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EXTRACTION DU SEL OU CHLORURE DE SODIUM

temps, mais depuis plusieurs années il a été abandonné pour le même motif; aujourd'hui il est pratiqué à Saint-Nicolas, près de Nancy, et dans les salines des environs de Bayonne. Quand on a enlevé les deux tiers du sel gemme environ et que la sécurité des ouvriers exige qu'on ne continue pas les travaux par abatage, on peut encore pousser l'exploitation par dissolution et procéder ainsi à un véritable dépilage. Dans ce cas, il suffit de laisser pénétrer un courant d'eau dans la mine, après avoir préparé les moyens nécessaires pour retirer plus tard le liquide. Cette eau dissout le sel ; lorsqu'elle est saturée, elle est remontée par des pompes, et l'on en isole le sel par évaporation.

En France, le sel gemme proprement dit ne peut être livré à la consommation dans l'état oîi on l'extrait de la mine. On met de côVS les parties blanches qui sont les plus pures; les autres parties, qu sont souvent colorées en rouge par de l'oxyde de fer, sont dissoutes dans Teau ; on évapore ensuite la liqueur dans des chaudières appelées poêles. A un moment donné, la quantité du liquide qui a résisté à Tévaporation n'est plus suffisante pour maintenir tout le sel en dissolution, et celui-ci se dépose sur le fond des chaudières ; il est enlevé à l'aide de râbles ou râteaux, et constitue un produit qu'on appelle sel raffiné. Quand on opère à l'ébuUition, on l'obtient sous forme de petits cristaux microscopiques destinés aux usages de la table, il est alors appelé sel fin; quand Tévaporation se fait à une température plus basse, il se présente sous forme de cristaux plus gros, et reçoit le nom de sel gris.

Lorsque le gîte à exploiter, au lieu de présenter des masses importantes de sel à peu près pur, est composé de couches peu épaisses, mélangées d'argile et de substances diverses que l'on désigne sous le nom de Salzthon (terre salée), on renonce à l'abatage direct de la roche et l'on opère de la manière suivante : on perce un trou qui pénètre jusque dans le terrain salifère, et l'on y place un tube qui ne le rempht qu'imparfaitement et laisse un intervalle entre lui et la paroi du trou de sonde. On fait couler l'eau d'un ruisseau voisin dans cet intervalle ; elle dissout le sel en formant dans la masse des cavités de dimensions croissantes, mais devenant plus lourde à mesure qu'elle se sature, elle va au fond du trou et remonte dans le tube à une certaine hauteur^ où elle est reprise par des pompes qui l'amènent directement dans des chaudières; l'évaporation du liquide y donne le sel sous forme de cristaux.

Les eaux qui traversent les terrains salifères produisent des sources

salées dont on peut aussi extraire le sel. En France, on en compte

environ trente, qui sont réparties dans les départements de l'Ariége,

Xf

INDliSTRIKS EXTRACTIVIS.

<lii Uoubs, lie la Meurllie, du Jura, des Busses-Aljies, des Landes el de:; |{jii;5C!i-[*jréiiécs; ijuiiizc seulement étaient exploitées pendant ce» dernières années. Les eaux de ces sources ne sont pas en général BfSDz riclifs en sel pour qu'on les évapore immédiatement par l'aclîon de la chaleur, les frais de eombusliWe seraient trop considérables. On coninicncc pur concentrer les eaux à l'air libre, l'our cela, on les Taii

rouler de Imut en bas sur des tas de fagots appelés bâtiments i/e grstlurttion (lig, «&) ; l'évaporation spontanée qui se produit les concentre, rt elles sont recueillies dans des bassins oii elles sont reprises par des pompes qui les lancent de nouveau à la partie supérieure des bâtimpnls. Lorsqu'elles ont i'\.é amenées par ce traitement à un degr^^de rniirpntralion suffisHule, on les évapore dans des chaudières. Cette industrie devient do jour en jour moins importante.

MAIIVIS SALANTS.

Lu phm grande iiartie du sel livré ft In consommation est extraite de!i

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eaux de la mer par évaporatioii à l'air libre dans des bassins dont Tensemble est désigné sous le nom de marais salants.

U composition des eaiiv de locéan Atlantique et de la Méditerranée est la suivante :

Océan. Méditerrani'c.

Chlonire do sodium 25,10 27,!2â

— de potassium 0,50 0,70

— de magnésium 3,50 6,12

Sulfate de magnésie 5,78 7,02

— de chaux 0,15 0,15

Carbonate de magnésie 0,18 0,19

— de chaux 0,02 0,01

— dépotasse 0,23 0,21

lodnres, bromures cl matières organiques ? ?

