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PLATRE

Le plAtre est une matière plastique usitée dans les constructions, en agriculture et pour le moulage des objets sculptés. On l'obtient en calcinant dans des fours le sulfate de chaux hydraté naturel, ou gypsiî qu'on rencontre en assez grande abondance dans les terrahis tertiaire, et qu'on désigne sous le nom de pierre à plâtre ou plâtre cru. Le gise-

FABRICATION DU PUTRE. 39

ment le plus important, celui qui donne le meilleur plâtre, est aux environs de Paris. Saint-Maur, Montreuil, Gagny, Ménilmontant, Belleville, Montmartre, Argenteuil, Franconville, Herblay, Creil et Vaux forment une chaîne de petites collines dans lesquelles le gypse est abondant et facile à extraire. Les carrières des environs de Paris alimentent tout le nord de la France; le midi est principalement approvisionné par les gypses de Saint-Léger-sur-Dheune et de quelques autres points du département de Saône-et-Loire. Nous devons encore citer les gypses du Puy-de-Dôme, de la Côte-d'Or et des environs d'Aix. L'extraction se fait à ciel ouvert chaque fois que la couche qui surmonte le gypse n'est pas trop épaisse. Dans le cas contraire, l'exploitation se fait par carrières souterraines.

I^ gypse se présente aux environs de Paris sous une épaisseur considérable : une des couches a 25 mètres, mais elle n'offre pas partout les mômes caractères. Tantôt la roche est assez tendre pour être attaquée au pic par l'ouvrier, qui pratique un souchèvement et des entailles latérales obliques, de manière à isoler la masse à extraire que l'on détache à Taide de coins ; tantôt la pierre est assez dure pour qu'il y ait avantage à employer la poudre.

La pierre à plâtre extraite des carrières est portée aux usines où se fait la cuisson. Cette cuisson s'opère générale- yig. 29. — Four à piûtrc. ment dans des fours formés de trois

murs surmontés d'une couverture en tuiles à claire-voie, soutenue par une charpente qui egt en bois ou en fer, suivant qu'elle est placée à une hauteur plus ou moins grande au-dessus du sol (Og. 29). On dispose entre ces trois murs une masse à peu près cubique de moellons en plâtre cru : les plus gros forment, sur un carrelage en plaquettes minces de la môme pierre à plâtre, plusieurs voûtes construites à sec, au-dessus desquelles on charge la pierre en fragments de moins en moins gros à mesure qu'on s'élève. Le chauffage se fait au moyen de branches de bois sec. Au bout de dix a douze heures de cliauffe, le gypse a perdu une grande partie de son eau, et la transformation en plâtre est opérée. On décharge le four, on pulvérise les morceaux sous les meules et Ton tamise la poussière. La cuisson de la pierre à plâtre peut s'opérer dans des fours coulants comme ceux que nous avons décrits pour la chaux.

Le plâtre, destiné aux mouleurs, doit avoir des qualités spéciales : il doit être blanc, doué d'une grande plasticité et capable de soli-

difier une quantité d'eau assez considérable, puisque, pour lui faire épouser tous les détails du moule, on devra l'y couler à l'état de bouillie assez claire. Pour obtenir ces résultats, on opère la cuisson dans des fours semblables à ceux des boulangers. On les chauffe à ])elne au rouge brun, et l'on y introduit la pierre en plaquettes d'épaisseur égale à 5 centimètres environ et choisies de manière à avoir des morceaux grenus et tendres, dont les interstices laissent facilement évaporer l'eau.

Les usages du plâtre sont fondés sur la propriété qu'il possède de se solidifier et de former avec l'eau une masse dure et compacte. Si Ton gAcho avec l'eau un peu de plâtre en poussière, il s'empare à nouveau de l'eau dont la cuisson l'avait privé et forme avec elle un corps dur et solide. Aussi emploie-t-on le plâtre pour faire des enduits à la surface des murs, pour faire des plafonds et pour sceller le fer dans la pierre.

Les mouleurs s'en servent pour reproduire des médailles, des figiirines, des statuettes. Après l'avoir gâché avec une quantité d'eau suffisante pour en faire une bouillie claire, ils le coulent dans le moule en creux de l'objet à reproduire; le plâtre se solidifie en se gonflant, et, grâce ù ce gonflement, remplit bien le moule et en épouse tous les détails. Quand il s'agit de certains objets, d'une statuette par exemple, le moule se compose de deux parties que l'on juxtapose et qu'on maintient unies entre elles; après la solidification, on sépare les deux parties, qui laissent voir la statuette reproduisant tous les détails du moule.

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