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LITHOGRAPHIE

Il ne reste plus maintenant qu'à exécuter le tirage, qui se fait soit sur des presses à bras, soit sur des presses mécaniques.

La presse à bras se compose (fig. 4V.0) d'un bâti rectangulaire dans lïntérieur duquel se trouve un chariot C qui peut glisser, dans le sens longitudinal du bâti, sur un cylindre placé transversalement. C'est sur ce chariot qu'on place la pierre ; on la mouille avec une éponge et l'on passe à sa surface un rouleau semblable comme forme aux rouleaux d'imprimerie, mais qui est fait avec du feutre et du cuir collés sur un cylindre de bois. (L'encrage du rouleau s'exécute comme en imprimerie typographique.) L'encre s'attache seulement sur les caractères et respecte les autres parties qui sont protégées par la préparation à l'acide et par la petite couche d'eau qui les mouille. On applique alors sur la pierre une feuille de papier rendue humide par un séjour de quelques minutes entre des feuilles mouillées appelées iniêrcales; on place au-dessus une feuille de papier qui fera coussin et Ton rabat sur le tout un cadre nommé châssis, dont la surface est formée par une lame de cuir fixée sur ses cotés. Sur ce cadre on amène une pièce verticale 0 nommée râteau, qui transmettra la pression. Pour cela, l'ouvrier agrafe ce râteau à un levier qui peut s'abaisser par le mouvement d'une pédale sur laquelle il pose le pied (fig. A20). Eq même temps qu'il appuie sur la pédale, il fait tourner une roue verticale placée sur le côté de la machine et appelée moulinet. Cette roue produit l'enroulement d'une sangle attachée au chariot et force celuici à passer sous le râteau dont il subit la pression. En lithographie il est important, pour éviter la rupture des pierres, que cette pression ne soit pas exercée trop brutalement. La machine que nous venons de décrire satisfait à cette condition; car, dès que l'ouvrier qui manœuvre la presse sent une résistance un peu trop forte, il appuie sur la pédale avec plus de précaution et, à l'aide de vis, règle la position du râteau, de manière à avoir une pression convenable. Quand le chariot a passé, l'ouvrier dégrafe le porte-râteau, le relève, et lorsqu'une chaîne à contre-poids a ramené le chariot dans sa position primitive, il ouvre le châssis, enlève la feuille qui a reçu l'impression et recommence l'opération.

Les presses mécaniques des lithographes ont une grande analogie avec celles qu'emploient les imprimeurs typographes. La pierre est mise sur un chariot mobile remplaçant le marbre , elle est encrée par des rouleaux disposés comme ceux des presses d'imprimerie typographique ; des rouleaux en molleton la mouillent au passage, et elle vient s'engager sous un cylindre de pression qui applique la feuille sur elle. Ce cylindre est monté de manière

im TNnusriiiEs satisfaisant aix besoins intellectuels, $1 se soulever de Uii-raêine dès que la pression devient Imp torli

On comprend qu'une pierre lithographique ne puisse, connue um forme d'imprimerie, servir au tirage d'un grand nombre d'exemplaire sans être détériorée. C'était là un inconvénient assez grave, puisqui nécessitait que l'artiste dessinât sur une nouvelle pierre tes caractère qu'il avait tracés sur la première. Le procédé des reports évite ce noiiveaLi travail du dessinateur. Voici en quoi il consiste : An moyea d'une feuille de papier humide encollée à sa surface avec de U ro//t de pâle, on lire une épreuve sur la pierre originale ; puis on applique cette feuille encore humide sur une autre pierre, le côlé de l'éprcmf en dessous, et l'on soumet à la presse. Sous l'influence de la pre-sion, la couche de colle contracte de l'adhérence pour la pierre, et lorsque, après avoir lavé à l'eau, l'ouvrier soulève la feuille, la colle ne la suJI pas el reslesur la pierre tenant emprisonnés entre elle-même et eellïci les caractères qui étaient sur l'iipreuve. On lave encore à l'eau, h co!!e s'en va et les caractères restent seuls, reproduisant sur la pierre le travail du dessinateur. 11 n'y a plus maintenant qu'à traiter cetlr pierre comme ona traité la pierre originale, l'attaquer à l'acide, etc., et s'en servir pour le tirage. On comprend facilement l'avantage dup tel procédé : il permet un tirage indélini, car on pourra faire autani de reports que la pierre originale pourra donner d'épreuves suis être détériorée, et chaque report donnera lieu lui-même au tiragç d'un grand nombre d'exemplaires.

L'autograp/iie oèl un procédé qui remplace souvent la lithographie. Il en ditfère en ce qu'au lieu d'écrire ou de dessiner sur la pierre lithographique, on le fait sur un papier prépare- et recouvert d'tror couche de gélatine, d'empoîs et de gorame-gutte ; le dessin est ensuit? reporté sur une pierre lithographique que l'on soumet aux prépin- Uons que nous avons décrites. Ce procédé simplifie le travail du dessinateur, puisqu'on n'a plus ^ tracer la figure symétrique de celle qiie l'on veut reproduire.