Kau 9ai,5-l 958,36

On comptait en France, pendant ces dernières années, 532 marais î^alants, répartis sur les côtes de TOcéan et de la Méditerranée. La production de la France, d'après les documents officiels les plus récents, est représentée par les nombres suivants :

Marais salants de l'Océan. 3 390 280 quint, métriques.

Mania salants de la MéditerramV. ... 1 465 233 — —

Mines .' 2 330 355 — —

Les marais salants derOc4'iaii sont petits et nombreux etleur juxtal)osition forme une contrée assez étendue sur les côtes de l'Atlantique, dans les départements de la Charente-Inférieure, de la Loire-Infé- Heure, de la Vendée et du Morbihan ; le département dllle-et- Vilaine en possède aussi de peu importants sur les côtes de la Manche. Les terrains où doit s'opérer Tévaporation des eaux ont été nivelés et le^ terres provenant de ce nivellement sont transportées aux environs, où elles constituent un sol artificiel appelé bosses^ qui est consacré à la culture.

La culture des bosses et l'extraction du sel pendant Tété sont pratiquées par toute une population d'ouvriers appelés paludiers et sauniers. Les premiers récoltent et confectionnent le sel, les autres vont le porter au loin à dos de mulets. Tantôt le saunier échange son sel contre du blé dans les communes éloignées de la côte, tantôt il en touche le prix en argent ; c'est ce qui s'appelle faire la troque.

Pour établir un bon marais salant, deux conditions sont essentielles : il faut qu'il puisse recevoir en tout temps l'eau de la mer et qu'il soit assis sur un fond de terre glaise imperméable.

IMWSTniES EX1

hei marais ^.liants de l'Oiicsl (lïg-. 66) se i-omposent, en généra], de la saline et de ses dépefldances. Les dépendances sont d'ahord on vaste ri^senoir d'une seule pièce qui est appelé vasiére, et qiieIqueroi<; un second nommé cobier, qni est partagé on plusieurs carrés longs sépîii^s t'un de l'autre par dt- petites banquellos de terre appelées t/ossùi. La saline se compose d'un certain nombre de compartiinentt-, nu ffires, semblables à ceux dti cobier. et commimiqijnnl, [lar de p(-lili-- ri^'oli'S nommées ^é/tvres,a\fc le.'- bassins inférieurs ou œillels.

Tous les compartitnculs do la saline sont peu profonds, les œillel'^ n'ont que 8 à 10 ccntfniètres de profondeur.

Le travail commence vers la fin d'avril. Après avoir fait écouler les eaux pluviales qui ont couvert la saline pendant l'iiiver, des ouvriers appelés paludiers réparent les diverses parties du marais, Dans ce travail, qui consiste ft unir le fond des bassins, el Rétablir la réf^larité des cloisons, leurs seuls instruments sont une pi'lii! concave appelée bo>/uelte et une pelle plate appelée lousu

L'eau de la mer est introduite dans la vasière oij elle dépose les njntiére» qu'elle tient en suspension, et en même temps sa tempémlurc n'élÉve; l'exhaussement du sol de la vasière ne permet, en général.

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de la remplir que pendant les reverdies ou maliiies, c'est-à-dire pendant les grandes marées de la nouvelle et de la pleine lune. On la conduit ensuite dans tes œillets en la faisantpasser sur le sol échauffé des cobiers et des tares,

Grftce à la clialeur du soleil et à l'action du vent, l'évaporation se produit, le sel forme à la surface une légère couche solide qui exhale une odeur de\iolette; au fond de l'ipiliet se rassemble le gros sel, toujours coloré en gris par de l'ar^ilc. A l'ai le d'un instrument

appelé las ou rouable et formé d'une planche de i5 centimètres environ située à l'extrémité d'un manche plus ou moins long, le paludier ramène le sel sur les bords des bassins, et te lendemain, des femmes (Qg. fiS) courant pieds nus sur les cloisons glissantes de la saline ïiennenl le chercher pour te transporter, au moyen de vases ou gides qu'elles portent sur la tète, en un point où il est mis en tas appelés muions. A la fin de la saison, les muions sont recouverts d'une épaisse couche de terre glaise qui, bien façonnée au battoir, peut conserver le sel pendant plusieurs anucus sans détérioration. Pendant qu'il est en mutons, le sel s'égoultc et se dépouille des

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subslunces iléliquesreiitcs (1). Lorsqu'il est suflisammcnt sec, on le

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