celui qui ■tilise l'action de l'acide sulfurique sur les membranes mêlées à la ^ssc.

Dans le premier cas, le suif en branches préalablement coupé en norceaux est jeté dans une chaudière en cuivre, hémisphérique, enastrée dans un massif en maçonnerie qui est disposé de manière à éviter toute chance d'incendie. La chaleur du foyer fait fondre le suif; ^s membranes se déchirent et laissent écouler la graisse, qui vient •ouvrir le fond de la chaudière. Un ouvrier, armé d'une spatule en lois, active la séparation en écrasant les membranes contre les bords» ^uand la chaudière est aux deux tiers rem[)lic de matière fondue, iiélangée de membranes racornies par le feu, on puise la graisse Lvec une large poche et on la verse dans des paniers d'osier ou de îuivre perforé, désignés sous le nom de banatles et disposés au-dessus le poêles en cuivre ou de bacs en bois doublés de plomb. En passant L travers les trous, la graisse subit une espèce de lîltration et les nembranes restent dans les banattes. Lorsqjie le produit ainsi filtré ^st sur le point de se figer, on le coule, soit dans des terrines en bois c'est le %yn[ à\\. suif de place) ^ soit dans des fûts que l'on peut plus cicilement expédier au loin.

Les membranes restées dans la banalte renferment encore de la prisse; la matière est de nouveau fondue, filtrée, et le deuxième "ésidu ainsi obtenu est soumis à une pression qui en extrait une ïouvelle quantité de graisse. Le résidu, appelé pain de créions^ est brmé parles membranes racornies et en partie brûlées : il sert à la lourriture des chiens et des porcs.

Le procédé de fonte que nous venons de décrire présente plusieurs nconvénients : l'action directe du feu communique au suif une coloation fâcheuse ; le pain de cretons retient environ 20 pour 100 de ^isse; enfin le suif dégage pendant l'opération une odeur infecte, [ui est nuisible au point de vue hygiénique. Darcet a le premier

proposé, pour remédier à ces inconvénients, un procédé qui repœc sur ce fait, qu'au contact de Tacide sufurique étendu et chaud les membranes animales sont détruites et en grande partie dissoutes, tandis que la graisse résiste à son action. Voici comment on opère :

Dans une chaudière en cuivre on projette 1000 kilogrammes de suif en branches, que Ton arrose avec de Teau acidulée d acide sulfurique (pour lOOO'kilogrammes de suif, 500 litres environ contenant 10 kilogrammes d'acide). La chaudière étant hermétiquement fermée, on fait arriver la vapeur dans un serpentin qui circule dans son iotérieur; la masse fond, entre en ébuUition, et, au bout de plu>ieurs heures, on a, à la partie supérieure du liquide aqueux, une couche de suif fondu; à la partie inférieure s'est déposée une faible quantité de membranes plus ou moins altérées. Le suif ainsi obtenu est toujours blanc, peu odorant, mais plus mou, et le rendement du procédé est environ de 85 pour 100, tandis que celui de la fonte aux créions n'eà que de 80 pour 100.

Pour fabriquer la chandelle avec le suif préparé par l'une des méthodes précédentes, on peut suivre deux procédés : soit le procédé de fabrication à la baguette^ soit le moulage.

La première méthode consiste à plonger à plusieurs reprises, dans le suif fondu, la mèche de coton qui doit faire Taxe de la chandelle. Après chaque immersion, on laisse égoulter; le suif se soiidilio, et Ton répète l'opération jusqu'à ce que la chandelle, par la siiper[n:»sition des couches successives, ait atteint la grosseur voulue. Afin d'économiser la main-d'œuvre, l'ouvrier plonge ordinairement nn certain nombre de mèches à la fois, et pour cela ii prépare des baguettes en bois de 80 centimètres de longueur environ, auxquelles il suspend des mèches espacées de 10 centimètres. Il plouiie ces baguettes deux par deux ou trois par trois ; les mèches s'étalent dans le bain en gardant leurs positions respectives et se recouvrent de suif.