CUHOMOLITUOr. RAE-niE.

La chromolithographie est un art qui permet de produire, à l'aitlf

des procédés de la lithographie, des dessins en couleur, depuis la plo*

simple aquarelle jusqu'au tableau à'I'huile le plus compliqua. Ce

procédé est parvenu à donner des résultats véritablement artistique»;

■ il est employé pour faire des aquarelles qui se font remarquer pwle

CH[tOMOLlTHUG«APKIE. 695

fondu et la Onesse des tons. On n'arrive là que par la superposition de nuances assez nombreuses et par des tirages répétés. Certains dessins exigent jusqu'à vingt tirages successifs. Voici comment on opère : nous prendrons pour exemple la reproduction du canard n" 6 de la planclie ci-après. La première opération consiste à calquer avec de l'encre lithographique ou autographique la peinture que l'on veut reproduire Ce calque au Irait sur papier végétal encollé doit

être fait a^cc le plus grand soin; il devra porter l'indication des places des différentes nuances qui se trouvent sur la peinture. On y fera aussi des points de repère qui sont indispensables à l'imprimeur pour le guider dans les tirages successifs et pour assurer la superposition exacte des couleurs aux places qui leur conviennent. Iju ligure 421 représente le calque eu question.

Lorsque oc calque au trait est terminé, on le transporte sur une pierre et l'imprimeur en tire, avec une encre légère et sur du papier sec bien laminé, autant d'épreuves que la reproduction exige de couleurs; dans le cas qui nousoccupe, il faudra six épreuves. Chacune de ces épreuves est reportée sur une pierre spéciale : ce report guidera l'artiste dans le travail qu'il a à faire sur chacune des pierres. Ici, pour la premièrepierre qui doit imprimer le jaune, l'artiste recouvrira d'encre grasse et noire toutes les parties qui doivent être jaunes et qui lui font indiquées par le décalque du trait; puis on attaque à l'acide. 11 est évident que l'acide va ronger toutes les parties de la

696 INDUSTRIES SATISFAISANT AUX BESOINS INTELLECTlïLS.

pieiTC qui ne sont pas couvertes d'encre grasse; si, après Tattaqoe, on lave à l'essence pour enlever l'encre grasse et que Ton passe un rouleau imprégné d'encre jaune, cette encre s'attachera seuloneot sur les parties qui doivent être jaunes. Dans le travail de préparation que subissent les pierres, le calque au trait, qui a été fait avec de Tencre légère, disparaît peu à peu.

Sur chaque pierre terminée, l'artiste devra marquer avec une grande exactitude les points de repère qui sont indiqués par le calque au trait. Toutes les pierres étant préparées, on tire d'abord une épreuve sur la pierre destinée à donner le jaune, puis l'imprimeur applique cette épreuve avec soin sur la seconde pierre qui doit imprimer le hleuj et ainsi de suite : la même feuille de papier va donc être appliquée successivement sur les six pierres nécessaires à la reproduction du dessin colorié que nous avons pris pour exemple. Dans ces applications successives, il faut opérer avec une précision parfaite pour que le raccord des couleurs se fasse bien, et c'est là que se révèle It nécessité des i)oints de repère dont nous avons parlé. Pour s'en senir avec exactitude, l'imprimeur a fait un petit trou sur la pierre au milieu de chaque point de repère : au premier tirage, il a fait sur la feuille de papier autant de petits trous et exactement 'aux mème^ endroits que sur la pierre; dans les cinq autres tirages, avant de donner la [)ression et de tirer répreuve, il pique des aiguilles trèsfines dans les trous du papier, et déplace la feuille à la surface de la pierre jusqu'à ce que chaque aiguille ait trouvé le trou (jui lui correspond. Puis il enlève délicatement les aiguilles et donne la pression, (îe moyen de repérage ne s'emploie guère, du reste, que pour les épreuves d'essai ; dans le tirage définitif, on se sert, pour se repérer, de la machine elle-même.

La planche ci-contre donne une idée exacte de la superposition des couleurs et montre les différentes phases du travail. Len'I représente le résultat fourni jiar une première pierre qui n'a imprimé que le jaune ; sur cette première épreuve on a imprimé avec la seconde pierre du bleu qui s'est fondu en certains points avec le jaune et a produit le vert. Dans le n° 3 on voit l'application sur le n* 2 de la couleur rouge, qui en certains points a donné avec le jaune de Torangé. Avec une quatrième pierre on a appliqué sur le n* S une teinte bistro clair qui a produit l'effet que l'on constate sur le n* h. Le n° 5 fait voir l'effet obtenu par la superposition de parties grises; enlin le n" (5 montre l'épreuve achevée i)ar la superposition d'un ton bistre foncé.

Lorsque le tirage doit être considérable, on fait des reporlj:

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