Pour faire l'extrémité effilée de la chandelle, l'ouvrier procède à une dernière immersion et, cette fois, enfonce la mèche un peu plu? loin que lors des immersions précédentes; la partie de la mèche qui n'avait pas encore été immergée se recouvre d'une couche de suif moins épaisse et effilée. Quant à la base, on la dresse en passant la chandelle sur une plaque chauffée.

On peut encore rendre ce mode de fabrication plus rapide en lui substituant le moulage.

Le moulage consiste à couler le suif fondu dans un moule en étiiin formé de deux parties : la première , offrant la forme du corps deU chandell(^, est pointue à son extrémité, c'est la tige; la seconde, ap

pelée culot, est évasée, sous Forme d'entonnoir; le culot est muni d'un petit crochet horizontal qui s'avance jnsqu'au milieu; c'est à ce crochet que l'on suspend la mèche, qui va passer dans l'extrémité de la tige et la bouche. Lorsque le suif est solidifié dans le moule, on sépare le culot de la tige : celui-ci entraîne la chandelle hors du moule, et il ne reste plus qu'à la couper à son extrémité, de manière & séparer la matière en excès qui remplit le cutot.

Pour rendre le moulage plus rapide, MM. Leroy et Durand, à Paris, emploient le système suivant, qui permet de remplir six moules

Fie. 388. — Moulage <\a> cliaiuldlci.

d'un coup. Les mobiles DD D (fig. 388) sont disposés par rangées de six sur de fortes tahles de chêne P ; sur les bords de la table pont rouler, au moyen de galets S, une caisse remplie de suif fondu. Cette caisse porte des trous correspondant à chacun des six moules d'une rangée. Ces trous sont fermés par des bouchons en métal et peuvent être ouverts en soulevant les bouchons à l'aide d'un levier N. En faisant rouler la caisse, on amène les trous successivement au-dessus de chaque rongée de moules, et, en soulevant le levier, à chaque station on laisse écouler le suif dans six moules qui se remplissent simuUanément.

Les chandelles fabriquées par l'un des procédés précédents doivent être blanchies. Le moyen le plus simple consiste à les exposer h la himière et en plein air pendant quelques jours.

L'usage des chandelles de suif a été presque exclusivement remplacé par celui des bougies stéariques, dont l'invention est due à 6ay-Lussac et à M. Chevreul (1825), et que l'on fabrique avec les acides gras extraits des corps gras neutres, comme les suifs. Ces acides ont un point de fusion supérieur à celui des matières d'où ils proviennent et, à ce titre, sont d'un emploi plus avantageux pour l'éclairage. Les bonnes bougies stéariques fondent à 55", 5 et donnent une lumière plu> belle que celle des chandelles; leur mèche se consume d'elle-même, sans qu'on soit obligé de la couper, comme cela arrive pour les chandelles ; enfin elles qe répandent pas d'odeur en brûlant.

Les trois principes suivants sencnt de base aux procédés eniplo)(:? pour extraire des corps gras neutres les acides gras qui servent à la fabrication des bougies stéariques et qui, dans ces corps gras, sont combinés à la glycérine : 1" On peut saponifier le suif avec de U chaux, c'est-à-dire combiner les acides gras avec la chaux qui élimine la glycérine, puis décomposer le savon calcaire, par l'acide snlfurique qui précipite la chaux à l'état de sulfate et met les acides gras eu liberté; 2° l'acide sulfurique chauffé avec les corps gras en isole li glycérine avec laquelle il produit de l'acide sulfoglycérique, et forme avec les acides gras des combinaisons appelées acides sulfoyios (acides sulfoléique,sulfomargarique, sulfostéarique), que l'eau bouillante décompose ensuite, et dont elle isole les acides gras que Ton volatilise dans un courant de vapeur d'eau ; 3* enfin la vapeur d'eau surchauffée exerce sur les corps gras neutres la même action séparatrice que la chaux et les acides et les dédouble en glycérine et en acides gras.

Les trois principes que nous venons d'exposer ont donné lieu à cinq procédés différents pour l'extraction des acides gras; nous ne décrirons que ceux qui sont jusqu'ici le plus en usage : !• le procédé par saponification calcaire; 2® le procédé par saponification sulfuritjiie et distillation.

Les |)rincipaux centres de la fabrication des bougies sont : Marseille, Paris, Lyon, Lille, Amiens, Arras et Elbeuf.

Pour la saponification calcaire on emploie indistinctement les suifs de bœuf on de mouton. La saponification s'effectue dans des cuves en bois doublées de plomb. Des tuyaux amènent dans chacune d'elles U vapeur nécessaire à l'opération.

Après avoir introduit dans chaque cuve 8000 kilogrammes en\iron

de suif en pains, OQ le recouvre avec de l'eau et l'on donne accès à la vapeur ; la matière grasse entre bientôt en fusion et vient fournir à la surface une couche huileuse. Pais, après avoir éteint une quantité de chaux vive égale à 14 on 15 pour 100 du poids du suif et l'avoir amenée à l'état de poudre très-fine, on en fait un luit épais que l'on verse dans la cuve en deux ou trois fois; le mélange, toujours maintenu & l'ébullition, est agité à l'aide d'une espèce de rable en bois, ou

FiG. 386. — Fabrication des bougies : Pressurage i troid.

mouveron. La .saponification s'opère peu h peu, et le corps gras, au bout de huit heures, est transformé en un savon calcaire insoluble que l'on divise en morceaux et qui nage au milieu d'une solution jaunAtre de glycérine. On laisse refroidir jusqu'au lendemain et l'on vidange la glycérine par une soupape placée h la partie inférieure de la chaudière.

Il faut alors procéder à la décomposition du savon calcaire par l'acide julfurique; pour cela, on ajoute dans chaque cuve l'acide sulfurique étendu à 20 degrés Baume. On chauffe de nouveau par la vapeur, et, au bout de six h sept heures, ladécomposilion est complète. On laisse reposer jusqu'au lendemain; l'eau et le sulfate do chaux vont au fond, et les acides gras encore liquides qui surnagent sont décantés et conduits dans des cuves doublées de plomb, où ils sont lavés dans l'acide sulfurique à 20 degrés et mis en ébullilion par un serpentin

628 INDUSTRIES DU LOGEMENT ET PE I.'AMEtiBl.EMEVT,

de vapeur. Ce lavagu a pour but d'enlever les dernières traces du chaux ; il est suivi d'un autre lavage à l'eau bouillante, dont lï-ffelKl d'emporter l'acide sulfurique en excès. Ainsi purifiés, les acides^ Èout coulés dans des moules en fer-blanc, disposés de telle sorteq» l'excès de liquide qui arrive dans chacun d'eus puisse se déverser dans le moule inférieur. On abandonne la matière dans ces moules oîi elle cristallise.

La matière solide ainsi obtenue se compose d'acides mai

FiG. 390. — Fabricalioli il-

sléarique, qui sfjtit solides, et d'acide oléiquc 1i(]uide qui est miné au milieu des précédents. On sûpare ce dernier pur deuï pressurages faits le premier à froid, le second h chaud.

Le pressurage à froid s"ex<5cute par des presses hydrauliques verticales (fig. 389), Chaque pain est enfermé dans un sac de laine a] mai/il. Les sacs sont empilé» les uns au-dessus des autres el séparfc de dislance en distance par des plaques métalliques deslinéetià r^larisor la pression et munies sur leurs bords de rigoles, qui recueîlleiit l'acide oléiquc et le conduisent dans des tuyaux verticaux.

Lorsque au bout de cinq à six heures la piesse verlicate a i^\si son action, les malfils sont vidés et les pains, après avoir étA mîsdaof des sucs de crin nommés étreinde/ies, sont soumis au prcsâungel chaud. On se sert pour cela d'une presse hydraulique liorizonide: leau arrive en E (fig. 390) dans le cylindre C et agit gur la tige T,

FABUiaTiON DES BOUGIES STÉARIQUES. 629

<juî presse les ttre in délies disposées entre des plaques creuses I; ces plaques sont jiorlées à une température de 35 degrés au plus par la vapeur qui arrive parle robinet V et les tuyaux i/. L'ncide oléique s'étoule, entraînant avec lui une certaine quanlité d'acide stëarique, el, après l'opération, on trouve dans chaque étreindelle un pain sec et dur d'acides stéarique et margarique. L'acide oléique, au sortir de la

presse à chaud, se rend dans de vastes réservoirs souterrains, où il laisse déposer par le refroidissement les acides solides qu'il a entraînés et qu'on soumet à un nouveau pressurage.

L'admirable- dccouverte de M. Clievreul et de Gay-Lussac fut entravée dans la pratique par les inconvénients que présentait la mèche de coton ordinaire, qui absorbait une trop grande quantité de matière grasse. M. Canibacérèb eut l'idée d'y substituer une mèche que l'on fait en nattant trois fils de coton; mais sa combustion incomplète laissait un résidu charbonneux qui contrariait l'ascension des i:orps, ou qui, en tombant dans le godet Formé par la fusion ù la partie supérieure de la bougie, liquéQait trop rapidement la matière et la faisait couler. Pour remédier h cet inconvénient, M. de Milly a imaginé d'imprégner la mèche d'acide borique, qui vitrifie les cendres de la

icha el pro Juil à son oxlrémité une petite perle vitreuse et lourde ;

^H celle-ci, courbant la mèche en deltorâ de lu flanime, lui permet de

^B brûler complètement et rend inutile l'opération du moucliogc. ^1 Dans les grandes usines, le moulage se fait, d'une manière trte-

^H eiipéditive, au moyen de la macbiiie que nous allons décrire et qui tH

^H due à M. Cahouet.

^H Les. moules sont disposés par groupes de seize dans une grande

^H^ caisse en tôle, que l'on peut chaufTer à l'aide du tuyau V (Gg. 3dlj,

INDlJSTRIES DL' LOGEMEST ET l)E l/AMEUDI.E.MEM.

Tie, 30i. — Uuchïiii! i rugiicr cl polir les bougies.

qui amène de la vapeur, ou rel'miiiir par le ti'jau ï, qui amtiie uu Cfturant d'air froid lancé par une machine soufnante.> Au-dessous de cette caisse est une autre caisse b b, où les mèches sont enroulées sur des bobines; à chaque moulo correspond une bobine. Les mèche', sortant de la caisse inférieure, se rendent dans la caisse supérieure, et chacune d'elles, après avoir traverst^ un moule suivant son axe, est pincée à sa partie supérieure par une plaque que peut soulever une double crémaillère G, La caisse supérieure étant chaulTée par la vupeiir, on cou! I? dans un groupe les acides gras fondus à part; un courant d'air froid refroidit ensuite les moules, les acides se solidifient, et l'on détache à la lois les seize bougies d'un groujw. Pour cela, oo amène au-dessus de lui la crémaillère C, avec laquelle on soulève les plaquN

qui pincent les seize mèches; les bougies sortent des moules et s'élèvent; la mèche, se déroulant de chaque bobine, les suit dans leur ascension et se trouve disposée pour une opération suivante dans Taxe du moule. On coupe alors la mèche et on enlève les bougies, qui sont portées au blanchiment. On les expose dans de vastes cours à faction blanchissante de Tair et de la lumière, sur des grillages où elles sont placées verticalement.

Après le blanchiment, il ne reste plus qu*à les laver, les rogner et les polir. Le lavage s'effectue dans le baquet 0 (fig. 392), qui renferme de Teau de savon ou une solution de carbonate de soude. Les bougies sont ensuite posées sur des roues cannelées G, qui les présentent à une scie circulaire L chargée de les couper à la longueur voulue. Pour faciliter le rognage, on échauffe la scie en la faisant passer à frottement entre deux morceaux de liège. Les bougies tombent de là sur une table où sont disposés des rouleaux en bois, sur lesquels elles sont polies par une brosse B animée d*un mouvement de va-etvient. Elles cheminent sur cette table sous l'action de la brosse et arrivent à l'extrémité, prêtes à être livrées à la consommation.

Le procédé par saponification snlfurique^ dont nous avons exposé le principe, permet d'utiliser des produits plus fusibles que le suif des herbivores, de moindre valeur, et auxquels la saponification calcaire ne pourrait être appliquée que difficilement : tels sont les huiles de palme et de coco, les suifs d*os provenant du traitement à l'eau bouillante que les fabricants de noir animal font subir aux os avant la calcination, les graisses vertes que fournissent les étaux des bouchers, (les tripiers, les résidus de cuisine, le graissage des cylindres, etc., enfin les produits gras que donne la décomposition par Tacide sulfurique des eaux savonneuses employées au lavage des laines et qui sont désignés sous le nom de graisses de Reims et de Tourcoing.

La meilleure méthode de saponification sulfurique est celle de M. Knob, dans laquelle on opère la saponification presque instantanément par remploi d'un excès d'acide. L'acide sulfurique chauffé à W degrés est mélangé aux corps gras portés aussi à cette température. Après une minute de contact, la réaction de l'acide sur le corps gras est accomplie, et Ton renverse le tout dans une cuve renfermant de l'eau bouillante : les acides sulfoléique, sulfomargarique et sulfostéarique, produits par l'action de l'acide sulfurique sur le corps gras, se décomposent au contact de l'eau bouillante et l'acide sulfoglycérique se dissout.

Quand l'opération est finie, il s'est formé trois couches distinctes

dans la cuve: la couche supérieure renferme les acides gras; la couche moyenne est composée d'eau, d'acide sulfurique et de glycérine; la couche inférieure contient les mêmes substances salies par des matières charbonneuses. Les acides gras ainsi obtenus sont, comme ceux que fournit la saponification calcaire, soumis à deux lavages, puis portés à l'appareil distillatoire.

La distillation des acides gras ne peut se faire à feu nu, car une partie se décomposerait; on la fait par l'action de la vapeur surchauffée; les corps gras distillent et viennent se solidifier dans un réservoir, où ils sont pris pour être ensuite soumis à la presse et employés à la fabrication de la bougie. Les procédés de fabrication sont ceu\ que l'on pratique après la saponification calcaire.

gâz de l'éclairage.

C'est à la fin du siècle dernier que remonte l'invention de Tédairage au gaz. Les premiers essais furent faits par Lebon, ingénieur français, né vers 1705, qui, dans un appareil appelé thermolampe^ distillait du bois et de la houille et produisait, en même temps que le gaz destiné à éclairer les appartements, la chaleur propre à les chauffer. L'opinion publique accueillit avec indifférence les essais do Lebon qui furent repris en Angleterre par Murdoch. En 1798, Murdœh établit un îi|»j);irL'il tréclairage au gaz dans les manufactures de* Janu's Walt, près df' Birmingham. En 1805 ce genre d'éclairage clail définitivement adopté en Angleterre. En 1812, Winsor fonda une c»uiipagnie pour réclairage de Loiulrcs; il vint à Paris en ISIO ot, »n 1817, y éclaira le passage des Panoramas, le Palais-Royal, le Luxembourg et le pourtour de l'Odéon.

En i8'20, le gouvernement fit établir, sous ladirection de Pau^elï. une usine destinée à leclairaee du Palais du Luxembouri: et liu théâtre de l'Odéon. Cette usine fonctionna jusqu'en 1833, époque où elle fut supprimée. Peu de temps après, Pauwels fondait deux grandes usines; MM. Manby et Wilson en fondaient une autre. Cinq aut^e^ établissements importants furent successivement formés par diversecompagnies, et en 1855 un traité fut [)asséà Paris entre le préfet de la îSeine et les diverses compagnies, dont la fusion en une seule fui exigée. Le prix du mètre cube fut fixé à 0 fr. 15 pour la ville et à 0 fr. 30 |M)ur les particuliers. La ville perçoit en outre un dndt de 0 fr. 02 par mètre cube pour tenir lieu des droits d'octroi qui ne soni p.as payés j ar la compagnie sur la houille employée à la fabrication. Aujourd'hui les usines de la Compagnie parisienne sont i»u nombn'

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